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Carnet de lectures 2016

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240 livres

par LongJaneSilver

Quelques projets de lecture : me replonger dans la littérature japonaise (classique, essentiellement, mes connaissances se limitant au XXe siècle ; dans cette période un peu plus familière, essayer de me réconcilier avec Mishima, lu trop jeune et peu apprécié, faute de maturité), lire encore et toujours plus d'essais (psychogéographie, surtout), poursuivre mes amours antiques, découvrir de nouvelles voix fémini-nes/stes, et trouver de quoi nourrir quelques projets littéraires en cours d'écriture.

Version 2014 : http://www.senscritique.com/liste/Carnet_de_lectures_2014/363926
Version 2015 : http://www.senscritique.com/liste/Carnet_de_lectures_2015/722431

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  • De la curiosité (2015)

    Sortie : .

    Livre de Alberto Manguel

    Reçu à Noël ; cabinet de curiosités littéraires, virevoltant essentiellement autour de la figure de Dante et de sa Divine Comédie. Non pas un inventaire de la curiosité à travers les âges, mais une sorte de point intellectuel sur les questions que se posait Manguel enfant (qu'est-ce qui définit mon identité ? pourquoi une telle importance de l'argent dans notre culture ? Comment se met en place le langage ? Quelle est notre responsabilité ici-bas ?)
    Comme d'habitude, chez Mangel, quelques pensées intéressantes autour de la figure du lecteur et, surtout, un étourdissant travail de "condensation" de toute une vie de lecture.
    «L’une des expériences communes à la plupart des vies de lecteurs est la découverte, tôt ou tard, d’un livre qui mieux que tout autre favorise l’exploration de soi-même et du monde, qui paraît inépuisable en même temps qu’il concentre l’intelligence d’une manière intime et singulière sur les détails les plus minuscules.»
  • Francesco's Kitchen (2007)

    Sortie : . Culture et société et vie pratique.

    Livre

    Reçu à Noël et dévoré cette après-midi : à la fois histoire de la cuisine vénitienne et livre de recette, promenade dans les saveurs de la Vénétie et celle de la cuisine de ce cher Francesco Da Mosto, un de mes vénitiens contemporains préférés. On retrouve son humour, sa verve et son émerveillement rafraîchissant !
    Parfait pour nourrir mon amour pour Venise et pour la cuisine.
  • La lumière de Venise (2012)

    The light of Venice

    Sortie : . Beau livre.

    Livre de Jean-Michel Berts

    Reçu à Noël (par un père Noël qui me connait décidément fort bien).
    On la dirait presque crépusculaire, la Venise de Berts, photographiée dans les petits matins de février !
    Etrange Sérénissime presque vide, dépouillée de son agitation maritime et touristique, qui ne s'offre plus qu'à travers des clairs-obscurs aux grains somptueux, à travers des vues à la fois si familières (ah, le Grand Canal, la pointe de la Douane, les Fondamenta Nuove, les Zattere, la place St Marc...) et parfois étranges, par la grâce d'un cadrage astucieux, qui permet de redécouvrir certains aspects des sestiere (notamment San Marco, véritable centre de gravitation du photographe, qui est loin d'être dans mon quartier préféré).
    Belle promenade - qui rend fort mélancolique.
  • La lumière de Tokyo (2008)

    The light of Tokyo

    Sortie : septembre 2008. Beau livre.

    Livre de Jean-Michel Berts

    Reçu à Noël : promenade intéressante à travers Odaiba (où il faudra que j'aille me promener, cet été), Shinjuku (grande émotion à reconnaître certaines vues, tant aimées), Harajuku... qui tente, à la fois de rendre compte du projet originel de Berts (jouer avec la lumière matinale des villes) et de dialoguer avec l'esthétique japonaise de l'ombre. Cela reste un regard d'occidental, mais c'est intéressant - et il y a parfois quelques pépites visuelles, comme cette explosion de cerisiers en fleurs à la pâleur fantomatique, sur le gris assombri, saturé, du reste d'un parc.
    Un léger bémol : la légende des photos est donnée dans le désordre, en fin d'ouvrage, il est difficile de retrouver rapidement la référence du lieu qui a pu intriguer.
  • Venise est une ville (2015)

    Sortie : . Beau livre.

    Livre de Franco Mancuso

    Reçu à Noël.
    Lecture lente - le livre est un merveilleux pavé lourdissime, que je ne retrouve que par poignées de pages, le soir venu - mais passionnée.
    Un architecte et urbaniste explore (j'ai presque envie de dire : conte, tant l'écriture est fluide et fort agréable à lire) la formation de Venise, la spécificité de ses constructions/du visage de ses sestiere, ses principes urbanistiques, sa "bataille"/son "apprivoisement" de l'eau, les évolutions de son esthétique, son rapport à la modernité, les particularités de sa lagune, l'importance de la Biennale, l'histoire de ses îles, les raisons qui en font la ville idéale socialement parlant et celles qui la condamnent à mourir...
    Autant d'approches scientifiques, économiques, sociales et artistiques qui se voient richement illustrées : photographies, plans, dessins, gravures, cadastres, tableaux, ...
  • Si Venise meurt (2015)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Salvatore Settis

    Reçu à Noël.
    Venise est le coeur fuyant de cet essai qui, pour anticiper sa mort à venir, étudie la mutation de l'âme des villes, de leurs architectures, de leurs populations.
    C'est à la fois passionnant (réflexions sur les mutations imposées par les impératifs de la production, du marché et du divertissement modernes, notamment, ou autour de l'oubli du projet originel qu'incarnait la ville) et frustrant (il s'agit parfois plus d'une méditation sur le monde contemporain que sur la destinée de Venise ou son agonie, amorcée par Bonaparte).
  • La poupée de Kafka (2016)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Fabrice Colin

    Il faudra que je la critique, cette splendide incursion dans les liens familiaux et littéraires qui tissent et détissent les êtres, leurs mémoires, les fictions de leurs vies et leur imaginaire du réel.J'aime Colin quand il écrit pour les adultes - pour les ados aussi mais, pour les adultes, il a le don d'ausculter certaines obsessions personnelles, comme l'entrelacement du littéraire aux vies palpitantes, ici, ou les non-dits familiaux.

    EDIT: c'est désormais chose faite ici :
    http://www.delitteris.com/au-fil-des-pages/la-poupee-de-kafka/
  • La bibliothèque invisible (2014)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Stéphane Mahieu

    Un livre pour éternels curieux ou fous littéraires qui souhaiteraient explorer un catalogue de livres imaginaires et se donner le vertige (toutes ces promesses non-écrites, ayant pourtant chacune leur histoire, leurs fragments, leurs recensions chez des auteurs tels que Pirandello, Borges, Lovecraft, Calvino, Shakespeare)...
    Bref : voilà qui donne réellement envie de se plonger dans "Palladian Grammar and Metaphysical Appropriations : Nadvidson's Villa Malcontenta", "Incitation à la révolte sanguinolente", "Comment avoir le mal de mer avec des idées fixes ?", "Icariologie", "Pipe-lines vers l'infini", "De Umbrarum Regni Norvem Portis", ou la "Traduction des Instituts de Justinien en langue vulgaire, pour le soulagement des Magistrats qui n'entendent pas le latin"...
  • Compleat Ankh-Morpork (2012)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Terry Pratchett

    Relu en français... Base très pratique pour faire du jeu de rôle à Ankh-Morpork ou entretenir sa pratchettite aïgue.
    Carte plus détaillée et pratique que la carte originelle d'Ankh-Morpork.
  • Femmes et samouraï (1986)

    Sortie : . Culture et société.

    Livre de Hidéko Fukumoto et Catherine Pigeaire

    Un bel essai sur la place des femmes dans le Japon médiéval et son évolution, qui sous-tend leur rôle aujourd'hui dans la société ; d'intéressantes pages sur le système des maîtresses impériales, le rôle des nourrices, Sei Shônagon et Murasaki Shikibu, les intrigantes, les femmes vivant à l'ombre des samouraïs (avec une analyse de la naissance de cette noblesse d'épée et des enjeux du bushidô), les femmes-otages ou gages, les femmes maudites, les danseuses, les prostituées, les bonzes...
    L'écriture est claire, simple, élégante, et accessible : j'imagine qu'un connaisseur n'y trouvera peut-être pas son compte, mais pour moi, qui souhaite me construire cette année une vision un peu plus claire et nuancée des périodes Heian, Kamakura et Muromachi (bref, l'ère pré-Nobunaga), c'est une introduction qui m'a semblée intéressante et complète.
  • Fata Morgana (1977)

    Sortie : 1977. Roman.

    Livre de William Kotzwinkle

    Une sorte de "hard boiled" du faux-semblant, de l'illusion, du rêve et de l'ésotérisme. Plume tantôt sèche, tantôt évocatrice, qui sait capturer des instants très nervaliens, des abandons sensuels, des égarements dans des brumes se faisant labyrinthiques...
  • Hearst Castle: The Biography of a Country House (2000)

    Sortie : . Beau livre.

    Livre de Victoria Kastner

    Voilà qui a bien nourri ma fascination pour ce lieu hors-norme, qui a inspiré le Xanadu de Citizen Kane !
    Plutôt que de se perdre dans des méandres descriptifs, l'ouvrage propose une "biographie" raisonnée du château et de sa construction, analysant tant les rapports de Hearst à son architecte, Julia Morgan, que les origines de ses demandes, les évolutions des différentes parties du domaine, leurs influences allant du baroque espagnol à la Renaissance italienne, en passant par le médiéval anglais et, pour les dernières pièces, celles d'avant la ruine financière, l'art déco... et un panorama de ses visiteurs les plus célèbres.
    Abondamment illustrée de photos d'époque, de plans, et de magnifiques clichés (la bibliothèque gothique et les bains romains avec leur écrin de verre de Murano font partie de mes pièces préférées), cette visite guidée de La Cuesta Encantada propose donc un dépaysement salutaire en ces temps de grisaille.
  • The Grand Budapest Hotel (2015)

    The Wes Anderson Collection: The Grand Budapest Hotel

    Sortie : . Beau livre et cinéma & télévision.

    Livre de Matt Zoller Seitz

    Le Père Noël aura décidément été généreux en beaux livres, cette année, et m'aura permis, avec ce "coffee table book", de découvrir, à travers de nombreuses interviews (Wes Anderson, Ralph Fienes, Alexandre Desplat, Milena Canonero...), photos de tournage, extraits de story board et de scénarios... de replonger dans un film que j'ai tant aimé et de découvrir ses influences littéraires (étrange de lire Zweig en anglais !) et cinématographiques.
    Là encore, une promenade stimulante, à travers une bien jolie pièce montée.
    http://www.senscritique.com/film/The_Grand_Budapest_Hotel/critique/32142840
  • The Discworld Atlas (2015)

    The Compleat Discworld Atlas

    Sortie : .

    Livre de Terry Pratchett

    Petit complément pour fanatiques, qui permet de retrouver de manière synthétique des informations sur les diverses régions du Disque-Monde.
    C'est un très joli livre, soigneusement édité, abondamment illustré, et muni d'une très belle carte imprimée recto-verso et à l'aspect plus réaliste et développé que la carte dépliante du Disque-Monde sortie il y a, quoi, quinze ans ?
    Comme pour tous les suppléments proposés par l'Emporium, on pourra regretter de ne pas retrouver la patte du maître et de ne devoir se contenter que de "Pratchett like".
  • Chant du mont fou (2015)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Yoshikichi Furui

    Un voyage à travers un bouillonnement silencieux de sensations liées à l'observation des paysages, des saisons et des êtres, où les voix (passées et présentes) se mêlent pour tisser un sentiment pluriel et unique des six lieux traversés au fil des chapitres. Ecriture qui ravive la mémoire de haïkus et donne envie d'en relire. Un beau projet - auquel il manque je ne sais quoi, mais peut-être est-ce parce que je l'ai lu en pointillés, en période de grande fatigue.
    Je serais curieuse de le relire après m'être réimprégnée de littérature classique - c'est peut-être cela qui me manque, un sous-texte littéraire que mes yeux encore inexpérimentés de petite occidentale ne connaissant que la littérature japonaise moderne ne peuvent déchiffrer.
  • King Kong théorie (2006)

    Sortie : 2006. Essai.

    Livre de Virginie Despentes

    Lu pour chronique dans la revue Dissonnances.
    Cela fait longtemps que je lui tourne autour - ayant détesté l'écriture de Despentes quand je me suis essayée à lire ses romans.
    Mais là, pour ce coup de poing féministe, cela passe, ce franc-parler, cette syntaxe crachée à la gueule, ces phrases écrites avec des automatismes qui d'habitude me feraient sourciller.
    Peut-être parce que le fond (la réflexion sur la culture du viol, le porno, la prostitution, la libération sexuelle, le modelage de l'image de la femme, physiquement et moralement, l'apprentissage des filles, l'art de la servilité) m'intéresse suffisamment pour me faire oublier le reste.
    Bref : du punk-féminisme, qui racle là où ça fait mal, en s'appuyant sur quelques essais sociologiques qu'il faut que je me procure.
  • My Life on the Road (2015)

    Sortie : . Biographie.

    Livre de Gloria Steinem

    Intéressante plongée dans un nomadisme féministe, qui offre un bel aperçu de ce que peut être l'activisme dans les années 60-80. Impossible de se retrouver dans cette vision du monde qui me semble assez marquée par la pensée new-yorkaise de l'époque, mais ses rencontres, ses combats (droit à l'avortement, lien entre lutte contre le racisme et féminisme, empowerment, ...), ses racines familiales en font un personnage intéressant, pour sa capacité à l'empathie.
    (Note pour plus tard : il est temps d'aller découvrir ce qu'écrit Angela Davis).
  • Revolution from Within (1992)

    Sortie : 1992. Essai et culture et société.

    Livre

    Cela commençait plutôt bien : j'ai trouvé très intéressantes toutes les analyses sociologiques/ ethnographiques / psychologiques de la naissance du manque d'estime de soi (place de la femme dans la société, impact de l'éducation, décortiquage des structures internes et externes menant à l'image de soi)...
    Puis le vocabulaire New Age vaguement emprunté aux Upanishads et les invitations à la méditation ou aux expériences d'hypnose pour reformer son petit enfant intérieur m'ont perdue : voilà une vision du monde avec laquelle je ne parviens pas (et n'ai pas envie) de "communier" et qui me semble être marquée par une époque révolue. Je ne suis pas sensible aux self-help books en général, et j'avais acheté celui-ci par curiosité (j'espérais quelque chose touchant plus à l'empowerment féminin, ce que proposent les 100 premières pages).
    Bon travail de compilation de diverses voix, ceci dit, toutes mises en valeur avec une empathie rafraîchissante.
  • Marylin : Norma Jeane (1986)

    Sortie : 1986. Biographie.

    Livre de George Barris et Gloria Steinem

    Fin de ma découverte de Gloria Steinem (un simple nom pour moi, jusque là), à travers ce portrait d'une femme qui me touche beaucoup : une série d'articles, voués à illustrer la dernière séance de photographies de Barris, à prendre le relai de l'autobiographie inachevée de MM. Le texte de Steinem se mêle donc à la voix de Marilyn/Norma Jean, pour redire l'éternelle dualité de cette femme à l'âme d'enfant et au corps de déesse, utilisant son sex appeal pour obtenir l'affection/l'attention que réclamait son âme blessée. Analysant son rapport aux hommes et aux femmes, son corps-prison, ses aspirations culturelles et maternelles, projetant ce qu'aurait pu être Marilyn à soixante ans, Steinem essaye de cerner les racines de notre fascination pour cette femme-enfant infiniment touchante qui éveille encore aujourd'hui tant de désir et d'instincts de protection.
    Encore une fois (et c'est ce que je retiendrai de l'écriture de Steinem) : touchée par l'empathie que sait déployer l'auteure.
  • Contes d'Ise

    Ise Monogatari

    Poésie et conte.

    Livre

    Etrange livre, plein d'élégance livrée à l'état brut : ces contes sont moins des histoires que des lignes de prose encadrant des poèmes, invitant à méditer des tableautins de vie où nobles, nonnes, femmes voluptueuses, libertins, ministres et concubines défilent, s'écrivent, s'assaillent l'âme par quelques vers évoquant la beauté de la nature, la défaillance d'un amour, une déception sentimentale, un espoir vain, un geste de courtoisie, un refus catégorique.
    Je l'ai lu par à-coups, comme on glanerait des coquillages au fil d'une promenade, en s'interrogeant sur leur provenance, leur parcours, la signification de leurs formes étranges.
    J'en suis repartie hantée de fragments : manches de kimonos baignées de pluies et de pleurs, branches de pruniers cassés, miroirs gardant prisonnières des âmes, cordon de ceinture nouant des fidélités, traces de pas dans une neige qui perdure, rosée qui s'évanouit, vols d'oies sauvages et grues sanglotantes... autant de médaillons raffinés laissant émerger, entre deux nappes de brume, un certain sentiment du Japon du IXe/Xe siècle.
  • Vie d'une amie de la volupté (1686)

    Kôshoku ichidai onna

    Sortie : 1686. Récit.

    Livre de Ihara Saikaku

    Un beau roman, qui conte l'inexorable déclin social d'une femme libre au regard critique et fier, bien trop moderne pour le monde japonais du XVIIe siècle.
    Elle connaîtra tous les degrés du monde de la volupté (courtisane, prostituée en maison, fille d’attente dans une auberge, femme ténébreuse, raccrocheuse de nuit), multipliera les métiers (professeure de calligraphie féminine, servante chez un marchand d’étoffes, bonzesse chanteuse, couturière, coiffeuse chez un noble, dévideuse dans le quartier des tisserands...), connaîtra l'exaltation du luxe comme la déchéance la plus nue...
    ... et livrera ses impressions à deux jeunes hommes de passage, d'une voix tour à tour joyeuse, lasse, ironique, mélancolique, qui narre tant ses difficiles métamorphoses personnelles que l'émergence, en creux, d'une nouvelle classe sociale, celles des chônins, ces petits entrepreneurs qui seront à l'origine de cette classe moyenne qui permettra au Japon de réussir son entrée dans le XXe siècle.
  • Adamas, maître du jeu (Cosplay) (2016)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Laurent Ladouari

    Lu pour Actusf - critique plus longue à venir sur le site.
    Une société au bord de la crise (de nerfs & financière) se voit proposer une alternative avant d'être démantelée : choisir entre le parachute doré/le "gentil" chèque de licenciement, ou plonger dans un univers virtuel, le Cosplay, où chaque employé se travestira derrière une identité empruntée à des héros réels (Cléopâtre, Savonarole, etc) ou fictifs (Athos, la fée Morgane) et s'adonnera à un MMORPG dont les règles ne lui seront jamais clairement expliquées... mais qui l'amèneront à découvrir les dessous de la société et ses réelles capacités.
    Il y a plein de bonnes idées foutraques dans ce roman (l'impact du jeu de rôle, un bel hymne à l'utopie scientifique et aux lettres, des réflexions sur la possibilité d'une intelligence collective), quelques passages bien tournés mais... bien trop long ! Lent à démarrer, parfois inutilement bavard (inutile de donner tant d'exemples des mécanismes de la psychologie des foules, par exemple), s'attardant parfois sur des personnages manquant de charisme (quand d'autres sont fort bien troussés et s'avèrent des compagnons de page sympathiques)... Il y a bien 150 pages de trop pour que je sois convaincue - et les dernières, avec leur manière de zieuter vers une conspiration globale, me font plus peur qu'elles ne me rendent curieuse.
    Malgré tout, un petit "coeur" sens-critiquien, car le projet de réflexion globale autour de l'utopie (en ces temps où les dystopies fleurissent de partout) est intéressant.
  • Jadis (2015)

    Sortie : novembre 2015. Beau livre.

    Livre de Raphaël Granier de Cassagnac, Mathieu Gaborit, Charlotte Bousquet

    Lu pour chronique (à venir) sur Actusf.
    Intéressant projet picaresque, labyrinthique et protéiforme (dessins, journal, théâtre, correspondance... autant d'encouragement à ne pas lire de manière linéaire), auquel il manque un-je-ne-sais-quoi pour que je sois complètement enthousiaste.
    Belle réinterprétation de l'Italie de la Renaissance sous toutes ses formes, audacieux projet d'univers forgé en collectivité et très beau livre-objet, ceci dit. J'aurais dû fondre - je comprendrais peut-être pourquoi le déclic n'a pas eu lieu en travaillant ma chronique.
  • Information Doesn't Want to Be Free (2014)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Cory Doctorow

    Intéressante réflexion sur le copyright à l'heure d'internet et les possibilités artistiques de celui-ci. Je ne peux pas acquiescer aussi aveuglément que Doctorow (un peu trop cyber-optimiste ?) à certains aspects de sa réflexion, mais je retiendrai ses trois lois: - "any time someone pulls a lock on something that belongs to you and won't give you the key, taht lock isn't there for your benefit"
    - "fame won't make you rich, but you can't get paid without it"
    - "information doesn't want to be free : People do".
    Et sa conclusion : "no matter who you are, remember that this Internet thing is bigger than the arts, bigger than the entertainment business - it's the nervous system of the twenty-first century and, depending on how we use it, it can set us free, or it can enslave us".
  • Pensées à moi-même (180)

    Ta eis heauton

    Sortie : . Philosophie et aphorismes & pensées.

    Livre de Marc-Aurèle

    Nouvelle traduction, agrémentée de gravures de toute beauté, pour cet ensemble philosophique qui demeure un de mes livres de chevet.
    (je ferai une compilation de citations, plus tard)
  • Qu'est-ce que la philosophie antique ? (1995)

    Sortie : . Essai et philosophie.

    Livre de Pierre Hadot

    Introduction claire, accessible et dynamique au développement de la pensée antique (vue tant d'un point de vue historique que du développement des raisonnements philosophiques eux-mêmes) ; Hadot a l'art de l'érudition pédagogique.
  • Défense de Cicéron (1978)

    Sortie : 1978. Histoire et essai.

    Livre de Henri-Irénée Marrou

    Bref opuscule défendant ce malheureux "Pois Chiche", rétamé par ses contemporains pour son ambition trop affichée à l'issue des Catilinaires, vilipendé par les historiens du XIXe et du début du XXe, accusé d'être fade, peu compétent et dépourvu de charisme et de capacités décisionnelles... et assez incompris, finalement.
    A vérifier : est-ce grâce à ce fascicule que le latin fut officiellement baptisé "langue de Cicéron" ou l'expression était-elle déjà fixée auparavant ?
  • Nous sommes tous des féministes (2014)

    We should all be feminists

    Sortie : 2014. Essai.

    Livre de Chimamanda Ngozi Adichie

    Mise en forme d'une conférence au TEDX, qui pose de manière simple et efficace la nécessité d'une ré-éducation des générations à venir (apprendre aux filles à être ambitieuses et aux garçons à ne pas vouloir être durs et à ne pas voir dans l'argent un moyen de virilisation ; désapprendre les conventions sociales et les schémas de pensée) et du détricotage des connotations négatives qui environnent encore ce mot, le rendant encore inaccessible à bien des femmes et problématique pour bien des hommes.
    La conférence est suivie d'une courte nouvelle autour d'un mariage arrangé suivi d'une immigration aux Etats-Unis, qui fonctionne en écho à certains aspects du discours de Chimamanda Ngozi Adichie (notamment sur la question de la femme dans le couple et dans la société, et l'héritage de certaines traditions culturelles et leur confrontation avec des valeurs neuves).
  • Plotin ou la simplicité du regard (1963)

    Sortie : 1963. Essai et philosophie.

    Livre de Pierre Hadot

    Un intéressant psycho-portrait / traité de spiritualité montrant combien, chez Plotin, cet étrange ascète, philosophie et expérience de vie sont intrinsèquement liées pour donner naissance à la transition entre l'idéalisme platonicien et le premier mysticisme chrétien.
  • L'Antiquité retrouvée (2005)

    Sortie : novembre 2005. Essai.

    Livre de Jean-Claude Golvin

    Reconstruction de villes antiques, de leur architecture et de leur urbanisme, "biographies" des villes en question... et les aquarelles splendides, minutieuses, d'une beauté à couper le souffle, de Jean-Claude Golvin, qui fait ressurgir avec une justesse sans pareille les plus grands sites antiques.