La destinée de John Ford

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50 films

par Docteur_Jivago

John Martin Feeney alias John Ford, réalisateur américain qui aura œuvré dans le cinéma dès les débuts de Hollywood et qui aura mis en scène 142 films s'étalant sur 7 décennies, des années 1910 à 1970. Surtout connu pour ses westerns et sa longue relation réalisateur/acteur avec John Wayne, il aura réalisé divers genres de films et souvent avec brio, pour finalement marqué d'une immense emprunte l'histoire du cinéma. A titre personnel, c'est l'un des réalisateurs qui m'a fait prendre conscience de l'intemporalité du cinéma et c'est très jeune que j'ai eu l'occasion de rencontrer son cinéma. Aujourd'hui à 36 films il m'en manque encore de nombreux mais c'est avec impatience que j'attends de les découvrir, tout comme en redécouvrir certains, qui m'auront marqué ou déçu.

Retour sur mes expériences avec son cinéma dans l'ordre chronologique.

Mes préférences : http://www.senscritique.com/top/Les_meilleurs_films_de_John_Ford/1230966

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  • Le Ranch Diavolo (1917)

    Straight Shooting

    57 min. Sortie : . Western.

    Moyen-métrage de John Ford avec Harry Carey, Duke R. Lee, George Berrell

    C'est émouvant de découvrir les prémices d'un auteur qui nous fascine et que l'on admire, et avec Straight Shooting, qui demeure pour l'instant le plus vieux films de John Ford visible, ce temps d'ailleurs où il était encore Jack. Ce western ne révolutionne rien, mais est rempli de passionnants petits détails, comme un plan annonçant La Prisonnière du Désert, la façon dont il capte une époque qui n'est pas encore révolue, ou encore des comédiens imposant des figures intemporelles, et, au risque de me répéter, véhiculant une émotion unique, et belle, montrant à quel point le 7ème art survie au temps et évolutions technologiques.
  • À l'assaut du boulevard (1917)

    Bucking Broadway

    53 min. Sortie : . Western et muet.

    Film de John Ford avec Harry Carey, Molly Malone, L.M. Wells

    1917... c'était le temps où John Ford s'appelait encore Jack Ford, qu'il était encore acteur pour d'autres réalisateurs, notamment son frère, et il avait encore ses deux yeux. Il avait tout juste 22 ans et c'est cette année-là qu'il commença à tourner (très activement !) de nombreux films. D'une durée assez courte (un petit peu plus de 50 minutes), Bucking Broadway met en scène un amour entre un cow-boy et une fille d'un propriétaire, qui va être perturbée par un marchand de chevaux de passage que la fille va vouloir suivre. On y retrouve déjà plusieurs qualités du futur metteur en scène de Stagecoach, que ce soit son sens du rythme, sa manière de construire un récit ou encore de toujours trouver les bons cadres pour mieux capter les enjeux et émotions des personnages. Bien évidemment, Bucking Broadway n'atteint pas le génie de nombreux films que fera Ford dans les longues et fastes décennies qui suivront, mais il s'avère tout de même vraiment sympathique et intéressant à plus d'un titre (voir ce western se déroulant à l'époque contemporaine, donc au moment du tournage, lorsque les progrès industriels changeaient nettement les modes de vie (on peut d'ailleurs y voir des chevaux croiser des automobiles), Ford évoquant déjà la fin d'une époque... ).
  • Pour la sauver (1920)

    Just Pals

    50 min. Sortie : . Drame et western.

    Film de John Ford avec Buck Jones, Helen Ferguson, Georgie Stone

    Ce film sera son premier tourné après avoir quitté Universal pour rejoindre la Fox, il n'avait que 25 ans à l'époque et se faisait encore appeler Jack Ford, malgré un bagage déjà important dans le monde Hollywoodien. Ford n'a pas le temps pour de l'inutile et va vite à l'essentiel, que ce soit dans la présentation des personnages, du contexte et des rebondissements, l'important se trouve donc dans le début et il parvient à nous attacher aux protagonistes et à les rendre, eux ainsi que les enjeux, intrigants. Il privilégie l'action, l'aventure et le suspense et oublie toute dose d'humour ou de sentimentalisme mal venue, c'est même parfois assez sombre comme peut en témoigner la forte séquence de lynchage malgré un ton finalement plutôt léger. La force du cinéma de Ford, c'est aussi qu'il fait en sorte que ces simples moments de vies sonnent vraies, on s'y attache et permet à l'oeuvre de dégager un soupçon inespéré d'émotion, voire de mélancolie.
  • L'homme aux camées (1923)

    Cameo Kirby

    Drame.

    Film de John Ford avec John Gilbert, Gertrude Olmstead, Alan Hale Sr.

    Cameo Kirby est le premier film que John Ford signera sous ce nom, remplaçant ainsi celui de Jack Ford pour les précédents. Il s'intéresse ici à une histoire de faux coupable, où un honnête joueur va se retrouver accusé de triche alors qu'il cherchait juste à aider un vieux qui s'était fait embobiner. Déjà, je dois bien reconnaître que la qualité de la vision était assez nulle, et ce n'est pas loin d'être le cas pour ce film. John Ford se perd totalement dans des intrigues inintéressantes, des dialogues bien trop nombreux pour un muet ou encore un style théâtral plombant le film, comme en témoigne d'ailleurs le jeu d'acteurs, et peu de choses, quelques plans ou un contexte intéressant, viennent sauver Cameo Kirby.
  • Le Cheval de fer (1924)

    The Iron Horse

    2 h 30 min. Sortie : . Western et muet.

    Film de John Ford avec George O'Brien, Madge Bellamy, Charles Edward Bull

    Sorti en 1924, « The Iron Horse » est très loin d’être un des premiers films de John Ford dont la carrière très prolifique l’aura poussée à peu près 150 films (dont une cinquantaine qui semble perdu). Ici, il réalise une longue et gigantesque fresque autour de la construction du chemin de fer américain. Mais dans cette fresque il s’attardera aussi sur le destin de Davy Brandon dont le père a été tué par un « indien blanc » lorsqu’il était très jeune. John Ford nous captive durant les 2 h 30 de films, notamment grâce à un montage énergétique et une histoire assez riche. On y suit la construction du chemin fer ancré dans le contexte de la guerre de sécession avec Lincoln et alterne la petite histoire dans la grande. Tout n'est pas toujours parfait mais l'américain fait preuve d'une véritable maestra et démontre déjà une vraie maitrise derrière la caméra. Les scènes spectaculaires sont présentes, tout comme celles plus intimistes et dans les deux cas, il montre tout son savoir-faire.
  • Gagnant quand même (1926)

    The Shamrock Handicap

    1 h 06 min. Sortie : . Romance, drame et muet.

    Film de John Ford avec Janet Gaynor, Leslie Fenton, Willard Louis

    Ici John Ford revient dans son Irlande natale qu'il filme avec amour et sincérité, quitte à enjoliver la réalité. Finalement, il n'y a pas vraiment de grandes ambitions dans ce film, pas d'enjeux forts que ce soit dramatique ou autre, mais juste la chronique d'un jockey avec une sympathique galerie de personnages tournants autour de lui, allant d'un noble au grand coeur à la fille de celui-ci, dont il est amoureux. Une chronique teintée aussi de rêves américains mais ici désabusé où le retour en Irlande sera salvateur. Malgré quelques petites touches de pessimistes, c'est quand même la bonne humeur qui l'emporte. C'est bien rythmé, sans temps morts et dans l'ensemble sympa à suivre avec quelques bonnes idées, des gags sympathiques et même quelques petites touches poétiques dégagées par le couple Janet Gaynor/Leslie Fenton. De plus, c'est avec jovialité, amour et sincérité que John Ford dépeint son Irlande natale, ses mœurs, ses représentants et sa beauté.
  • Bande-annonce

    Trois sublimes canailles (1926)

    Three Bad Men

    1 h 32 min. Sortie : . Muet, western et drame.

    Film de John Ford avec Tom Santchi, Olive Borden, George O'Brien

    Avec Three Bad Men, il évoque le destin d'un couple durant la ruée vers l'or et plus précisément durant une "course à la terre" au Dakota où trois hors-la-loi vont s'y immiscer malgré l'oeil d'un néfaste shérif. Et là où c'est formidable, c'est que John Ford réussit à faire ce que peu ont su faire (on peut citer George Stevens et son Giant ou Victor Fleming avec Gone with the wind) à savoir faire emboiter la petite histoire dans la grande, celle de ce couple avec la fameuse ruée vers l'ouest, là où les nouvelles terres, souvent riche en matières importantes, attendaient les résidents de ce pays. Et finalement John Ford nous fait passer par tout un panel d'émotion, dès le début l'histoire est rendue intéressante, la construction du récit est remarquable, tout comme la présentation des personnages (notamment pour les trois hors-la-loi). C'est à la fois beau, triste, très drôle, touchant, lyrique ou encore passionnant, que ce soit par son contexte ou l'évolution du récit. Aucun centimètre de pellicule ne laisse indifférent, c'est d'abord intrigant, puis on s'attache très vite aux personnages, souvent surprenants d'ailleurs, comme l'ensemble du récit, ou au contraire d'autres deviennent antipathiques. Ford se montre incroyablement humaniste, notamment dans le portrait des trois hors-la-loi et il en fait ressortir toute la dimension, tout comme un soupçon de mélancolie qui plane sur l'ensemble de l'oeuvre jusqu'à un final bouleversant. Une immense oeuvre, tant dans le fond que la forme et aussi ambitieuse que majestueuse.
  • L'Aigle bleu (1926)

    The Blue Eagle

    58 min. Sortie : . Action, drame et muet.

    Film de John Ford avec George O'Brien, Janet Gaynor, William Russell

    C'est d'abord par son histoire que The Blue Eagle est intéressant, où deux chefs de gangs rivaux vont se retrouver à servir dans le même sous-marin et évidemment, l'aspect qui va m'intriguer sera l'intrusion de la jolie Janet Gaynor et la gestion de ce triangle amoureux par John Ford. Le problème, c'est que l'intérêt du film va s'arrêter là, d'abord à cause d'une partie semblant perdue, et ensuite car le génial metteur en scène se montre ici maladroit. Tout n'est pas non plus à jeter, évidemment, et c'est d'abord via la Guerre que The Blue Eagle est intéressant, où le patriotisme fera oublier les rivalités, puis surtout dans le personnage de Janet Gaynor, incroyablement mignonne mais tout autant salop* lorsqu'elle joue de la jalousie de ses deux prétendants.
  • Les Quatre Fils (1928)

    Four Sons

    1 h 40 min. Sortie : . Muet et comédie dramatique.

    Film de John Ford avec Ralph Bushman, George Meeker, Robert Parrish

    Alors que le cinéma assiste peu à peu à la fin du muet, John Ford livre en 1928 Four Sons, l'un de ses derniers sans paroles (il n'en fera plus que deux par la suite) où l'on suit le destin d'une mère allemande qui voit trois de ses quatre fils appelés sous les drapeaux allemands alors que l'autre était déjà parti aux États-Unis où il vit marié. Pour l'anniversaire des dix ans de la fin de la Grande Guerre, il va s'intéresser à tous ces hommes tombés pour des pays et aux drames de la perte de vie humaine. Il montre, une fois de plus, qu'il pouvait s'attaquer à n'importe quel genre ou sujet, ici il livre un mélodrame d'une incroyable justesse, sans jamais tomber dans la mièvrerie, la glorification inutile ou le patriotisme mais, au contraire, fait ressortir toute l'émotion et la dramaturgie des enjeux et personnages. Il pose un regard tendre et compatissant envers cette mère qui voit la Guerre lui enlever ce qu'elle avait de plus précieux tandis qu'il se montre brillant techniquement et derrière la caméra, notamment dans sa façon de filmer la guerre.
  • La maison du bourreau (1928)

    Hangman's House

    1 h 20 min. Sortie : . Muet et drame.

    Film de John Ford avec June Collyer, Larry Kent, Victor McLaglen

    D'abord, La Maison du Bourreau est un film symbolique pour John Ford car, en plus d'être son dernier film muet, c'est le premier grand rôle de Victor McLaglen sous sa direction ainsi que la première apparition de John Wayne. Il revient ici dans son Irlande natale pour un film de vengeance, où un soldat va traquer l’assassin de sa sœur. On retrouve un ton expressionniste proche des Quatre fils, mais surtout une ambiance à la limite du fantastique, avec un contexte adéquat, celui d'une Irlande brumeuse, avec des châteaux sombres et une bande-originale adéquates, le tout sublimé par des plans dont Ford à le secret, qu'ils soient iconiques ou au plus près des personnages, qui sont eux plutôt intéressants, surtout par leurs enjeux.
  • Up the River (1930)

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de John Ford avec Spencer Tracy, Claire Luce, Warren Hymer

    Alors qu'il a déjà une solide expérience du métier derrière lui, John Ford propose avec Up The River un film de prison où il mêle plusieurs genres, allant de la comédie au romantisme. L'oeuvre est sympathique à suivre, c'est léger, attachant même avec la fraternité comme thématique principale, et c'est ce qui compense une écriture défaillante, notamment dans l'avancement du scénario. On pourra aussi apprécier de très bons comédiens, à l'image d'Humphrey Bogart et Spencer Tracy, pour qui ce sont les premiers vrais rôles au cinéma, et il y a pire que de commencer sous la houlette de John Ford !
  • Le Corsaire de l'Atlantique (1931)

    Seas Beneath

    1 h 30 min. Sortie : . Guerre.

    Film de John Ford avec George O'Brien

    John Ford nous emmène en pleine mer où un bateau d'apparence paisible se révélera être opérationnel au combat et partira en chasse d'un U-172 allemand. Comme souvent, il parvient à mêler la petite histoire dans la grande, et à introduire dans son récit une certaine tendresse, notamment autour du personnage de George O'Brien, toujours parfait et attachant. On retiendra aussi la deuxième partie sous haute tension, avec quelques remarquables séquences maritimes, alors que l'ensemble est efficace, bien construit et même assez intéressant dans le propos, et la vision de la Guerre.
  • Doctor Bull (1933)

    1 h 17 min. Sortie : . Drame.

    Film de John Ford avec Robert Parrish, Francis Ford, Marian Nixon

    C'est dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre que John Ford nous emmène avec Doctor Bull, pour y suivre les aventures d'un médecin qui va s'intéresser à un homme paralysée tout en devant faire face aux commérages d'une ville. On n'y trouve pas forcément la touchante sincérité d'autres Ford humain et authentique, mais l'oeuvre n'en reste pas moins maîtrisé, que ce soit dans le rythme, la description des personnages ou de la ville. Il parvient à rendre tout ce petit monde intéressant, créant une atmosphère captivante, avec, en plus, un parfait Will Rogers dans le rôle titre.
  • La Patrouille perdue (1934)

    The Lost Patrol

    1 h 13 min. Sortie : . Aventure et guerre.

    Film de John Ford avec Victor McLaglen, Boris Karloff, Wallace Ford

    John Ford propose là une oeuvre assez surprenante, un huis-clos d'environ une heure où un régiment anglais subira la chaleur d'un désert hostile. S'il manque un petit peu de puissance et d'émotion, l'oeuvre n'en reste pas moins remarquablement maîtrisée, avec un Ford sachant toujours trouver la bonne alchimie entre les personnages, qui sont tous intéressants, et notamment un grand Victor McLaglen. Il parvient à créer une ambiance tout particulièrement prenante, voire même étouffante à certains moments, où l'on assiste à des séquences fortes lorsque la vie de ces hommes ne tiendra plus que sur un fil.
  • Judge Priest (1934)

    1 h 21 min. Sortie : . Comédie, drame et romance.

    Film de John Ford avec Will Rogers, Tom Brown, Anita Louise

    John Ford s'est confortablement installé dans le cinéma parlant depuis déjà quelque temps lorsqu'il met en scèneJudge Priest en 1934, chronique de vie dans une petite ville du Kentucky où un procès va chambouler la vie de ce petit village. Tout l'intérêt du film est là d'ailleurs, plus que dans les péripéties mais dans ce portrait chaleureux, tendre et idéalisé par John Ford pour ce petit village du sud qui vient de sortir de la Guerre Civile (avec un merveilleu Will Rogers d'ailleurs).  On trouve tout de même quelques ombres à ce beau tableau, notamment dans la vision idyllique qui vire un peu trop à la caricature lors de certains moments, à l'image du personnage représentant tous les stéréotypes racistes. Il y aussi un certain charme et une ambiance mélancolique qui ressortent du récit, Ford filmant, et ce n'est ni la première, ni la dernière fois, une époque révolue qu'il idéalise, constatant les immenses changements dans ce début du XXème siècle.
  • Le Mouchard (1935)

    The Informer

    1 h 31 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de John Ford avec Victor McLaglen, Heather Angel, Preston Foster

    Alors que John Ford enchaîne les films à un rythme très élevé, il décide en 1936 de livrer une oeuvre plus personnelle où il revient sur la condition de son pays d'origine, à savoir une Irlande asservi par les britanniques. Ford met en avant un homme pauvre, ivrogne, catholique mais aussi un peu idiot. C'est d'ailleurs ce dernier point qui m'a légèrement gêné à la vision du film, à savoir qu'il braque constamment sa caméra sur un gars très bête auquel on a parfois du mal à s'intéresser et à comprendre. Si Ford ne juge pas vraiment et ne prend pas parti, son récit est néanmoins riche en symbole et notamment biblique mais il n'évite malheureusement ni les lourdeurs ni les excès à l'image de la scène finale. Malgré tous les reproches que l'on peut lui faire, Le mouchard dégage pourtant une certaine puissance, sublimé par la mise en scène de Ford qui met du rythme et de la tension lorsqu'il le faut. De plus, le sujet, à savoir la description de la vie Irlandaise sous la direction britannique, reste intéressant et bien traité.
  • Steamboat Round the Bend (1935)

    1 h 20 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de John Ford avec Eugene Pallette, John McGuire, Berton Churchill

    Troisième film de l'année 1935 pour John Ford, Steamboat Round the Bend représente aussi sa dernière collaboration avec Will Rogers dont il dira de lui : "Les gens de l'Ouest étaient comme Will Rogers. C'étaient des hommes bourrus et imparfaits, mais beaucoup étaient foncièrement doux et la plupart étaient foncièrement moraux et religieux, comme la plupart des gens qui vivent de la terre". Dès les premières secondes et la scène du prêtre sur le bateau, il nous immerge dans une ambiance folklorique pour y suivre des personnages hauts en couleur mais qu'il décrit, bien souvent, avec une immense tendresse, permettant de nous y intéresser puis attacher. Il trouve toujours le bon ton, évoque avec légèreté la période de l'après-guerre civile, laissant planer un soupçon de mélancolie sur tout le récit et apportant quelques touches d'humours qui marchent bien, voire même dramatiques bien que ce point-là ne soit pas vraiment accentué. Un régal comme on en voit plus...
  • Je n'ai pas tué Lincoln (1936)

    The Prisoner of Shark Island

    1 h 36 min. Sortie : . Drame.

    Film de John Ford avec Warner Baxter, Gloria Stuart, Claude Gillingwater

    Quelle oeuvre et quelle claque ! John Ford nous emmène ici au coeur d'une prison pour y suivre la détention d'un médecin accusé d'avoir tué Lincoln alors qu'il a juste aidé, sans le savoir, le réel assassin. L'écriture est juste parfaite, sublimé par une puissante et nerveuse mise en scène de John Ford, ce dernier met en avant le calvaire que vivra cet homme et nous fait sentir proche de lui, faisant ressortir toutes les sensations et émotion des enjeux et personnages. D'ailleurs, ils sont tous très bien écrits et gérés tandis que la tension est tout le long palpable et devient de plus en plus forte plus on avance dans le récit. De nombreuses scènes sont mémorables (celles en prisons, la tentative d'évasion etc) et sublimé par une Ford en parfait et brillant chef d'orchestre derrière la caméra. C'est à la fois sobre et tragique, bien aidé par une belle photographie en noir et blanc, utilisés à merveille, ainsi que d'excellents interprètes. Du vrai et du très grand cinéma, tout simplement.
  • Révolte à Dublin (1936)

    The Plough and the Stars

    1 h 12 min. Sortie : . Drame.

    Film de John Ford avec Barbara Stanwyck, Preston Foster, Barry Fitzgerald

    Si The Plough and the Stars laisse quelques regrets en vue du sujet et du metteur en scène, ça n'en reste pas moins plutôt intéressant, grâce surtout à l'aspect historique ainsi que les personnages, de quoi oublier le manque de souffle, d'émotion et de grandeurs qui gâchent un peu cette adaptation bien trop courte d’une pièce de John O’Casey.
  • Marie Stuart, reine d'Écosse (1936)

    Mary of Scotland

    2 h 03 min. Sortie : . Biopic, drame et historique.

    Film de John Ford avec Katharine Hepburn, Fredric March, Florence Eldridge

    C'est suite au (très) réussi "The Prisoner of Shark Island" que John Ford s'attaque au portrait de Mary Stuart via une adaptation de la pièce "Mary of Scotland" signé Maxwell Anderson. Alors, ce n'est pas vraiment par la fidélité historique que John Ford fascine mais plutôt par le portrait de femme qu'il tire de Mary Stuart ainsi que de tous les rouages qui se cachent derrière le pouvoir. Il met en scène une femme forte, amoureuse et idéaliste mais qui va voir ses ambitions freinées par divers éléments, dont sa propre sœur. Car derrière ce portrait de femme, John Ford analyse ce qui se cache derrière le pouvoir, les rapports entre Mary et la cour, sa famille ou encore ses ministres et il prend bien soin de mettre en avant toutes les trahisons, fidélité, diplomatie, jalousie ou autres différents religieux, élément au cœur du retour de Mary Stuart. Néanmoins, John Ford n'évite pas quelques pièges des adaptations théâtrales, à commencer par le dosage des dialogues rendant certaines scènes trop bavardes, ce qui est assez gênant par moments. Mais c'est aussi par les rôles masculins que "Marie Stuart" ne convainc guère et notamment celui du roi efféminé qui frôle la caricature et le ridicule, c'est dommage mais malgré tout, c'est là que Ford montre tout son talent car il arrive à rendre ce portrait de Mary Stuart fort intéressant et notamment par l'atmosphère qui se dégage de son récit.
  • Quatre hommes et une prière (1938)

    Four Men and a Prayer

    1 h 25 min. Sortie : . Aventure.

    Film de John Ford avec Loretta Young, Richard Greene, George Sanders

    Avec Four Men and a Prayer, John Ford nous envoie aux côtés des quatre fils qui vont chercher ceux qui ont trahi leur père et propose un film d'aventure où les rebondissements ne manqueront pas. Le début est d'ailleurs génial, avec un père abattu puis la présentation des quatre fils avant que Ford nous balade dans de nombreux pays où il mêlera action, un peu de dramaturgie, voire de romance et même de l'humour. Malheureusement ça s'arrête là et Four Men and a Prayers'avère être une déception, où Ford bénéficie d'un mauvais script, tant dans l'évolution des personnages que les dialogues, souvent trop nombreux et sans intérêt, et dans l'avancement du film, pas forcément bien ficelé avec notamment quelques péripéties grossières. C'est aussi dans sa mise en scène que Ford ne se montre guère inspiré, ne sublimant jamais les personnages, proposant un rythme trop poussif et peinant à nous faire ressentir des sensations ou sentiments pour les personnages et enjeux. C'est vraiment dommage car le concept était plutôt intéressant, surtout entre les mains de John Ford.
  • La Chevauchée fantastique (1939)

    Stagecoach

    1 h 36 min. Sortie : . Aventure et western.

    Film de John Ford avec Claire Trevor, John Wayne, Andy Devine

    Quel film et quelle maîtrise de John Ford ! Alors si je devais reprocher une chose à ce western, ce serait que certains personnages soient un peu trop enfermé dans une caricature, à tel point d'en devenir légèrement énervant par moments (notamment le médecin alcoolique ou celui qui accompagne la diligence). Mais excepté cela, "Stagecoach", inspiré d'une nouvelle de Maupassant, m'a conquis de bout en bout et permet à John Ford de marquer une étape importante dans son genre de prédilection. Braquant sa caméra sur cette diligence, Ford montre tout son talent pour ce qui est de filmer des personnages et, en très peu de temps, les rendre attachant, notamment la prostitué et Ringo, dont il traite les rapports avec finesse, sensibilité et mélancolie. Il donne une importance à chacun, que ce soit ce joueur (symbolisé par la carrure de John Carradine) ou les rôles féminins, et c'est avec talent et un minimum d'ambiguïté qu'il va étudier les rapports qu'ils auront entre eux. Un vrai souffle traverse l'oeuvre et il bénéficie d'une excellente écriture, tant au niveau des dialogues que des personnages ou de l'avancement de l'histoire. Et puis, John Ford filme Monument Valley comme personne, il met très bien en valeur les paysages et l'immensité de l'Ouest, c'est un régal.
  • Bande-annonce

    Vers sa destinée (1939)

    Young Mr. Lincoln

    1 h 40 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de John Ford avec Henry Fonda, Alice Brady, Marjorie Weaver

    John Ford revient sur une partie plutôt méconnue de la vie de Lincoln, axé autour de sa jeunesse lorsqu'il débutait dans le métier d'avocat. C'est vraiment le premier procès du futur président qui intéresse le cinéaste américain et, allant de rebondissements en rebondissements, force est de constater que c'est fort passionnant. Le rythme, l'ambiance, les personnages, le sens du détail… tout est brillament maitrisé par un John Ford inspiré, mettant bien en avant la façon de penser de Lincoln (honneur, fierté, justice…), bénéficiant d'une excellente reconstitution et surtout un immense, comme souvent, Henry Fonda, livrant une très grande performance d'acteurs.
  • Sur la piste des Mohawks (1939)

    Drums along the Mohawk

    1 h 43 min. Sortie : . Drame, historique, romance et guerre.

    Film de John Ford avec Claudette Colbert, Henry Fonda, Edna May Oliver

    John Ford retrouve Henry Fonda pour "Sur la piste des Mohawks", qui est aussi son premier film en couleur. Au passage, c'est aussi là que l'on peut voir tout son génie à Ford dans le choix des couleurs selon ses films et ses sujets (il tournera après d'autres films en noir et blanc, notamment pour certain contraste comme dans les Raisins de la Colère). Ici, c'est la symbolique des races qui va être représenté, entre la famille modèle Américaine, les Indiens. Ici Ford dresse un portrait d'un couple que va s'installer vers la rivière Mohawks, et les Anglais vont "utiliser" les Indiens pour les chasser. Usant d'un cadre se rapprochant parfois du documentaire, il montre un bon côté des Américains et met en scène la manipulation des Anglais sur les Indiens, contre les colons. L'oeuvre n'est pas désagréable à suivre mais n'est pas vraiment passionnante et, si l'on excepte une ou deux scènes, il manque du lyrisme, de la vrai dramaturgie ou même de beaux moments épiques. Une étude plus approfondis des personnages auraient pu être intéressant aussi alors qu'Henry Fonda n'est pas vraiment au top, sans être honteux, on l'a connu dans de meilleurs jours.
  • Bande-annonce

    Les Raisins de la colère (1940)

    The Grapes of Wrath

    2 h 09 min. Sortie : . Drame, historique et road movie.

    Film de John Ford avec Henry Fonda, Jane Darwell, John Carradine

    Dès les premières minutes, Les Raisins de la Colère fait forte impression avec une photographie en noir et blanc assez sombre, un temps brumeux et un vent violent. Ford met vite le contexte de l'histoire en place, montrant la misère humaine sans tomber dans le misérabilisme ou le sentimentalisme mal venue, il reste toujours dans la justesse et donne une vraie puissance dramatique à son oeuvre. Il filme ce qu'il considère comme le vrai peuple américain, ceux qui souffrent le plus des maux de ce pays, tous les pauvres et les laissés-pour-compte. C'est avec une tendresse particulière qu'il en dresse le portrait, s'attachant parfois à de simples moments de bonheur alors que le malheur, la pauvreté et la misère frappent chaque jour de plus en plus fort. Tout le long de l'oeuvre, Ford ne fait qu'accentuer un réalisme pointu, tant au niveau des dialogues (telle la façon de parler) que des personnages ou de l'image. Il se rapproche parfois d'un style plus documentaire et met en place une atmosphère froide de plus en plus angoissante où l'on a l'impression de se retrouver aux côtés des personnages. Il capte toute la dramartugie et l'horreur de la situation autour de cette famille nombreuse, tout comme les actes qu'ils seront prêt à faire pour s'en sortir, et même tout simplement vivre. Les tableaux que traversent les personnages dégagent puissance, poésie et cruauté, mettant à mal le rêve américain et montrant l'errance d'un pays et de ses habitants en toile de fond.
  • La Route au tabac (1941)

    Tobacco Road

    1 h 24 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de John Ford avec Charley Grapewin, Marjorie Rambeau, Gene Tierney

    Peu de temps après le fantastique Les Raisins de la Colère, John Ford s'intéresse à nouveau aux dégâts commis par la Grande Dépression, ici en mettant en avant une famille de petits fermiers du sud où le patriarche doit vite trouver la somme de 100$. Ce sujet mettant en avant l'Amérique des paumés est bien le seul point commun avec l'adaptation du livre de John Steinbeck. Ici, John Ford se montre surtout maladroit en mettant en scène une galerie de personnages hauts en couleurs et surtout très surprenants voire même totalement dégénérés. Ils sont souvent affreux, sales et méchants comme dirait Ettore Scola, mais ici surtout trop caricaturaux et rarement intéressants, dû en partie à une non-maitrise de John Ford qui ne m'a pas semblé savoir comment diriger son film. Il oscille entre drame et farce mais ne trouve jamais vraiment le bon équilibre et aucun des deux n'est vraiment convaincant, surtout que Ford ne fait pas dans la finesse, au point d'en devenir un peu lourd à certains moments. Pourtant, La Route au Tabac trouve son salut (toute proportion gardée) dans la dernière partie, où John Ford fait ressortir tout l'humanisme des personnages et enjeux, où il met bien en avant des protagonistes blessés par cette crise, la rue et la vie tout simplement. C'est à ce moment-là qu'il va nous faire ressentir de vrais sentiments pour les personnages (enfin surtout le patriarche). Dommage donc, que ce soit si long et laborieux pour en arriver là...
  • Bande-annonce

    Qu'elle était verte ma vallée (1941)

    How Green Was My Valley

    1 h 58 min. Sortie : . Drame.

    Film de John Ford avec Walter Pidgeon, Maureen O'Hara, Anna Lee

    Très belle fresque familiale signée John Ford, qui se serait inspiré de sa propre vie pour la mettre en scène. Assez vite on y est immergé, notamment grâce à une parfaite, minutieuse et belle reconstitution de cette contré Irlandaise. John Ford arrive à aborder de nombreux thèmes différents à l'image du travail à la mine, du lynchage, des grève, l'ordre familiale ou encore la place de la religion et tous, sont traités de manière subtile et intelligente sans apporter de lourdeur au récit. Il filme sans point de vue, il observe cette famille, ses joies, déchirements et péripéties et arrive à la rendre passionnante. La mise en scène très propre est parfaitement adaptée à son récit tandis que la photographie est vraiment magnifique. Les acteurs sont très bons, et notamment une sublime Maureen O'Hara qui s'intégre parfaitement à cette ambiance mélacolique, touchante et teintée de rêves...
  • Les Sacrifiés (1945)

    They Were Expendable

    2 h 15 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de John Ford avec Robert Montgomery, John Wayne, Donna Reed

    Ici, il débute son récit avant l'attaque de Pearl Harbour et s'intéresse à deux lieutenants qui commandent une flotille de lance-torpille puis qui vont se retrouver au coeur du conflit. Le metteur en scène de Young Mr. Lincoln se montre inspiré, sachant retranscrire tout l'humanisme de son récit, mettre en avant le vrai impact de la guerre sur l'homme, la peur du combat ou encore les hésitations, le tout avec une vraie sensibilité et sans excès, sachant toujours faire ressortir l'émotion et la force du récit. Il ne tombe pas non plus dans la glorification inutile ou la caricature, les drapeaux et l'hymne américains ne sont jamais utilisés comme propagande, bien au contraire même, c'est l'homme qui intéresse Ford, la nature, fragilité, courage ou encore émotion de ceux-ci.Tout n'est pas non plus parfait dans cette fresque, Ford ne trouvant pas toujours le bon équilibre notamment vis-à-vis de l'incursion de la romance, qui est présente sans être assez bien traitée, mais rien de vraiment préjudiciable pour apprécier le savoir-faire de l'américain.
  • La Poursuite infernale (1946)

    My Darling Clementine

    1 h 37 min. Sortie : . Biopic, drame et western.

    Film de John Ford avec Henry Fonda, Linda Darnell, Victor Mature

    Malgré une immense concurrence, My Darling Clementine reste l'un des, voire le, films référence sur la légende de Wyatt Earp et c'est totalement mérité tant l'oeuvre déborde de savoir-faire et d'émotion, bénéficiant d'une écriture (personnage, mise en place, avancement…) aussi brillante que la maestra de John Ford. Ce dernier dirige avec grand brio d'immenses Henry Fonda, Victor Mature ainsi que la lumineuse Linda Darnell pour un film d'une grande beauté, attachant et avec un rythme adéquat pour bien mettre en place les dillemmes des personnages. Le tout bénéficiant, en plus, d'une très belle reconstitution et d'une parfaite photographie en noir et blanc, tandis que la tension est haletante jusqu'à la très réussie et mémorable scène finale. Une immense oeuvre, l'un des chefs d'oeuvre de John Ford, tout simplement.
  • Bande-annonce

    Le Massacre de Fort Apache (1948)

    Fort Apache

    2 h 08 min. Sortie : . Western.

    Film de John Ford avec John Wayne, Henry Fonda, Shirley Temple

    A travers cette oeuvre fort bien écrite, John Ford va dénoncer la corruption, le racisme ou encore les "relations" avec les Indiens, et c'était d'ailleurs assez rare à cette époque que l'on traite les Indiens de manière égale (notamment à travers le personnage du lieutenant-colonel), il va aussi décrire les relations entre les différents grades au sein de l'armée, ainsi que l'honneur et la dignité. Fort Apache brille notamment par sa mise en scène, immersive et passionnante ainsi que ses mouvements de caméra, de nombreuses séquences sont mémorables à l'image de la vie au camp ou les batailles. La photographie en noir et blanc est superb, tout comme la reconstitution puis il y a cette fin, sublime, tout comme ces dernières paroles prononcées par le personnage joué par John Wayne, qui font écho à "L'homme qui tua Liberty Valence". Il arrive même à y glisser quelques touches d'humour qui font mouche ! Coté casting, ce n'est pas le plus grand rôle de John Wayne, ni par son nombre d'apparitions, ni par ses dialogues, mais ce type dégage une de ses classes et un de ses charismes... c'est impressionnant tandis qu'Henry Fonda, dans un rôle un peu à contre emploie, est parfait.
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