Le Bleu au cinéma

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58 films

par Camille_H

Je suis partie de la palette rimbaldienne de Pierrot le Fou, et cela m'a menée là: le bleu inspire le cinéma, et c'est souvent une histoire de mort sinon d'amour. Poursuivre cette liste pourrait éclairer ce mystère intertextuel.

« Bleu est devenu un mot magique, un mot qui séduit, qui apaise, qui fait rêver », écrit Michel Pastoureau*. « La musique du mot est douce, agréable, liquide ; son champ sémantique évoque le ciel, la mer, le repos, l’amour, le voyage, les vacances, l’infini. » Dans l’iconographie amoureuse, le bleu est définitivement du côté de l’amour, il est une couleur chaude, pour reprendre le titre de la bande dessinée de Julie Maroh qui a inspiré La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche. Les couleurs de la nature, de l’amour filial et des matins calmes sont présentes dans The Tree of Life de Terrence Malick comme dans Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk. Pour Krzysztof Kieślowski (Trois couleurs : Bleu) ou Mathieu Amalric (La Chambre bleue), cette couleur crée l’intimité ou, du moins son souvenir, tandis que Jane Campion joue sur les contrastes des bleus pour dépeindre les sentiments de ses personnages (Bright Star, La Leçon de piano).

DÉSIR INDIGO
À l’encontre du cliché qui attribue le rose aux filles et le bleu aux garçons, la sensualité de l’amour féminin (filmée par des hommes !) s’accommode volontiers du bleu. Robe veloutée d’Isabella Rossellini (Blue Velvet), cheveux colorés d’Emma (La Vie d’Adèle), univers bleu de la chanteuse japonaise Mima (Perfect Blue), beauté bleutée d’Angelique et de Jill respectivement chez Tim Burton (Dark Shadows) et Enki Bilal (Immortel), le désir des femmes fatales se décline avec des « mots bleus, des mots qu’on dit avec les yeux », nous chanterait Christophe. Des mots pas toujours innocents…

INQUIÉTANTE ÉTRANGETÉ
Comme les deux faces d’une même pièce, la douceur du bleu peut muer en lueur inquiète. Car la couleur du ciel comprend aussi celle des créatures qui en émanent, qu’elles soient divines, sacrées ou extra-terrestres. S’il a pu se définir comme une couleur chaude, le bleu est lié à l’imaginaire froid de l’au-delà. Écrans de télévision (Twin Peaks), créatures numériques (A.I. Intelligence artificielle), fantômes (Dark Shadows), brumes et brouillards (Fog). Du moelleux des nuages à l’éclair tranchant d’une lame, la couleur est sensorielle. Avoir une peur bleue n’est pas une vaine expression !

* « Bleu, Histoire d’une couleur », Éditions du Seuil, 2000, p. 158

Un article intéressant, panorama du bleu au cinéma:
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2015/04/04/soixante-dix-nuances-de-bleu-au-forum-des-images_4609837_3476.html

Merci à Aurea, NoOne, Dream, Fritz_The_Cat, pphf, Dream, Pat MOnkey,

Vers la liste de PiotrAakoun sur le même sujet:
http://www.senscritique.com/liste/Le_bleu_au_cinema/865062

Des remarques de Pat_Monkey :
Celui qui recherche la symbolique du bleu dans un film comme Le Grand Bleu en ignorant le blanc du ciel et des nuages commet une lourde erreur. C'est la symbolique Bleu/Blanc qui fait sens.

Les symboles sont plurivoques et souvent à sens contraire, seul le contexte de leur apparition permet de trancher dans un sens ou dans l'autre. Le bleu, c'est aussi le yin, l'immatérialité, le mental dans sa totalité associant la raison logique à l'imaginaire et bien d'autres choses encore...

Deux ouvrages utiles (pour ne pas dire indispensables) sur le sujet :

http://www.amazon.fr/Dictionnaire-symboles-coutumes-figures-couleurs/dp/222108716X/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1430225678&sr=1-1&keywords=dictionnaire+des+symboles

http://www.amazon.fr/Encyclop%C3%A9die-Symbolique-r%C3%AAves-vocabulaire-fondamental/dp/2913281486/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1430225752&sr=1-1&keywords=encyclopedie+de+la+symbolique+des+reves

Comment s'y retrouver lorsqu'un auteur dit blanc et que l'autre, parlant du même symbole, dit noir ? Simplement, en empruntant à chacun de ces auteurs et en gardant à l'esprit la pluralité de sens du symbole, aussi opposés puissent-ils nous paraître. Il faut aussi se souvenir que le contexte d'apparition d'un symbole est primordial pour son interprétation et que la symbolique des rêves n'est pas forcément la même que la symbolique "tout court". Corinne Morel nous met aussi en garde contre la "tentation du symbole", c'est-à-dire à vouloir interpréter ce qui n'a pas lieu de l'être... Si dans un rêve l'herbe nous apparaît verte, il n'y a pas lieu d'interpréter ce vert (il représente la réalité), si au contraire le gazon est rouge, il faut sérieusement se pencher sur le sens symbolique de cette couleur ! Là, nous entrons dans le domaine spécifique du rêve. D'abord, demandons-nous si nous rêvons en noir et blanc ou en couleurs ? Les femmes rêvent davantage que les hommes en couleurs, question de sensibilité féminine. Ensuite, pour que les couleurs apparaissent, il faut de la lumière (c'est la vieille histoire de la pomme du philosophe George Berkeley). Or l'inconscient ne fait pas la différence entre le jour et la nuit. Le rêveur peut avoir le sentiment que son rêve se passe le jour ou la nuit, mais c'est seulement l'expression d'un ressenti. Si on l'interroge sur la lumière de son rêve, dans la plupart des cas il n'arrive pas à la définir avec précision. Comment l'esprit conscient pourrait-il décrire une chose que ses sens n'ont jamais perçue ? Souvent le rêveur évoque une teinte "grisâtre", ce qui correspond symboliquement au mélange du jour (le blanc) et de la nuit (le noir). Aussi lorsqu'une ou plusieurs couleurs font "distinctement" leur apparition dans un rêve, c'est qu'elles ont valeur de symboles. Si le sujet t'intéresse, je précise qu'il existe une édition plus abordable de "L'Encyclopédie de la symbolique des rêves" de Georges Romery que l'édition reliée à 80 euros, au format poche, rebaptisée "Dictionnaire de la symbolique des rêves". On y trouve le même nombre d'entrées, simplement le texte est plus condensé, allant droit à l'essentiel, et les nombreux exemples qui illustrent (et parfois alourdissent inutilement) l'Encyclopédie ont été supprimés.

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    Pierrot le Fou (1965)

    1 h 50 min. Sortie : . Policier, comédie dramatique, road movie et romance.

    Film de Jean-Luc Godard avec Jean-Paul Belmondo, Anna Karina, Graziella Galvani

    https://www.youtube.com/watch?v=OWG2tu7Z9lE

    L'analyse qui suit se fonde sur un des matériaux littéraires de ce film: les voyelles de Rimbaud.
    Elle est de Lou-piote

    Dès le générique de début, la clé du film est donnée. Lorsque le titre s'affiche, le O apparaît en Bleu, et reste à l'écran: Pierrot, c'est le O, c'est l'Oméga, qui dans la séquence finale se dirige vers le bleu, la mer, soit la mort, qui est signifiée par ce bleu dont Pierrot s'enduit le visage. Sa mort est un cri, car Pierrot, au dernier moment, ne veut plus mourir: c'est le "O, suprême Clairon plein des strideurs étranges/ Silences traversés des Mondes et des Anges", de Rimbaud. Lorsque Pierrot explose, un plan d'ensemble cadre la fumée sur le rocher, puis la caméra pivote vers la droite, pour finir sur l'horizon bleu de la mer.
    Selon Jean Chevalier, le bleu évoque la profondeur des eaux, l'immatérialité, le vide: comme le dit Kandinsky, le bleu attire vers l'infini, ici l'au-delà. En effet, le bleu est la couleur de l'eau depuis le XIXès, et est est utilisé pour colorier les lieux où vivent les divinités dans les représentations. C'est la couleur de ce que l'on appelle le domaine des dieux, le ciel, peut-être de l'immortalité. D'un idéal, dont rêve Pierrot.

    En effet, il s'oppose au rouge, au "I pourpres, sang craché, rires de belles lèvres", à Marianne et sa robe, qui meurt dans le rouge, le sang, sans un mot. Le rouge est la couleur du feu, de la force originelle, de la terre. Marianne est en effet la première à se demander: "qu'est-ce que je peux faire? Je ne sais pas quoi faire..." Alors que Pierrot s'évade, rêve, peut-être mélancolique. (dont le bleu est par ailleurs la couleur)

    Et puis la femme:
    https://www.youtube.com/watch?v=VpYdxKYqO00
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    Le Mépris (1963)

    1 h 43 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jean-Luc Godard avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Jack Palance

    Les fesses de BB. Les canapés. C'est aussi l'opposé du rouge, la couleur du ciel et de la mer, soit la mort, l'infini, Pierrot le fou y faisant référence. On rettrouve ce motif de la mer, par ailleurs dans Forever Mozart, dans des tons beaucoup plus pâles.. Dans Adieu au langage aussi.


    Toute la deuxième partie du Mépris est à dominante bleue:
    le bleu profond de la mer, le rouge de la villa et le jaune du soleil, on retrouvera ainsi une certaine trichromie assez proche de celle de la statuaire antique véritable. Dans tout le film, le décor ne doit être utilisé que pour faire sentir la présence d'un autre monde que le monde moderne de Camille, Paul et Jérémie Prokosch. Les scènes de l'Odyssée proprement dite, c'est à dire les cènes que tournent Fritz Lang en tant que personnage, ne seront pas photographiées de la même façon que celles du film lui-même. Les couleurs en seront plus éclatantes plus violentes, plus vives, plus contrastées, plus sévères aussi, quant à leur organisation. Disons qu'elles feront l'effet d'un tableau de Matisse ou Braque au milieu d 'une composition de Fragonard ou d'un plan d'Eisenstein dans un film de Rouch.

    (Ciné-club de Caen)↓
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    Edward aux mains d'argent (1990)

    Edward Scissorhands

    1 h 45 min. Sortie : . Drame, fantastique et romance.

    Film de Tim Burton avec Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest

    Analyse de camille_H

    lien vers le film:
    https://www.youtube.com/watch?v=BEoIbLakMfY
    Pour commencer, le générique du film est entièrement bleu, dans la nuance.

    4min10 à 5min 10:
    La caméra survole le décor bleu du village endormi, comme si la neige reflétait le bleu du ciel grâce à la lune. Le village dort, rêve, paisible, sa vie étant invisible. Puis le château du savant, dans ce même bleu, découpe le fond noir du ciel, la couleur peut ainsi signifier l'éternité (évoquant les neiges éternelles peut-être..) Ce qui participe, dans tous les cas, à la mise en place d'une temporalité du conte (ou d'une atemporalité), déjà amorcée avec la grand-mère et la petite fille dans son lit. On ne sait en effet pas si on a affaire au rêve ou a la réalité..

    d'ailleurs, à 9min 30 du film, lorsque le chateau apparaît gris, sa réalité devient frappante, en opposition à ce bleu que l'on retrouve à la fin du film dans le ciel, le chateau étant à son tour gris-noir, de 1h37 à 1h38: le conte semble vrai, grâce à cette inversion des couleurs entre la scène d'exposition et l'épilogue. On retrouve le même principe: la petite fille et la grand-mère dans la chambre, qui donne un aperçu par la fenêtre de la réalité, cette fois.
    Et, si Edward n'était pas dans ce château, ''il n'y aurait pas de neige aujourd'hui', dit la grand-mère..
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    Quatre nuits d'un rêveur (1972)

    1 h 22 min. Sortie : . Drame.

    Film de Robert Bresson avec Isabelle Weingarten, Guillaume des Forets, Jean-Maurice Monnoyer

    Analyse de Camille_H

    lien vers le film:
    https://www.youtube.com/watch?v=X2tMVERuw5Q

    Le bleu y représente, selon moi:

    - la mélancolie, le rêve, dans une veine romantique: le bleu permet de décortiquer le sentiment amoureux.

    -> Dans les vêtements tout d'abord.
    11min 20 à 12min 25 du film.
    Dans "la vie de jacques", donc la séquence où Jacques raconte à Marthe sa vie, il est vêtu de bleu. Dans cette séquence, il explique ses errances, sa recherche d'un idéal, donc sa poursuite de femmes. La femme qu'il poursuit à l'image en guise d'exemple est elle aussi vêtue de bleu, comme pour réunir les deux amants dans le rêve par la couleur qui le signifie.

    52min42 à 1h01 du film
    Les amoureux qui passent devant Jacques sont vêtus de bleu nuit.

    -> Dans un film bleu.
    En effet, Quatre nuits d'un rêveur est le film du rêve, de la mélancolie: la nuit n'est pas noire mais bleu nuit.
    Elle est le fruit du travail sur le grain par Pierre Lhomme: sensibilité à toutes les sources de lumière qui pouvaient faire ressortir le bleu du ciel.

    - la profondeur, le vide, le lointain
    Il se retrouve dans la seine sur laquelle s'ouvre le film. C'est dans celle ci que veut se jeter Marthe.
    Pierre Lhomme a voulu saisir les reflets des lampadaires dans la seine: bleus pâle sur bleu nuit, ils sont l'expression du rêve, la seine devenant comme un ciel étoilé.



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    Une belle fin (2013)

    Still Life

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Uberto Pasolini avec Eddie Marsan, Joanne Froggatt, Karen Drury

    Analyse de Camille_H (moi-même.)

    Ici le bleu est encore la couleur de la mort:

    (attention, "spoilers")
    John Wayne travaille dans un bureau bleu.
    Chez lui, il remplit des albums photos, tous bleus: ces albums photos retracent en image la vie de personnes mortes.
    Ce personnage apparaît, dans la première partie du film, lorsqu'il n'est pas encore licencié donc est chargé d'organiser des enterrements, toujours dans des teintes de bleu.

    Lorsque le personnage est licencié et qu'il poursuit son enquête, il se rend dans une boulangerie industrielle. A l'entrée, il regarde au-dessus de sa tête le porche, en verre rouge. Il apparaît au plan suivant sous ce filtre rouge.

    Dans ce bâtiment, il poursuit son travail entouré de classeurs verts.
    Les couleurs qui l'entourent se réchauffent ainsi, jusqu'à ce qu'il enfile un pull bleu, lors de son premier jour de chômage.

    Il se fait renverser par un bus, et l'on retrouve des plans du bureau aux murs bleus, un plan de l'album photo chez lui, bleu.
  • La Rivière Fuefuki (1960)

    Fuefukigawa

    2 h 03 min. Sortie : . Drame.

    Film de Keisuke Kinoshita avec Mannosuke Nakamura, Shinji Tanaka, Shima Iwashita

    Analyse de Lou-piote

    Certes, ce film est en noir et blanc. Cependant, le réalisateur utilise des filtres de couleur, donc colorie, littéralement certains éléments. (la flamme au bout d'une torche par exemple)
    Il choisit le bleu pour figurer l'invisible, à savoir ce qui est en rapport avec l'au-delà. Des ondes bleues sont donc dessinées autour d'un mort, comme pour signifier son âme. Le bleu est ainsi utilisé dès qu'il y a un tombeau, ou la potentielle présence de l'invisible.
    On sait qu'au Japon, le bleu signifie la méchanceté et la bassesse.
    Sans émettre de loi universelle sur la culture orientale, on peut se référer aux codes Bouddhistes du Tibet, pour qui le bleu représente la potentialité. En Chine, selon le Tao te King, le bleu représente l"immortalité, le "non manifesté".
    Le bleu, pastel, s'oppose ainsi au Rose, utilisé pour colorier la flamme de la torche par exemple, donc ce qui est immatériel mais bien visible.

    Note de Pat_Monkey:
    Si, de son côté, Jean Chevalier évoque le yang, il n'en mentionne pas moins le double aspect de complémentarité et d'opposition du yin et du yang : tout, nous dit-il, dans l'univers, y compris l'homme, est tantôt yin, tantôt yang. Cette ambivalence se retrouve parfaitement illustrée dans la psychologie jungienne par les notions d'animus et d'anima, références que j'ai supprimées de mon chapitre "Boîte bleue et peinture rose" dans ma critique de "Mulholland Drive" pour ne pas faire fuir le lecteur par l'emploi de concepts qui lui sont majoritairement étrangers. Pour sa part, dans son encyclopédie imprégnée de la pensée de Carl Gustav Jung, qui a passé une partie de sa vie à l'étude des mythes, des contes, des croyances et des coutumes, Georges Romery fait du bleu un symbole de l'animus, part masculine inconsciente chez la femme, alors que l'anima représente la part féminine inconsciente de l'homme (pour faire simple). Le rose est donc la couleur de l'anima, à la fois opposée et complémentaire du bleu.
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    L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot (2009)

    1 h 42 min. Sortie : . Biopic.

    Documentaire de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea avec Romy Schneider, Bérénice Bejo, Serge Reggiani

    L'enfer n'a pu être achevé en raison de problèmes de santé, du réalisateur et de l'acteur principal.
    https://www.youtube.com/watch?v=a-1NjaLpITw&list=PLomT7miRx29AVCQb6iYPIkY0xqE4IqHcT
    Romy Schneider rêve seule dans son lit vêtue de bleu, dans des draps bleus.

    emmanuelle Jardonnet pour le monde:

    Quand le fantasme vire à l’obsession, le bleu devient plus intense. L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot (2011), documentaire de Ruxandra Medrea et Serge Bromberg, montre parmi les 13 heures de pellicule tournées de ce film inachevé une Romy Schneider rêveuse nimbée de bleu, jusqu’à son rouge à lèvres, à travers le regard maladivement jaloux de son mari
    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/cinema/article/2015/04/04/soixante-dix-nuances-de-bleu-au-forum-des-images_4609837_3476.html#o3x6Gk6xX7yutbks.99
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    Blue (1993)

    1 h 15 min. Sortie : 1993. Biopic, drame et expérimental.

    Film de Derek Jarman avec John Quentin, Nigel Terry, Derek Jarman

    Synthèse de Camille_H

    Une expérience testamentaire.

    Selon Nicole Cloarec de l'université de Rennes 1
    Le visuel de ce film est réduit à un monochrome bleu, rejetant le lieu du film dans la bande son.
    En choisissant le monochrome, avant la couleur bleue, il veut atteindre l'essence même de la peinture, une peinture qui serait enfin libérée des contraintes figuratives, dans sa pureté transcendentale.

    Pourquoi choisir le bleu, dès lors?
    Le bleu lui permet de rendre hommage à Yves Klein, qu'il admire.
    D'autre part, le bleu serait l'incarnation du spirituel. Selon Jarman, "Blue is Darkness made visible."

    Donc une expérience. Pourquoi testamentaire?
    Jarman est atteint du Sida, il rend un dernier hommage à la vie.

    Ce qu'il faut retenir je crois, c'est le principe disjonctif de la couleur que Jarman utilise dans ce film, comme dans son précédent, The Garden: il fait de son film deux voix: une qui parle aux yeux et l'autre aux oreilles.

    Selon Wendy Everett de l'université de Bath au contraire, Jarman semble vouloir nous priver de l'image. Du plaisir de l'image. Selon elle, c'est l'occasion de repenser un film sans la difficulté liée à l'image (l'exact opposé du film muet). La bande son est constituée de collages, de remarques, de conversations, de poèmes. Elle confirme par ailleurs le choix de la couleur bleue, liée à Yves Klein. Et chez Klein, le goût pour cette couleur est liée à un morceau de Jazz qu'il a improvisé. " comme un morceau de musique, la couleur dans un film peut créer chez le spectateur un univers de possibilités infinies, et elle rappelle que le plus important dans un film est ce que l'on en fait. "
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    Zoo (1985)

    A Zed and Two Noughts

    1 h 55 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Peter Greenaway avec Andréa Ferréol, Brian Deacon, Eric Deacon

    Synthèse de Camille_H:
    Artificialité des couleurs dans les 6 premières minutes.
    https://www.youtube.com/watch?v=A41X-a_Rb8w

    Dans les trois premières minutes, avec une musique entrainante) la dominante est nocturne, elle est accentuée par les lettres bleues de l'enseigne néon. (+ le gardien à droite!) Ces lettres lumineuses sont opposées au motif de l'animal, du tigre, soit à l'ocre, au rouge, au blanc.
    Ainsi, Greenaway met en place deux thématiques, deux groupes de signifiants.
    Le bleu, c'est l'artifice, c'est la mort. On le retrouve dans les plans d'accident, et des flashes dans le laboratoire; jusque dans la lumière artificielle de la salle de projection où se rend le personnage dans le film. Le bleu c'est l'inquiétante étrangeté, la mort abrupte.
    L'ocre, c'est le mystère de la vie, la terre, l'animal, c'est à dire le tigre, ou bien le blanc, que l'on retrouve dans les photos du singe unijambiste. L'ocre c'est aussi la couleur des animaux du film projeté au personnage dans la salle de projection: l'ocre c'est le mystère de la vie animale.
    On remarque ici que le bleu découpe le noir, tandis que l'ocre ponctue le blanc. Ce point là est important pour la suite.

    La seconde séquence musicale, les trois minutes qui suivent, reprend l'enseigne néon sur fond noir, et l'entoure cette fois d'ocre et de rouge.
    Le bleu c'est la technique menaçante dans le bloc opératoire ou bien le personnage qui pleure au plan suivant, seul avec le deuil au milieu de la vie qui l'entoure.

    Des hommages..
    L'astronome, le géographe, ou encore La femme en bleu lisant une lettre, de Johannes Vermeer


    ...qui se retrouvent dans les six premières minutes du film:
    Dans l'astronome, on trouve une dominante de bleu, dans des nuances. D'une part, on trouve le bleu nuit sur fond noir, d'autre part un bleu vert ou indigo sur du jaune ocre et du blanc. Zoo est un hommage à cet artiste.
    Greenaway s'interroge là sur l'art de la peinture.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Art_de_la_peinture#/media/File:Jan_Vermeer_van_Delft_011.JPG

    C'est ainsi que le noir et le blanc sont la transition entre deux systèmes de couleur: le zèbre, d'abord noir (bleu, l'étrangeté, la mort..) ou blanc (l'ocre, la vie.) ?
  • Bande-annonce

    Blade Runner (1982)

    1 h 57 min. Sortie : . Science-fiction, film noir et thriller.

    Film de Ridley Scott avec Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young

    Remarque de Camille_H..
    Ridley Scott constuit un mode par la dichotomie, un clair obscur de bleu et de noir, d'or et de blanc.
    Le Bleu est la couleur qui prédomine dans les extérieurs, le doré dans les intérieurs. On a là opposés le chaud et le froid, l'altérité et la familiarité, le danger et la sécurité.
    Mais cette opposition ne peut être prise en compte sans la mise en place des nuances, sans le noir et le blanc qui lient ces deux couleurs, qui créent cette ambiance si ... énigmatique.
    On retrouve par ailleurs un peu le même principe et réseau de symboles que dans Zoo de Peter Greenaway: le bleu pour l'altérité, la mort, le froid l'inconnu, le public, le danger, l'au-delà, et le orange pour la vie, le chaud, le calme, l'intime.
  • L'Impératrice Yang Kwei-Fei (1955)

    Yōkihi

    1 h 35 min. Sortie : . Historique, romance et drame.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Masayuki Mori, Machiko Kyō, Sô Yamamura

    Note de Camille_H
    C'est le premier film en couleur du réalisateur.
    "pour la couleur, il faut s'essayer au travail pour savoir quoi faire en chaque circonstance. " Mizoguchi
    selon Jacline Moriceau, "le défi de la couleur":
    "Miz. utilise la polysémie des couleurs pour les utiliser à des fins différentes."
    C'est en effet un film à dominante rouge, couleur de la célabration associée au blanc par exemple.
    Le choix des couleurs est "subtil aussi car en congruence avec les intentions du couple: passer inaperçus, se fondre dans la foule vêtue de bleu comme eux. Subtilité encore en refusant la facilité d'un code (et l'attente du spectateur) qui voudrait que l'un de ceux qui entourent le couple se retourne contre lui parce qu'il est vêtu de rouge. Mais derrière cette lecture, la présence du rouge n'en prévient pas moin de la labilité de cette foule pacifique. Le bleu aussi joue sur deux valeurs: signe de bassesse pour Chao, il attire l'homme vers l'infini (comme chez Kandinsky) quand il est porté par Kwei Fei dont la danse lors du nouvel an fait dire à l'empereur: "je voudrais toujours vivre ici.""

    "Structurant l'opposition fondamentale entre le couple d'amants, artistes épris d'un idéal et la bassesse des intrigants, le cinéaste joue sur les contrastes de couleur. La première scène qui montre Yang est construite en chiasme: les couleurs se croisent, rouge du général et des quartiers de viande que la servante, vêtue de bleu, manipule; bleu qui unit celle ci au maitre de maison, indiquant finalement leur filiation. "

    Donc le bleu est juste élément de liaison..

    La séquence où kwei Fei se déshabille avant d'être pendue est aussi intéressante, pour l'abandon progressif des couleurs: bleu, jaune, puis rouge, couleur de la pureté.
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    Trois couleurs : Bleu (1993)

    Trzy kolory: Niebieski

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Krzysztof Kieslowski avec Juliette Binoche, Charlotte Véry, Benoit Régent

    Tout commence par une mort ici.
    Des variations autour de la couleur s'en suivent.

    http://wn.com/trois_couleurs_bleu_(film)
    (lien vers le film pour les curieux s'il y en a )
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    Blue Velvet (1986)

    2 h. Sortie : . Drame, thriller et film noir.

    Film de David Lynch avec Kyle MacLachlan, Laura Dern, Isabella Rossellini

    Dès le générique...
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    L'Armée des ombres (1969)

    2 h 20 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Jean-Pierre Melville avec Lino Ventura, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel

    Encore un gris bleuté, dans le monochrome de Pierre Lhomme.
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    Accident (1967)

    1 h 45 min. Sortie : . Drame.

    Film de Joseph Losey avec Dirk Bogarde, Stanley Baker, Jacqueline Sassard

    Encore un monochrome comme chez Melville, un gris bleuté et froid.
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    Brazil (1985)

    2 h 12 min. Sortie : . Drame, fantastique et science-fiction.

    Film de Terry Gilliam avec Jonathan Pryce, Kim Greist, Michael Palin

    Le bleu du rêve, le rêve de Sam.
    Sam vole , le visage peint en bleu, dans une mer de nuages. En bas, la terre, bientôt des immeubles qui poussent.
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    Closer, entre adultes consentants (2004)

    Closer

    1 h 44 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Mike Nichols avec Julia Roberts, Jude Law, Natalie Portman

    Suggestion de Kelemvor:

    "Je pense à Closer, entre adultes consentants, la séquence durant laquelle Natalie Portman porte une perruque rose et danse sur une table dans une boîte à l'ambiance très bleutée. Comme durant la danse torride entre Douglas et Stone dans Basic Instinct, du reste.
    pas d'extrait sous la main, mais ce plan parle de lui-même : http://i-cms.linternaute.com/image_cms/original/2213423-natalie-portman-faussement-ingenue-dans-closer.jpg "
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    Mulholland Drive (2001)

    Mulholland Dr.

    2 h 27 min. Sortie : . Drame, thriller et romance.

    Film de David Lynch avec Naomi Watts, Laura Elena Harring, Ann Miller

    Cheveux, boîte bleue..
  • Le Bleu des villes (1999)

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie, drame et comédie musicale.

    Film de Stéphane Brizé avec Florence Vignon, Mathilde Seigner, Antoine Chappey

    Une histoire de contractuelles et de fleurs bleues..
  • Bande-annonce

    Le Cercle rouge (1970)

    2 h 20 min. Sortie : . Policier, thriller et drame.

    Film de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon, Bourvil, Gian Maria Volontè

    Pphf:
    "(Malgré le titre) le gris bleuté glacial de Henri Decae, presque de la couleur en noir-et-blanc ..."
  • Bande-annonce

    Avatar (2009)

    2 h 42 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de James Cameron avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver

  • Bande-annonce

    Batman : Le Défi (1992)

    Batman Returns

    2 h 06 min. Sortie : . Action et fantastique.

    Film de Tim Burton avec Michael Keaton, Michelle Pfeiffer, Danny DeVito

    analyse sur E-wood.net

    Batman Returns EST d'après les termes de Czapski, "un film en noir et bleu". Un noir et un bleu qui tranche avec les froides lumières artificielles qui illustrent la norme (les bureaux, la fête de Shreck), alors que les ténèbres sont le domaine de la marginalité, de la folie, de la liberté (de l'antre du Pingouin au salon de Bruce Wayne). Plus les ténèbres sont opaques plus la liberté est grande, c'est au cœur de la pénombre que s'abolit la frontière entre le Bien et le Mal. Batman Returns est l'un des films les plus sombres de l'histoire du cinéma, dans tous les sens du terme. Mais cela ne se traduit pas uniquement au niveau du visuel. Il faudrait d'ailleurs insister sur la beauté des décors, encore plus magnifiques que ceux du premier film et surtout beaucoup mieux mis en valeur par la caméra virtuose de Burton (en particulier lors de la tétanisante scène d'ouverture ou dans la première vision du zoo abandonné).
  • Bande-annonce

    L'Ange bleu (1930)

    Der Blaue Engel

    1 h 46 min. Sortie : . Drame.

    Film de Josef von Sternberg avec Emil Jannings, Marlene Dietrich, Kurt Gerron

    Encore une histoire de passions, une descente aux enfers, donc la mort,et tout ça, ne sont pas loin non plus.
  • Le Dahlia bleu (1946)

    The Blue Dahlia

    1 h 36 min. Sortie : . Film noir.

    Film de George Marshall avec Alan Ladd, Veronica Lake, William Bendix

  • Casque bleu (1995)

    26 min.

    Documentaire de Chris Marker

  • Jeune fille sous le ciel bleu (1957)

    Aozora musume

    1 h 29 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Yasuzô Masumura avec Ayako Wakao, Kenji Sugawara, Keizô Kawasaki

  • Bande-annonce

    Le Parapluie bleu (2013)

    The Blue Umbrella

    7 min. Sortie : . Animation, fantastique et romance.

    Court-métrage d'animation de Saschka Unseld avec Sarah Jaffe

    celui-là non plus
  • Soldat bleu (1970)

    Soldier Blue

    1 h 54 min. Sortie : . Historique et western.

    Film de Ralph Nelson avec Candice Bergen, Peter Strauss, Donald Pleasence

    non plus
  • Bande-annonce

    Blue (2003)

    Burū

    1 h 56 min. Sortie : .

    Film de Hiroshi Ando avec Mikako Ichikawa, Manami Konishi, Asami Imajuku

  • Le Père Noël a les yeux bleus (1967)

    47 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Jean Eustache avec Jean Eustache, René Gilson, Jean-Pierre Léaud

    Encore le bleu des yeux du père Noel.
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