WH a joué un rôle crucial dans mon parcours de joueur, il a été le premier du genre à briser mes réticences. Là où j'hésitais face à ce type de gameplay (chasse aux créatures géantes, préparation, patterns d'attaque), ce titre a su m'ouvrir des portes, notamment vers des références comme Monster Hunter World. C'est là sa plus grande victoire, soit avoir transformé mon scepticisme en curiosité, puis en intérêt pour une mécanique de jeu complexe et gratifiante.
Sur la forme, le jeu est une réussite indéniable. Le monde est beau, baignant dans une esthétique japonaise féodale fantasmée où la nature reprend ses droits avec élégance. Les créatures (les Kemono) sont imaginatives et le système de combat, enrichi par les mécaniques de construction (Karakuri), s'avère vraiment sympa, dynamique et engageant. C'est sur le terrain, l'épée à la main et les pièges en tête, que le jeu révèle tout son potentiel ludique.
Cependant, l'expérience reste incomplète à cause d'un défaut majeur : un scénario très vague. Si l'on peut accepter que la narration ne soit pas la priorité absolue dans ce genre d'œuvre (contrairement à un TLOU ou un RDR2), ici, le vide narratif devient gênant. L'histoire est décrite comme très plate, manquant cruellement d'enjeux, de profondeur ou de personnages attachants pour donner du sens à la chasse. Cette absence de colonne vertébrale narrative m'a empêché de le savourer réellement. Sans cette immersion émotionnelle ou dramatique, les combats, bien que sympas, finissent par tourner à vide, privant l'aventure de cette âme qui transforme un bon jeu en un grand souvenir.