Top 20 - Décennie 1970-1979

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20 films

par Thaddeus

Une décennie richissime, fertile en émergences de talents nouveaux, en évolutions esthétiques et idéologiques – et à titre personnel, en films constitutifs de mon panthéon, parmi les plus chers à mon cœur.

Une chose frappe tout d’abord, dans toute son aveuglante évidence : les années 70, ce sont un peu celles d’un homme qui a symbolisé et accompagné toute la période, qui l’a marqué de son empreinte en érigeant certains des plus grands mythes du cinéma contemporain. Cet homme est évidemment Francis Ford Coppola. En passant le seuil des années 80, il franchira ses quarante ans et s’envolera dès lors pour d’autres horizons. Dans son sillage, toute la génération du Nouvel Hollywood s’affirme et prend son envol : Spielberg, Scorsese, Cimino, De Palma. Cette période est aussi celle de la plénitude et du triomphe artistique pour des artistes en marge du système hollywoodien, gorgés de culture européenne mais au cœur d’une société américaine dont ils se font les témoins les plus critiques, virulents, polémiques. Ces francs-tireurs ont pour noms Robert Altman et Sidney Lumet. Sur la côte Est, deux réalisateurs impriment de leurs voix reconnaissables entre toutes le cinéma de cette époque. Le premier, peintre écorché des visages et des sentiments, connaît une fécondité créatrice sans équivalent : c’est John Cassavetes. Le second met sa personne en crise et au centre d’un propos ironique et sentimental, porté par une forme toujours plus élaborée : c’est Woody Allen, qui régnera pendant longtemps (il règne encore aujourd’hui). Clint Eastwood fait comprendre qu’il n’est pas qu’une belle gueule charismatique mais l’un des plus grands cinéastes contemporains en devenir ; Terrence Malick livre deux splendeurs élégiaques avant de s’évaporer pour vingt ans. Last but nos least, le cinéma américain trouve l’un de ses créateurs les plus fondamentaux en la personne d’un génie installé en Angleterre depuis la fin des années 60, qui ne savait réaliser que des chefs-d’œuvre et qui en a pondu deux sur cette période : tout le monde l’aura reconnu.

En Europe, le septième art est dominé par deux monuments apparus au début des années cinquante, qui s’imposent comme les supers-auteurs de leur époque et portent leur art à un degré inédit d’accomplissement : j’ai nommé Ingmar Bergman et Federico Fellini. Le premier poursuit, sous une forme toujours plus dépouillée et viscérale, son investigation de l’âme humaine et de ses tourments. Le second, poussant à fond sa logique d’inflation baroque et de démesure poétique, brûle les derniers feux du cinéma italien. Une paire de réalisateurs à peine plus jeunes, qui n’ont strictement rien en commun, atteignent aussi le faîte de leur talent au cours des années 70. Oscillant entre les deux côtés de l’Atlantique, Roman Polanski bâtit l’une des œuvres les plus singulières, iconoclastes et inquiètes de son temps. Beaucoup plus à l’Est, Andreï Tarkovski se démène comme il peut avec la censure soviétique et offre des joyaux de poésie méditative. Enfin, l’allemand Werner Herzog, chantre d’un néo-romantisme ambigu, et le britannique Nicolas Roeg, à la pointe d’une certaine modernité, témoignent d’un renouveau précieux.

Et la France dans tout cela ? À bien y regarder, si les grands films et les grands auteurs n’ont pas manqué, un nom se détache particulièrement du tableau, à mes yeux. Le cinéma français des années 70, c’est celui d’un auteur populaire et exigeant, sensible et précis, d’un portraitiste minutieux de l’intime et du collectif, attaché à la fragilité des êtres, à leurs doutes, à leurs amours, à leurs secrets : c’est celui de Claude Sautet.

J’avoue ma relative méconnaissance du cinéma asiatique des années 70. Les grands noms classiques sont soit morts (Ozu, Mizoguchi), soit au creux de la vague (Kurosawa). Ceux de la nouvelle génération japonaise (Imamura, Oshima) traversent une sorte de période transitoire entre leur révélation lors de la décennie précédente et les propositions souvent plus aventureuses qui surviendront lors de la suivante. Reste le cas de Satyajit Ray, éternel poète de la condition humaine et de la société indienne, qui a offert au cours de ces dix années quelques unes de ses plus belles réussites.

Pour les tops 10 annuels en commentaires, c'est par là que ça se passe :

1970 : http://lc.cx/AU6
1971 : http://lc.cx/AUL
1972 : http://lc.cx/AUa
1973 : http://lc.cx/AUH
1974 : http://lc.cx/AUV
1975 : http://lc.cx/AU9
1976 : http://lc.cx/AUF
1977 : http://lc.cx/AUt
1978 : http://lc.cx/Awk
1979 : http://lc.cx/AwU

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