Total Chaos était à l’origine un mod tournant sur une version modifiée du moteur de Doom 2, que j’avais beaucoup apprécié. Il s'agissait d'un survival horror en vue à la première personne, avec une ambiance remarquable. Le travail accompli par un seul développeur était impressionnant. Cette nouvelle version en est un remake, proposant une aventure plus longue, plus ambitieuse et avec plus de budgets derrière.
L'atmosphère est toujours aussi réussie. L’intégralité du jeu se déroule sur Fort Oasis, une île minière abandonnée très inspirée du "Gunkanjima", une île japonaise réelle à l'histoire similaire. Les environnements sont détaillés, crasseux et oppressants. Bien que la progression soit linéaire et structurée en chapitres, l’exploration est plaisante, avec de nombreux passages secrets à découvrir pour les joueurs les plus observants.
Malheureusement, l'ambiance s'agit à peu près du seul aspect qui m'ait réellement convaincu. J'attendais beaucoup de ce remake mais l'ensemble est au final assez décevant.
Tout d'abord, les combats (au corps à corps ou aux armes à feu) sont brouillons et manquent de profondeur. Les monstres manquent de variété et se battent tous de la même manière. Cela aurait été passable si le jeu avait un meilleur équilibre entre action et exploration. Hélas, 90% de l'aventure se résume à des combats répétitifs dans des suites de couloirs qui sont, eux aussi, répétitifs. Cela n'est tout simplement pas assez pour rendre l'expérience captivante sur une dizaine d'heures de jeu.
C'est étrange, car nous avons droit à deux puzzles à la suite durant la première demi-heure de l'aventure, mais ensuite le jeu semble totalement oublier cet aspect pendant les 6 prochaines heures.
Il y a bien sûr quelques tentatives de varier le gameplay : des séquences de cache-cache, des passages où il faut rester dans la lumière, un type d'ennemi qu'il ne faut pas quitter des yeux etc... mais rien qui aille au-delà de simples gimmicks, sans réel impact sur l’expérience globale.
Le jeu souffre également de ce système de survie un peu fourre-tout : crafting, armes à durabilité limitée, gestion de la faim, fatigue, saignements ou encore de l’inventaire.. Tout est là, mais plutôt que de renforcer la tension, cela semble superflu et devient même un peu pénible vers la fin. Une bonne partie du temps du jeu doit être consacrée pour gérer l'inventaire qui est constamment pleine, vu qu'on trouve des ressources un peu partout si on pense à explorer un minimum. Je crois que j'étais autour de 30 stimpacks, 10 thons en boîte et 9 canettes de redbulls sur moi vers la fin du jeu..
L’ambiance est certes réussie, mais la peur n'est pas là. Les ennemis sont souvent plus ridicules qu’inquiétants (certains designs étaient d’ailleurs plus réussis dans le mod original selon moi). Les mises en scène horrifiques et les jumpscares ne marchent pas. Le jeu recycle de nombreux clichés : messages cryptiques sur les murs, pièces avec le sol et le plafond inversés, couloirs qui se répètent à l’infini comme dans P.T... Bref si vous êtes habitués avec les survival horror, Total Chaos va avoir du mal à vous surprendre.
L’un des aspects dont j'étais moins fan avec le mod original était la tournure que prenait l'aventure vers la fin. L'exploration disparaissait et on se retrouvait dans des suites de couloirs psychédéliques avec des hordes d'ennemis à abattre au fusil à pompe. Malheureusement, ce remake part également dans la même direction, avec des passages de moins en moins intéressants au fil de l'expérience. J'avoue que j'étais pressé de finir le jeu durant les 2 dernières heures pour pouvoir passer à autre chose..
Signalons enfin le thème final du jeu composé par Akira Yamaoka lui-même, ce qui est toujours appréciable.
Plutôt que de corriger les faiblesses du mod, ce remake semble surtout chercher à allonger artificiellement la durée de vie, sans apporter de réelle profondeur. J'étais un peu déçu, mais ce n’est pas un mauvais jeu pour autant. Si vous aimez les jeux tels que Condemned, Cry of Fear ou Silent Hill, il y a sûrement moyen de passer un moment sympathique. Ne vous attendez juste pas à une révolution du genre.