Tu ne trouves pas Rien 100 rien de Jul ? C'est normal : nous rencontrons un petit problème avec la base de données Musique. On vous tient au courant.

Itinéraire choisi du rock progressif

Avatar Quentin M. Liste de

20 albums

par Quentin M.

Un style raffiné, des artistes géniaux préférant la complexité à l'immédiateté, un engagement tacite à déployer le maximum de possibilités qui se présentent, l'art de l'éclectisme, de très longs morceaux ayant chacun une ambiance singulière, des albums-concepts auxquels la pochette semble conférer une mystérieuse signification profonde, des shows monstrueux capables de faire passer le spectateur de l'autre côté, du rock teinté de free-jazz et de musiques folkloriques, des arrangements classiques, des bidouillages électroniques, des soli de flûte ou de saxophone grandioses, des incursions dans la société contemporaine ou médiévale, des claviers vaporeux et des guitares scintillantes, des rythmes indépendants, des dichotomies frappantes entre le calme et la tempête, des transitions subtiles, des coups d'éclat uniques, des passages très WTF, une poésie baignée dans les mythes et la philosophie, de l'expérimentation, de l'avant-garde, de la provocation, de la puissance, de la beauté, du rêve.. le rock progressif est un univers fabuleux aux contours très larges.

Voici donc un petit guide d'écoute pour ceux qui souhaiteraient s'initier au genre ou simplement élargir leurs horizons. Cet itinéraire contient beaucoup de grands classiques et quelques albums moins connus, mais tous sont de véritables claques musicales. Il n'a bien sûr pas la prétention de passer par tous les sentiers battus, se bornant à sélectionner vingt chef d'oeuvres parmi d'autres. Tous les sous-genres du rock progressif ne peuvent y être représentés. Il n'y a pas de restriction sur le nombre d'oeuvres de Pink Floyd. Les disques choisis sont ceux que l'auteur de cette liste considère comme les meilleurs, mais ce jugement est bien sûr personnel, peut changer et est limité par le fait qu'il me reste encore plein de superbes albums à découvrir.

Pour ceux qui se demandent comment définir au juste le rock progressif, suivre ce guide d'écoute peut être le meilleur moyen d'avoir un début de réponse à cette question complexe.

P.S. Ensuite, vous pouvez faire partir faire le tour du monde du prog : http://www.senscritique.com/liste/Tour_du_monde_du_prog/730857
Ou encore découvrir le pack 10x5 regroupant des morceaux de rock progressif : http://www.senscritique.com/liste/Le_pack_10x5_rock_progressif/1121048/page-2#page-1/

P.P.S. Je considère le post-rock comme un genre distinct du rock progressif en dépit des similarités. Pour savourer trente albums de post-rock sélectionnés par votre serviteur, c'est par ici :
http://www.senscritique.com/liste/Post_rock_de_l_epopee_au_reve/834222

Trier par : Tri par défaut
  • Tri par défaut
  • Note globale
  • Ordre alphabétique
  • Date de sortie
  • Notes de mes éclaireurs
  • Note de l'auteur de la liste
  • Derniers ajouts
  • 1
    Écouter

    Animals (1977)

    Sortie : . Prog rock et rock. 5 morceaux.

    Album de Pink Floyd

    Au sommet de son art, Pink Floyd décide de construire un album-concept à partir de "La Ferme des Animaux" de George Orwell, superbe roman traitant des rapports de domination dans une société. Il en résulte trois longs morceaux épiques matérialisant chacun la place d'un animal allégorique ("Dogs", "Pigs", "Sheep"), entourés d'un petit morceau acoustique inoffensif coupé en deux ("Pigs on the Wing"). A part les bruits d'animaux, les sons que l'on entend proviennent d'instruments basiques mais transformés jusqu'à la dénaturation, y compris la voix. Les soli de guitare sont grandioses, le jeu de claviers de Rick Wright est fantastique et la batterie prend vraiment aux tripes. Résultat d'une collaboration remarquable entre les différents membres du groupe, cet album déroutant et sans concessions peut être considéré comme le chef d'oeuvre ultime du rock progressif.
  • 2
    Écouter

    Thick as a Brick (1972)

    Sortie : . Prog rock, rock et rock classique. 2 morceaux.

    Album de Jethro Tull

    Cet album génialissime est en fait un seul long morceau divisé en deux parties (à l'époque, il fallait retourner les vinyles sur la platine au milieu). Là où de nombreux autres efforts similaires se sont soldés par des divagations sans queue ni tête, Jethro Tull parvient à donner un sentiment d'évidence. "Thick as a Brick" est bluffant non seulement par sa cohérence mais aussi par sa richesse instrumentale et mélodique, qui donne lieu à des superpositions impressionnantes. La moindre note semble arriver à point nommé et les transitions entre les différentes sections coulent de source. L'ambiance oscille entre le médiéval et le bucolique, les paroles philosophiques rappellent le roman d'apprentissage. D'après la légende, la jaquette (un véritable journal) aurait pris autant de temps à réaliser que l'album. L'enthousiasme dégagé par ce chef d'oeuvre le rend idéal à écouter pendant les beaux jours.
  • 3

    Red (1974)

    Sortie : . Prog rock, rock, jazz, rock psychédélique et jazz-rock. 5 morceaux.

    Album de King Crimson

    Cette oeuvre à couper le souffle dégage une puissance parfois proche de la violence. D'ailleurs, King Crimson incarne la tendance du rock progressif la plus proche du métal. Sombre et apocalyptique, "Red" est de ces albums qui sont difficiles à encaisser. Les trois premiers morceaux ("Red", "Fallen Angel", "One More Red Nightmare") sont des chefs d'oeuvre sanguins où une douceur trompeuse alterne avec les ritournelles les plus torturées. "Providence" est un OVNI free-jazz assez hermétique tandis que "Starless" dégage une désillusion contemplative sublime. Ce final est sans nul doute l'un des plus beaux morceaux jamais composés. Batterie, mellotron et saxophone occupent l'espace sonique avec une grâce biblique. Le groupe de Robert Fripp pousse le rock progressif dans ses derniers retranchements.
  • 4
    Écouter

    Wish You Were Here (1975)

    Sortie : . Prog rock, rock et rock classique. 5 morceaux.

    Album de Pink Floyd

    Cet album expérimental démarre et finit tout en douceur, comme si la beauté qu'il dégageait cherchait à s'étirer à l'infini. Tout à la fois posé et puissant, le célébrissime "Shine on You Crazy Diamond" contient certains des passages les plus riches en émotions réalisés par le rock. Entre ses deux parties se trouvent un étrange morceau torturé évoquant l'aliénation ouvrière ("Welcome to the Machine"), un rock groovy des plus sympathiques ("Have a Cigar") et l'une des plus belles chansons pop-rock de tous les temps ("Wish You Were Here"). Le thème de cet album-concept est l'absence (il y a d'ailleurs des clins d'oeil au départ de Syd Barrett) mais on y trouve aussi une critique de l'industrie musicale. Notons que c'est le petit favori de la moitié des membres du groupe.
  • 5
    Écouter

    Selling England by the Pound (1973)

    Sortie : septembre 1973. Prog rock et rock. 8 morceaux.

    Album de Genesis

    Ancré dans la mythologie de l'Angleterre médiévale, cet album limpide aligne les prouesses de style. Le chant a capella au tout début de "Dancing with the Moonlight Knight" embarque d'emblée l'auditeur dans un univers merveilleux. Sur huit morceaux, quatre font entre 8 et 12 minutes. Leurs structures complexes et la superbe symbiose des différentes mélodies les érigent tous en idéaux possibles du rock progressif. La tension constante entre authenticité touchante et puissance énervée se double d'une montée en intensité. Certains passages instrumentaux comme le solo de piano qui introduit l'indétrônable "Firth of Fifth" sont merveilleux. Plus court, "I Know What I Like" est passionnant malgré son allure sévère et hermétique. La gentillette "More Fool Me", le dépaysement instrumental "After the Ordeal" pondu par Steve Hackett ainsi que le subtil rappel "Aisle of Plenty" ont également leur place ici. On aimerait bien jeter un oeil aux partitions tant cela semble bougrement intelligent.
  • 6
    Écouter

    Crime of the Century (1974)

    Sortie : septembre 1974. Rock et pop rock. 8 morceaux.

    Album de Supertramp

    De tous les albums de Supertramp, c'est peut-être le seul dont l'appartenance au rock progressif ne fait aucun doute. Et c'est un chef d'oeuvre : les huit morceaux ne s'appréhendent pas tous avec la même facilité mais ils ont tous leur place ici. Les 45 première secondes à l'harmonica nous rappellent que les silences font aussi partie de la musique. Mais le choc ne fait alors que commencer : le solo de piano de "School" est tout simplement magique. Comme "Rudy" et "Crime of the Century", c'est un morceau admirablement construit dont les coups de cymbale marquent les points de non-retour. "Dreamer" et "Bloody Well Right" sont péchus et sautillants tandis qu'"Asylum" est planant et onirique. La pochette est sans doute l'une des plus passionnantes du rock. Ce disque renferme une part de critique envers la société mais donne avant tout l'impression de toucher les étoiles. On pourra écouter en boucle l'éblouissante "Hide in Your Shell".
  • 7
    Écouter

    The Dark Side of the Moon (1973)

    Sortie : . Prog rock et rock. 10 morceaux.

    Album de Pink Floyd

    Sans doute l'un des disques les plus célèbres du monde, et à juste raison. Sa qualité sonore en fait un matériel idéal pour tester une chaîne Hi-Fi. Psychédélique mais non bordélique, il surprend l'auditeur par sa richesse en bruitages (carillons, moteurs, caisse enregistreuse...). S'il commence et s'achève par un battement de coeur, c'est que les thèmes traités sont universels. De la routine suggérée dans "Breathe" à la folie de "Brain Damage" en passant par le consumérisme dépeint dans l'entraînante "Money", on se régale des paroles qui tendent vers un profond désir d'humanité. Les morceaux s'enchaînent si naturellement qu'on ne remarque pas toujours les transitions. Mention spéciale pour "Time", son solo de guitare exemplaire, son passage de percussions parfait et son rendu admirable du tragique lié au temps qui passe.
  • 8

    In the Court of the Crimson King (1969)

    Sortie : . Prog rock et rock. 5 morceaux.

    Album de King Crimson

    Le premier album de King Crimson est souvent considéré comme l'oeuvre fondatrice du rock progressif. C'est donc une porte d'entrée de choix pour s'initier au genre. Passé le sentiment de répulsion devant cette pochette d'un goût douteux, on ne peut qu'être cloué sur place par la puissance de "21st Century Schizoid Man" et subjugué par la délicatesse de "I Talk to the Wind". Mais le plus grand choc est "Epitaph", dont la guitare cristalline enrobe avec grâce le chant plaintif et la batterie impitoyable. Cette musique résonne directement dans l'âme de l'auditeur. Seul le passage à vide du quatrième morceau laisse un peu dubitatif, tout le reste de l'album est grandiose.
  • 9
    Écouter

    Per un amico (1972)

    Sortie : novembre 1972. Prog rock. 5 morceaux.

    Album de Premiata Forneria Marconi

    Le rock progressif italien est un univers extrêmement riche et passionnant, bien que moins facile d'accès que le rock progressif anglais. "Per un Amico" est un album phare dont les teintes pastel et les mandolines d'une douceur exquise donnent l'impression de se promener dans un palais de fées. "Appena un Po'" est l'un des morceaux les plus gentils enfantés par le genre et monte pourtant en puissance de manière bluffante. "Generale" et "Il Banchetto" jouent sur les contrastes de manière académique : on marche, on sautille gaiement puis on se met à courir avec terreur. Aidés par leur génie de composition, PFM nous embarque sur des terrains ardus et inexplorés. Tout l'album semble porté par une grande délicatesse : il se conclut d'ailleurs par un fade out d'une bonne minute.
  • 10
    Écouter

    Si on avait besoin d'une cinquième saison (1975)

    Sortie : mai 1975. Soft rock, prog rock, rock et rock symphonique. 5 morceaux.

    Album de Harmonium

    A la croisée entre le folk et la musique classique, cet album d'un groupe québécois n'a pas pour unique mérite de nous faire entendre des paroles en français. D'ailleurs, le morceau conclusif "Histoire sans Paroles" est sans conteste l'un des plus beaux instrumentaux jamais composés, capable de rivaliser avec les oeuvres des plus grands compositeurs de tous les genres. Chacun peut imaginer sa propres histoire derrière ses notes de piano délicates, ses nappes de clavier enveloppantes et ses mélodies de flûte à tomber par terre. Il n'y a pas de batteries, ce sont les guitares qui rythment tout. Les transitions sont si finement étudiées qu'on passe de la tristesse à la joie sans même sans rendre compte, tant on est porté par cette musique sublime.
  • 11
    Écouter

    Meddle (1971)

    Sortie : . Prog rock, rock, rock psychédélique et ethéré. 6 morceaux.

    Album de Pink Floyd

    Cet album mériterait sa place parmi les plus grands même s'il n'y avait que "Echoes", ce chef d'oeuvre ambitieux mais jamais prétentieux de 23 minutes 37, dont on dit qu'il se synchronise avec le dernier segment de "2001 l'Odyssée de l'espace". Classique parmi les classique dans le rock progressif, ce morceau divisé en quatre sections est psychédélique ou jazzy, quand il ne nous emmène pas là où les albatros gémissent en enfer. Et encore, ce n'est pas la seule perle de l'abum : le planant "A Pillow of Winds" est un véritable rêve réveillé. Si "Seamus" semble relever de la blague, "One of These Days" et "Fearless" sont également d'excellentes compositions de la part d'un groupe en pleine effervescence.
  • 12
    Écouter

    Ommadawn (1975)

    Sortie : 1975. Rock, expérimental et prog rock. 2 morceaux.

    Album de Mike Oldfield

    Mike Oldfield, dont un thème de l'album "Tubular Bells" peut être entendu dans le film "L'Exorciste", s'est totalement coupé du monde pour composer et enregistrer "Ommadawn". Son regard, sur la pochette, retransmet la profondeur mystérieuse de cet album éclectique consistant en un seul long morceau. Empruntant à de nombreux genres dont le classique et le gospel, mais conjuguant surtout de manière géniale le folk irlandais et la musique africaine, "Ommadawn" alterne les saisons pour se finir sur une joyeuse ambiance de Noël. L'introspection est source d'émotions fortes et l'esprit méditatif du compositeur fait que l'auditeur entre dans une véritable transe hypnotique.
  • 13
    Écouter

    A Trick of the Tail (1976)

    Sortie : février 1976. Prog rock, rock et rock classique. 8 morceaux.

    Album de Genesis

    Ce chef d'oeuvre est inattendu dans la mesure où il fait suite au départ de Peter Gabriel, qui était l'un des leaders de Genesis. C'est d'ailleurs le dernier disque vraiment génial de la Genèse, peu avant qu'ils n'entament leur rock années 1980 porté par Phil Collins. Dès "Dance on Volcano', on retrouve un groupe plus teigneux et créatif que jamais. Le superbe "Entangled" calme un peu le jeu mais "Squonk" et "Robbery, Assault and Battery" sont là pour rappeler que dans "rock progressif", il y a "rock". "Ripples" donne ensuite l'impression de flotter sur des nuages, "A Trick ok the Tail" est d'une efficacité redoutable et "Los Endos" est un instrumental majestueux à inscrire au patrimoine de l'Humanité, synthétisant tout ce qui précède d'un coup de baguette magique.
  • 14
    Écouter

    Close to the Edge (1972)

    Sortie : . Prog rock et rock. 3 morceaux.

    Album de Yes

    Si on devait objectivement déterminer quels sont les groupes les plus titanesques du rock progressif, on pourrait parvenir à ces cinq-là : Pink Floyd, Genesis, Jethro Tull, King Crimson, Yes. Ce dernier est le groupe avec lequel l'auteur de cette liste est le moins familier, mais "Close to the Edge" s'impose dans la discographie de tout fan du genre qui se respecte. Cet album à la fois craintif et majestueux est une sorte d'éclosion dont les trois morceaux de longueur décroissante sont eux-mêmes divisés en sections qui s'enchaînent avec une fluidité remarquable. Chant pscyhé ou naïf, orgue profond ou guitare scintillante : les contrastes semblent dicter la beauté de ce chef d'oeuvre. Quelques soli de guitare électrique contribuent à sa puissance enthousiasmante.
  • 15
    Écouter

    Atom Heart Mother (1970)

    Sortie : . Prog rock, rock, rock psychédélique et rock symphonique. 5 morceaux.

    Album de Pink Floyd

    Tout le monde sait que Pink Floyd a réalisé "l'album à la vache", mais le contenu exact de cet album est injustement méconnu. Pourtant, c'est l'une des pierres angulaires du rock progressif, inaugurant chez ses compositeurs une longue série de chefs d'oeuvre du même genre. On commence fort avec le morceau éponyme, folle épopée symphonique fondamentalement ancrée dans le plancher des bovins malgré ses échappées aériennes. Tandis que "Alan's Psychedelic Breakfast" est sans doute ce qu'ils ont fait de plus barré (son écoute est donc indispensable), "If" et surtout "Fat Old Sun" sont apaisantes et de toute beauté. Enfin, rendons hommage à "Summer '68", ce chef d'oeuvre d'une profondeur inouïe qu'on ne connaît pas toujours mais qu'on ne peut qu'aimer.
  • 16
    Écouter

    Köhntarkösz (1974)

    Sortie : juin 1974. Prog rock, rock, jazz, jazz-rock et fusion. 4 morceaux.

    Album de Magma

    Cet album est emblématique d'un sous-genre inventé par Magma : le zeuhl. C'est un cocktail unique rappelant à la fois le jazz, le rock et le chant incantatoire. Les paroles sont en kobaïen, une langue inventée par le groupe. Christian Vander n'est pas des plus modestes mais on peut lui pardonner compte tenu la qualité du disque. Le premier morceau dure plus d'une demi-heure et dégage une rage passionnante au fil de ses contre-temps et de ses coups de massue. "Coltrane Sündia", qui conclut l'album calmement, en est le prolongement logique. Quant à "Ork Alarm", c'est un morceau étrange et infernal qui peut s'avérer dangereux pour votre santé mentale si vous l'écoutez trop. Les chauvins pourront se vanter que ce chef d'oeuvre vivifiant a été réalisé par un groupe français.
  • 17
    Écouter

    Conquest of the Pacific (2007)

    Sortie : 2007. 12 morceaux.

    Album de Oaksenham

    Avec "Conquest of the Pacific", le groupe arménien Oaksenham signe d'une main de maître un disque aventureux qui nous donne l'impression de naviguer sur les flots. Guilleret ou grave selon les moments, ce premier album est original et accessible à la fois. Les enchaînements sont d'une rare fluidité. Des instruments très variés sont utilisés sur ce rock symphonique qui ne s'encombre pas de paroles. Les instruments à vent et l'orgue, notamment, y ont la part belle. Mais la guitare n'est pas en reste, ne serait-ce que pour la mélodie acoustique sublime de "Time Out". Certains riffs lourds comme celui de "The Way Back Home" sont également remarquables. Au coeur de la longue suite progressive "Conquest of the Pacific", mention spéciale pour la partie centrale : "Across the Atlantic" est un joyau admirablement construit qui nous font s'interroger sur ce qu'Oaksenham peut avoir à envier à quelqu'un comme Mozart.
  • 18
    Écouter

    Aqualung (1971)

    Sortie : . Prog rock, rock et rock classique. 11 morceaux.

    Album de Jethro Tull

    "Aqualung" est un album-concept qui entrecroise le scepticisme religieux avec l'histoire d'un clochard. La gravité des thèmes abordés s'accommode très bien d'un tempérament bondissant et heureux. Musicalement, c'est du folk pastoral porté par la très belle flûte de Ian Anderson, mais il y a aussi du métal là-dedans. Le morceau éponyme est un magnifique exemple de ce mélange audacieux. L'album n'est pas immédiatement accessible mais se révèle être de toute beauté après plusieurs écoutes, surpassant de façon insolente le pourtant génial "Stand Up". Entre "Cross-Eyed Mary", "My God" et "Locomotive Breath", il contient moult classiques du rock dont l'écoute fait sourire de contentement jusqu'aux oreilles dès lors qu'on est sensible à ce style si particulier.
  • 19
    Écouter

    Third (1970)

    Sortie : . Electronique, avantgarde, ambient, jazz et rock. 4 morceaux.

    Album de Soft Machine

    Soft Machine avait l'habitude de numéroter ses oeuvres. "Third" est un album expérimental à tendance free-jazz, divisé en quatre long morceaux qui tournent autour de dix-neuf minutes. Tout se vaut dans ce délice musical où piano, saxophone, trombone, clarinette, violon et orgue Hammond sont les bienvenus sur une section rythmique très libre. Notons que sur "Moon in June", c'est Robert Wyatt qui joue tous les instruments. Les mélodies sont riches et travaillées, il y a tout juste suffisamment de rappels pour que l'ensemble soit cohérent. Soft Machine incarne une aile du rock progressif qu'on appelle l'"école de Canterbury", caractérisée par ce jazz-rock auquel se rattachent également Gong et Caravan entre autres. Cet album en est une magnifique démonstration des potentialités de cette école.
  • 20
    Écouter

    Jagannath Orbit (2008)

    Sortie : octobre 2008. 7 morceaux.

    Album de Anima Mundi

    Le rock progressif a connu ses heures de gloire dans les années 1970 mais on observe une résurgence dans les années 2000, et cela partout dans le monde. Anima Mundi est un groupe cubain qui joue dans la cour des grands. Déjà, le morceau introductif "We Are the Light" est épique, mais le meilleur est encore à venir avec l'indéboulonnable instrumental "Rhythm of the Spheres" qui domine l'oeuvre de ses 16 minutes 29. Le groupe sait merveilleusement ménager l'attente et préparer le terrain pour que les coups d'éclats résonnent de façon magique. Cet album est planant mais sonne étonnamment "commercial" par certains aspects. Les nappes de synthé les plus enveloppantes côtoient les soli de guitare électrique les plus héroïques. Exotique et excitant, "Jagannath Orbit" est parfait pour tout amateur de rock progressif qui souhaite élargir ses horizons.