Poéture : Ut pictura poesis

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126 livres

par Nushku

Refaisons l'Histoire de l'Art sans images. Poèmes en vers, réguliers ou libres, en versets, en prose poétique, directement et ouvertement inspirés par un peintre, une peinture, un sculpteur, une sculpture, un antique, un vase ou autre. L'œuvre et/ou l'artiste sont nommés, tout au moins précisément identifiables.

« La peinture est une poésie silencieuse et la poésie une peinture qui parle. »
— Simonide de Céos rapporté par Plutarque

Mystique Poétique : Sic itur ad astra : https://www.senscritique.com/liste/Mystique_Poetique_Sic_itur_ad_astra/92911

{René Char augmenté par Miro}

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  • Capitale de la douleur (1926)

    Sortie : 1926. Poésie.

    Livre de Paul Eluard

    Joan Miró :

    "Nuages du premier jour,
    Nuages insensibles et que rien n’autorise,
    Leurs graines brûlent
    Dans les feux de paille de mes regards.

    À la fin, pour se couvrir d’une aube
    Il faudra que le ciel soit aussi pur que la nuit."
  • Selected Poems (1974)

    Sortie : 1974. Poésie.

    Livre de Frank O'Hara

    [Joan Miró, Fernand Léger, Pollock]

    Digression on Number 1, 1948 :

    "A fine day for seeing. I see
    Ceramics, during lunch hour, by
    Miro and I see the sea by Leger;
    And a rude awakening by Brauner,
    A little table by Picasso, pink.

    I am tired today but I am not too tired.
    I am not tired at all.
    There is the Pollock, white, harm
    Will not fall, his perfect hand"
  • Sable mouvant (1966)

    Sortie : 1966. Poésie.

    Livre de Pierre Reverdy

    [La Liberté des mers illustré par Georges Braque]

    [Au Soleil du plafond illustré par Juan Gris]
  • Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée : Les Vers du Capitaine (1998)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Pablo Neruda

    [Collaboration avec Picasso 'Toros']

    Au vent d'Arles :

    "Alors ce fut le sacrifice du taureau.
    D’un coup jaillit une lumière rouge
    ainsi qu’un couteau d’assassin,
    la lumière éparse depuis Alicante,
    et qui s’acharnait à Somosierra.
    Les coupoles étaient comme des géraniums.
    Tous regardaient, tous attendaient."
  • Recherche de la base et du sommet (1971)

    Sortie : 1971.

    Livre de René Char

    [Braque, Miro, Balthus, Villeri, Vieira da Silva, etc.]
  • Parties d'un monde (1942)

    Parts of a World

    Sortie : 1942. Poésie.

    Livre de Wallace Stevens

    [Picasso, Le Vieux Guitariste]
    The Man With the Blue Guitar :

    "The man bent over his guitar,
    A shearsman of sorts. The day was green

    They said, "You have a blue guitar,
    You do not play things as they are."

    The man replied, "Things as they are
    Are changed upon the blue guitar."

    And they said then, "But play you must,
    A tune beyond us, yet ourselves,

    A tune upon the blue guitar
    Of things exactly as they are."
  • Le Corps clairvoyant (1963-1982) (1999)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Jacques Dupin

    Malevitch :

    "Fatal  /  comme en un glissement pur violent  /
    premier visage       diagone

    percer ce rempart    et jaillir / que le rouge et
    le blanc s'affrontent  /  et s'annulent
                                   que le noir coupe
    le blanc  /  et que le blanc revienne du bord  /  ou
    de l'absence de limites  /  compact signifiant
                                           que les
    couleurs écrasées s'éteignent se retirent  /  nous han-
    tent désormais comme exclues de l'œil
                                   infaillible
                                          tirent
    et recoupent  /  l'énergie dont il tremble lui de re-
    naître  /  de se voir  /  encore  /  le plus puissant
    peseur de traces parmi l'abstraction de mon corps"
  • Poésies (1984)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Federico García Lorca

    Ode à Salvador Dali :

    "Ô Salvador Dali à la voix olivée !
    Je ne vante pas ton imparfait pinceau adolescent,
    Ni ta couleur qui courtise la couleur de ton temps.
    Je chante ton angoisse, ô limité, limité éternel !
    Âme hygiénique, tu vis sur des marbres nouveaux.
    Tu fuis l’obscure selve des formes incroyables.
    Où atteignent tes mains, ta fantaisie atteint,
    Et tu jouis du sonnet de la mer dans ta fenêtre.
    Aux premières bornes que l’homme rencontre,
    Le monde n’est que désordre et que sourde pénombre.
    Mais déjà les étoiles, cachant les paysages,
    Désignent le schéma parfait de ses orbites.
    Le courant du temps s’apaise et s’ordonne
    Dans les formes numériques d’un siècle, et d’un autre siècle.
    La Mort vaincue se réfugie en tremblant
    Dans le cercle étroit de la minute présente."
  • L'arbre à lettres (1991)

    Sortie : avril 1991. Poésie.

    Livre de Olivier Larronde

    Alberto Giacometti Dégaine :

    "Nous, devant ce qu’offre Giacometti, tâchons d’enchaîner la figure aux dynasties d’autres objets qu’il s’est donnés sans nous à l’endroit qu’elle fait.
    Cela vous laissede temps en temps (des siècles poursa terre) quelque momie de son travail munie du faste subtil des transfigurations qui se devaient d’en finir avec tout l’appareil des contradictions, des contrariétés.
    Une statue d’Alberto: des plus monstrueux exercices entre les deux doigts à une séparation d’elle par l’espace qui est d’un sonnet de Nerval toute cette gamme d’usage (entre les deux doigts et un espace) évoque celle des mots par "Rabelais, symbole d’éthique moins cité mais encore plus définitif que Don Quichotte."
    Tout ce qu’il fait, Giacometti, est de la famille des géants qui continue des générations parmi ses mains et et nous laisse tomber quelque dernier-né par-ci par-là."
  • Poésie (1971)

    Poésie (1946-1967)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Philippe Jaccottet

    [Alberto Giaccometti, Caroline]

    Célébrer Giaccometti :

    "En cette fin d'après-midi d'avril 1964 le vieil aigle despote, le maréchal-ferrant agenouillé, sous le nuage de feu de ses invectives (son travail, c'est-à-dire lui-même, il ne cessa de le fouetter d'offenses), me découvrit, à même le dallage de son atelier, la figure de
    Caroline, son modèle, le visage peint sur toile de
    Caroline — après combien de coups de griffes, de blessures, d'hématomes? —, fruit de passion entre tous les objets d'amour, victorieux du faux gigantisme des déchets additionnés de la mort, et aussi des parcelles lumineuses à peine séparées, de nous autres, ses témoins temporels.
    Hors de son alvéole de désir et de cruauté.
    Il se réfléchissait, ce beau visage sans antan qui allait tuer le sommeil, dans le miroir de notre regard, provisoire receveur universel pour tous les yeux futurs."
  • En rêvant à partir de peintures énigmatiques (1972)

    Sortie : 1972. Poésie.

    Livre de Henri Michaux

    [René Magritte]

    « Un oiseau qui traverserait des nuages, que des nuages traverseraient...
    Tandis qu'il volerait les ailes étendues largement par-dessus les mers, non plus criant, perpétuellement affamé, mais devenu contemplatif...
    Oiseau en plein ciel, traversé de ciels. »
  • Gabriel (2014)

    Sortie : .

    Livre de Edward Hirsch

    Edward Hopper and the House by the Railroad :

    "Out here in the exact middle of the day,
    This strange, gawky house has the expression
    Of someone being stared at, someone holding
    His breath underwater, hushed and expectant;

    This house is ashamed of itself, ashamed
    Of its fantastic mansard rooftop
    And its pseudo-Gothic porch, ashamed
    of its shoulders and large, awkward hands."
  • Les Noces (1966)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Pierre Jean Jouve

    À Balthus (dans la Vierge de Paris) :

    "Tu as peint ce que la lumière n’enveloppe
    Mais perce; et tu connais les profondes torpeurs
    Du grand corps engourdi et le muet langage
    Des objets souverains entourés de vapeurs,
    L’histoire sous l’illumination funèbre
    Des âges, la pensée rêvée par unpinceau
    Et la terreur d’être la vie en étant sage
    Vaincue par la liberté dure et ses oiseaux!
    Près de mon lit debout l’arachnéenne Alice
    Je la revois ouverte et dénudée au ventre
    Saisissante et rosée, son sein trop lourd lubrique,
    Et sur ses souliers bleus au désastre des chambres
    Elle peigne en dormant chevelure mystique
    Ses poils blonds pleins d’horreur dans l’atmosphère d’ambre."
  • Rouge Rothko (2009)

    Sortie : janvier 2009. Essai.

    Livre de Françoise Ascal

    [Rembrandt, Munch, Kupka et Kandinsky, Odilon Redon, Velasquez, etc.]

    « Odilon.
    Redon.
    0-di-lon-re-don - o-di-lon-re-don.
    Les syllabes roulent sourdement, tracent un chemin d'eau, puis tombent dans une grotte humide. Murmures parmi les fleurs et les femmes, les feuillages, les lianes prises dans une lumière liquide.
    Or pur répandu en fines particules. »

    « Arpenter ton œuvre n’est pas de tout repos, cher Edvard.
    Déambuler au long de tes rives, marcher sur tes routes, traverser tes ponts, entrouvrir tes fenêtres - apercevoir ce qui se passe dans tes chambres intimes - et finalement se pencher sur tes autoportraits en scrutant tes yeux fous, c’est à coup sûr descendre dans la nuit. »
  • Ecrits sur les peintres (1984)

    Sortie : 1984. Essai.

    Livre de Robert Desnos

    [Foujita, La Belle dompteuse]

    « La belle dompteuse
    est une fille
    est une fille de 20 ans

    Le lion d’Atlas
    le lion miraculeux
    rêva un jour d’une fille de 20 ans
    Et la fille de 20 ans
    Était Vénus elle-même

    Rentrant ses griffes
    et glissant l’oeil
    Bonjour
    Salut
    Bienvenue
    dit le lion sauvage
    Trop belle est ta bouche
    Trop beaux sont tes seins
    Bonjour dit le lion
    Bonjour dit Vénus »
  • Le bol du pèlerin (2001)

    Sortie : . Poésie et essai.

    Livre de Philippe Jaccottet

    [Giorgio Morandi]

    « Ce bol presque blanc, voisinant avec une boite,
    un vase, une bouteille : ne le dirait-on pas mieux fait qu'aucun
    autre pour que le pèlerin l'emporte dans ses bagages et y
    recueille à l'étape, au « puits du Vivant qui voit », de quoi se
    désaltérer, Même, ou surtout, le pèlerin immobile, celui qui a
    fini par ne se déplacer plus qu'en pensée, si ses pieds ne le
    portent plus ? »
  • Un rêve de verticalité (2011)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Françoise Ascal

    Alexandre Hollan, Visage aux yeux clos (dans "Si Seulement") :

    « sous le masque
    un autre masque
    plus fragile plus blanc

    peau toujours plus fine
    plus transparente
    en voie d'effacement

    mue de chrysalide

    pour quelle naissance
    improbable ? »
  • Les plaisirs et les jours (1896)

    Sortie : 1896. Poésie.

    Livre de Marcel Proust

    Portraits de peintres

    « Cuyp, soleil déclinant dissous, dans l'air limpide
    Qu'un vol de ramiers gris trouble comme de l'eau,
    Moiteur d'or, nimbe au front d'un bœuf ou d'un bouleau,
    Encens bleu des beaux jours fumant sur le coteau,
    Ou marais de clarté stagnant dans le ciel vide.
    Des cavaliers sont prêts, plume rose au chapeau,
    Paume au côté ; l'air vif qui fait rose leur peau,
    Enfle légèrement leurs fines boucles blondes,
    Et, tentés par les champs ardents, les fraîches ondes,
    Sans troubler par leur trot les bœufs dont le troupeau
    Rêve dans un brouillard d'or pâle et de repos,
    Ils partent respirer ces minutes profondes. »
  • Nouveaux poèmes. 1930-1934

    Poésie.

    Livre de Ossip Mandelstam

    « Déjà le jour. Dans les jardins crépite le télégraphe vert.
    Raphaël se rend chez Rembrandt.
    Mozart et lui en raffolent à Moscou
    des yeux noirs, de la griserie pépiante.
    Et comme des pneumatiques,
    ou des chauds-froids de méduses en Mer Noire,
    d'appartement en appartement
    les courants d'air se succèdent en convois
    tels les chahuts étudiants de mai... »

    « Je pénètre dans les fabuleux repaires des musées
    où vous braquent de fantomatiques Rembrandt
    aux reflets mordorés de cuir de Cordoue ;
    du Titien me ravissent les mitres cornues,
    de même que du Tintoret le chamarré
    les myriades de perroquets criards. »
  • Raïssa Maritain ou le courage philosophique (2015)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Nicole Hatem

    Raïssa Maritain, Lettres de nuit
    La Chute d’Icare » (« d’après Breughel ») :

    « Un rameau fleuri encadre la mer
    Des navires songent à l’univers
    Au rivage des moutons s’endorment
    Icare est tombé du zénith
    Comme une mouette qui plonge
    Tout repose au soleil de midi
    Rien ne trouble la beauté du monde »
  • Les Epreuves (1866)

    Sortie : 1866. Poésie.

    Livre de Sully Prudhomme

    [Christ en ivoire, Vénus antique]
    Chez l'Antiquaire :

    « Entre mille débris au hasard amassés,
    Un Christ en vieil ivoire, exposé dans la rue,
    Jette l’adieu suprême à sa foi disparue
    Et sent fuir ses genoux infiniment lassés.

    En face, une Vénus, gloire des arts passés,
    Sort de la draperie à ses flancs retenue,
    Naturelle et divine, offrant sa beauté nue,
    Sans bras, pareille aux troncs de lierres enlacés.

    La Volupté sereine et l’immense Tendresse
    Aux passants affairés n’offrent plus de caresse :
    L’une a les bras cloués, l’autre a les bras rompus.

    L’homme, sans charité, revend ce qu’il achète ;
    La femme lui marchande une nuit inquiète :
    Les beaux embrassements ne se prodiguent plus. »
  • Les Solitudes (1867)

    Sortie : 1867. Poésie.

    Livre de Sully Prudhomme

    [Missel du XVIe siècle]
    Le Missel :

    « Dans un missel datant du roi François premier,
    Dont la rouille des ans a jauni le papier
    Et dont les doigts dévots ont usé l’armoirie,
    Livre mignon, vêtu d’argent sur parchemin,
    L’un de ces fins travaux d’ancienne orfèvrerie
    Où se sentent l’audace et la peur de la main,
    J’ai trouvé cette fleur flétrie. »
  • Stances et Poèmes (1865)

    Sortie : 1865. Poésie.

    Livre de Sully Prudhomme

    [Fra Angelico]
    Fra Beato Angelico, dans Croquis italiens :

    « Et voici qu’un long trait de feu,
    Violet, jaune, rouge et bleu,
    Par la grille de la cellule
    Vient nacrer la pâleur du mur,
    Comme une vive libellule
    Qui se pose sur un lis pur.

    Et le moine ouvrant les prunelles,
    Avec ce rayon pour pinceau,
    Fait les anges brillants et frêles
    Qui forment de leurs fines ailes
    Sur la Vierge un splendide arceau. »
  • Imaginaires (1970)

    Sortie : 1970. Poésie.

    Livre de Jacques Prévert

    « Un christique d'art d'une proéminente autorité, voyant, au Musée de l'Œuvre de Notre-Dame, à Strasbourg, une peinture Haut-Rhénane du XVe siècle, figurant la perplexité de Joseph sur la virginité de Marie, fut pris de fort morose bien qu'un peu égrillarde anxiété.
    Il arrivait d'Anvers où il avait vu et étudié la Vierge et l'Enfant entourés d'Anges par Fouquet.
    La Vierge était si belle, si désirable, son décolleté si provocant et les anges si diablement rouges, que la perplexité de Joseph finit par le gagner.
    Mais il fut rasséréné à Florence devant une œuvre de Le Guerchin : Saint Joseph et le Bâton Mystique.
    En peinture comme en Écritures tout s'explique. »

    « De désert ou de gouttière, les félins sont des rois sur la terre et le lion éclairé par la lune et qui traverse un des plus beaux tableaux du monde sans réveiller la Bohémienne endormie, le Douanier Rousseau était son ami. »
  • Arbres (1976)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Jacques Prévert

    « Mais
    il n’y a pas que la terre qui tourne
    d’autres astres
    d’autres arbres
    d’autres êtres peut – être
    Et peut être que sans le savoir
    Georges Ribemont – Dessaignes
    dans ses dessins
    est quelque part
    leur interprète »
  • La bibliothèque de Pontus de Tyard (2008)

    Sortie : mai 2008.

    Livre de François Roudaut

    Pontus de Tyard, [Corneille de Lyon] :

    « J'estois pensif, melancolic et sombre,
    Comme vexé de maint present dommage,
    Quand, « Pourtrais (dy-je au flaman) ceste image,
    Pour m'estre saint recours à tout encombre. »
  • L'Adolescence Clémentine (1532)

    Sortie : 1532. Poésie.

    Livre de Clément Marot

    [Apelle] A la fille d'ung Painctre d'Orleans, belle entre les autres :

    « Au temps passé Apelles Painctre sage
    Feit seullement de Venus le visage
    Par fiction: mais,(pour plus hault attaindre
    Ton Pere a faict de Venus, sans rien faindre,
    Entierement la face, et le corsage.

    Car il et Painctre, et tu es son ouvrage
    Mieulx ressemblant Venus de forme, et d'aage,
    Que le Tableau, qu'Apelle voulut paindre
    Au temps passé.

    Vray est qu'il feit si belle son ymage,
    Qu'elle eschauffoit en Amour maint courage;
    Mais celle là que ton Pere a sceu taindre,
    Y mect le feu, et a dequoy l'estaindre:
    L'aultre n'eut pas ung si gros advantage
    Au temps passé. »
  • Oeuvres poétiques (1993)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Marcel Simon et François de Malherbe

    À Rabel, peintre, sur un livre de fleurs :

    «Quelques louanges nonpareilles
    Qu’ait Apelle encore aujourd’hui,
    Cet ouvrage plein de merveilles
    Met Rabel au-dessus de lui.

    L’art y surmonte la nature :
    Et si mon jugement n’est vain,
    Flore lui conduisait la main
    Quand il faisait cette peinture.

    Certes il a privé mes yeux
    De l’objet qu’ils aiment le mieux,
    N’y mettant point de marguerite :

    Mais pouvait-il être ignorant
    Qu’une fleur de tant de mérite
    Aurait terni le demeurant ? »
  • Poésies (2003)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Voltaire

    À une dame ou soit-disant telle :

    « La peinture me charme ; on me voit quelquefois,
    Au palais de Philippe, ou dans celui des rois,
    Sous les efforts de l’art admirer la nature,
    Du brillant Cagliari saisir l’esprit divin,
    Et dévorer des yeux la touche noble et sûre
    De Raphaël et du Poussin.
    De ces appartements qu’anime la peinture
    Sur les pas du plaisir je vole à l’opéra.
    J’applaudis tout ce qui me touche,
    La fertilité de Campra,
    La gaité de Mouret, les grâces de Destouches :
    Pélissier par son art, le Maure par sa voix, »
  • Rondels (1874)

    Rondels composés à la manière de Charles d’Orléans

    Sortie : 1874. Poésie.

    Livre de Théodore De Banville

    La Voie Lactée :

    « Filles de bon conseil, retorses comme un juge,
    Promptes à la réplique ainsi qu’au subterfuge,
    Vous faites bien pendant à ces dignes Scapins
    Dans leurs manteaux d’azur que Watteau nous a peints!
    Heureusement votre âme est encore assez probe »