Un tunnel dans le désert : Films vus en 2019

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163 films

par Hunchat-Hunchat

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    La nuit a dévoré le monde (2018)

    1 h 33 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Dominique Rocher avec Anders Danielsen Lie, Golshifteh Farahani, Denis Lavant

    La réal est réussie, c'est indéniable. La forme est autant maîtrisée que pompière. Ça ne prend la peine ni d'innover ni de se renouveler, mais ça reste toujours très sûr de soi. Au service de quoi ?

    Je trouve les persos soit plats soit inexploités, parfois cons (un chat, ça grimpe, inutile de risquer sa vie pour l'attirer à un rez-de-chaussée). Je conseillerais de se documenter et de relire une certaine bibliographie, avant de scénariser des inepties comme ce film. Les répliques m'ont paru aussi rares que mal écrites, et mal jouées. La direction d'acteurs, de manière générale, ne m'a pas follement intéressé. Le mec est gaulé, donc on le met torse nu : c'est pas désagréable à regarder, mais c'est aussi inutile que prétexte racoleur.

    Qu'on le prenne comme un film de zombies, de survie, ou sur la folie de la solitude, ça ne me semble pas original pour un sou. Les thématiques sont ultra-survolées, à un niveau satellitaire, pour ainsi dire.

    Le seul point positif du film, pour moi : le hors-champ.
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    Miraï, ma petite soeur (2018)

    Mirai no Mirai

    1 h 38 min. Sortie : . Animation, drame et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Mamoru Hosoda avec Moka Kamishiraishi, Haru Kuroki, Gen Hoshino

    Séances de cinéma (2 salles)
    Pour commencer par le + simple : visuellement, je trouve le film assez réussi. Je me suis laissé embarquer d'entrée. La 3D mêlée aux dessins au début, qui donne une profondeur à l'espace, m'a conquis. La 3D dans la gare m'a un peu sorti par le décalage technique, mais rien de bien dramatique.

    Et ce qui m'a surtout conquis dans ce film, c'est son scénario. Il manque un peu de profondeur, mais je trouve que c'est parce qu'il travaille des thématiques complexes, sur le quotidien. Je trouve qu'il les développe avec une justesse très appréciable, travaille les "bons" non-dits dans sa narration. Ai beaucoup aimé les persos. Ce film m'a souvent ému.

    Et le montage travaille la contraction et la dilatation du temps avec une intelligence extrêmement rare. Le rythme, avec ses effets de rupture et de motifs, me semble très bien pensé dans sa complexité.

    Un autre point négatif : la musique me paraît assez mal utilisée - un peu trop présente, et en surlignage.
  • Bande-annonce

    Les Garçons sauvages (2018)

    1 h 50 min. Sortie : . Aventure, drame et fantastique.

    Film de Bertrand Mandico avec Pauline Lorillard, Vimala Pons, Diane Rouxel

    Formellement, c'est "réussi", clairement maîtrisé, y a des choix intéressants. Dans le récit, je ne suis pas sûr de saisir les ambitions, je trouve que ça ne quitte pas des sentiers aux balises convenues. Ça ne me parle pas, ça ne m'évoque pas grand chose, il me manque du fond et de la matière pour que je le trouve exaltant plutôt que vulgairement excitant.
  • Bande-annonce

    Possum (2018)

    1 h 25 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de Matthew Holness avec Sean Harris, Alun Armstrong, Simon Bubb

    Encore un film "d'ambiance". Comprendre : qui comble un vide discursif par tout un arsenal d'artifices pompeux.

    La mise en scène est maîtrisée, y a des cadrages intéressants.

    La narration propose des effets structurels intéressants : motifs et leitmotivs, fluctuations du tempo...

    Mais le récit se noie sous des effets très superficiels de brouillage d'intelligibilité. Je pense d'ailleurs qu'il échoue dans ce projet, puisque les clefs de l'histoire apparaissent assez rapidement évidentes. La faute à la grossièreté des ingrédients, notamment les décors et la direction des acteurs. Le scénar cherche tellement à déconstruire le sens qu'il perd, je trouve, l'émotion, notamment l'empathie, qui me semble capitale dans une histoire de traitement de traumatismes. Sur ce point, d'ailleurs, je trouve que la réponse qu'apporte la conclusion n'est pas satisfaisante.
    Je ne vois pas l'intérêt de dissoudre autant un récit dans de l'abstraction alors que la manière dont c'est filmé et monté est convenue, académique.

    Je trouve les personnages monolithiques, leurs enjeux unidimensionnels. Les répliques n'aident ni à les comprendre, ni à les apprécier.

    L'omniprésence de la musique, qui participe aussi au remplissage éhonté, achève de rendre l'objet indigeste.

    Ce qui me gêne particulièrement dans ce film, c'est le sentiment que ces "départements" qui le constituent (récit, mise en scène, musique) semblent avancer chacun sur ses rails, parallèles et indifférents. Des blocs qui avancent accidentellement à la même vitesse, et dans le même sens, mais sans tenir compte les uns de l'autre. D'où l'absence, peut-être l'impossibilité, de transfiguration, de transcendance. Quelque chose d'un peu "autistique" qui m'a empêché de rentrer davantage dans le film.
  • Bande-annonce

    Rampage - Hors de contrôle (2018)

    Rampage

    1 h 47 min. Sortie : . Action et aventure.

    Film de Brad Peyton avec Dwayne Johnson, Naomie Harris, Malin Åkerman

    La mise en scène fait beaucoup d'efforts pour être attirante. C'est elle qui m'a fait tenir jusqu'au bout. Y a des bonnes idées, qui en font un blockbuster agréable à regarder. Malgré des effets spéciaux assez dégueulasses.

    Ai bien aimé la direction des acteurs, malgré des persos trop stéréotypés et sans évolution. Le perso de Brett, en particulier, m'a semblé en trop. Et la surenchère sur les animaux (le loup qui lance des piques puis qui vole...) me fait un peu pitié, je peux difficilement le dire autrement.

    Pour le reste, c'est le scénar qui m'a semblé très faible. Malgré quelques bonnes idées de base. Ça reste malheureusement trop convenu, dans ses ressorts comme dans ses solutions. Il va vers des facilités qui amènent des incohérences. Et trop soumis à son époque. Des tensions potentiellement puissantes sont désamorcées par la structure narrative. Ça m'afflige d'assister à cette culture de la transparence absolue, où tout doit être explicité pour anticiper la demande d'un spectateur incapable d'effort. Pourquoi cette introduction prétexte, qui semble répondre à une obligation de justification ? Autre exemple : l'émersion du croco dans Chicago, dont la tension visuelle évidente (hors-champ / hors-cadre) est complètement annihilée par une scène explicative dans la salle de contrôle. Et, comme une évidence, la musique surligne trop, empêche l'immersion brute. Je trouve toujours ça tellement dommage, ces gros rdv manqués des blockbusters, juste à cause d'un conformisme franchement débile.

    Sur la longueur, ça m'a quand même un peu ennuyé.
  • Bande-annonce

    Mowgli : La Légende de la jungle (2018)

    Mowgli : Legend of the Jungle

    1 h 44 min. Sortie : . Aventure et drame.

    Film de Andy Serkis avec Rohan Chand, Christian Bale, Cate Blanchett

    Y a des fulgurances qui ponctuent le film, posent une structure très précaire. Fixer l’œil du mourant pour accompagner l'âme, le monde vu depuis le fond d'un plan d'eau... Des idées belles d'onirisme, mais, je trouve, mal exécutées. La Course filmée par moments en plongée zénithale, choix audacieux qui joue avec pertinence sur une profondeur verticale : pourquoi le choix n'est-il pas + assumé sur la durée de la séquence ? La philosophie de Bagheera sur le pacifisme est tellement effleurée qu'elle en devient douteuse : ne pas "se révolter" pour ne pas vivre dans la colère dévorante, ou pour se résigner ? Lorsque Mowgli découvre la ménagerie de Lockwood, il ne pleure que son "ami" : quid des autres animaux ? Ce qui me gêne beaucoup dans ce film, c'est qu'il n'assume absolument pas d'opinion, et tente de ménager des points de vue clairement incompatibles. J'ai l'impression qu'il remarque que certaines questions sont sur la table, les formule à son tour, mais n'apporte aucun point de vue personnel. Ou alors le message est : le bien et le mal n'existent pas, une arme n'est qu'un outil, neutre, c'est l'utilisation qu'on en fait qui est orientée moralement. Ce qui n'est pas faux en soi, mais c'est dit avec une telle "lâcheté". Le film oscille beaucoup trop, ça rejette nettement l'idée même de discours. Au final, ça sonne trop creux. Surtout que, entre ces quelques fulgurances, c'est très mou, presque inconsistant. Le liant est trop fin.

    C'est d'autant + dommage que je trouve les persos plutôt bien écrits, sans gros manichéisme facile, surtout en ce qui concerne les animaux - les humains font + bâclés. Même si, de manière globale, ce sont juste des blocs stéréotypés qui s'affrontent, sans évoluer - quelles leçons Mowgli tire-t-il ?

    Les acteurs sont dirigés dans une théâtralité très académique. Pour moi, clairement, Serkis a voulu faire un divertissement "adulte", "sombre", uniquement dans le sens "effet de mode cool" du terme. Il ménage si affreusement la chèvre et le chou. Au bout d'un moment, ça m'insupporte parce que ça ne prend parti pour aucune idée, ça parle pour ne rien dire, jusqu'à en être à moitié délirant et dysfonctionnel.

    Et si mélanger les visages animaux aux traits humains est une très bonne idée, je trouve les effets spéciaux assez baveux, particulièrement sur les déplacements des animaux, et la végétation.

    La musique est sympa, même si discrète - même quand elle ne sert qu'à surligner les émotions fabriquées par le récit.
  • Bande-annonce

    Spider-Man : New Generation (2018)

    Spider-Man: Into the Spider-Verse

    1 h 57 min. Sortie : . Action, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman avec Shameik Moore, Jake Johnson, Hailee Steinfeld

    Quelle douche froide...

    Encore une fois, techniquement, c'est ultra maîtrisé. Ça fourmille de bonnes idées de graphisme et de mise en scène. Le montage est ultra réussi dans ses dynamiques comme dans ses aspects créatifs. C'est tellement ingénieux et maîtrisé que, à ce niveau, je pense que c'est irréprochable.

    Mon problème, encore et toujours, c'est le scénario. Déjà, c'est pas mon humour, ces vannes moqueuses de ricaneurs, ça me met mal à l'aise. Ensuite, du point de vue narratif, l'histoire est très sympa et originale, mais j'ai beaucoup de mal à voir comment les ficelles du développement sont originales. Surtout que certains personnages font tout juste de la figuration (le cochon et le noir et blanc), ça m'a agacé. Aussi, je comprends pas quel discours ça vise à étayer, j'ai l'impression que ça tourne pas mal dans le vide.

    Ça m'a ennuyé, au point que, à un moment, j'ai dû lutter pour ne pas dormir.

    J'avais adoré la BO indépendamment, là je n'ai retrouvé que le morceau sifflé. Tel qu'utilisée dans le film, la bande son hip-hop / urbaine m'a d'abord semblé exaltante, puis un peu trop répétitive, et pas de très haut niveau dans les chansons préexistantes.

    Reste un excellent divertissement, le meilleur de son année d'un point de vue strictement formel. Mais le formalisme, c'est très loin de faire tout. Et à côté de cette forme, je trouve que ça reste assez bête.
  • Bande-annonce

    Batman Ninja (2018)

    1 h 25 min. Sortie : . Animation et action.

    Long-métrage d'animation de Junpei Mizusaki avec Kōichi Yamadera, Wataru Takagi, Ai Kakuma

    Visuellement, j'ai trouvé ça super intéressant, dans les décors et dans les costumes, y a un travail sur les textures qui rend pas mal du tout. La mise en scène n'a rien de fou, mais reste fonctionnelle.

    Ai un peu de mal avec le mélange 3D / dessins, mais ça fonctionne aussi.

    Côté scénar, je trouve que la rencontre délirante entre l'onirisme mythologique du Japon et l'idéologie rigoriste de l'Occident fonctionne à plein. Ça m'a presque fasciné. Même si, au moment de la bataille finale, ça part dans un grandiloquent qui me laisse sur le bas côté.

    Les persos autres que Batman et Joker (Bane, Two Face, Poison Ivy, Penguin...) sont très mal exploités, y a pas grand chose à en dire.
  • Bande-annonce

    La Colline aux coquelicots (2011)

    Kokuriko-zaka kara

    1 h 31 min. Sortie : . Animation et drame.

    Long-métrage d'animation de Goro Miyazaki avec Masami Nagasawa, Junichi Okada, Jun Fubuki

    Un film sur la présence vive de la mémoire. Je le trouve bien écrit, bien réalisé, sans sophistication superflue. Créer un quotidien, une banalité, c'est une des choses les + difficiles à imaginer, j'admire cet aspect du film. La musique est brillante. Il a beau être simple en apparence, il recèle une jolie petite profondeur qui m'a ému directement.
  • Bande-annonce

    Austin Powers (1997)

    Austin Powers : International Man of Mystery

    1 h 34 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Jay Roach avec Mike Myers, Elizabeth Hurley, Michael York

    J'ai beaucoup aimé le gros travail qu'il fait sur le rythme, à travers la structure narrative et ses divers effets de rupture, parfois jusqu'au contrepoint (la thérapie de groupe). Je trouve le montage brillant. Le tempo fonctionne à fond. Ça n'innove en rien, mais c'est très prenant. Myers a une énergie contagieuse, il donne l'impression de tout entraîner dans son geste fiévreux. La direction des acteurs, dans son ensemble, n'est pas inintéressante.

    Le travail sur les costumes, décors et accessoires est aussi bien sympa.

    Par contre, suis pas super fan des répliques et des situations, les persos m'ont pas paru ultra fouillés, mais je pense pas que ce soit le but.
  • Bande-annonce

    Austin Powers : L'Espion qui m'a tirée (1999)

    Austin Powers : The Spy Who Shagged Me

    1 h 35 min. Sortie : . Action et comédie.

    Film de Jay Roach avec Mike Myers, Heather Graham, Michael York

    De prime abord, ce 2e volet est moins excentrique par sa mise en scène comme par sa narration. Le récit, par le montage, se fait + linéaire. Il y a certes des allers-retours entre 2 temporalités (67 / 99), mais la continuité reste assurée d'un bout à l'autre. Exit, donc, les gros effets de ruptures rythmiques qui alimentaient la dynamique du 1e. Ce 2e film semble + "posé". Mais, s'il fallait ressortir les 2 sabots conceptuels d'Eisenstein pour décrire ce que j'ai ressenti devant ce film, je dirais qu'il est moins dans l'attraction monstrative comme l'était le 1e, pour interroger une intégration narrative. Une intégration qui devient, par multiples effets de contagion, désintégrative. Le cadre explose à force de hors-champ, d'entrées et de sorties de persos, d'interactions quasi permanentes entre le champ et le dehors, mais aussi par saillies hors-cadre, des persos qui sortent d'eux-mêmes pour jaillir vers l'esprit du spectateur. Ce serait presque du sabotage si ça n'amenait pas une dynamique aussi vertigineuse. Parce que chaque aspect du scénario amène une nouvelle idée de télescopage : en + du hors-champ traditionnel, les anachronismes permettent de dynamiter l'action en son propre sein. Que Myers se soit donné 3 rôles et demi, aussi, même si ça limite les possibilités techniques, décuple les possibilités narratives et comiques. Déjà, je trouve l'histoire + prenante que dans le 1e, mais dans l'exécution je trouve ce film tout aussi génial. Et même si on aime pas les blagues "pipi-caca", Jay Roach fait aussi de l'humour à partir du langage cinématographique.
  • Bande-annonce

    Austin Powers dans Goldmember (2002)

    Austin Powers in Goldmember

    1 h 34 min. Sortie : . Action et comédie.

    Film de Jay Roach avec Mike Myers, Beyoncé, Seth Green

    Y a une mélancolie qui me déprime dans le calme de ce film par rapport aux précédents. Je sais pas si c'est parce que c'est 2002, que le 11 septembre recadre la fantaisie, ou que, au 3e film, ça devient une recette, la fin des grosses surprises. J'ai été saisi par la "lourdeur" des corps dans le décor, qui contraste avec la "légèreté" des deux précédents opus. L'exemple qui me marque le + est les combats contre Fat Bastard : contrairement à The Spy Who Shagged Me, où la plasticité délirante des costumes et des décors est assumée, ici les impacts au sol sont accompagnés par les cadrages et incarnés par le mixage son. Y a une "gravité", dans les 2 sens du terme, qui m'envoie quelque chose de morose quelque part entre les rires.

    Le voyage temporel ne sert plus à rire d'un décalage culturel, mais à fuir, littéralement, une réalité aux couleurs passées.

    Il multiplie les apparitions de vedettes et les blagues "méta", mais ça se range, je trouve, dans des rails assez inoffensifs. Malgré quelques petites piques moqueuses à "la société".

    Je crois qu'il privilégie, cette fois-ci, le scénario à la folie proprement cinématographique. C'est un choix. Et il le mène très bien. J'ai beaucoup apprécié l'histoire, le développement des persos. La direction des acteurs est bonne. Et ça m'a fait marrer, globalement.
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    Chien (2018)

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Samuel Benchetrit avec Vincent Macaigne, Vanessa Paradis, Bouli Lanners

    Je crois que ce film m'aide à comprendre ce que je n'aime pas dans le cinéma de Benchetrit : il a des idées qui ne manquent foncièrement pas d'intérêt, mais je trouve que, à l'écriture, il peine à les incarner, à travers les persos, leurs répliques, et les situations. Je trouve que ça manque de substance, ça se résume souvent à de l'esthétique un peu trop formelle.

    La mise en scène est très "froide", sans grande âme. Ça reste certes maîtrisé, notamment par la composition des plans. Mais le rendu des regards et l'occupation de l'espace manquent de signifiance. C'est pour cette raison qu'il filme mal, je trouve, l'incommunicabilité.

    Benchetrit s'approprie ici des thèmes potentiellement très forts. Je comprends qu'il ait à nouveau voulu adapter un de ses propres romans, y a une bonne idée de départ. Mais prendre la figure animale pour dénoncer un phénomène politique, ça vient après La Ferme des animaux, La Métamorphose, ou Rhinocéros. Entre autres. Du coup, il aurait fortement gagné à proposer quelque chose de nouveau, au lieu de rester autant en surface. Il parle de ce sujet politique sans philosophie. Pour moi, ça manque drastiquement d'engagement de sa part. Il ne dit rien de son sujet, il se contente de le "montrer".
    Quand ça se veut onirique, c'est toujours une pure façade formelle, sans relief ou profondeur. Comprendre : du remplissage avec de la musique orchestrale un peu grandiloquente. L'absence de réactions de la part du perso de Blanchot empêche le discours de prendre forme, je pense. Les autres persos sont des monolithes incompréhensibles, sans parcours ni évolution.

    Il aurait pu exploiter l'idée, par exemple, qu'un bébé est un animal, puisqu'il ne sait ni marcher ni "parler". D'ailleurs, que sa conclusion résume encore la différence homme / animal à la simple question du langage, ça m'afflige. Je pense que cette "opinion" est une aberration sans borne. Je pense qu'il faut être incapable de grande réflexion pour se vautrer dans une insanité aussi commune, et fausse. Le "langage" est loin d'être le propre de l'homme. Bref. L'idée du parallèle avec le bébé aurait pu apporter une profondeur structurelle au récit. Ou une autre idée. Quelque chose à se mettre sous la dent. Juste une réflexion.

    En l'état, je trouve ce film inconsistant, superficiel et stupide.
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    First Man, le premier homme sur la Lune (2018)

    First Man

    2 h 22 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Claire Foy, Kyle Chandler

    Je hais le cinéma de Chazelle, au sens intestin du terme.

    Concernant ce film, je n'ai apprécié ni la mise en scène, ni le scénario.

    Esthétiquement, ça n'est qu'une succession nauséeuse de plans ultra serrés, du gros plan jusqu'à l'insert le + absurde, caméra portée. Le montage est très rapide, tout en cuts. C'est une certaine tendance du cinéma contemporain, "proche des hommes". Ça m'étonnerait pas que ça se veuille néonaturaliste (i.e. copiée sur T. Malick). Les plans bien composés se comptent sur les doigts d'une main, n'ont pas grande cohérence avec le récit, et ne comblent pas le déficit. Ça impose un regard, c'est agressif, extrêmement désagréable.

    Je trouve les dialogues pas très bien écrits, les acteurs pas très bien dirigés.

    Au montage, je trouve, pour la 3e fois, que Chazelle a un sens du rythme déconnant. Non pas dysfonctionnel, mais déconnant. Presque hors-sujet.

    Côté scénar, je vois le même despotisme. C'est certes un travail d'équipe, mais y a que Armstrong et sa famille qui ont le droit aux émotions et aux choses humaines, les autres ne sont qu'utilitaires - amener des gâteaux, conduire des voitures... ou permettre aux émotions des Armstrong de s'exprimer. D'ailleurs, faire de Armstrong le "premier homme", dans cette vision messianique, quasi biblique, ça me dépasse, je n'en comprends pas du tout l'intérêt. La tangibilité du réel se résume d'ailleurs aux plaques de métal et aux boulons qui grincent. Le "héro" est hors du temps, hors du monde, hors de la réalité. Ce genre de "portrait" idolâtre ne m'inspire rien de positif.

    Pour moi, ce genre de film va au-delà de la simple idée d'idéologie ou de propagande. C'est un aveuglement culturel à un point de décomposition morbide définitivement avancé. Il n'a rien à dire, d'un événement qui dépasse pourtant de loin la seule histoire d'un individu - y a des actualités en filigrane via la télévision, la course à la conquête spatiale et le Viêt Nam, mais c'est pour le cadre, ça n'est qu'ornemental. De la provoc un peu réac, je crois.

    Ce genre de film ne me parle absolument pas, essentiellement parce que je le trouve d'un très mauvais goût.

    Pour une fois, je trouve la musique de Hurwitz plutôt correcte.
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    Le Monde est à toi (2018)

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie et gangster.

    Film de Romain Gavras avec Karim Leklou, Isabelle Adjani, Vincent Cassel

    J'aime bien le travail de Romain Gavras.

    Je trouve ce film moins percutant, moins rock que Notre jour viendra, + "pop" avec son intrigue édulcorée. Mais à travers ce récit, il arrive à parler de notre société occidentale à plusieurs facettes.

    La mise en scène est sobre et efficace. L'utilisation de chansons de variété françaises "old school" apporte quelque chose. Les persos, sans évoluer beaucoup, se révèlent en permanence, creusant sans arrêt leur profondeur.
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    M. Butterfly (1993)

    1 h 41 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de David Cronenberg avec Jeremy Irons, John Lone, Barbara Sukowa

    J'avais commencé ce film y a longtemps, je l'ai enfin vu en entier.

    J'aime énormément Cronenberg (à part Maps to the Stars), son travail de scénographie et de direction d'acteurs me fascine. Le jeu de Irons et le perso de Song Liling sont bouleversants dans leur tragédie. Le scénar est quasi irréprochable.

    La facture est classique, mais c'est tellement bien fait.
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    Annihilation (2018)

    1 h 55 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, drame, science-fiction et thriller.

    Film de Alex Garland avec Natalie Portman, Tessa Thompson, Jennifer Jason Leigh

    J'aime beaucoup l'histoire, pour moi c'est de la très bonne SF, avec des idées exaltantes. Mais la narration souffre d'un sérieux problème : la trop grande conscience de soi. Qui amène une exécution bien décevante.

    C'est un conseil que j'ai reçu plusieurs fois, lors de travaux universitaires, et dans des "manuels" d'écriture (de romans et de scénarios). Commencer par écrire la fin, pour savoir où on va. Dans les faits, ça fonctionne, car connaître la destination aide à tenir la motivation. Le problème, pour moi, c'est quand on perd le plaisir de faire la route. Ou qu'on ne sait pas en retranscrire la dynamique enthousiaste, qu'on tombe dans une écriture plate, une narration "prédestinée". Et c'est le sentiment que m'a donné ce film. Le montage, notamment, semble conscient de la conclusion du récit dès le début, puisque l'introduction du film est la fin de l'histoire. On sait donc qui est mort et qui a survécu. Dans les séquences de rencontres et d'attaques, d'interactions avec cette nature aliénée, le montage ne laisse pas de temps pour que s'installent des sensations de surprise, de suspense, et d'horreur. Du coup, l'ambiance fait autant bâclée et forcée que superficielle.

    Et ces flash-back à l'eau de rose me font sortir de l'histoire, je les trouve très pénibles. En +, Portman étant le perso principal, elle seule a le droit à un développement sentimental, les autres ne sont que des faire valoir. Cette écriture est éculée, et ça m'ennuie sèchement.

    Et la mise en scène est clairement effacée, ça se contente de très peu.

    Et les effets spéciaux numériques un peu trop baveux, et "surbrillants".

    Il aurait eu clairement mieux fait de bosser son ambiance au montage.
  • Le Bonheur (1935)

    1 h 38 min. Sortie : . Drame.

    Film de Marcel L'Herbier avec Gaby Morlay, Charles Boyer et Michel Simon

    J'apprécie pas mal le scénar, la "morale" me semble nuancée, elle se définit tout au long du film. Chaque scène, voire chaque réplique participe au discours de l'ensemble - une critique d'une société égarée, gâtée par un trop-plein d'argent et d'idéologie dyssociale, et leur impossible entente. Les persos sont intrigants, surtout Lutcher, qui a peu de dialogues mais me fascine.

    Je trouve la mise en scène et la direction d'acteurs globalement théâtrales, mais les acteurs sont fichtrement bons. Académique surtout lorsqu'il s'agit de cadrer les vedettes et les répliques. Il y a ensuite quelques fulgurances proches d'un expressionnisme géométrique sur les silences et les figurants.
  • Bande-annonce

    Bird Box (2018)

    2 h 04 min. Sortie : . Drame, thriller et fantastique.

    Film de Susanne Bier avec Sandra Bullock, Trevante Rhodes, John Malkovich

    Je n'apprécie aucun des films de Susanne Bier que j'ai vus jusqu'à présent. La platitude de sa mise en scène, l'apathie de sa direction d'acteurs, le détachement déplacé du montage (une scène de rapides, Susanne, réveille-toi...), le moralisme + que simpliste du scénario... J'ai beau essayer de trouver différentes portes d'entrée, thématiques ou formelles, à chaque fois j'échoue, je me tape la tête contre sa bassesse de plafond. Je passe intégralement à côté. Y a rien que je souhaite retenir de ce film.

    Les persos sont nazes, c'est un catalogue de clichés fantasmés, comme dans une mauvaise blague ("c'est un noir, un homo et un gros, ils sont sur un bâteau et ils rentrent dans un bar..."). Leurs personnalités sont des blocs débiles qui sont là uniquement pour se confronter bêtement. Je vois rien de positif à tirer de cette complaisance perverse dans cette tension stérile. Je trouve les répliques mal écrites, les situations grotesques et insipides. Et ce sentimentalisme ultra artificiel et ultra superficiel, qu'elle s'acharne à fabriquer avec son armada de nigauderies neuneu. Ça me rend malade. L'écriture est éculée, j'ai cru qu'elle adaptait un roman de gare horrifique des années 30. Mais non, c'est 2014. Y a juste rien d'original, ni de profond.

    Et puis, sérieusement, Reznor et Ross à la BO... Je suis loin d'être fan de ces compositeurs, mais quand même, je reconnais que c'est pas des brêles. Alors au bout d'un moment je vais aussi lâcher ma mauvaise foi, sans retenue, et croire que tu fais exprès, Susanne, de tout saloper comme ça. Hein ?

    J'aimerais tellement comprendre la motivation intellectuelle que Bier met derrière ses films. Sincèrement. Son cinéma ne m'apporte rien qu'un malaise, et de l’écœurement. Je le regrette.

    Pour être un minimum constructif : je regrette encore une fois la structure en flash back, ça aplanit pas mal d'enjeux et ça m'empêche de rentrer dans l'histoire. Pour moi ça devient prenant quand ils ne sont plus que le couple avec les gosses. Je crois que j'aurais préféré cette histoire (que je trouve pourtant sacrément conne, ne perdons pas ce fil conducteur) linéaire, avec le huis-clos bouffon drastiquement abrégé. Et une fin ouverte.

    En l'état, c'est ringard et vide au point que ça pue le rance - comme leurs gâteaux à la fraise. Ha ha.
  • Bande-annonce

    Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot (2018)

    1 h 53 min. Sortie : . Drame et biopic.

    Film de Gus Van Sant avec Joaquin Phoenix, Jonah Hill, Rooney Mara

    Il y a quelque chose qui m'émeut dans la forme de ce film. Van Sant s'attache à cette mise en scène "old school", qui fonctionne, derrière ses airs de classicisme. Je trouve que ça manque par moments de simplicité, les procédés peuvent s'avérer lourds, à travers ces gros plans insistants ou ces "défilés" kitsch. Un peu un arsenal esthétique de mélodrame. Pas sûr que le récit avait besoin de cet appui pesant. Mais l'émotion parvient à surgir au bout du compte. Le perso de Donny permet les fulgurances les + flagrantes, évidemment. Le casting est globalement très bon, même s'il n'y a aucune grosse surprise (Jonah Hill qui pleure, ça envoie quand même son effet).

    J'espère que c'était volontaire, d'être "hors du temps". Niveau chronologie, c'est bordélique. La sensation rendue est intéressante, et pas désagréable. En ne vieillissant pas, le perso ne fait pas que se remémorer, il revit ses souvenirs traumatisants dans sa chair.

    Indépendamment du formalisme à la désuétude charmante, le sujet est bouleversant, c'est une vie et une expérience très émouvante. Y a des répliques qui touchent directement, en parlant d'un universel de la souffrance psychologique, indépendamment des "excuses", comme ils disent.
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    Les Frères Sisters (2018)

    The Sisters Brothers

    1 h 57 min. Sortie : . Western.

    Film de Jacques Audiard avec John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal

    Quand j'étais étudiant, je trouvais les films de Jacques Audiard assez courageux, formellement, et audacieux dans leurs scénars. Je vieillis, de toute évidence, en perdant un bon paquet de neurones sur la route. Ou le cinéma de ce brave Jacques se vide de sa substance comme un siphon. Ou les 2.

    Certains plans sont bien construits, esthétiquement, pensés comme des tableaux. Certains apparaissent juste de la masturbation intellectuelle dans leurs effets dialectiques, sans cohérence avec le récit, juste de l'esbroufe un peu vulgos comme souvent chez Jacques. D'autres plans (en fait, la grosse majorité) sont bordéliques. Le mélange est somnolent, et le montage et le récit n'aident pas à redresser la barre pour savoir quel est le cap.

    Y a des thématiques intéressantes. Y a notamment l'idée du feu en mouvement, à travers les tirs dans la nuit puis le cheval en feu. Mais ça n'est que le début, ça ne dure pas. J'aime pas mal comment il met en place des gestes ordinaires pour créer un quotidien à ces personnages. Mais le montage bâcle les séquences, tourne ce quotidien à la psychologie potentiellement puissante en pauvres ritournelles bouffonnes sans conséquences. Alors, moi, ça m'ennuie assez terriblement. Je trouve ça mortellement superficiel, et vain. J'ai pas grand chose à laquelle me raccrocher, l'histoire me passionne pas vraiment. Les acteurs sont corrects mais franchement rien de transcendant. C'est moyen. Mieux que ses derniers, que je supporte pas, mais moyen.
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    Sans un bruit (2018)

    A Quiet Place

    1 h 30 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de John Krasinski avec Emily Blunt, John Krasinski, Millicent Simmonds

    L'ensemble est clairement efficace : l'exposition sans dialogues, et l'angoisse globale. Ça fonctionne.

    Je n'aime pas les choix qu'il fait dans l'écriture, notamment les situations qui relèvent de coïncidences beaucoup trop hasardeuses. Il n'a pas poussé sa réflexion dans une direction qui m'intéresse. Je trouve que, au final, ça reste trop convenu dans une obsession névrotique du contrôle de soi.
  • Amour Sauvage (1961)

    Wild in the Country

    1 h 49 min. Sortie : . Drame.

    Film de Philip Dunne avec Elvis Presley, Hope Lange et Tuesday Weld

    Sans avoir lu le roman de Salamanca, je trouve qu'il y a un fond très intéressant dans l'histoire de ce jeune intellectuel déboussolé, aussi désireux qu'effrayé de tourner le dos au système conservateur sudiste. Un portrait émouvant, même bouleversant dans les premières séquences. La dynamique anti-spectaculaire des chansons participe aussi à ce sentiment de "refus" du système : au volant d'une camionnette, assis sur un escalier la nuit...

    Par contre, je trouve qu'on sent aussi l'histoire de la production du film, le dévoiement par le divertissement. Les persos restent intéressants dans leurs motivations et leurs interactions, mais les acteurs sont dirigés assez platement, je trouve, et la mise en scène reste assez limitée. Le romantisme de l'histoire, notamment, me semble grandement neutralisé, notamment parce que les persos féminins ne servent qu'à renvoyer à l'homme. À part 2 minces allusions au Sud, le film balaye assez facilement le politique, c'est dommage. Le rapport à l'argent, à la justice et à la médecine reste ouvert.
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    Death Wish (2018)

    1 h 49 min. Sortie : . Action.

    Film de Eli Roth avec Bruce Willis, Vincent D'Onofrio, Elisabeth Shue

    Ai bien aimé le scénar, une critique sociale se dessine dans le fond du récit : la fracture sociale nécessaire au capitalisme néolibéral, et l'intéressement de la justice dans l'inégalité. Dans un pays où le port d'arme est constitutionnel. C'est un sujet qui me parle. Ai bien aimé les persos, même si leurs enjeux sont ultra simplistes, ils fonctionnent sans grosse anicroche.
    Le seul bémol que j'ai sur la narration, c'est le basculement dans la folie revancharde de Paul Kersey, que je ne trouve pas suffisamment bien écrit ni assez bien dirigé pour passer aussi vite au montage. L'histoire se suit quand même, et garde sa cohérence discursive tout du long.

    J'aime pas mal comment Roth filme la ville, ça rappelle l'esthétique "Michael Mann" telle que recyclée par Christopher Nolan dans The Dark Knight, notamment par la photo et les mouvements de caméra. C'est pas novateur, mais agréable, et intéressant.

    Pour moi, Eli Roth remonte une sacrée pente, après 2 longs que j'ai franchement détestés. Je lui souhaite de réussir à garder toute sa tête retrouvée - j'ai aussi apprécié son suivant, La prophétie de l'horloge, même s'il lui est tout de même inférieur. Je retrouve dans ce Death Wish la force de frappe qui m'avait saisi dans Cabin Fever et le 1e Hostel.
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    Constantine: City of Demons (2018)

    1 h 30 min. Sortie : . Animation, fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Doug Murphy avec Matt Ryan, Damian O'Hare, Laura Bailey

    Je trouve le rythme mauvais, le récit trop linéaire et simpliste, inintéressant, les persos sans relief notable, les répliques sans profondeur, les citations pop ultra superficielles et inutiles, le gore trash gratuit, l'animation ultra bof.

    Je sauverais les looks "guillermodeltoriens" des démons, sans qu'ils me laissent un souvenir impérissable. Et les démons "mini-Constantine", une idée étrangement cute.

    Je trouve ça terriblement mauvais.
  • Une rousse qui porte bonheur (1966)

    Frankie and Johnny

    1 h 27 min. Sortie : . Comédie, musique et romance.

    Film de Frederick De Cordova avec Elvis Presley, Donna Douglas, Harry Morgan

    Je trouve que ce film pue le rance.

    Comparé à Wild In The Country de Philip Dunn (1961, avec Presley), et surtout comparé à Help! de Richard Lester (1965, avec les Beatles), ce film se vautre dans un refus conservateur de la modernité.

    Dans son scénario et son casting, déjà. Le joyeux Sud confédéré, ses couleurs chaudes et son humanisme irradiant. La séquence avec les gitans, au début, installe d'entrée de jeu le malaise. Et ça ne cache pas sa misogynie (une des caractéristiques récurrentes des persos de Presley). Sur un contexte politique grave, ça se concentre sur des amourettes sans intérêt, dans le faste outrancier du peuple blanc. Un des leitmotiv du cinéma de De Cordova ? Ou du cinéma de studio hollywoodien ?
    Y a que dans les 20 dernières minutes qu'un gag satirique met en scène des bourgeois se jetant sur de l'argent devant un SDF, puis la belle séquence "Hard Luck" (https://youtu.be/GZY7NluVv6Q), au cour de laquelle un enfant noir accompagne Elvis à l'harmonica, mais ça arrive trop tard pour que le renversement me convainque, et ça n'est qu'une seule séquence, je trouve que ça reste insuffisant, et inoffensif.

    Et en termes cinématographiques : ça ne prend aucun risque, on revient à des figures de montage classiques de la comédie musicale. Le point d'orgue étant la séquence "chanson-titre", dédoublée, qui semble copier un film de Fred Astaire. Pour attirer un public âgé qui méprise la culture adolescente ?

    Je trouve ça drastiquement rétrograde.
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    Kin : le commencement (2018)

    Kin

    1 h 43 min. Sortie : . Action, science-fiction et thriller.

    Film de Josh Baker et Jonathan Baker avec Myles Truitt, Jack Reynor, Dennis Quaid

    Je trouve que ce genre de film n'a pas de dignité.

    Le scénar est un fantasme d'adultes qui refusent de grandir, c'est-à-dire de penser et de réfléchir de manière responsable, pour ainsi dire autonome. On croirait voir des mecs jouer avec des "action figurines". Mais pas dans le bon sens du terme - l'animation a donné les meilleures œuvres de ce genre du "gamer maker", notamment Panique au village ou La Grande Aventure Lego. Ici, ils sont davantage préoccupés à baver des démonstrations de virilité creuses, à travers les persos et leurs répliques sans profondeur. Les acteurs sont ni bons ni mauvais, ils n'ont juste pas grand chose à jouer, avec ces persos qui n'ont pas d'évolution, restent condamnés à leur monolithisme inexpressif. Je trouve qu'ils sont une pure surface, stéréotypée, sans aspérité accidentelle. C'est froid, chiant à regarder.

    J'ai l'impression que les effets spéciaux s'inscrivent dans la veine d'un Disctrict 9, dans ce photo réalisme de maquette en carton pâte. Pourquoi pas, après tout, j'ai rien contre. Sauf que la technologie "imaginée", et les situations, manquent cruellement de panache, jusqu'à cette fin anti-climax qui se veut ouverte et fulgurante mais tombe mollement à plat. Elle est de toute façon spoilée par ce clin d'œil peine-à-jouir à Terminator 2.

    La mise en scène est purement utilitaire, n'a aucune personnalité, surtout dans ses gros plans tristement explicatifs. Je trouve les semi-séquences simili-clipesques particulièrement affligeantes, surtout comment elle combine des ralentis avec une musique ultra racoleuse, pour fabriquer des "émotions" avec la superficialité la plus éhontée. Ça ne m'atteint absolument pas, c'est extrêmement convenu et "plastifié".

    Le rythme des 3 "temporalités" (les 2 frères, James Franco et les Daft Punk) ne présente, de mon point de vue, rien d'original. Je le trouve même ronflant.

    Tout ça m'apparaît sans intérêt.
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    The Guilty (2018)

    Den Skyldige

    1 h 25 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Gustav Möller avec Jakob Cedergren, Jessica Dinnage, Omar Shargawi

    La mise en place est ultra bâclée, en 3 coups de fil qui prennent quelques pauvres minutes. Une personnalité réactionnaire avec un flic ultra moralisateur (les drogués, les putes, les alcooliques, c'est mal, quoi), et une pseudo intrigue de procès sans aucune profondeur (le nébuleux et grandiloquent "demain"...). ET UNE ASPIRINE. Le reste se résume au trope supra éculé de la femme soit victime soit hystérique (quand elle peut être les 2 dans une même œuvre, c'est le combo loto gagnant) qui n'attend qu'à être sauvée par son chevalier blanc. Et les pauvres petits n'enfants. La morbidité du suspense achève d'ailleurs de rendre le film pathétique jusqu'à l'abjecte. Je dis pas que ça n'est pas réaliste, juste que, en termes de récit, je trouve que ça frise le niveau zéro de l'imagination.

    Si ça se veut être un questionnement introspectif sur la culpabilité universelle, comme le suggère le titre, je trouve ça sérieusement raté.

    Esthétiquement, ça m'a tout autant emmerdé. La rigueur formelle n'a rien d'organique, c'est une formule appliquée avec une raideur cadavérique. Le rythme est quasi mathématique, je trouve que ça ne respire pas, ça ne vit pas. C'est chiant. Quand la bande son devient accidentellement rythmique et mélodique (des essuie-glaces), quelque chose d'intéressant se dessine. Mais ça n'est pas le propos du film, de réfléchir.

    Le casting est bien dirigé, mais ça ne suffit pas.
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    Cash Cash (1984)

    Finders Keepers

    1 h 36 min. Comédie.

    Film de Richard Lester avec Michael O'Keefe, Beverly D'Angelo, Louis Gossett Jr.

    Un des rares Lester que je n'avais toujours pas vus (les + difficiles à trouver). C'est une de ses comédies "scéniques" : il n'y a pas de hors-champ, c'est de l'intérieur du cadre, des interactions entre les persos, que vient le déséquilibre, l'instabilité comique. Par rapport au reste de sa filmo, il m'enthousiasme moins. C'est la partie de la filmo de Lester que je trouve + sage dans la mise en scène, la folie fantaisiste se concentrant dans les persos. L'histoire me passionne pas des masses, elle est prétexte et étirée. Les persos me semblent + convenus. Les références à la pop culture qui a fait le succès de Lester (les Beatles, Superman) sont gratuites.

    Mais je trouve que ça reste un bon film. Lester est, pour moi, un très bon metteur en scène, et un excellent directeur d'acteurs. Et il a un sens de la dynamique très agréable. L'enchaînement des quiproquos reste "crédible", avec une drôlerie qui reste émouvante.
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    Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (2018)

    Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald

    2 h 14 min. Sortie : . Aventure et fantastique.

    Film de David Yates avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler

    L'histoire m'a paru + étoffée que dans le 1e Animaux fantastiques, me suis moins ennuyé. Je trouve l'action bien distillée dans la longueur de l'histoire.

    Les ressorts autour de la généalogie font mauvais drame de boulevard, ridicule. L'écriture n'aide pas : la monstration de la magie ressemble beaucoup trop à un patchwork d'idées qui ne sont, certes, pas inintéressantes visuellement, mais qui manquent drastiquement de cohérence. Pourquoi, par exemple, chaque perso a sa propre méthode magique pour enquêter ? Ça s'éparpille trop, et dans des directions bâclées.

    Les persos sont globalement intéressants, mais seulement dans ce qu'ils suggèrent. Un problème de ce film, pour moi, est l'écart de qualité assez grand entre le scénario et la mise en scène, entre l'écriture et le montage. Avant ça, je veux préciser : je trouve le perso de Bunty révoltant, cette espèce de cruche complètement obsolète. Le perso de Queenie est intéressant dans son parcours, mais un peu expédié.

    Les répliques sont trop sommaires, particulièrement les discours de Grindelwald : il lui suffit d'utiliser le mot "amour" pour convaincre une amoureuse ? Le Front National peut convaincre les Verts en rajoutant un point "écologie" à leur programme ? Rowling ne maîtrise clairement pas ces subtilités discursives (Voldemort non plus n'est pas un sommet d'éloquence), elle privilégie un symbolisme trop simpliste.

    J'aime bien l'idée de fatalisme dans la prise de position "politique".

    L'émotion du scénar est là, l'empathie pour les persos comme Rowling sait le faire, mais la mise en scène et le montage les annulent, au nom d'un spectaculaire qui dysfonctionne. Je trouve les séquences d'action laides dans leurs cadrages, leur montage et leurs effets spéciaux.

    Les effets spéciaux m'ont fait penser aux vieux cartoons Looney Tunes : les "animaux fantastiques" ressortent + clairs que le reste du décor. Et on dirait par moments qu'ils ne touchent pas le sol. Quant à la bouillie numérique finale, c'est laid, je hais ce genre de climax au kitsch bien gras.

    Enfin, je trouve les acteurs globalement mal dirigés. Ils jouent bien, mais obéissent à des directions absurdes (Grindelwald susurre...). Ceux qui me font le + de peine, ce sont les 2 acteurs qui sont pour moi les 2 grandes révélations de leur génération : Ezra Miller et Katherine Waterston. Je pense qu'ils sont doués, mais souvent mal dirigés. Redmayne m'insupporte.

    Le reste (musique, décors...), c'est réussi mais lambda.