2026 au cinéma
Plutôt que d'alimenter une liste des meilleurs films de l'année en les classant par appréciation, j'ai préféré cette année les classer par ordre chronologique de sortie en France. Ce sera de fait beaucoup plus simple et je pense plus lisible de faire comme ceci. Liste évolutive bien évidemment en fonction des annonces et festivals à venir. J'y inclurais également les éventuelles ressorties de films plus anciens type séances spéciales et consorts
Les Échos du passé (2025)
In die Sonne schauen
2 h 34 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Drame
Film de Mascha Schilinski
Tchiiik a mis 6/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 10/01/2026
Festival de Cannes 2025 - Compétition officielle - Prix du jury
Un film bien difficile à appréhender mais dont la sobriété et l'austérité rend d'autant plus saisissant le malêtre perpétuel de ces 4 femmes en fonction des générations entre viol, inceste, dépression et tentatives de suicide avec une préférence pour le parcours d'Angelika qui m'a semblé un peu plus clair que les autres. Mascha Schillinski arrive vraiment à faire évoluer sa mise en scène pour en faire une oeuvre singulière qui plaira vraiment à un public très concentré mais surtout très patient parce que ça manque quand même énormément de limpidité.
Le titre anglais est plus percutant que le titre français qui pourrait faire penser à un film empreint de nostalgie mais pas du tout.
Father Mother Sister Brother (2025)
1 h 50 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Comédie dramatique, Sketches
Film de Jim Jarmusch
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VOST) le 12/01/2026
Mostra de Venise 2025 - In Concorso - Lion d'or
Découvrir le cinéma de Jim Jarmusch il y'a quelques années a été l'une de mes plus grandes expériences positives pour forger mon parcours cinématographique. J'ai toujours énormément apprécié son cinéma minimaliste et multiculturaliste mettant en scène l'errance de ses protagonistes comme seule véritable liberté, au fait de rencontres fortuites où le temps s'écoule naturellement.
En ce sens, cette anthologie ne déroge pas au théorème Jarmuschien et ne sera pas son film le plus marquant mais il est réjouissant de le voir revenir à son style maître après l'affront qu'était The Dead Don't Die, partition certes absurde mais ratée. Father Mother Sister Brother ne va pas réconcilier les détracteurs de ce type de cinéma mais offre une vision universelle et cathartique des relations familiales où les moments de silence ont plus de poids que les moments parlés. C'est un film qui insiste et interroge sur le poids que la famille peut exercer sur un individu, un constat qui peut relever de l'obligation mais également du manque en admettant que nous ne pouvons jamais réellement le comprendre. Très pertinent mais qui manque d'une étincelle pour en faire un Jarmusch majeur. Content du Lion d'or néanmoins.
Eleonora Duse (2025)
Duse
2 h 05 min. Sortie : 14 janvier 2026 (France). Biopic, Drame, Historique
Film de Pietro Marcello
Tchiiik a mis 5/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 17/01/2026
Mostra de Venise 2025 - In Concorso
Biopic qui s'intéresse beaucoup trop à la grandiloquence et l'extravagance de sa protagoniste pour réellement proposer un discours intéressant sur l'effet de la montée du fascisme sur la pensée artistique qui ne semble pas avoir lieu. Assez déçu quand on voit pourtant que Valeria Bruni Tedeschi essaye de se donner au maximum et que Noémie Merlant fait des efforts pour jouer en italien mais c'est au profit d'un film que se regarde quand même beaucoup le nombril.
Hamnet (2025)
2 h 05 min. Sortie : 21 janvier 2026 (France). Biopic, Drame, Historique
Film de Chloé Zhao
Tchiiik a mis 5/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VOST) le 26/01/2026
Déception assez grinçante pour un des plus gros candidats aux Oscars. J'étais plutôt intrigué par le destin de cette famille tiraillée entre deuil, liberté artistique et différenciations sociales et j'ai apprécié le décorum mélancolique quasi ésotérique imposé par Chloé Zhao. En effet donner du corps à cette forêt et ce bourg semblant emprisonner cette famille victime des éléments naturels jusqu'à causer l'irréparable apporte un vrai sentiment de frisson. Toutefois, la finalité me consterne beaucoup, je comprends l'idée de vouloir montrer l'effet du deuil sur la conscience artistique mais le faire de façon si grossière quasi-tire larmes en concluant son récit par une représentation de Hamlet que nous pourrions voir ailleurs de façon plus complète, je n'en vois sincèrement pas trop l'intérêt et c'est lourd.
Le Mage du Kremlin (2025)
2 h 25 min. Sortie : 21 janvier 2026. Drame, Historique, Thriller
Film de Olivier Assayas
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VOST) le 30/01/2026
Mostra de Venise 2025 - In Concorso
Je n'ai pas lu le roman de base mais je comprends totalement les critiques sur le fait que l'on ait l'impression de regarder le livre conté sous nos yeux avec sa voix-off descriptive omniprésente. Toutefois j'ai trouvé édifiant de se plonger corps et âme dans les 30 dernières années d'histoire politique soviétique puis russe où les révolutionnaires d'hier font les dictateurs et manipulateurs d'aujourd'hui. J'aime également la façon dont Olivier Assayas décrit la mise en place d'un régime totalitaire. Le film est qualifié de satire mais je le trouve plutôt pertinent dans sa manière de rattacher le peuple russe à sa politique, comme si le sentiment d'appartenance à ce régime totalitaire était quelque chose de culturel que nous pauvres occidentaux ne pouvons concevoir donnant ainsi une certaine image de l'identité russe. Jude Law est assez brillant en Vladimir Poutine en reprenant ses mimiques habituelles. Ça m'a beaucoup fait penser à The Apprentice dans le propos bien qu'en étant moins maitrisé dans la réalisation à cause de cette description permanente qui parsème le film.
La Grazia (2025)
2 h 11 min. Sortie : 28 janvier 2026 (France). Drame
Film de Paolo Sorrentino
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 01/02/2026
Mostra de Venise 2025 - In Concorso - Film d'ouverture - Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine (Toni Servillo)
Il n'aura pas fallu longtemps pour me réconcilier avec Sorrentino après le gênant et lubrique Parthénope. Je crois que je le préfère un peu plus sobre que foufou même si ses tics de réalisation maniérée à l'italienne se présentent quand même un peu ici (Je pense notamment à cette scène où Toni Servillo se met en tête de rapper avec son casque sur les oreilles, je frissonne encore de malaise en y repensant). Il n'empêche qu'il tire quelque chose de grandiose de ce personnage tiraillé entre le poids du passé, croulant sous les responsabilités et devant s'accepter pour pouvoir retrouver un sentiment de légèreté et accepter l'avancement du monde. C'est un film bien plus introspectif qu'il n'est politique et je l'en remercie chaleureusement.
The Mastermind (2025)
1 h 50 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Drame, Policier
Film de Kelly Reichardt
Tchiiik a mis 6/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 04/02/2026
Festival de Cannes 2025 - Compétition officielle
Minimaliste, comme toujours avec Kelly Reichardt qui se permet de déconstruire le mythe du braqueur ici dans une Amérique passée en perdition. Bien aimé le portrait du père de famille perdu obligé de commettre un crime pour sortir du moule voulu par la société en commettant des erreurs qui montre qu'un braquage et une cavale sont tout autant méthodiques qu'improvisés caractérisés par la bande son jazzy assez présente. Je l'ai toutefois très peu inspiré, c'est un film assez simple en fin de compte et pour le coup très lent.
À pied d'œuvre (2025)
1 h 32 min. Sortie : 4 février 2026. Drame
Film de Valérie Donzelli
Tchiiik a mis 6/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VF) le 08/02/2026
Mostra de Venise 2025 - In Concorso - Prix du scénario
Un drame social fondamentalement pas révolutionnaire sur la forme ni le fond mais offre une vision glaçante de la situation des artistes et l'aliénation dans le monde du travail actuel, où l'on peut clairement parler d'esclavage, indépendamment des revenus.
On retrouve un Bastien Bouillon comme toujours émotionellement très détaché, ce qui fonctionne une fois de plus
Aucun autre choix (2025)
Eojjeolsugaeobsda
2 h 19 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Thriller, Comédie dramatique, Policier
Film de Park Chan-Wook
Tchiiik a mis 5/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 11/02/2026
Mostra de Venise 2025 - In Concorso
Je ne m'attendais tellement pas à être aussi déçu par le nouveau Park Chan-Wook. En dehors de sa mise en scène léché avec son travail sur les arrière-plans et le placement des caméras qui occupent tout l'espace disponible, j'ai trouvé que c'était surtout un exercice de style boursouflé qui s'embourbe dans des sous-intrigues indigentes et des scènes de "meurtre" qui tirent terriblement en longueur au profit d'un propos qui aurait pu être réalisé de manière plus concise. Je n'ai été dedans qu'une heure avant de lâcher pour juste profiter de l'image.
Send Help (2025)
1 h 53 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Épouvante-Horreur, Comédie
Film de Sam Raimi
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VOST) le 15/02/2026
L’exemple typique du film qu’il ne faut pas juger sur ses 10-20 premières minutes. En effet le ton comique clicheton façon téléfilm avec ses personnages aussi unidimensionnels qu’un jeune patron gosse de riche insupportable et une employée travailleuse gentillette et naïve dont tout le monde se fout m’ont initialement fait craindre le pire. D’autant plus avec le reste du public qui se fendait la poire à chaque scène, je me suis posé la question de ce que je fichais là.
Et puis miracle, bien que le film va garder cet aspect comique, j’ai beaucoup apprécié les changements de ton opérés par l’ami Raimi entre moments plus dramatiques (la scène des confessions du feu de camp et une scène pivot en ce sens) qui va faire travailler l’empathie de son spectateur et jouissive tambouille fendarde. Ainsi, au fur et à mesure des crasses gorasses (un peu trop numériques pour moi hélas) que les personnages vont se faire, le parti pris pour l’un ou pour l’autre va s’en trouver fluctuant. C’est intéressant de traiter les rapports de force dominant(e)-dominé de cette manière, constamment dans la surprise et dans le sale. Chapeau pour la fin qui m’a pris de cours.
Le film a peut-être un écrin un peu trop blockbuster estival pour moi dans son style. C’est pas une série B qui se donnait à fond dans ses effets comme à la vieille époque non plus, mais ça a assez d’arguments pour être fun et pour capter l’attention le temps qu’il dure. Je préfère ce genre d’horreur-là, la même raison pour laquelle j’ai toujours porté Evil Dead en haute estime.
Je suis le premier surpris que Sam Raimi nous sert un divertissement plus qu’honnête pour ce début d’année après des années où il a enchaîné les films « corporate ».
Marty Supreme (2025)
2 h 29 min. Sortie : 18 février 2026 (France). Drame, Biopic, Sport
Film de Josh Safdie
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VOST) le 21/02/2026
Je comprends que vu le choix des deux frères Safdie de réaliser un film en solo ayant pour toile de fond un sport, les comparaisons fusent. Je ne pense cependant pas que cela ait lieu d’être car les deux propositions sont très différentes dans l’esprit.
Le frère Benny a décidé de réaliser un biopic classique un peu stylisé mais pas pour autant dénué d’intérêt avec Smashing Machine en en sort un film plus bienveillant. Josh quant à lui prend à revers le drame sportif en offrant un simili-thriller haletant, urgent et suffocant où la détermination de son individualiste protagoniste à exceller et surpasser les autres au fruit d’arnaques, larcins et autres humiliations aura un effet durable sur ses relations. A travers l’objectif de son anti-héros, on comprend que Josh Safdie cherche à montrer la volonté d’une domination américaine sur les autres nations dans une période de troubles, où les développements technologiques évoluent à vitesse grand V en cherchant à exploiter le soft power qu’apporte les compétitions sportives.
J’aurais tendance à dire que le film se répète dans ses schémas narratifs un peu artificiels même si tout se recoupe, et s’en trouve un peu épuisant en 2h30 surtout avec ce rythme frénétique et ce ton bavard et bruyant qui ne prend jamais vraiment le temps au spectateur d’en apprécier la reconstitution d'époque. Safdie oblige on retrouve cette patine et ces compositions très vintage 80’-90’s, ce qui singe les drames Scorsesiens contemporains de ces époques, en voulant faire un film culte avant que le temps ait rendu son jugement mais ce n'est pas si grave en soi car cela reste jouissif.
C’est probablement le film le plus Oscar-bait des Safdie mais avec de beaux restes dans le style et les sensations.
Le Son des souvenirs (2025)
The History of Sound
2 h 08 min. Sortie : 25 février 2026 (France). Drame, Romance
Film de Oliver Hermanus
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 28/02/2026
Festival de Cannes 2025 - Compétition officielle
Les retours me préfiguraient un film traitant de l'homosexualité dans un contexte historique en laissant de côté le volet musical que constitue le synopsis. Pourquoi pas je me disais initialement, même si j'aurais préféré que le film fasse quelque chose de cet aspect qui peut apporter un message sur l'importance de la musique.
Et c'est pourtant de mon point de vue bien de ce côté là que va pencher le film d'Oliver Hermanus dont je découvre le travail ici. Cette relation homosexuelle n'est au final qu'un point de départ dans ce qui semble être une fable nostalgique sur les réminiscences du passé ressenties à travers des sons comme des airs musicaux. J'aime particulièrement le discours du film sur la préservation culturelle qui accentue l'importance des cultures rurales malheureusement en voie d'extinction dans un environnement culturel global. Le film va justement faire ce parallèle entre environnement urbain codifié et ennuyeux selon le personnage de Paul Mescal et environnement rural où les émotions les plus fortes vont s'exprimer en musique donnant un cachet particulier à l'ensemble. La mise en scène bien que très limitée apporte un sentiment de tendresse très sobre pour donner un film très doux mais sans céder à la mièvrerie. Paul Mescal et Josh O'Connor sont excellents même si je me questionne sur le casting de deux acteurs ayant par le passé déjà eu des rôles de personnes queer (All of us Strangers et Challengers respectivement) comme si c'était un fantasme un peu bizarre de les réunir ou de les cantonner à ce genre de rôles.
Woman and Child (2025)
Zan va bache
2 h 11 min. Sortie : 25 février 2026 (France). Drame
Film de Saeed Roustaee
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 01/03/2026
Festival de Cannes 2025 - Compétition officielle
Je retrouve Roustayi un peu plus sobre qu'à l'accoutumée ici, sûrement dû à sa malheureuse incarcération en 2023 malgré son souhait de vouloir représenter l'Iran sans gros jugement sur son régime. Après le thriller criminel et la fresque familiale, il revient donc à un portrait de femme dans la société iranienne d'aujourd'hui pris dans l'emprise de plusieurs hommes de sa vie : son nouveau mari, son fils délinquant ou encore son beau-père en y adoptant un ton mélodramatique. Pas forcément un film révolutionnaire dans le paysage iranien mais avec un discours pertinent sur la place des femmes dans cette société.
Le Testament d'Ann Lee (2025)
The Testament of Ann Lee
2 h 17 min. Sortie : 11 mars 2026 (France). Drame, Historique, Comédie musicale
Film de Mona Fastvold
Tchiiik a mis 5/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 14/03/2026
Mostra de Venise 2025 - In Concorso
J'en suis autant déçu que conquis. Je crois que je m'attendais à un film plus vertigineux par rapport à son genre qualifié d'inclassable, mais en dehors de quelques chorégraphies millimétrées, je trouve le film pas franchement engageant à suivre. C'est un drame historique classique en un peu plus musical en fait sur la forme, je comprends pas qu'on dise que ce film ressemble à aucun autre.
Par contre j'ai apprécié la nuance apportée par Mona Fastvold sur le portrait du culte religieux fait avec compassion et sans jugement, on est donc loin de l'image de la secte menteuse, manipulatrice et cupide que l'on a l'habitude de voir pour le coup et ça c'est appréciable.
Orphelin (2025)
Árva
2 h 12 min. Sortie : 11 mars 2026 (France). Drame
Film de László Nemes
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 15/03/2026
Mostra de Venise 2025 - In Concorso
Je pourrais au premier abord regretter un film qui manque d'ampleur dans son dispositif somme toute assez classique: les relations parentales difficiles n'étant au final pas si rares au cinéma. Mais c'est avec une certaine justesse cinématographique, une reconstitution historique âpre dans un contexte peu commun, une très jolie photographie sépia qui me fait penser à du early Jeunet et un Gadebois lugubre (même si son hongrois semble fortement redoublé en studio) qui permettent au film de Laszlo Nemes d'un peu tirer son épingle du jeu. Assez d'arguments convaincants pour me plonger dans cette Budapest d'après-guerre.
à voir ce que cela donnera pour son biopic de Jean Moulin mais pour un réalisateur expert dans l'histoire des populations ostracisées au 20ème siècle je ne me fais pas de souci.
Projet dernière chance (2026)
Project Hail Mary
2 h 36 min. Sortie : 18 mars 2026 (France). Aventure, Drame, Science-fiction
Film de Phil Lord et Christopher Miller
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Pas vu
Les Rayons et les Ombres (2026)
3 h 19 min. Sortie : 18 mars 2026. Drame, Historique, Biopic
Film de Xavier Giannoli
Tchiiik a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Pathé Orléans (VF) le 21/03/2026
Excellente fresque qui raconte la collaboration au fait de deux histoires père-fille entrecroisées où l'un se languit de la situation quitte à se brûler les ailes tandis que l'autre subit les actions du premier. Giannoli parle non seulement d'un morceau d'histoire de la France mais y évoque une réflexion sur l'art et la richesse en temps de régime totalitaire avec une ambiguité parfaitement réussie. Les 3h15 sont passés à une vitesse renforcé par la crédibilité de la mise en scène et de ses 2 comédiens principaux. C'est l'un des films les plus saisissant du cinéma français de ce début d'année 2026.
Love on Trial (2025)
Renai Saiban
2 h 03 min. Sortie : 25 mars 2026 (France). Drame, Romance
Film de Kōji Fukada
Tchiiik a mis 6/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 25/03/2026
J'ai toujours ressenti une forme de malaise vis à vis des idol groups et leur réception en Occident face à l'évident contrôle et lois liberticides que l'industrie impose à ses artistes. Je ne comprends décidément pas comment on peut se sentir fan de ce milieu tout en sachant ses revers qui sont pourtant bien connus. J'attendais beaucoup de ce film qui traite ce sujet qui m'a toujours intrigué directement à la source.
En soi je dirais que le film propose à la fois une vision intérieure comme extérieure. Extérieure parce que Koji Fukada prend du recul sur la situation et présente sa protagoniste comme véritablement déterminée à appartenir à ce milieu malgré de nombreux écueils ce qui fait écho à l'interprète elle-même qui s'est retrouvé dans la même situation. Ainsi cela permet au spectateur de se mettre dans les chaussures de ce type de profil pour mieux y comprendre l'attrait même si du coup cela interroge fortement sur le système japonais et l'omniprésence de la concurrence et du surpassement de soi.
Et intérieure parce que Koji Fukada cherche également à montrer du doigt les fans qui influencent l'opinion publique quitte à détruire une réputation entière ou le joug des managers imposant tout le côté artistique aux idoles qui ne se retrouvent être que des pantins publicitaires (on notera particulièrement le sarcasme de faire chanter des naïves chansons d'amour à des artistes n'ayant pas le droit d'avoir de relations).
Toutefois, et si le film pose efficacement ses enjeux, j'ai eu du mal à apprécier la finalité que Koji Fukada cherchait à montrer: le film se perd dans sa deuxième partie où j'ai eu l'impression que la critique de l'industrie des idols dans son ensemble s'est mué en pamphlet sur la libération féminine et la situation patriarcale qui m'a semblé peu approprié à ce que le film avait établi jusque là. Ce n'était pas forcément ce que j'étais venu chercher à la base et j'aurais préféré y voir un discours plus grinçant sur l'industrie. Dommage car le film est riche d'images intrigantes voire mystiques avec ses numéros d'art de rue set les acteurs dans la retenue apportent une véritable douceur.
Silent Friend (2025)
Stille Freundin
2 h 27 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame
Film de Ildikó Enyedi
Annotation :
Pas vu
The Drama (2026)
1 h 45 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame, Romance
Film de Kristoffer Borgli
Tchiiik l'a mis en envie.
Romería (2025)
1 h 52 min. Sortie : 8 avril 2026 (France). Drame
Film de Carla Simón
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 15/04/2026
Festival de Cannes 2025 - Compétition officielle
C'est un véritable tour de force que Carla Simon parvient à réaliser avec ce film semi-autobiographique qui illustre les dysfonctionnements familiaux et la recherche de réponses sur soi sous la chaleur estivale de l'Espagne côte atlantique. Llucia Garcia est hypnotisante de par sa mise en valeur par la réalisatrice et évite le cliché de l'adolescente naïve et influençable en préférant observer son environnement à travers son caméscope. J'ai apprécié le virage surréaliste que prend le film dans son avant-dernier acte où les pièces du puzzle se remettent en place avant de retomber dans la facilité pour sa finalité hélas.
Mais cela reste un bon cru d'un des derniers films de la cuvée cannoise 2025 à sortir par chez nous
Juste une illusion (2026)
1 h 56 min. Sortie : 15 avril 2026. Comédie dramatique
Film de Eric Toledano et Olivier Nakache
Tchiiik a mis 6/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VF) le 07/03/2026
Vu en avant-première en présence d'Olivier Nakache, Simon Boublil et Alexis Rosenstiehl
Toledano et Nakache nous servent cette fois un film sur l'adolescence passée ainsi que sur la parentalité et les difficultés de couple dans une esthétique 80's soignée même si peu originale au premier abord. La véritable force réside dans son sentiment nostalgique efficace même pour quelqu'un comme moi n'ayant pas été contemporain de l'époque décrite mais dont les paternes peuvent se retrouver d'une génération à l'autre. Toledano et Nakache essayent également un peu de relier ceci à notre époque moderne toutefois sans militantisme grossier, notamment au niveau de la relation entre Camille Cottin et Louis Garrel dans un rôle bien plus comique qu'à l'accoutumé.
Un sympathique film feel good mais qui ne se démarque fondamentalement pas des films surfant sur la vibe 80's qui pullulent en ce moment.
La Corde au cou (2025)
Dead Man's Wire
1 h 45 min. Sortie : 15 avril 2026 (France). Policier, Drame, Thriller
Film de Gus Van Sant
Tchiiik a mis 4/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VOST) le 18/04/2025
Mostra de Venise 2025 - Fuori Concorso
Je n'aime généralement pas les films essentialistes et ce n'est pas le retour de Gus van Sant en salles qui va me réconcilier. Ce n'est ni plus ni moins qu'un film qui va se contenter de bien gentiment relater les faits sans y développer nécessairement un discours sur le capitalisme, la révolution ou la transmission des informations de telle sorte que van Sant ne nous permet même pas de nous questionner sur sa représentation.
Pire encore je trouve le film fainéant dans sa reconstitution des 70's avec sa bande-son constitué de titres soul usés jusqu'à la moelle dont notamment le The Revolution Will not be Televised de Gil Scott-Heron qui habillait déjà le PTA de l'an dernier. Je trouve que c'est l'un des morceaux les plus stéréotypés qu'on puisse utiliser pour un film se déroulant dans cette époque.
C'est uniquement la performance de Bill Skarsgard enfin sans costume intégral, son alchimie avec Dacre Montgomery et le fait que ça dure moins de 2h qui l'empêche d'être un naufrage mais van Sant aurait clairement pu attendre avant de revenir. J'ai l'impression qu'il fallait impérativement faire un film sur cette histoire et que vu que personne voulait le faire c'est lui qui s'y est collé pour pouvoir apposer son nom et revenir dans les salles obscures.
Good Luck Have Fun Don't Die (2025)
2 h 14 min. Sortie : 15 avril 2026 (France). Aventure, Comédie, Science-fiction
Film de Gore Verbinski
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VOST) le 20/04/2026
Le retour de Gore Verbinski au cinéma ne faisait pas partie de mon bingo 2026 mais force est de constater que celui-ci déborde toujours autant d'énergie. Certes le film part dans tout les sens et se révèle plus intéressant quand il se pose pour exposer des portraits de personnages et leur vécu face à l'évolution de la technologie qu'il ne l'est réellement dans son fil rouge, mais c'est pour autant assez grisant de suivre cette petite troupe dépareillée dans cette fable moderne absurde. Modulo la conclusion interminable et certaines idées de mauvais goût qui n'auraient jamais dû passer la phase des storyboards. Sam Rockwell prouve qu'il peut être un lead fantasque très drôle avec une gestuelle qui lui est propre.
Par contre il est certain que ce film va très mal vieillir dans le propos, s'il n'est pas d'ores et déjà dépassé sur certains aspects.
Die My Love (2025)
1 h 58 min. Sortie : 29 avril 2026 (France). Drame, Thriller
Film de Lynne Ramsay
Tchiiik a mis 6/10.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 01/05/2026
Festival de Cannes 2025 - Compétition officielle
Après une présentation à Cannes il y'a quasiment un an, de multiples reports, des retours très ambivalents et une distribution calamiteuse, il faut dire que le visionnage du nouveau Lynne Ramsay en salle se méritait, à l'image du Cronenberg de l'an dernier.
Ramsay sans mauvais jeu de mot accouche ici d'un film fondamentalement mal aimable nous plongeant dans la névrose de sa protagoniste en pleine dépression post partum où la solitude et les bruits tels que des babillements de nourrisson et des aboiements de chien sont exacerbés. J'aime beaucoup le lyrisme traumatique et le symbolisme quoique grossier que présente le film mais je le trouve un peu surchargé en sous-intrigues (le passage avec l'amant fantasmé notamment), pas franchement beau (les nuits américaines participent à l'hallucinatoire mais je les trouve visuellement indigentes) et des fois trop gratuit dans sa nudité et sexualité.
Il n'empêche que Ramsay propose une expérience indéniablement radicale pour clôturer l'exercice cannois 2025, même si le voyage traumatique est moins efficace que l'excellent You Were Never Really Here.
La Vénus électrique (2026)
2 h 03 min. Sortie : 12 mai 2026. Comédie romantique
Film de Pierre Salvadori
Tchiiik a mis 6/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VF) le 12/05/2026
Festival de Cannes 2026 - Hors compétition - Film d'ouverture
Vu en avant-première en plus de l'ouverture de Cannes au cinéma. Une cérémonie très tiédasse par ailleurs où uniquement la remise de la Palme d'honneur à Peter Jackson par Elijah Wood et le montage vidéo de la carrière de Park Chan Wook ont suscité mon attention.
Je n'avais jamais eu l'occasion de découvrir le cinéma de Pierre Salvadori et je ne m'attendais pas un film aussi burlesque très inspiré par le vaudeville avec son humour potache (il faut accepter le style qui nécessite le cabotinage des acteurs, Demoustier c'est dur à apprécier au début) qui évoque les illusions de l'amour, leurs apports à la création artistique et la possibilité d'aimer après le deuil. Même si le film est plutôt mignon, il est pour moi assez symptomatique des films d'ouverture bon enfant qui ne se mouillent pas pour introduire de façon légère le festival de Cannes et convenir à l'ensemble du public. En plus, ça joue encore la carte de la représentation de la "culture française" fantasmée et je ne le trouve pas si inspiré que ça dans sa mise en scène et ses décors qui manquent d'intensité et de couleurs surtout quand on voit ce que Klapisch a pu faire du Paris historique l'année dernière sur ces points précis.
A défaut d'être vraiment sympathique et léger, La Vénus électrique prouve que le plus intéressant de la production française sera directement à découvrir au sein de la compétition.
Histoires parallèles (2026)
2 h 20 min. Sortie : 14 mai 2026. Drame, Thriller
Film de Asghar Farhadi
Tchiiik a mis 7/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VF) le 14/05/2026
Festival de Cannes 2026 - Compétition officielle
Il est vrai que malgré un rapide retour en 2021, le cinéma d'Asghar Farhadi a très rapidement perdu de sa superbe après son internationalisation et il est indéniable que ce nouvel exercice dans nos contrées n'avait pas besoin de durer aussi longtemps pour justifier de son idée principale.
Je n'ai pourtant pas envie de tomber gratuitement sur ce film qui malgré sa mise en scène surappuyée et ses dialogues improbables, aura réussi à me captiver durant ses quasi-2h20 où fiction et réalité s'entrecroisent jusqu'à ce que la seconde rencontre la première. J'ai bien aimé évoluer au rythme des doutes, hésitations et autres sentiments refoulés de cette galerie de personnages. Jamais vraiment ennuyant pour ma part, Farhadi montre ici l'influence passive que peut exercer une fiction sur les agissements d'une personne jusque dans sa tragique finalité invoquant un cycle en perpétuel recommencement.
Une bonne surprise pour ma part, hélas prise dans les étaux cannois.
L’Être aimé (2025)
El ser querido
2 h 15 min. Sortie : 16 mai 2026 (France). Drame
Film de Rodrigo Sorogoyen
Tchiiik a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Cinéma les Carmes Orléans (VOST) le 16/05/2026
Festival de Cannes 2026 - Compétition officielle
Rodrigo Sorogoyen nous offre cette année un drame familial, sur le papier éloigné de ses thrillers intenses mais c’est en suivant cette nouvelle proposition que l’on va retrouver le réalisateur espagnol en terrain connu avec sa tension croissante.
à travers cette relation père-fille déconstruite qui n’a jamais réellement eu lieu, Sorogoyen va montrer avec panache que la volonté maladroite de son protagoniste/antagoniste de recoller les morceaux (Javier Bardem et Victoria Luengo sont immenses) va briser encore plus les liens familiaux. Le film contient deux scènes pivot en temps réel où l’on voit la maitrise en terme de rythme où les démons du passé ressurgissent montrant ainsi la vulnérabilité et la corde raide sur laquelle se retrouve ses deux sujets.
J’aime particulièrement l’idée de placer l’action du tournage du film dans un désert, forçant ainsi les personnages, père-réalisateur, fille-actrice et équipe de tournage à se confronter sans avoir de ressources extérieures ni d’échappatoire. Le film possède beaucoup d’effets de style où Sorogoyen va tantôt utiliser le noir et blanc pour illustrer le sentiment de solitude à l’instant T de chacun de ses protagonistes, tantôt couper le son pour laisser vivre son action.
Mais plus que ça, je trouve que Sorogoyen impose sa vision sur le cinéma, peut-être avec autocritique, en montrant la violence mentale et le jeu de manipulation imposé par la figure du patriarche et réalisateur, un chef d’orchestre se pensant le saint-sauveur de son art comme de ses relations où la véritable nature finit vite par ressortir.
Même si le pitch est quasiment identique à celui de Valeur Sentimentale, j’y trouve ici bien moins de tendresse que dans le film de Trier. Sorogoyen va mettre la colère et l’amertume au centre de ses émotions à l’inverse de la tristesse et de la mélancolie du récipiendaire du Grand Prix de l’an dernier et sera plus virulent sur le traitement de ses personnages.
Je pinaillerais en disant que toutes les scènes du film ne se valent pas, c’est dans les deux scènes pivot que j’évoquais au début que le film va se révéler mais c’est probablement un des films que sera le plus discuté de la compétition de cette année et avec raison parce que le résultat est tout de même plutôt brillant. Sorogoyen propose un film intense, bien rythmé et interprété qui le pose en réalisateur majeur du cinéma espagnol contemporain.
Autofiction (2025)
Amarga Navidad
1 h 51 min. Sortie : 20 mai 2026 (France). Drame
Film de Pedro Almodóvar
Tchiiik a mis 5/10.
Disclosure Day (2026)
2 h 25 min. Sortie : 10 juin 2026 (France). Science-fiction, Thriller
Film de Steven Spielberg
Tchiiik a mis 5/10.
Annotation :
Pathé Orléans (VOST) le 13/06/2026
J'ai vraiment cru que Spielberg n'avait rien perdu de sa capacité à raconter des histoires tout en versant dans l'émotion le tout dans un écrin efficace digne des plus grandes productions du cinéma populaire hollywoodien quand j'ai pu successivement découvrir Ready Player One et West Side Story au cinéma.
The Fabelmans me semblait déjà être un pas de côté tant celui-ci ne se servait absolument pas de ce qui faisait son point de départ, c'est à dire le cinéma, pour proposer une sorte de coming of age qui pouvait uniquement se targuer d'être bien produit mais sans aucune substance.
Un retour à la science-fiction avait tout de même de quoi m'enthousiasmer en tant que bon fan et défenseur de Rencontres du Troisième Type et Minority Report entre autres. Disclosure Day fait pourtant bien pâle figure à côté de ces deux monuments et je dois même dire que j'ai trouvé tonton Spielberg rarement aussi insignifiant que dans ce film qui préfère se concentrer sur une course-poursuite assez laborieuse et une intrigue confuse et caricaturale plutôt que véritablement évoquer l'effet qu'une telle révélation peut avoir sur l'entièreté de l'espèce humaine surtout à l'heure actuelle. Ceci pouvait déjà faire un film en soi mais Spielberg a préféré s'embourber en voulant impérativement caser des manifestations paranormales au sein de ses propres personnages ainsi qu'un rapport à la religion comme capacité de croire. Au final il ne sert absolument pas du contexte de troisième guerre mondiale qu'il semble mettre en place. Toute l'intrigue se déroule parallèlement à tout ceci sans que cela ne se croise vraiment.
Pourtant, j'y retrouve toujours une richesse de mise en scène notamment lors de scènes introspectives, sans dialogues où la musique de John Williams arrive à servir l'émotion transmise par de belles images de façon efficace ce qui m'empêche de totalement passer à côté mais bon... Je ne sais même pas pourquoi Spielberg a tenu à faire ce film qui apporte très peu de choses à sa filmographie dantesque. Finir sur The Fabelmans aurait été un choix plus symbolique en dépit de sa qualité.
































