Chaos Littéraire en 2019 (annoté)

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39 livres

par καιρός

Philosophie - Politique - Théâtre

Après la léthargie littéraire de l'année dernière - qui n'en était pas vraiment une au final -, place au chaos !
Je vais tenter de mieux annoter les ouvrages que l'année dernière ; les bonnes résolutions, toujours.

Liste filmique 2019 annotée : https://www.senscritique.com/liste/Peril_Filmique_annote_2019/2306995
Liste musicale 2019 annotée : https://www.senscritique.com/liste/Melodie_s_au_sous_sol_de_2019/2302673

Mes autres listes :
La rétrospective 2018 : https://www.senscritique.com/liste/Lethargie_litteraire_de_2018/1976702
Mes lectures d'essais de Philosophie : https://www.senscritique.com/liste/Philosophie/1394178
Essais politique/philosophie politique : https://www.senscritique.com/liste/Your_emotions_are_nothing_but_politics/2272615
Philosophie de l'art/esthétique/cinéma : https://www.senscritique.com/liste/Philosophie_de_l_art_Esthetique_Cinema/1949945
Janvier : 8 livres.
Février : 6 livres dont deux bd.
Mars : 5 livres.
Avril : 9 livres.
Mai : 6 livres.
Juin : 6 livres dont une bd.

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  • La Révolution inconnue (1947)

    Sortie : 1947. Histoire et essai.

    Livre de Voline

    [Juillet] : J'ai lu le tome 1. Une introduction à la révolution russe concise, avec une écriture pince sans rire qui fait mouche. On y découvre les péripéties de Gapone ou l'existence du premier Soviet. Il me tarde de lire les deux autres tomes.
  • Nadja (1928)

    Sortie : . Poésie, récit et roman.

    Livre de André Breton

    [Juin] Petit coup de coeur surtout pour les photos de Man Ray. J'aime tellement ce photographe. Passons.
    J'ai eu la même sensation en le lisant qu'avec "Le paysan à Paris" d'Aragon. De l'ennui, parfois un nuage d'exaltation, de contemplation. L'impression de planer, de survoler. Le texte est parfois pédant au possible, avec des réflexions sur des oeuvres qui sont inutiles à mon sens ou une scène où Breton toise la foule en se disant "ils ne sont pas prêts pour la révolution, ceux-là". Le portrait de Nadja est insaisissable, vaporeux. Je pense que je ne retiendrais rien de ce livre, si ce n'est qu'une impression de volupté.
  • Le lettrisme devant Dada

    Livre

    [Juin] Et je suis gentille avec ce quatre.
    Je pourrais résumer l'ouvrage en "Ouin, ouin, Isou et moi, on est trop forts, on a découvert les premiers les dadas et on ne parle pas de nous".
    Je ne caricature même pas. J'espère que c'était du second degré, de la provocation. Lemaître parle même de lui à la troisième personne parfois.
    Si j'ai mis quatre, c'est parce que les tournures de phrases sont assez épiques.
    Il compare les situationnistes à des pseudos marxistes troglodytes, par exemple...
  • Qu'est-ce que le lettrisme ? (1954)

    Sortie : 1954.

    Livre de Maurice Lemaître

    [Juin] (ajouté sur SC)
    Je le conseille vraiment à toutes les personnes qui s'intéressent au lettrisme. L'ouvrage introduit sans entrer dans la vulgarisation creuse. On comprend pourquoi le lettrisme n'est ni de la poésie ou de la musique et en quoi ces derniers seraient morts, on voit comment le lettrisme utilise les lettres pour ne point en faire des phrases, qu'est-ce qu'est le cinéma ciselé...
    Se focalise surtout sur la branche du lettrisme d'Isou (le fondateur). Par la suite, le lettrisme connaîtra un schisme entre les proches d'Isou et ceux de Debord (voir l'Internationale Situationniste des éditions découvertes Gallimard)
  • Le Malentendu (1944)

    Sortie : 1944. Théâtre.

    Livre de Albert Camus

    [Juin] Hésitation entre le 6 et le 7. Le dénouement est très attendu, le rythme de la pièce est lent. Étouffant. J'imaginais une atmosphère à la Juste la fin du monde de Nolan, je ne sais pourquoi. Mine de rien, on s'attache à ces femmes prisonnières, qui tuent pour une tranquillité qu'elles n'auront jamais.
    Elles tuent leur temps.
  • Caligula (1944)

    Sortie : 1944. Théâtre.

    Livre de Albert Camus

    [Juin] Relecture qui est d'autant plus appréciable après avoir lu le mythe de Sisyphe. On comprend d'autant mieux Caligula, qui, face à l'absurde de la vie tente de la dépasser à travers sa position d'empereur. Il tente de rendre possible l'impossible, de devenir aux dessus des dieux. L'hubris à cause de l'absurde. Magnifiquement écrit. On rit parfois jaune.
  • Le mythe de Sisyphe (1942)

    Sortie : 1942. Essai et roman.

    Livre de Albert Camus

    [Mai] Je voulais le lire depuis longtemps. Je le redoutais. Après tout, ce livre aborde un questionnement épineux, celui du suicide. Ici, il ne s'agit pas d'analyser la question d'un point de vue éthique, mais de comprendre le pourquoi. Cela passe par un passage difficile, celui de lever le voile sur l'absurdité de la vie, des habitudes qu'on se donne pour donner un semblant de sens à notre existence. Vivre en dépit de l'absence de sens ou plutôt, vivre avec, vivre grâce à cet absence de sens.
    Ce livre, en plus d'être magnifiquement écrit, est introductif : il ouvre à la démarche phénoménologique, pousse à s'interroger sur le rapport entre des personnages mythiques comme Don Juan et le concept d'absurde.
  • Électre (1937)

    Sortie : . Théâtre.

    Livre de Jean Giraudoux

    [Mai] Encore un Electre ! Le premier ouvrage que je lis de Giraudoux, je crois.
    Bon. Je pense qu'il faut avoir lu l'Electre d'Euripide pour saisir l'ouvrage, la réflexion portée sur les femmes. Mais à la fois, il faut savoir s'extirper des versions antiques d'Electre pour apprécier l'ouvrage, ce que je n'ai pas su faire. Pour moi, il y a trop d'enjeux dans l'ouvrage, notamment politique que j'ai eu du mal à comprendre. Le style est parfois pompeux. Cependant, j'ai adoré le personnage du mendiant, son humour décalé, son aptitude à voir au delà des mots. Car c'est peut-être ça dont il est question. L'au delà du mot, de la promesse de la parole.
  • La bande à Bonnot : mémoires imaginaires de Garnier (2008)

    Sortie : octobre 2008. Essai.

    Livre de Benoît Ladarre

    [Mai] : Déniché à la fête de l'autogestion ! Je connais peu l'histoire de la bande à Bonnot, et l'auteur de cet ouvrage décide de faire parler Garnier, le plus sanglant et déterminé de la bande. La lecture est agréable, l'utilisation de l'argot de l'époque peut-être un peu trop forcée. On vit vraiment au rythme du périple de la bande, de leurs arrestations. Cet ouvrage est intéressant, car contrairement à ce que je pensais, la bande à Bonnot n'avait pas du tout le soutien du peuple, qui voyait ces anarchistes d'un œil noir et qui estime qu'ils feraient mieux de travailler plutôt que de commettre des larcins. Par contre, je trouve dommage que l'ouvrage n'explicite que peu la visée politique de leurs actions (heureusement qu'il y a le complément biographique à la fin du livre qui nous apprend qu'ils sont plutôt des anarchistes individualistes).
  • Les écarts du cinéma (2011)

    Sortie : .

    Livre de Jacques Rancière

    [Mai] Ce livre me donne juste envie de me recroqueviller dans un coin. Il mentionne des films que je ne maîtrise pas, alors ardu de saisir les concepts qu'il utilise. J'ai compris peu de choses...
  • Salem (1975)

    Salem's Lot

    Sortie : 1975. Roman.

    Livre de Stephen King

    [Mai] Je crois que j'ai lu trop de Stephen King pour être surprise. Je ne sais pas qu'ajouter de plus. Je n'ai pas eu vraiment d'instants d'effroi. Le livre se laisse lire.
  • Sur le concept d'histoire (1942)

    Über den Begriff der Geschichte

    Sortie : 1942. Essai et philosophie.

    Livre de Walter Benjamin

    [Mai] Je l'ai lu deux fois. Ces aphorismes sont d'une rare poésie. Benjamin y attaque le progrès, qu'il compare à un amas de cadavres dont les social-démocrates s'en sont trop préoccupés, en oubliant les opprimés, les vaincus de la société. Il attaque aussi l'historicisme qui fige le passé, et qui ne pousse guère à le repenser. Un texte à relire, encore.
  • Maria Nikiforova, la révolution sans attendre (2014)

    Sortie : septembre 2014. Histoire et essai.

    Livre de Mila Cotlenko

    [Avril] Je ne connaissais pas cette révolutionnaire, mes connaissances de l'insurrection en Ukraine se limitant à la Makhnochina dans de grandes lignes. Maria y est dépeinte non pas comme une héroine glorifiée, mais comme une femme, humaine, et grande par sa détermination parfois enflammée. Car la révolution est une affaire d'êtres humains, et non de héros figés. Faire des révolutionnaires des mythes est spectaculaire par essence et c'est ce que tend à montrer ce livre, toujours prudent avec les diverses sources, des SR aux mémoires de Makhno.
  • Demain, une oasis (1992)

    Sortie : 1992. Roman.

    Livre de Ayerdhal

    [Avril] Ce livre m'a été prêtée par une amie. Il est singulier. Ce n'est pas tant son écriture, pourtant malicieuse, qui m'a marqué mais les questions éthiques que soulève l'ouvrage. Ne vous attendez pas à une dystopie catastrophe, le monde que dépeint Ayerdhal est proche du nôtre, sauf plus axé par la conquête de l'espace.
    Le narrateur, d'abord "docteur/technocrate" perd son identité, son métier lorsqu'il est kidnappé. Quelques jours plus tard, il se retrouve perdu en Afrique, en pleine soudure (une disette et une sécheresse interminable). Il doit alors aider les habitants, souffrant de famine, mais aussi de maladies les plus terribles les unes que les autres.
    Le docteur, ou plutôt "l'interne" est furieux. On lui a tout enlevé. Son travail, son confort, son chez-soi. Il ne décolère pas, même s'il est près à aider les patients. Il finit par fuir ce qu'il appelle "un terrorisme humanitaire" et revient chez lui. Quelques années plus tard, il est rattrapé par son passé, il est suivi et contraint d'aider ces "terroristes".
    Le personnage de l'Interne est tel que je me suis identifiée à lui. Tout d'abord car il manque d'identité, ce qui fait qu'il est aisé de se l'approprier, mais surtout que je me reconnais dans son immobilisme, dans le fait d'être pris par des tourments d'ordre éthique : il rejette les moyens de ce groupe humanitaire, mais pas la finalité, qui est d'aider les Africains à vivre. Il finit par trouver une solution, à être en paix avec ses actions et ses idées. Il nous invite, à la fin, à en faire de même. Quitte à attaquer notre immobilisme de lecteur, ce qui peut être irritant.
  • Électre

    Théâtre.

    Livre de Sophocle

    [Avril] Lu à la suite des Choéphores d'Eschyle et d'Electre d'Euripide.
    Je l'ai moins appréciée que les précédentes pièces. Loin d'être aussi tragique qu'Eschyle malgré une scène finale horrible et loin de posséder l’aptitude d'Euripide à écrire des personnages au portrait psychologique fin et précis. Le personnage d'Electre est presque agaçant : contrairement à l'Electre d'Eschyle qui est effacée et apporte un soutien moral, celle-ci se fait bruyante. Elle n'est pas misérable comme celle d'Euripide, alors, malgré son sort peu enviable, on peine à ressentir de l'empathie pour elle. Ce qui m'amène à me demander ce que j'apprécie dans les pièces antiques. Peut-être la fatalité, le grand dénouement dramatique.
  • Le Maître ignorant (1987)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Jacques Rancière

    Jacotot, révolutionnaire exilé et lecteur de littérature française à Louvain décide de faire lire Télémaque de Fénelon en édition bilingue à ses étudiants flamands. Il leur demande ensuite de rédiger une dissertation à propos du livre. Et tel fut pas sa surprise, eux qui maîtrisaient que peu le français, de voir de belles dissertations, avec peu de fautes, alors que lui, Jacotot, n'avait rien expliqué, rien inculqué à ses élèves si ce n'est que de lire l'ouvrage. Il en conclut donc que le professeur est inutile en tant qu'explicateur, que le livre se suffit à lui-même. Il considère que le professeur ou plutôt, le maître doit être là pour insuffler la volonté d'apprendre. Il va même jusqu'à considérer qu'un maître peut être ignorant et va décider d'être professeur de peinture, lui qui n'y connait rien. Cependant, l'ignorance n'empêche pas d'inculquer, car selon Jacotot, la base de l'apprentissage est la répétition, et même l'ignorant est apte à remarquer s'il y a une erreur dans la répétition. Cette démarche, cet enseignement universel vise à considérer l'enseignement comme affaire de tous et de toutes, du pauvre comme au riche. Chacun peut s'émanciper, peut apprendre. Ce livre est une belle déclaration aux égalités des intelligences, un appel à ne plus se mépriser, ne plus se dire inapte à l'apprentissage. Cependant, l'ouvrage se fait parfois trop répétitif, mélioratif à l'égard de la démarche louable, certes de Jacotot, mais dont je doute de l'efficacité, surtout avec un maître ignorant... Mais je peux me tromper.
  • Électre

    Ἠλέκτρα (Êléktra)

    Théâtre.

    Livre de Euripide

    [Avril] Lu après les Choéphores d'Eschyle, afin de procéder à une lecture comparative entre les deux.
    Euripide laisse davantage de place à Electre ; elle ne se contente pas de soutenir le meurtre de sa mère et son beau-père, elle mène sa mère à un guet apens en lui faisant croire qu'elle a accouché.
    Ici, la pièce narre la chute sociale d'Electre, promise à un simple laboureur et vivant dans la misère. Or, ce laboureur ainsi que les autres personnages de piètre condition s'avèrent les plus avenants, ce qui contredit le préjugé selon lequel une personne riche est nécessaire vertueuse et vice-versa.
    La pièce d'Euripide est bien plus moralisatrice que celle d'Eschyle ; elle pointe du doigt la vie sexuelle d'Egisthe ou le fait que Clytemnestre, bien que dans cette pièce, elle ait des motifs pour tuer son mari (il a fait venir son amante dans leur demeure conjugale, a sacrifié leur fille) et exprime une forme de regret, il est pointé du doigt qu'elle n'a pas rempli son rôle d'épouse, qu'elle devait consentir à la volonté de son mari.
  • Les Choéphores — Les Euménides

    Théâtre.

    Livre de Eschyle

    [Avril] Sublime. Du tragique à l'état pur. Oreste, avec le soutien de sa sœur Electre, décide de venger Agamemnon en tuant Clystemnestre ainsi que son nouvel époux. Ceci juste après la cérémonie funèbre en honneur de son père, organisée par sa mère meurtrière, afin de chasser un mauvais rêve, celui où elle accouche d'un serpent qui dévore son sein. Ce cauchemar est tel un augure des Dieux : le fruit de ses entrailles va se retourner contre elle.
    Chute ultime, Oreste perd ses esprits après l'assassinat de sa mère et croit voir des femmes serpents...
  • Les Troyennes

    Théâtre.

    Livre de Euripide

    [Avril] Peut-être n'ai-je pas apprécié l'oeuvre à sa juste valeur, mais je n'y ai vu qu'un amas de lamentations et du fatum.
  • Médée

    Théâtre.

    Livre de Euripide

    [Avril] Relecture. Je l'avais lu il y a quatre ans, lors de ma première L.
    Médée symbolise la tragédie à la Euripide : l'écriture d'un portrait psychologique du personnage principal très détaillé, au point que l'on est pris de tourments par le fait de comprendre un acte qui semble pour beaucoup le plus inconcevable : le meurtre de deux enfants par leur propre mère.
  • Notre place dans le mouvement ouvrier : Histoire de la CNT française (2014)

    Sortie : 2014.

    Livre de CNT

    [Avril] Petite lecture cénétesque : une rétrospective du syndicalisme en France, de ses failles, et un appel à reconsidérer le syndicat comme instance révolutionnaire, anti-politique et anarchiste.
    Ce livret s'accompagne bien avec le visionnage du film "Et pourtant, ils existent", documentaire sur le syndicalisme en France, du point de vue de la CNT.
    Tout ceci reste navrant, ces affaires de scissions, de soupçons (FO aurait été financé par le FBI... Je demande des sources). Cela vérifie bien ce que j'ai pu voir de mes propres yeux en militant un peu : toujours des "embrouilles" sur les modalités d'action, les révolutionnaires VS les réformistes, les anarchistes VS le PCF VS les socdems. Caricatural, certes, mais on s'en rapproche, en oubliant parfois l'essentiel : la lutte contre le capitalisme.
  • Introduction au cinéma de Guy Debord et de l'Internationale (2006)

    Sortie : mars 2006. Essai.

    Livre de Antoine Coppola

    [Mars] Je recommande vivement ce livre à ceux, qui, comme moi, s'intéressent à l'internationale situationniste et en particulier au "cinéma" de Debord ! Cet ouvrage est clair, il décortique la théorie situ sur le cinéma, la démarche de l'internationale lettriste puis de Debord en particulier, en analysant par exemple "Hurlements en faveur de Sade" et "La société du spectacle".
    J'ai compris que, si je me basais sur cet ouvrage, la pensée de Debord ne promeut pas une mort du cinéma, une mort de l'Art à la manière des dadas. Il s'agit de le dépasser, de considérer le cinéma comme langage de la société. Il faut détruire le spectacle auquel il s'est rattaché, non détruire le cinéma en lui-même. En l'orientant vers une praxis de la vie, une lutte révolutionnaire du quotidien.
  • Maintenant (2017)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Comite Invisible

    [Mars] "Maintenant" est dans la continuité de "A nos amis". Il décrypte la mobilisation de 2016 contre la loi travail qui fut, pour ma part, le lieu de mes premières manifestations. Un lieu d'échange -je n'ai pas été à nuit debout-.
    Il est aisé d'émettre un parallèle entre le mouvement contre la loi travail et celui des gilets jaunes : Tout deux sont les premiers moments de mobilisation pour beaucoup de personnes, jeunes et moins jeunes et, hélas, beaucoup sont le lieu d'expression des individualités.
    J'ai pu le constater en AG, et je ne fais pas moi-même exception : les gens parlent souvent sans se répondre. Il y a une forme d'expression d'un manque de communication. Parler sans entendre et sans répondre. Est-ce, comme semble suggérer l'ouvrage, à cause du dispositif qui tend à exacerber l'individu de manière à ce qu'il soit consommateur voire consommacteur, que chaque chose soit affaire de calcul, de profit ? Que l'individu est "convoqué" par ce dispositif, de telle sorte qu'envisager de le destituer nous paraît ardu, tant on y voit ce qu'on a à perdre (travail, confort de vie...).
    En parlant de la destitution, une me rend perplexe. Il est question de destituer le champ médical, qu'on ne soit pas à la merci "d'un chirurgien"... J'ai peut-être mal compris ce passage, mais je ne vois pas comment. Etre médecin, chirurgien demande des années d'étude. Enfin, je ne vois pas comment chacun.e pourrait être chirurgien, se soigner soi-même et soigner les autres sans ces études. C'est une question ouverte.
    "Maintenant" est surtout un appel au lien, à repenser le commun concret, réel. Créer des amitiés sur le terrain. Il m'a permis d'entrevoir le pourquoi du groupe affinitaire dont je ne comprenais pas vraiment le principe, que je trouvais excluant.
    Aussi, "Maintenant" est dans une totale lignée situationniste. Il envisage une révolution du quotidien et des situations, de promouvoir un retour à la vie, un dépassement de l'économie et du politique.
  • La Désobéissance civile (1849)

    Civil Disobedience

    Sortie : 1849. Essai et philosophie.

    Livre de Henry David Thoreau

    [Mars] Il est intéressant de savoir que le terme "désobéissance civile" qu'on associe tant à Thoreau lui a été attribué. L'ouvrage se nommait "résistance au gouvernement civil" à l'origine. Un titre qui lui sied mieux. Thoreau a pour soucis d'être un bon voisin, de payer, par exemple, les frais de voirie. Il n'est pas contre un gouvernement. Ainsi, même si par son individualisme, son appel à garder un sens critique aiguë et son lien avec la nature, on pourrait être tenté de la qualifier d'anarchiste individualiste, je ne pense pas que ce soit pertinent. Thoreau souhaite surtout un état moins moralisateur, qui laisse les individualités s'exprimer, s'émanciper afin de reconnaître par exemple, la nécessité d'abolir l'esclavage. Pour lui, le changement doit partir de l'individu, il s'intéresse donc peu aux partis politiques par exemple. Alors, j'entrevois quelques failles à son raisonnement. Même si la prise de conscience est individuelle, admettons, je ne peine à concevoir qu'un changement au sein de la société puisse survenir sans regroupement.
    Lu avec l'édition "le mot et le reste".
  • Le spectateur émancipé (2008)

    Sortie : octobre 2008. Essai.

    Livre de Jacques Rancière

    [Mars] "Le spectateur". Ce terme entend une idée de passivité que Rancière entrevoit de dissiper. Entre la pensée platonicienne qui considère que seuls certains sont aptes à comprendre l'image tandis que les autres y sont hypnotisés ou la perception de la société du spectacle de Debord comme lieu de la mort, comme miroir inversé des désirs, comment entrevoir le "rôle" du spectateur ? Contemplatif ou actif ? Ignorant ou savant ? Les choses s'avèrent plus ardues car sans instruction, le spectateur voit. Voir, ce n'est pas ignorer mais déceler. L'image est pensive, à nous de la considérer.
  • La Maladie de la mort (1982)

    Sortie : 1982. Récit.

    Livre de Marguerite Duras

    [Mars] J'ai lu ce texte car Blanchot en fait mention dans la communauté inavouable. Un récit qui n'en est pas un. Je redécouvre le style décousu de Duras, qui m'avait fait vaciller pendant le Ravissement de Lol V. Stein et dépité à la lecture d'Hiroshima mon amour.
    La maladie de la mort, on y voit, quelque part, ce que l'on veut.
    Des rapprochements avec Heidegger, Sartre et Platon, pour ma part.
    Maladie de la mort, celle du regard hagard, qui ne saisit plus rien, celle de l'union manquée ou d'une petite mort.
  • L'Idéologie allemande (1932)

    Die deutsche Ideologie

    Sortie : 1932. Essai et philosophie.

    Livre de Friedrich Engels et Karl Marx

    [ Février ] Non annoté
  • Guerre d'Espagne (2006)

    Sortie : septembre 2006. Essai et beau livre.

    Livre de François Godicheau

    [Février] Tout d'abord, il est possible de remarquer que cet ouvrage est complet; il fourmille de documents inédits, d'extraits de témoignages, d'affiches... A la manière de l'ouvrage sur les situationnistes aussi sous l'édition "découvertes gallimard". Je vous conseille ces derniers plutôt que les que sais-je à propos des questions historiques et/ou culturelles.
    Je connais surtout l'anarcho-syndicalisme, l'autogestion sous la guerre d'Espagne. Je porte un intérêt particulier au POUM et à la CNT. Alors, ma grille de lecture de ce conflit est limité et quelque peu orienté. Cet ouvrage, quoique bref, met en lumière les grands moments de l'histoire de cette guerre ainsi que le triomphe de Franco, des exactions commis par les franquistes contre les "rouges" après la guerre. Un bon livre introductif, qui tente d'expliquer au mieux les enjeux de cette guerre.
  • La comparution (1991)

    Sortie : 1991. Essai.

    Livre de Jean-Christophe Bailly et Jean-Luc Nancy

    [Février]
    Première lecture : Une lecture globale, de surface. C'est un livre que j'étudie dans le cadre d'un cours de philosophie contemporaine.Je partagerais peut-être ici mes impressions au fil de mes relectures dans ma liste "Errance(s) en philosophie".
    Au niveau de la forme : Je me suis sentie bien rouillée. Que cela jargonne, conceptualise. Ah, je n'ai plus l'habitude de ce genre de texte. Du coup, même s'il s'agissait d'une première lecture globale, j'ai quelque peu souffert de ne pas comprendre les jeux de mots, les paradoxes... Bref, j'ai hâte d'éclaircir ceci en l'étudiant en profondeur.
    "La comparution" est un livre dense. En 100 pages, ce texte retranscrit la situation géo-politique de 1991, comment la penser, comment penser l'avenir et le à-venir... Il est ardu. Il plaira peut-être à un certain individu qui lit sans doute ce commentaire, haha.
    Aussi, j'ai eu le tort de lire cet ouvrage avec un gros préjugé historique. Je m'explique : je m'intéresse au communisme, en particulier au communisme libertaire. Pour moi, l'application du communisme "réel", c'est l'autogestion à Barcelone pendant la guerre civile en Espagne, c'est la collectivisation des terres à Gouliai-Polé en Ukraine... J'ai du mettre en parenthèse ma perception du communisme ( par ailleurs, Nancy fait référence à l'anarcho-syndicalisme, à l'autogestion ) car elle n'apporte que peu de choses à l'ouvrage. Ici, il est question de l'effondrement du bloc soviétique et pourquoi il a été. Comment penser le commun après cela ? L'influence de Marx ? Bref, j'ai hâte de le travailler davantage.
    PS : Je l'ai relu trois fois et ce n'est pas fini, je ne pense pas que poster mon travail de fourmi soit très utile.
    Edit : Quatre.
  • Hommage à la Catalogne (1938)

    Homage to Catalonia

    Sortie : 1938. Récit.

    Livre de George Orwell

    [Février] J'hésite vraiment à le mettre dans mon top 10 Livres.
    Je l'ai lu en version française ( faute de choix, et aussi avouons-le, de capacités linguistiques ). Néanmoins, j'ai apprécié la plume de l'auteur, qui parvient, par son humour pince-sans-rire, à rendre la guerre civile presque drôle par instant ( au point que c'était une torture de me retenir de rire à la médiathèque ). Ce livre n'est bien entendu pas un tissus de plaisanteries, mais je voulais mettre en avant la capacité d'Orwell à parvenir à montrer l'absurde de la guerre, la beauté de la solidarité en Catalogne ainsi que le climat de suspicion qui finit par régner à Barcelone. Orwell se montre souvent critique envers le P.O.U.M, dont n'est membre mais avec lequel il combat. Le P.O.U.M, dont il déplore l'organisation et l'armement hasardeux, mais qu'il défendra corps et âme lors des appendices contre les accusations de "fascisme" ou de "trotskisme". Les appendices m'ont par ailleurs permis de mieux comprendre les rivalités entre les différentes organisations - parce qu'entre l'UGT, le POUM, la CNT, le PSUC... quand on n'est pas familier des sigles, ardu de s'y reconnaître -.
    Je ne sais pas comment retransmettre les sentiments que m'ont procuré ce livre ; on vit la guerre d'Espagne - du point de vue d'Orwell, celui-ci ne se targue jamais d'une quelconque objectivité, bien au contraire, ce qui rend le livre encore plus savoureux -, on la respire.
    Je pense que Land and Freedom de Ken Loach s'est par ailleurs inspiré de cet ouvrage.
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