Dernier jeu de la trilogie Voice of Cards, sorti seulement 7 mois après le second et pratiquement un an avant le premier. Beasts of Burden est encore une histoire narrée tel un jeu de rôle papier et avec des cartes. Cette fois-ci, on incarne Alphée, jeune terrulienne qui voit son village ravagé par les monstres. Une haine sans pareille monte en elle envers ces derniers, la poussant à vouloir se venger. Elle rencontre Argor, un ténébreux épéiste au passé d’esclave, Rima un scientifique dont le flot de paroles est inarrêtable et Tarali, une mi-humaine mi-monstre à la force phénoménale. Ensemble, ils décident de partir en direction de la terre promise pour fuir l’armée Héphaeste.


Qui dit jeu Yoko Taro, dit jeu aux antipodes du manichéisme. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir. Nos personnages voyagent de village en village et bouleversent de nombreux statu quo étranges. En cela, le jeu reste sympathique à suivre. Toutes les nuances apportées sont bonnes à prendre et l’écriture du jeu reste très bonne. Ce qui est regrettable, c’est que l’histoire principale n’est intéressante qu’à partir de la fin du jeu et que les petites histoires ne sont pas suffisantes pour engager le joueur davantage. Pourtant, une narratrice remplace le narrateur et est tout aussi géniale, avec des descriptions suffisantes et des petits commentaires bien pensés. On s’attache à cette nouvelle voix, qui fait elle-même partie de l’aventure. Malheureusement, l’histoire générale est elle-même prévisible. Dès le début du jeu, on sent vers quoi veut s’orienter l’intrigue.


On voit venir ces personnages qui vont remettre en question leur haine des monstres et relativiser sur leur existence en comparaison à la leur. On devine aisément que les monstres sont/étaient des humains. A l’inverse, l’univers moderne postapocalyptique du dernier donjon relance de l’intérêt.:


Le système de combat est le même que dans les deux autres jeux. En cela, la redondance est infernale. Les animations, les moves, les mobs en grande partie sont recyclés. L’originalité est qu’Alphée peut transformer un monstre battu en carte et l’invoquer en combat. Avec une grande part de hasard, les attaques peuvent être soit lootées, soit améliorées. L’idée est cool, car tous les personnages peuvent utiliser ces cartes. Le problème, c’est qu’elles sont peu variées. Beaucoup peuvent être résumées par « Augmente l’attaque de …… et inflige des dégâts ([INSEREZ ELEMENT]). » ou quelque chose de similaire. On a l’impression de tourner en rond et de ne rien obtenir de zinzin. Autrement, tout le reste identique. De l’équipement aux talents en passant par les statistiques. La personne qui a déjà fait les deux autres jeux est en terrain conquis.


Le design général des maps se rapproche de celui de Voice of Cards: The Isle Dragon Roars. Autrement dit, on traverse des maps et on revient peu en arrière avec des donjons pour rythmer l'aventure. A l’inverse de Voice of Cards: The Forsaken Maiden qui proposait plutôt un grand environnement qui reliait les cinq zones à visiter. Je trouve la structure ici plus fluide et agréable à jouer. D’autant que l’aventure est moins longue, comptant entre 12 et 15 h. Pourtant, c’est au bout de 5 h que je commençais déjà à me lasser de l’aventure. Tout est lent, ça parait interminable. Les dialogues parfois inutiles, les animations qui trainent, les combats qui se ressemblent… J’ai ressenti la même chose que sur le deuxième jeu. Je pense que la découverte sur le premier a permis de mieux passer la pilule à l'époque. Je suis prêt à parier que rejouer à The Isle Dragon Roars me procurerait la même impression. Alors que, toutefois, l’histoire est ok et les musiques sont très bonnes, peut-être un chouïa en dessous de The Forsaken Maiden. Mais le bilan est indéniable, on s’emmerde. Jouer 3 h d’un coup puis revenir dans le monde réel donne l’impression que tout va vite. C’est dommage.


Bref, Voice of Cards Beasts of Burden souffre d’être le troisième jeu, d’être redondant et répétitif. Pourtant, il ne donne pas l’impression d’être un épisode de trop. Seulement voilà, la méthode Voice of Cards présente des limites qui sautent aux yeux et il est difficile de les corriger, tant elles sont ancrées dans les mécaniques. Cet ultime épisode avait tout pour surpasser Voice of Cards: The Isle Dragon Roars, mais c’est loupé. Il reste moins infect que Voice of Cards: The Forsaken Maiden. Il manque de surprise et d’originalité, ses efforts en ce sens sont maigres. Il conclut ainsi la page des jeux Voice of Cards de Yoko Taro. L’expérience est originale, mais ce serait surprenant de voir revenir cette licence pour un quatrième jeu. Se trimbaler les trois est déjà par moments éprouvant, un quatrième ne serait là que pour nous achever.

PatateDeLespace
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