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Oh Honoré !

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41 livres

par Senscritchaiev

Un panthéon personnel en 20 stations...

Henry James : https://frama.link/HJ


Marcel Proust : https://frama.link/MP


Fedor Dostoïevski : https://frama.link/FD

Honoré de Balzac

Franz Kafka : https://frama.link/FK


Joseph Conrad : https://frama.link/JC


Louis Aragon : https://frama.link/LA

John Steinbeck : https://frama.link/JS

Thomas Pynchon : https://frama.link/ThP
Soseki Natsume : https://frama.link/SN
Thomas Hardy : https://frama.link/TH

Paul Morand : https://frama.link/PM

Richard Brautigan : https://frama.link/RB

Robert Walser : https://frama.link/RW


Anton Tchekhov : https://frama.link/AT


Arthur Schnitzler : https://frama.link/AS

Georges Perec : https://frama.link/GeP

Boris Vian : https://frama.link/BV


Raymond Queneau : https://frama.link/RQ

Friedrich Nietzsche : https://frama.link/FrN

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  • 1

    Illusions perdues (1839)

    Sortie : 1839. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 2
  • 3

    Le Lys dans la vallée (1836)

    Sortie : 1836. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 4

    La Duchesse de Langeais (1834)

    Sortie : 1834. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 5

    La fille aux yeux d'or (1835)

    Sortie : 1835. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 6

    La Femme de trente ans (1842)

    Sortie : 1842. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    CRITIQUE INSIDE ↓
  • 7

    Ferragus, chef des Dévorants (1833)

    Sortie : 1833. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 8

    Modeste Mignon (1844)

    Sortie : 1844. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 9

    La Muse du département (1843)

    Sortie : 1843. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Si cet opus n'est peut-être pas le plus inoubliable - dame, sur plus de 90 bouquins on ne peut pas toujours être du niveau d'Illusions Perdues ! - il est tout de même traversé de véritables traits de génie, qui font pencher la balance plutôt sur 8 que sur 7. La force étonnante du roman repose finalement sur ce qui en fait la faiblesse pendant pas mal de pages : des personnages pas du tout sympathiques ni aimables, aux frontières du ridicule et du pathétique. On suit leurs affaires car c'est bien mené, mais on se dit de temps en temps : à quoi bon. C'est sans compter sur le talent du maître, qui retourne cette grosse farce en délicate petite tragédie du quotidien, d'autant plus forte et émouvante qu'elle nous touche via des héros sans envergure. 

    "Jouant, dans son ménage, le rôle de la femme, il en eut les féroces exigences : il reprochait à Dinah le peu de fraîcheur de sa mise, tout en profitant de ce sacrifice qui coûte tant à une maîtresse ; absolument comme une femme qui, après vous avoir ordonné de passer par un égout pour lui sauver l'honneur, vous dit : Je n'aime pas la boue ! quand vous en sortez."
  • 10

    Béatrix (1839)

    Sortie : 1839. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 11

    César Birotteau (1837)

    Sortie : 1837. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Petite virée de Balzac chez les bourgeois de Paris, rayon commerçants en parfumerie, petits propriétaires, avocats, notaires. Autour de la figure du probe et bête Birotteau, qui ne monte haut que pour s’effondrer plus brutalement, mais par ce châtiment qu’à moitié mérité gagner la sainteté, l’habile Honoré tisse sa toile d’araignée pour raconter et décortiquer tous les arcanes de l’univers capitaliste. Finalement l’argent n’est rien dans cet univers où il régit tout, c’est son image, sous forme d’effets, de dettes, de traites, qui le remplace et tient de sa main de fer les hommes-pantins asservis. Monde de l’apparence et des ombres portées, des mécaniques implacables, que Balzac aime tant arpenter. Chez lui la congruence devient complète entre le décor - les Halles d’avant Haussmann - et l’intrigue : la ville n’est encore une fois ici que le miroir des âmes. Et puis toujours le même talent pour fondre des éléments terriblement techniques dans une enveloppe foncièrement passionnelle et merveilleusement romanesque. Chez tout autre que lui ça serait un pensum insupportable, mais sous sa plume ça devient une tragi-comédie fascinante et multiforme.
  • 12

    La Femme abandonnée (1832)

    Sortie : 1832. Recueil de nouvelles.

    Livre de Honoré de Balzac

    Balzac a traité tellement de fois le couple, l’amour, les femmes fortes, les faibles, les hommes lâches ou les passionnés dans ses romans qu’on se demande à chaque fois qu’il s’attèle à une nouvelle sur le sujet ce qu’il va bien encore pouvoir trouver ! Et pourtant loin de se répéter, il parvient en quelques pages - et en jouant justement avec virtuosité du bref espace qui lui sera alloué - à tresser une fable merveilleuse sur une situation d’une simplicité extrême. Chaque mot est pesé, chaque point de l’analyse psychologique est limé comme le plus pur mouvement d’horlogerie, et tout se met en place avec une cruauté et une évidence hors pair. Avec, au coeur de cet écrin parfait, une des plus belles lettres d’amour qu’il aura jamais fait écrire à un de ses personnages.

    « Eh ! bien, cœur à moi, je serai consolée par une pensée de femme. N’aurais-je pas possédé de toi l’être jeune et pudique, toute grâce, toute beauté, toute délicatesse, un Gaston que nulle femme ne peut plus connaître et de qui j’ai délicieusement joui... Non, tu n’aimeras plus comme tu m’as aimée, comme tu m’aimes ; non, je ne saurais avoir de rivale. Mes souvenirs seront sans amertume en pensant à notre amour, qui fait toute ma pensée. N’est-il pas hors de ton pouvoir d’enchanter désormais une femme par les agaceries enfantines, par les jeunes gentillesses d’un cœur jeune, par ces coquetteries d’âme, ces grâces du corps et ces rapides ententes de volupté, enfin par l’adorable cortége qui suit l’amour adolescent ? Ah, tu es homme ! maintenant, tu obéiras à ta destinée en calculant tout. Tu auras des soins, des inquiétudes, des ambitions, des soucis qui la priveront de ce sourire constant et inaltérable par lequel tes lèvres étaient toujours embellies pour moi. Ta voix, pour moi toujours si douce, sera parfois chagrine. Tes yeux, sans cesse illuminés d’un éclat céleste en me voyant, se terniront souvent pour elle. Puis, comme il est impossible de t’aimer comme je t’aime, cette femme ne te plaira jamais autant que je t’ai plu. Elle n’aura pas ce soin perpétuel que j’ai eu de moi-même et cette étude continuelle de ton bonheur dont jamais l’intelligence ne m’a manqué. Oui, l’homme, le cœur, l’âme que j’aurai connus n’existeront plus ; je les ensevelirai dans mon souvenir pour en jouir encore, et vivre heureuse de cette belle vie passée, mais inconnue à tout ce qui n’est pas nous. »
  • 13

    Les Secrets de la princesse de Cadignan (1839)

    Sortie : 1839. Recueil de nouvelles.

    Livre de Honoré de Balzac

    Tous ceux qui continuent à penser que Balzac ne sait pas écrire, sans avoir le courage de se lancer dans Illusions Perdues, devraient lire cette courte nouvelle où chaque phrase est pesée, brillante, coupante, formant un texte merveilleux d’ironie et de charme sur les faux-semblants de l’amour. Ce récit d’une supercherie où le mensonge est utilisé pour atteindre la sincérité, est aussi un petit précis de la séduction féminine qu’Honoré connait sur le bout des doigts, qui peut rivaliser avec les meilleurs pages de Musset ou de Marivaux.
  • 14

    Le Bal de Sceaux (1829)

    Sortie : 1829. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Avec beaucoup de bonheur, Balzac parvient à glisser cet instantané sociologique d’une famille d’aristocrates déchus n’ayant pas pris la mesure de l’irréversibilité des changements intervenus en France, au sein d’un charmant petit conte moral qui hésite longtemps du coté de la romance légère, avant de finir dans un dernier grincement sardonique. Comme disait Giono, ce qui importe est d’être un pessimiste joyeux.

    « Quand Émilie voulait s’emparer d’un cœur, sa voix pure ne manquait pas de mélodie ; mais elle pouvait aussi lui imprimer une sorte de clarté brève quand elle entreprenait de paralyser la langue indiscrète d’un cavalier. Sa figure blanche et son front de marbre étaient semblables à la surface limpide d’un lac qui tour à tour se ride sous l’effort d’une brise ou reprend sa sérénité joyeuse quand l’air se calme. Plus d’un jeune homme en proie à ses dédains l’accusait de jouer la comédie ; mais tant de feux éclataient, tant de promesses jaillissaient de ses yeux noirs, qu’elle se justifiait en faisant bondir le cœur de ses élégants danseurs sous leurs fracs noirs. Parmi les jeunes filles à la mode, nulle mieux qu’elle ne savait prendre un air de hauteur en recevant le salut d’un homme qui n’avait que du talent, ou déployer cette politesse insultante pour les personnes qu’elle regardait comme ses inférieures, et déverser son impertinence sur tous ceux qui essayaient de marcher de pair avec elle. Elle semblait, partout où elle se trouvait, recevoir plutôt des hommages que des compliments ; et même chez une princesse, sa tournure et ses airs eussent converti le fauteuil sur lequel elle se serait assise, en un trône impérial. »
  • 15

    Sarrasine (1831)

    Sortie : 1831. Recueil de nouvelles.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 16

    Une Ténébreuse Affaire (1841)

    Sortie : 1841. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 17

    La Rabouilleuse (1842)

    Sortie : 1842. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 18

    Le Curé de village (1841)

    Sortie : 1841. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Il est toujours assez impressionnant de voir comment Balzac parvient à jouer sur deux tableaux parallèles : le roman qu’il est en train d’écrire et la place qu’il occupera dans l’économie générale de La Comédie Humaine, ce gigantesque organisme dépassant et de loin la simple somme de ses parties. Hors sol, cette scène de la vie de campagne a certes quelques relents frisant la fable réac - victoire de l’esprit catholique et vilipendage en règle du socialisme mal compris à la sauce saint-simonienne- mais avec quelques pas de recul, c’est finalement comme un retour de balancier pour équilibrer tous les personnages sinistrement veules ou diaboliquement retors qui hantent les autres couloirs de l’Oeuvre dans son ensemble. Enfin un peu de bonté dans un monde de brutes semble souffler le romancier, dont les larmes d’émotion sont toujours promptes à couler sur ses jours de crocodiles (bonté qui finalement n’eut point été possible sans le péché originel, de l’Homme en général ou de Véronique de Graslin en particulier, notons le bien). C’est que la lyre d’Honoré est tressée d’une multitude de cordes, et que rien ne l’ennuie plus comme de se répéter. On aura donc ici le droit à une symphonie pastorale commençant Sturm und Drang pour finir sous quelques giclées d’eau de rose : un meurtre ténébreux, un procès retentissant, un curé de village compatissant (et bien plus discret que ce que le titre pourrait faire croire), une repentance aussi sincère que secrète, quelques tartines d’économie agraire, une confession publique, et surtout une merveilleuse « mise en paysage » des sentiments conflictuels de l’héroïne, façon « Affinités électives » dans le bas-limousin. De quoi se prendre le mur pour le tout venant, mais avec Nono, ça passe digit in naso.
  • 19

    Albert Savarus (1842)

    Sortie : 1842. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Il suffit de balancer Balzac dans la province la plus endormie en apparence— ici Besançon — pour qu’il vous concocte une histoire rocambolesque avec amours secrètes, complots et coups de théâtre à foison. Avec un sadisme qui n’a d’égal que le masochisme de son lecteur ébaubi par tant de dextérité amusée.
  • 20

    Le Cabinet des Antiques (1838)

    Sortie : 1838. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Balzac est décidément le meilleur des horlogers dès qu’il est question de démonter les rouages d’une société. Il faut le voir plonger avec délices dans cette histoire qui mêle amour, dandysme, luttes politiques, faux en écriture, tripatouillages judiciaires, sur fond de jalousies provinciales dans une France en pleine Restauration. Si le côté romanesque n’est pas ici des plus aboutis, Honoré fait tout de même des merveilles grâce à son style incomparable, il court de salons en masures, infatigable, il explique, il enquête, il photographie, il rit, se moque, se désespère, on dirait un metteur en scène hystérique en train de jouer tous les rôles d’une pièce tourbillonnante et dérisoire.
  • 21

    Massimilla Doni (1839)

    Sortie : août 1839. Recueil de nouvelles.

    Livre de Honoré de Balzac

    Certes un peu court - la longueur lui va tellement mieux ! - mais neanmoins charmant. C'est bourré de notations hilarantes sur les travers humains, et puis la description de cette Venise decadante est des plus reussies. L'essai d'analyse musicale est vaguement poussive, mais la verve rossinienne est présente dans toute la nouvelle, pourquoi bouder son plaisir ?
  • 22

    Honorine (1843)

    Sortie : 1843. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Balzac, toujours prolixe, aurait pu faire de cette étrange et belle histoire d’amour contrarié un long roman comme il en a le secret, mais a choisi la forme de la nouvelle - en fait un récit gigogne raconté par un Consul à ses invités d’un soir - comme pour gagner en efficacité ce qu’il perdait en détails. On suit avec d’autant plus d’attention toutes les nuances de sentiments se dégageant de ce mini-drame en huis-clos, ouvrant sur des abîmes psychologiques à peine esquissés par l’auteur qui semble faire confiance à son lecteur pour qu’il continue dans son imagination ce qu’il ne fait qu'esquisser. Bonne idée puisque l'histoire d'Honorine n'est, en dernier ressort, qu'une lutte à mort entre réalité et virtualité.
  • 23

    La Vieille Fille (1837)

    Sortie : 1837. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Une petite ville de province, une société bariolée où se melent intrigants, mesquins et ridicules, quelques basses menées pour séduire une vieille fille pleine aux as, rien de tres original pour un Balzac, mais un service minimum qui reste très distrayant et enlevé.
  • 24

    Le Curé de Tours (1832)

    Sortie : 1832. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Honoré est un petit malin : quoi de mieux pour que son lecteur ne regrette pas trop la brièveté de son histoire que de la remplir de personnages veules ou détestables ? Cette fois aucune intrigue amoureuse, aucune compassion non plus, juste une plongée dans les petites manigances d’une vieille fille et d’un chanoine, figures haïes entre toute par le romancier, car célibataires par principe et pour la vie. Tout est mesquin, sordide, tout sent le renfermé : et chaque page est comme marquée par un sourire flottant, tout à la fois sadique, cruel et jubilatoire.
  • 25

    Un début dans la vie (1844)

    Sortie : 1844. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Tout commence comme dans les 8 salopards (comment savoir, les références de Tarantino sont peut-être plus étendues qu’on ne croit) par un long, très long trajet en diligence, non pas dans le Far West étasunien mais sur le trajet Paris- L’isle Adam, on a les plaines qu’on peut. Première scène époustouflante - elle fait bien le quart du roman - où chacun ment sur ce qu’il est, se trompe sur son voisin, envie celui qu’il faudrait mépriser, méprise celui qu’il faudrait ménager, scène uniquement construite sur le dialogue, qu’il soit interne ou de conversation. Autant dire que le lecteur arrive aussi tourneboulé à destination que les voyageurs, passés pour certains très près de l’abîme, tombé dedans pour le plus jeune d’entre eux, Oscar, (anti) héros éponyme. Quant à Balzac ? Non lui ça va, rien ne l’abat, et après cette entrée en matière qui pourrait aussi bien s’arrêter là, il enchaîne encore sur un roman d’apprentissage vite avorté, un roman juridique qui dérape, un roman mondain coïtus interruptus, un roman militaire traité en 3 pages, afin de nous faire traverser 14 années comme on aide une cocotte à passer un ruisseau boueux. Et voilà que la boucle joliment se boucle autour de celles de l’Oise, dans une dernière scène de diligence - puisqu’il est de tradition de donner à chaque fable une moralité.
  • 26

    Ursule Mirouët (1841)

    Sortie : 1841. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    L’extrême candeur dont peut parfois faire preuve ce cher Honoré n’est pas peu dans le charme que renferment ses romans les moins achevés. Il semble parfois trouver ses idées au fil de la plume, et foncer tête baissée sans trop se demander si ce qu’il écrit tient vraiment la route. Car cette histoire de jeune fille pure élevée par trois vieillard à Nemours, véritable nids de requins à l’affût du moindre franc à se mettre en poche, dussent-ils pour cela rendre folle une innocente, est avouons-le un peu faite de bric et de broc, mais faite avec tellement de vivacité que le plaisir de lecture reste néanmoins intact. Plaisir sadique du romanesque ? Peut-être. Et puis aussi plaisir de voir un auteur ne reculer devant aucun deus ex machina, puisqu’ici Balzac n’hésite pas à convier le surnaturel pour résoudre les pièges qu’il s’est tendu à lui-même. Même si le happy end est énorme, reste un arrière gout assez amer en bouche, celui de la scélératesse intrinsèque à toute comédie humaine.
  • 27

    La Fausse Maîtresse (1842)

    Sortie : 1842. Recueil de nouvelles.

    Livre de Honoré de Balzac

    L’univers balzacien est si bien construit, si foisonnant, si détaillé, oeuvre après oeuvre, qu’il lui permet parfois d’esquisser une nouvelle sans avoir à ressortir toute l’artillerie que nécessiterait un roman plus long, et qui étoufferait immanquablement les braises d’un sujet d’autant plus frappant qu’il parvient à rester ténu. Comme celui au coeur de cette courte histoire, relatant la supercherie à laquelle doit avoir recours le comte Thadée Paz pour ne pas trahir son ami de toujours. Mais Balzac pousse tellement loin l’anecdote, en refusant toute ornementation superflue, que son récit devient pratiquement une métaphore inversée : la fausse liaison inventée par Paz est si convaincante, si ressemblante, et si effective, qu’on en vient à suspecter les vraies aventures amoureuses de n’être elles aussi que de creuses chimères, sans relief, sans importance, ne laissant plus aux pauvres animaux mondains qui s’agitent sous les dorures parisiennes que le choix entre le mensonge de la chair ou le tragique des amours platoniques et contrariées.
  • 28

    Une double famille (1830)

    Sortie : 1830. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Balzac s’amuse à expérimenter un récit à la chronologie désarticulée, ce qui donne un relief particulier à cette histoire d’adultère qui sans cela serait somme toute assez commune. Le fait, pour le lecteur, d’apprendre les aboutissants avant les tenants, et de ne savoir que ce que Balzac veut bien lui dire, donne tout son sel au récit qui de simple narration d’une mésaventure devient une réflexion joyeusement brossée sur la bigoterie et les normes sociales.
  • 29

    La Maison Nucingen (1838)

    Sortie : 1838. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • 30

    Adieu (1830)

    Sortie : mars 1830. Nouvelle.

    Livre de Honoré de Balzac

    Belle et tragique histoire d'une folie, déclenché par l'horreur de le retraite de Russie. Balzac en bon peintre réussit un tableau très romantique, mais comme souvent la forme courte ne me convainc pas totalement.
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