La conviction : mourir, d'accord mais... de mort lente ?

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16 films

par OVBC

Dans un premier temps, j'ouvre cette liste aux propositions.

Trop souvent, je lis ou j'entends des personnes qui ne comprennent pas ou qui n'entendent pas pourquoi les militants sont si "obtus" (pour ne pas dire con), les féministes si... "hystériques", pourquoi le pacifisme et l'humanisme ne triomphent pas, pourquoi la politique est clivante, pourquoi les gens se battent quand ils perdent leur emploi voire pourquoi ils "choisissent" - très important cette question de choix - de passer les bornes de la légalité ou de mourir pour une idée.

Se radicaliser, c'est avant tout être radicalisé. Et les personnes, dépolitisées ou intégrées dans l'ordre établi, qui n'ont pas accès à cette compréhension, en font souvent une affaire de personne alors qu'il s'agit de contexte difficile, parfois personnelle, parfois pas du tout, il s'agit d'anomie parfois pas du tout. Dans tous les cas, la radicalisation, comme tout processus de violence, agit sous le coup de ce qui est considérée comme une injustice, réelle ou instrumentalisée.

Cette liste, dont j'ai eu l'idée un soir de chemise déchirée, consiste à recenser des films qui montrent le glissement politique ou ontologique, d'une position pacifique, neutre à une position qui montre un groupe ou un individu agissant pour une cause ou un ensemble de causes plus ou moins altruistes.

PREMIERES CONCLUSIONS SUR CETTE LISTE

En faisant cette liste, je me suis aperçu que le monde de la conviction étaient bien malmenées au cinéma, comme pour beaucoup de choses en vérité. Mais en tant qu'homme de conviction, c'est un thème qui me plaît d'observer (donc merci pour la référence).
Pour l'instant, j'en déduis deux axes : la conviction est un radicalisme (l'être prêt à des violences physiques) et la conviction rend profondément asociable (elle évolue à la marge du monde). Alors bon, je suis d'accord pour dire que c'est très efficace et spectaculaire dans toute narration d'avoir un ou plusieurs protagonistes que rien n'arrête dans son idée. Mais tout le monde sait que... ça ne se passe pas comme ça.

A mon sens, cela relève d'une sorte de propagande où l'on cherche à dire que toute conviction politique amène à une désillusion implacable, bien plus souvent qu'au triomphe (le triomphe est plutôt réservé au domaine de la guerre ou d'une conquête, même intérieure).

Alors oui, la liste est plutôt triste : croire en une idée pour changer les choses conduit souvent au désarroi au cinéma. Et c'est incohérent.
Toutefois, cela ne m'étonne pas de rencontrer en réalité de très très nombreuses personnes n'ayant aucune vision politique et ne portant aucune idée maîtresse, si ce n'est des idées bateaux ou bien subjectivistes. Peu de mise en commun et d'altruisme, alors que ce sont deux choses particulièrement valeureuses dans l'inconscient collectif.

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  • Rosa Luxemburg (1986)

    2 h 02 min. Sortie : . Drame et historique.

    Film de Margarethe Von Trotta avec Adelheid Arndt, Jurgen Holtz, Barbara Sukowa

  • Bande-annonce

    La Désintégration (2012)

    1 h 18 min. Sortie : . Drame.

    Film de Philippe Faucon avec Rashid Debbouze, Yassine Azzouz, Ymanol Perset

  • Bande-annonce

    We Are Four Lions (2010)

    Four Lions

    1 h 37 min. Sortie : . Comédie, policier et drame.

    Film de Christopher Morris avec Riz Ahmed, Arsher Ali, Nigel Lindsay

    Déjà très radicalisés ces quatre lions, il reste le portrait d'Omar qui semble fin, intelligent... mais qui se radicalise en dépit de ces indéniables qualités, comme s'il était en permanence dans une dissociation de son personnage. Un visage ambivalent et jusque-boutiste.
  • Bande-annonce

    Les Chevaux de Dieu (2013)

    يا خيل الله

    1 h 55 min. Sortie : . Drame.

    Film de Nabil Ayouch avec Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid, Hamza Souidek

    Proposé et commenté par Greg Guerin Guedin :

    "Le film traite de l'histoire de jeunes musulmans qui sont poussés par leurs grands frères à devenir des martyres au nom d'Allah"
  • Bande-annonce

    La Saga des Conti (2013)

    1 h 37 min. Sortie : .

    Documentaire de Jérôme Palteau avec Xavier Mathieu

  • Les Guerrières (1983)

    Born in Flames

    1 h 20 min. Sortie : 1983. Comédie, drame, fantastique et science-fiction.

    Film de Lizzie Borden avec Honey, Adele Bertei, Jean Satterfield

    Proposé et commenté par Lochson :

    "Pour les guerrières, on observe la radicalisation progressive d'un groupe de féministes.

    Bon, il y a déjà un groupe politisé dès le début du film, mais la radicalisation est belle et bien progressive.

    D'émissions radios contestatrices et propagandistes on passe aux miliciennes qui patrouillent les rues pour bastonner les gens et le dévouement à la cause va jusqu'à un attentat au World Trade Center (la réalisatrice a d'ailleurs confié qu'elle avait été un peu chamboulée que quelques années plus tard les tours jumelles avaient belle et bien pété)"
  • Je suis curieuse - Édition jaune (1967)

    Jag är nyfiken – Em film i gult

    1 h 56 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Vilgot Sjoman avec Lena Nyman, Vilgot Sjoman, Börje Ahlstedt

    Proposé et commenté par Lochson :

    "Pour Je suis Curieuse, les interviews du début ressemblent bien à de l'impertinence mais ce n'est que dans la première moitié de la version jaune, on voit une progression.

    De ces interviews assez provocatrices, on passe à des tentatives de manifestations devant certaines ambassades, des planifications de sabotages, etc. Mais ça reste un cas particulier, le film étant un non-film qui traite aussi de l’ambiguïté de la fiction et du double jeu du cinéma (avec une narration qui tourne en mise en abîme et une narration imbriquée)."
  • Bande-annonce

    Innocents (2003)

    The Dreamers

    1 h 55 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Bernardo Bertolucci avec Michael Pitt, Eva Green, Louis Garrel

    Ce film a un grand rapport avec les amours imaginaires (ouais, le cul avorté quoi... même pour un politologue ça existe).

    C'est encore un Bertolucci, je me suis dit au début du film, et ils vont coucher ensemble, ambiance intimiste, souvent dans un appartement parisien d'ailleurs... Mais la question de l'irruption d'un tiers qui sert d'élément déclencheur à l'action, sous l'angle de la notion de révolution, est particulièrement prégnante dans cette oeuvre. C'est-à-dire qu'au fur et à mesure du film, et c'est la seule et unique chose que j'ai à en dire, s'articulent plusieurs phénomènes révolutionnaires.

    Une révolution extérieure, au travers des événements de mai 68, animés par les courants étudiants, maoïstes : cette révolution est avant tout culturelle, elle était destinée à débrider les carcans éducatifs - il faut se souvenir à ce propos que l'un des premiers facteurs à l'origine de ces manifestations a été le scandale d'un étudiant qui s'est rendu dans la chambre de sa copine sur un campus de fac. Contexte donc d'une révolution sexuelle ; il y a bien des manifestations ouvrières mais celles-ci ne sont pas marquées que par des revendications traditionnelles.

    Dans ce contexte, deux jumeaux engoncés dans leurs habitudes vont faire la rencontre de l'étranger, qui va malgré lui bouleverser les codes de cette relation fusionnelle. Par cette cohabitation, le trio allégorique tourne à la collision entre les deux jeunes hommes, incarnés par Michael Pitt et Louis Garrel, et la jeune femme, Eva Green, soeur de Garrel. Collision culturelle, politique, et amoureuse. La position de cette femme est un peu particulière : elle sera le réceptacle des problèmes subis dans cette relation avec son frère et dans sa rencontre avec l'étranger, avec qui elle aura un rendez-vous, qu'elle pourrait très bien aimer. Ce n'est pas pour rien que c'est elle qui décide d'ouvrir le gaz avant de laisser entrer la révolution extérieure dans le confinement bourgeois et conservateur de cet appartement. Elle est entre autres le produit de dialectiques politiques et culturelles qui se contredisent. Pour conclure, nous avons par conséquent une symétrie entre une révolution intérieure et une révolution extérieure, auxquelles s'ajoutent des clins d'oeil (que j'interprète comme des clins d'oeil révolutionnaires) référencés à l'oeuvre cinématographique de la Nouvelle Vague - nouvelle.

    Un film dialectique toutefois.
  • Bande-annonce

    La Bande à Baader (2008)

    Der Baader Meinhof Komplex

    2 h 30 min. Sortie : . Action, biopic, policier et drame.

    Film de Uli Edel avec Martina Gedeck, Moritz Bleibtreu, Johanna Wokalek

    Proposition de Greg Guerin Guedin et son commentaire :

    "Dans la Bande à Baader", la journaliste Ulrike Meinhof se radicalise pour s'engager auprès de Baader et son équipe, quitte à laisser ses enfants..."

    + Une Jeunesse Allemande

    Dans les deux cas, la radicalisation est le fruit de trajectoire individuelle, très peu expliquée, comme si ça sortait du néant.
  • Bande-annonce

    Foxfire, confessions d'un gang de filles (2013)

    Foxfire

    2 h 23 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Laurent Cantet avec Raven Adamson, Katie Coseni, Madeleine Bisson

  • Bande-annonce

    Les Suffragettes (2015)

    Suffragette

    1 h 46 min. Sortie : . Drame.

    Film de Sarah Gavron avec Carey Mulligan, Helena Bonham Carter, Brendan Gleeson

    Un chemin vers la radicalité contre les réformistes, même féministes
  • Bande-annonce

    Dear Wendy (2005)

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Thomas Vinterberg avec Jamie Bell, Bill Pullman, Michael Angarano

  • Bande-annonce

    La Vie de David Gale (2003)

    The Life of David Gale

    2 h 10 min. Sortie : . Drame, policier et thriller.

    Film de Alan Parker avec Kevin Spacey, Kate Winslet, Laura Linney

  • Bande-annonce

    H3 (2001)

    1 h 28 min. Sortie : 2001. Drame.

    Film de Les Blair

    Proposition et commentaire de PierreAmo :

    "Bobby Sands et les 10 ados Irlandais qui se sont laissés mourir en prison.

    Autre film correspondant à cette affaire : Hunger d'un certain McQueen avec Fassbender ; sinon, avec un meilleur titre, il y a Some mother's son" http://www.senscritique.com/film/Some_Mother_s_Son/471351
  • Bande-annonce

    Le Disciple (2016)

    (M)uchenik

    1 h 58 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kirill Serebrennikov avec Pyotr Skvortsov, Viktoriya Isakova, Yuliya Aug

  • Bande-annonce

    Le Jeune Karl Marx (2016)

    Der Junge Karl Marx

    1 h 58 min. Sortie : 2016. Drame, historique et biopic.

    Film de Raoul Peck avec August Diehl, Stefan Konarske, Vicky Krieps

    Où l'on voit un intellectuel se séparer de tous ceux dont on pourrait penser qu'il est politiquement proche d'autres intellectuels. Culotté et nécessaire.