Cover Cinéaste : Masaki Kobayashi 小林 正樹
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6 films

créée il y a plus de 4 ans · modifiée il y a presque 4 ans
Rébellion
8.2

Rébellion (1967)

Jôi-uchi: Hairyô tsuma shimatsu

2 h 08 min. Sortie : 3 juin 1967 (Japon). Drame, Action

Film de Masaki Kobayashi

Hunkydorus a mis 9/10.

Annotation :

Vu le 07/04/22

Doté d'un faux rythme comme Hara-Kiri, Rébellion m'a très rapidement beaucoup plus emballé. Pourtant les ingrédients sont les mêmes : des plans ciselés parfaitement géométriques, des travellings lents, une construction tout en flash-backs, un père qui venge sa famille, une remise en question des codes de l'époque...
Mais je ne sais pas, ici la sauce prend. Kobayashi a peut-être su y injecter un peu plus de rythme, ou alors tout simplement Mifune réussit plus à insuffler de vie dans son personnage que Nakadai dans Harakiri (et dieu sait si j'aime Nakadai).
Les 20 dernières minutes du films sont quasi parfaites, certaines images impriment littéralement la rétine : l'apparition de Dame Ichi entre les soldats, les deux vieux samourais nourrissant un nouveau né, et évidemment le duel Mifune-Nakadai. Encore une fois Kobayashi réussit avec brio à remettre en question les codes sociaux, à créer de magnifiques personnages (quel trio !) qui savent s'opposer à l'autorité pour des valeurs, en l’occurrence ici l'amour. Un très très grand film.

La Condition de l'homme 1 - Il n'y a pas de plus grand amour
8.1

La Condition de l'homme 1 - Il n'y a pas de plus grand amour (1959)

Ningen no jôken: Dai 1 hen

3 h 28 min. Sortie : 15 janvier 1959 (Japon). Drame, Historique, Guerre

Film de Masaki Kobayashi

Hunkydorus a mis 8/10.

Annotation :

Vu le 22/12/21

Première partie d'une énorme fresque de 9h de film et quelques. J'ai vraiment apprécié la dimension anti-militariste du film jusqu'au boutiste. Le film affiche clairement la violence de l'invasion Japonaise, pourtant relativement tabou à l'époque, et le traitement inhumain des prisonniers de guerre chinois. Le tout est très bien filmé, et fait l'effort de faire parler les personnages chinois dans leur langue. Deux moments très forts viennent marquer le film au fer rouge : l'arrivée des prisonniers morts de faim, se déplaçant tels des zombies et celle de l'exécution des évadés à la fin. Cette dernière scène est terriblement puissante car Tatsuya Nakadai ne trouve la force de s'opposer à ces exécutions qu'après que trois chinois aient déjà été assassinés. L'utilisation du sabre pour ces exécutions, arme évidemment iconique des chambara et autres, est ici détournée de manière très astucieuse. Le personnage de Tatsuya Nakadai m'a vraiement rappelé celui de Liam Neeson dans la liste de Schindler, essayant de sauver le maximum de personnes.

Mais le tout reste vraiment étiré (3h30 de film, comme les 7 samouraïs moins l'action !), certaines situations se répètent quelque peu et surtout le tout manque de réels moments marquants, exceptés les quelques scènes précédemment citées. J'ai trouvé également un peu dommage d'éluder autant les 10000 travailleurs chinois du camp, qui ne vivent pas dans de tellement meilleures conditions que les prisonniers. Enfin, tout le décor du film demeure terriblement fade (la mine de fer et ses baraquements), et malgré les très beaux plans de Kobayashi, le tout reste un peu timide pour tenir sur la longueur. Enfin, le film se termine sur une situation vraiment étrange, où le héros retrouve sa femme mais se fait également courser par une prostituée chinoise qui lui jette du sable, à cause de l'exécution de son mari.
Un beau film mais un peu maladroit et trop long pour son propre bien !
(Avis revu à la hausse après avoir fini les 3 films !)

La Condition de l'homme 2 - Le Chemin de l'éternité
8.2

La Condition de l'homme 2 - Le Chemin de l'éternité (1959)

Ningen no jôken: Dai 2 hen

3 h 01 min. Sortie : 20 novembre 1959 (Japon). Drame, Historique, Guerre

Film de Masaki Kobayashi

Hunkydorus a mis 8/10.

Annotation :

Vu le 27/12/21

On prend les mêmes et on recommence. Plus qu'une trilogie, on a finalement affaire à un seul et unique grand film fleuve. Si d'un côté le film est un peu plus prenant que le premier épisode, je lui trouve cependant moins de moments marquants. A part l'évènement tragique du début à la caserne et la bataille finale, le tout reste relativement long et lent ; la manière de filmer de Kobayashi, très propre et très austère n'aidant pas forcément. J'avoue également avoir été un tout petit peu agacé par l'excès de violence des soldats les plus anciens distribuant des mandales gratuitement et à quasi chaque scène aux plus jeunes. En parallèle, le personnage de Tatsuya Nakadai n'arrête pas également de se faire maltraiter, presque sans rien dire, lui conférant un côté christique un peu forcé. Les deux combinés donnant finalement, un vrai côté manichéen au film à première vue.
Petit détail amusant, on a clairement l'impression que Kubrick a repris une bonne partie du film pour son Full Metal Jacket, les deux cumulent un bon paquet de points communs. Bref, le tout arrive tout de même à se suivre et je dois bien avouer que son discours militant très marqué me plaît vraiment. Mais j'y vois plus pour l'instant un bon film plutôt qu'un réel chef d’œuvre, la faute à sa longueur et à son absence de grand moment marquant.
(Avis revu à la hausse après avoir fini les 3 films !)

La Condition de l'homme 3 - La Prière du soldat
8.5

La Condition de l'homme 3 - La Prière du soldat (1961)

Ningen Jouken - Kanketsuhen

3 h 10 min. Sortie : 28 janvier 1961 (Japon). Drame, Historique, Guerre

Film de Masaki Kobayashi

Hunkydorus a mis 8/10.

Annotation :

Vu le 14/01/22

C'est réellement en terminant les presque 10/11h de film qu'on se rend compte de l'importance et de l'ampleur de cette immense fresque, même si j'avoue avoir été usé à certains moments par sa longueur. Chaque film recèle pourtant de grands moments. Cette dernière partie en comporte notamment deux : le simili-procès de Kaji chez les Russes et surtout cette magnifique fin, où Kaji imagine ses retrouvailles avec Michiko en mourant petit à petit dans la neige. C'est sûrement l'une des fins les plus parfaites que j'ai vu et qui vient clore l'histoire d'une manière brillante, intelligente et émouvante. Mais bien évidemment l'une des choses que l'on retient le plus, est ce magnifique personnage de Kaji. D'abord très sympathique et attachant par sa volonté, ses valeurs et sa fougue dans la 1ère partie, il se retrouve confronté à la réalité de la guerre, de l'armée, et vacille petit à petit. Le voir craquer à la fin du film, en tuant le tortionnaire de son ami, est littéralement dévastateur, tant on a l'impression de voir Kaji abandonner tous ses idéaux pour cette vengeance. Après cet évènement, la mort de Kaji ne pouvait être que la seule issue, celui-ci ne pouvant retrouver son humanisme désormais.

A peine fini, j'ai presque envie de me rejeter dans cette longue série de films, pour simplement revoir l'évolution du personnage de Kaji, ses tourments, sa complexité, et sa poursuite d'idéal absolu. Une vraie grande saga, importante, unique par ses thématiques à l'époque au Japon et par son militantisme total.

Harakiri
8.6

Harakiri (1962)

Seppuku

2 h 13 min. Sortie : 24 juillet 1963 (France). Drame

Film de Masaki Kobayashi

Hunkydorus a mis 7/10.

Annotation :

Revu le 15/01/22

Ayant vu pour la première fois Harakiri, il y a quelques années, au tout début de mon intérêt grandissant pour le vieux cinéma Japonais, j'avais hâte de lui donner une seconde chance. J'avais été moyennement convaincu, sortant des chambara de Kurosawa nettement plus nerveux. Et malheureusement, je ressors du deuxième visionnage avec exactement la même sensation : le sentiment de voir le chef d'oeuvre défiler devant mes yeux, mais de ne le ressentir à aucun moment. Les plans sont tous magnifiques, symétriques, travaillés, le scénario tout en va et vient est très malin et bien évidemment Tatsuya Nakadai est toujours aussi magnétique. Et que dire de la fraicheur de ce message à l'époque remettant en cause le sacro-saint bushido du guerrier. Et pourtant, malgré tout ça, on s'ennuie ferme. Le côté statique des plans, la relative longueur du film avant de voir ne serait-ce qu'un début de combat de sabre, m'ont rendu somnolant, et m'ont empêché de réellement tenir mon intérêt pour le film jusqu'au bout. Peut-être une troisième chance un jour ?

Kwaïdan
7.8

Kwaïdan (1964)

Kaidan

3 h 03 min. Sortie : 15 mai 1965 (France). Épouvante-Horreur, Fantastique, Sketches

Film de Masaki Kobayashi

Hunkydorus a mis 6/10.

Annotation :

Vu le 14/06/22

Un film réellement singulier par sa longueur, son ambition (en dehors des Kurosawa, il me semble assez rare de voir des films avec autant de budget à l'époque) et sa construction en 4 sketchs. Les deux premiers sont vraiment similaires et m'ont plutôt embarqués notamment grâce à la combinaison entre une mise en scène magnifique et maitrisée (comme toujours chez Kobayashi) et des décors peints vraiment originaux. La troisième histoire est pour le coup sûrement la plus réussie visuellement et scénaristiquement, et pourtant c'est elle qui m'a fait décrocher quelque peu du film. La faute notamment à une description de bataille très longue en accroche. La dernière partie ne m'a pas emballée du tout, un peu courte pour développer quoi que ce soit. Un beau film certes, moins politique et plus folklorique que les autres Kobayashi mais qui n'atteint pas les mêmes sommets.

Hunkydorus

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