Albums 2026 écoutés

C'est reparti pour une nouvelle année. Je vais essayer de passer moins de temps à écouter quinze fois les albums en espérant qu'un miracle se produise et plus de temps à écrire. Enfin, on verra...

MAJ 10/05/2026 : Angelo De Augustine - Angel In Plainclothes
MAJ 04/05/2026 : Friko - Something Worth Waiting For
MAJ 03/05/2026 : Tyler Ballgame - For the First Time, Again
MAJ 02/05/2026 : My New Band Believe - My New Band Believe
MAJ 02/05/2026 : Marie Céleste - Tout ce qui brille
MAJ 17/04/2026 : Searows - Death in the Business of Whaling
MAJ 17/04/2026 : Beverly Glenn-Copeland - Laughter In Summer
MAJ 12/04/2026 : Angine de Poitrine - Vol. II
MAJ 12/04/2026 : underscores - U
MAJ 11/04/2026 : Courtney Marie Andrews - Valentine
MAJ 04/04/2026 : Holy Fuck - Even Beat
MAJ 23/03/2026 : Maria BC - Marathon
MAJ 20/03/2026 : Hemlocke Springs - the apple tree under the sea
MAJ 15/03/2026 : Bill Callahan - My Days of 58
MAJ 15/03/2026 : Bruno Pernadas - unlikely, maybe
MAJ 15/03/2026 : you are an angel - it's fine to dream
MAJ 04/03/2026 : Mitski - Nothing's About to Happen to Me
MAJ 01/03/2026 : Emily Scott Robinson - Appalachia
MAJ 01/03/2026 : Mary Lattimore & Julianna Barwick - Tragic Magic
MAJ 28/02/2026 : Le Reste - Bleak Moments
MAJ 24/02/2026 : Ratboys - Singin' to an Empty Chair

Liste de 48 albums créée il y a 6 mois · modifiée il y a 26 jours
Bleak Moments
-

Bleak Moments (2026)

Sortie : 9 janvier 2026 (France).

Album de Le Reste

Annotation :

Indie Pop / Indie Rock / Dance-Punk Revival
All Is Weird and Ridiculous a été une excellente surprise l'année dernière - c'est toujours un de mes albums préférés de 2025, tant il dégage une énergie communicative et en même temps un désespoir d'une noirceur vraiment émouvante. J'étais donc curieux d'écouter Bleak Moments qui débarque à peu près au même moment, presque un an jour pour jour. La première chose qui frappe c'est que l'on retrouve exactement le même son, la même écriture, le même esprit : aucun doute, on écoute un album de Le Reste. C'est donc immédiatement familier et sympathique car on retrouve ce mélange d'indie pop / rock, dynamique et entraînant, porté par un piano au style singulier. Le souci, c'est que jusqu'à présent, je n'ai rien trouvé d'aussi impactant que les quelques titres mémorables de All Is Weird and Ridiculous, je pense entre autres aux fantastiques Life, By the Window et The Last Time I Was Happy. De manière générale, le précédent album proposait des morceaux de qualité parfois inégale mais qui avaient tous des accroches intéressantes et reconnaissables (One Step at a Time, Saturday, New World Now, Going Oblique, Splendid). Ici, c'est moins le cas, les morceaux souffrent à la fois d'une écriture et d'un style très similaire qui rappellent inévitablement leurs prédécesseurs de All Is Weird and Ridiculous - et génèrent un gros sentiment de déjà-vu (Another Year essaie clairement de réitérer la perf de Life) - sans jamais pour autant être aussi mémorables et percutants dans leurs accroches. Et au-delà de cette impression de redite en un peu moins bien (les morceaux ne sont pas mauvais pour autant), c'est aussi le propos de l'album qui me semble moins viscéral et touchant. Les paroles me paraissent moins limpides et fulgurantes - il faut dire que le vocabulaire anglais est plus recherché et dépasse mon niveau - et n'ont plus cette portée universelle et concrète que je ressentais en lisant les paroles transperçantes de The Last Time I Was Happy (exemple le plus frappant). Bref, Bleak Moments, tout en étant trop proche de All Is Weird and Ridiculous, me parle moins : cela n'en fait pas un mauvais album, mais son cas me semble moins singulier et remarquable.

Tragic Magic
6.9

Tragic Magic (2026)

Sortie : 16 janvier 2026 (France).

Album de Mary Lattimore et Julianna Barwick

Annotation :

Ambient / Chamber Folk / Neoclassical New Age / Post-Minimalism
Tragic Magic est exactement l'album auquel on pouvait s'attendre de la part de Mary Lattimore et Julianna Barwick, soit une œuvre ambient / new age, bercée par de longues nappes de claviers et de notes cristallines de harpe. Et c'est très beau, un peu attendu, et sans réelle surprise, mais très pur et éthéré. J'ai découvert Mary Lattimore, un peu par hasard, avec son fantastique album New Rain Duets sorti en 2019 (qui est en fait une collaboration avec Mac McCaughan) mais depuis, j'ai très peu écouté la production de l'artiste même si je suis sa carrière de loin - ça me fait donc plaisir de voir ce nouvel album en featuring avec une des papesses de la musique ambient, Julianna Barwick, la correspondance des univers des deux artistes sonnant comme une évidence. C'est effectivement le cas et Tragic Magic produit donc l'effet voulu. En 40 minutes et 7 morceaux (plutôt longs) on assiste au développement d'ambiances éthérées, en majorité instrumentales - la harpe de Lattimore étant centrale dans l'architecture des morceaux - le chant (de Barwick, j'imagine) intervenant de manière sporadique selon les titres, en restant dans une tonalité très éthérée et gorgée d'écho, le résultat produisant un effet planant et pur. On est là pour les atmosphères en suspension et hypnotiques, quitte par moment à frôler le sentiment de répétition - sur lequel reposait déjà le concept de New Rain Duets - les motifs mélodiques tournant en boucle et les ruptures étant peu présentes, voire carrément absentes. J'aime beaucoup le concept, l'ambiance, l'alliance des univers des deux artistes, cela me semble être un excellent album de musique contemplative (j'ai bien envie de m'en servir de BO pour des séances de méditation), mais il manque malgré tout une émotion, une fulgurance, une véritable audace, à mon sens, pour que Tragic Magic soit mémorable.

Valentine
6.8

Valentine (2026)

Sortie : 16 janvier 2026 (France).

Album de Courtney Marie Andrews

Annotation :

Americana / Soft Rock / Psychedelic Folk
Courtney Marie Andrews fait partie des artistes folk que j'aime bien et que j'apprécie à chaque nouvelle sortie. L'ambiance de sa musique est toujours réconfortante, l'écriture reste assez classique, mais la production et l'interprétation conservent des standards de qualité qui font que je ne suis jamais déçu. C'est typiquement le genre de musique attendue mais qui fait plaisir, que ce soit grâce à la voix très pure et vibrante d'Andrews ou bien l'instrumentation et la production qui apportent énormément de respiration aux morceaux. Et même si le rythme général reste dans un registre mid-tempo, ce n'est jamais monotone, grâce à des jolies variations (quelques interventions de guitare électrique ici ou là) ou des motifs mélodiques qui fonctionnent, voire surprennent par leurs sonorités. Il n'y a pas grand chose à dire de plus sur Valentine : c'est simplement un très bel album folk et Courtney Marie Andrews y confirme tout son talent pour le genre.

Death in the Business of Whaling
7.1

Death in the Business of Whaling (2026)

Sortie : 23 janvier 2026 (France). Indie Folk

Album de Searows

Annotation :

Indie Folk / Slowcore / Dream Pop
Death in the Business of Whaling est typiquement le genre d'album dont je ne sais trop quoi penser. C'est vraiment pas mal, c'est très bien fait, mais je sais que ce n'est pas le style de musique qui me marque ou qui me touche. Et pourtant je serais bien en peine de trouver de réels défauts à l'album. J'ai l'impression que je pourrais finir par vraiment apprécier l'ensemble, l'atmosphère commence à se poser au bout de quelques écoutes et les morceaux coulent alors de manière fluide, grâce à une production limpide, avec des instruments qui sonnent de manière distincte, et une interprétation maîtrisée, la voix d'Alec Duckart pouvant rappeler celle de Phoebe Bridgers. En fait, c'est plus l'atmosphère générale qui donne de la personnalité à la musique, que l'originalité des compositions. Les morceaux baignent dans une ambiance à mi-chemin entre folk et dream pop enveloppée de reverb, le tout étant délivré sur un rythme alternant titres calmes (globalement) et plus nerveux (la guitare électrique faisant des apparitions pour amener de la saturation et relancer la machine). C'est donc globalement bien fait en termes de mood rêveur et mélancolique. Après, les chansons peuvent sembler interchangeables, et l'uniformité, bien que savamment twistée par quelques instruments inopinés (harmonica, banjo ?), reste indissociable de l'album, le chant d'Alec Duckart étant notamment très monolithique dans le registre spleen tourmenté. Ce qui me fait dire que si c'est très propre comme proposition, plutôt agréable à écouter une fois immergé dans l'ambiance, cela reste sur un mode trop égal et peu audacieux pour être vraiment mémorable.

My Ghosts Go Ghost
6.9

My Ghosts Go Ghost (2026)

Sortie : 30 janvier 2026 (France).

Album de By Storm

Can I Get a Pack of Camel Lights?
6.6

Can I Get a Pack of Camel Lights? (2026)

Sortie : 30 janvier 2026 (France).

Album de Geologist

Appalachia
-

Appalachia (2026)

Sortie : 30 janvier 2026 (France).

Album de Emily Scott Robinson

Annotation :

Country Folk / Contemporary Folk / Americana
J'espérais trouver ici un peu plus qu'un album de country folk convenu, Emily Scott Robinson ayant une petite réputation dans le genre (son album sorti en 2019, Traveling Mercies, m'avait paru sympathique, même si j'avais totalement oublié que c'était elle qui l'avait produit - merci mes notes et ma mémoire visuelle des pochettes). En fait, Appalachia est un album très classique qui ne fait pas de vagues et reste dans un style de folk americana très soft et calme, produit de manière bien trop lisse pour accrocher l'attention. C'est un parti-pris, les morceaux sont vraiment dépouillés, avec très peu d'instruments et d'arrangements - la plupart du temps, seule une guitare acoustique (tout juste rehaussée par l'apparition sporadique d'un violon et de cordes) accompagne le chant d'Emily Scott Robinson, dont la voix est clairement la principale attraction et le centre d'intérêt. L'interprétation est de qualité, le timbre est clair et posé, mais si la technique est au point, l'émotion n'est pas toujours au rendez-vous et participe au rendu très lisse de l'ensemble. C'est maîtrisé mais ça manque de caractère, quand bien même l'idée est de proposer une country folk apaisée et minimaliste, ce parti-pris engendrant par ailleurs une sensation de redondance à cause d'un manque de variété et de contraste au niveau des structures des morceaux - la première partie de l'album m'a semblé interminable avec des titres de plus de 4 minutes qui s'enchaînent, tous plutôt calmes. Cette douceur peut avoir son charme - peut-être en prenant vraiment le temps de s'immerger dans l'ambiance de l'album - mais elle ne sort pas suffisamment de l'ordinaire pour me retenir plus longtemps.

For the First Time, Again
6.8

For the First Time, Again (2026)

Sortie : 30 janvier 2026 (France).

Album de Tyler Ballgame

Annotation :

Pop Rock / Psychedelic Pop / Baroque Pop / Folk Pop / Soft Rock
Cet album est le genre de truc que l'on a envie d'aimer tant il déploie une générosité communicative, très immédiate et premier degré. Il délivre tout, dès le premier morceau, et ne cache pas la route qu'il va emprunter : celle d'une musique expressive, très influencée par le folk solaire et le soft rock classieux, mâtiné de soul, tout droit sortie des années 70. Et c'est vachement chouette, produit de manière impeccable (tout sonne à la perfection) et surtout interprété par un Tyler Ballgame qui étale son aisance virtuose mais avec suffisamment de feeling pour que la formule conserve un minimum de sincérité. C'est très bien emballé, très agréable et très facile à écouter. Bref, c'est le type de musique que l'on peut passer en toutes circonstances avec la certitude que cela plaira à tout le monde - ou en tout cas que ça ne heurtera personne. Et forcément, c'est sans doute là que le bât blesse. Car passée la sensation agréable de découvrir une musique généreuse, mélodique, rayonnante même (impossible d'être insensible à cela, en ce qui me concerne en tout cas), on cherche un peu en vain des ruptures de ton, des failles, dans cet univers trop parfait. Oui, la perfection c'est parfois ennuyeux. Je n'irais pas jusqu'à dire que ce premier album de Tyler Ballgame est ennuyeux, car la constance dans les mélodies ou les rengaines efficaces fonctionne bien, mais on épuise sans doute trop vite l'essence de cette musique aux ficelles trop visibles. Reste un album sympathique malgré tout, dont le plus grand mérite est sans doute d'être sincère dans sa démarche.

Rosemary
-

Rosemary (2026)

Sortie : 31 janvier 2026 (France).

Album de Porcelain Hearts

Anata
7.3

Anata (2026)

Sortie : 4 février 2026 (France).

Album de Joshua Chuquimia Crampton

Singin’ to an Empty Chair
7.1

Singin’ to an Empty Chair (2026)

Sortie : 6 février 2026 (France). Rock, Indie Rock

Album de Ratboys

Annotation :

Indie Rock / Alt-Country / Power Pop
Je n'étais pas spécialement emballé à la première écoute : l'impression d'avoir affaire à un album indie rock générique, mâtiné d'influences alt-country renforçant l'aspect hyper classique d'un groupe qui s'applique à rentrer dans les cases et aligne les titres rock, interprétés avec une énergie calibrée et des structures attendues - à peine relevés par la voix de la chanteuse Julia Steiner, assez claire, voire fluette, qui peut surprendre dans un tel contexte. La formule n'a absolument rien d'original, et se fader 50 minutes d'une musique pareille peut lasser d'avance. Néanmoins, les écoutes suivantes passent mieux, sans doute car une fois évacuée la déception de n'avoir rien de plus qu'un groupe indie country rock (malgré le bon accueil réservé à l'album qui laissait espérer davantage), on se laisse bercer par une musique qui déroule son programme avec métier. Il n'y a pas de tuerie, de passages instrumentaux vraiment brillants ou mémorables, mais une énergie générale qui fonctionne, et le chant de Julia Steiner qui peut sembler trop passe-partout au premier abord, confère en réalité une identité au groupe. Et si dans l'ensemble, les morceaux ont un aspect légèrement calibré, Ratboys s'autorise quelques audaces et des titres plus longs - et plutôt réussis - à l'image de Just Want You to Know the Truth et ses plus de 8 minutes et du très bon Burn It Down (meilleur titre de l'album - j'aime bien la mélodie du refrain reprise en contrepoint sur la seconde partie du morceau, ainsi que le travail de la guitare électrique). Bref, Singin' to an Empty Chair est un album sans prétention, et surtout sans ambition autre que de proposer de l'indie rock / country capable de plaire au plus grand nombre, sans grand clivage, mais avec suffisamment d'énergie et de maîtrise pour que l'ensemble se laisse écouter. Le contrat est donc rempli, j'imagine.

URGH
6.5

URGH (2026)

Sortie : 6 février 2026 (France).

Album de Mandy, Indiana

Laughter In Summer
7.2

Laughter In Summer (2026)

Sortie : 6 février 2026 (France).

Album de Beverly Glenn-Copeland

Annotation :

New Age / Chamber Folk
Laughter In Summer fait partie de ces albums qui dévoilent des histoires incroyables et émouvantes dès que l'on se met à creuser et à s'intéresser aux artistes qui les composent, à leur vie et à leur œuvre. Déjà, Laughter In Summer en lui-même est une pure merveille de folk gorgé de piano, de mélodies poignantes et de chœurs élégiaques. On peut certes se dire que c'est juste l'œuvre bouleversante d'un homme de 80 ans, au crépuscule de sa vie. Et puis on cherche à en savoir plus sur Beverly Glenn-Copeland et on découvre alors l'histoire qui se cache derrière l'artiste. Homme noir transgenre, Beverly Glenn-Copeland compose et écrit de la musique depuis les années 70 dans une relative confidentialité. Sa carrière en serait certainement restée à ce stade si, en 2015, un collectionneur japonais n'avait pas exhumé Keyboard Fantasies, album originellement sorti en 1986 et vendu à très peu d'exemplaires. Face à l'intérêt grandissant pour Keyboard Fantasies, une nouvelle version de l'album sort en 2017 et pousse Beverly Glenn-Copeland à reprendre le fil de sa carrière. Un premier album, The One Ahead, est sorti en 2023, et voici la suite avec Laughter In Summer. Je n'ai rien écouté d'autre, je découvre totalement l'histoire de Beverly Glenn-Copeland et je trouve ça merveilleux (j'aimerais aussi beaucoup voir le documentaire consacré à l'artiste, Keyboard Fantasies: The Beverly Glenn-Copeland Story, sorti en 2019 - j'imagine à peine le parcours incroyable : assumer son homosexualité dans les années 70 puis s'identifier comme homme trans depuis 2002, avoir une nouvelle carrière à plus de 70 ans poussée par des fans qui redécouvrent ses œuvres). Toute cette énergie, cette trajectoire bouleversante transpirent de la musique de Laughter In Summer, qui est d'une simplicité et d'une pureté vraiment touchantes. C'est du folk plutôt classique sur le principe, qui peut rappeler le style des années 70 (cérémonieux et très mélancolique), mais c'est produit avec un sens profond pour ce qui est beau et avec une pureté finalement très moderne. C'est notamment une musique qui respire, qui laisse beaucoup de place aux silences entre les notes et les mesures, afin de laisser s'exprimer les voix fabuleuses de Beverly Glenn-Copeland et de sa femme, Elizabeth Copeland. Le piano en particulier est magnifique, et le morceau Laughter In Summer est vraiment le genre de chanson capable de me faire chialer, tellement c'est beau et profond.

I KNOW HOW NOW
7.9

I KNOW HOW NOW (2026)

Sortie : 11 février 2026 (France).

Album de Gezan

unlikely, maybe
7.9

unlikely, maybe (2026)

Sortie : 13 février 2026 (France).

Album de Bruno Pernadas

Annotation :

Neo-Psychedelia / Jazz Fusion / Progressive Pop / Space Age Pop
Chaque nouvel album de Bruno Pernadas est un petit évènement depuis la sortie de Those Who Throw Objects at the Crocodiles Will Be Asked to Retrieve Them en 2018. J'avais pour ma part surtout écouté et bien aimé Private Reasons en 2021, même si cet album soufflait le chaud et le tiède avec des morceaux plus ou moins intéressants (même s'il n'y avait rien de mauvais dans l'absolu). Écouter Bruno Pernadas, c'est l'espoir de renouer avec une ambiance particulière, entre influences latines (Pernadas est portugais) et rythmes jazz et lounge, le tout porté par des mélodies et des orchestrations travaillées. C'est à peu près l'idée. Mais c'est un peu plus compliqué avec ce nouvel album qui n'est pas vraiment là où l'on pouvait l'attendre (enfin, surtout moi). C'est déconcertant au premier abord, il y a d'une part l'introduction assez importante de sonorités électroniques qui, si elles restent dans des tonalités jazz proches de l'univers de Pernadas, troquent l'exotisme d'orchestrations lounge pour des expérimentations plus étranges et hasardeuses, brouillant les pistes quant à l'identité de cette musique à la fois si proche et si éloignée des deux précédents albums. D'autre part, ce côté expérimental et parfois plus frontal et brut dans l'instrumentation donne l'impression d'un album à la direction moins claire et définie. unlikely, maybe me fait l'effet d'un véritable laboratoire sonore qui erre sans parfois trop savoir où il va, en témoigne quelques morceaux principalement instrumentaux - ou en tout cas laissant une large place aux plages instrumentales, sans que les structures apparaissent de manière nette. L'album n'est jamais ennuyeux - merci la production toujours aussi soyeuse - mais il semble faire les montagnes russes et progresser par à coups, sans s'imposer par des morceaux marquants ou des ambiances élaborées. Cette dimension incertaine et flottante possède son charme, certains passages sont intéressants et intrigants, qui peuvent rappeler Helado Negro, voir Frank Zappa dans les quelques solos de guitare, mais j'aurais aimé être davantage transporté par les ambiances, les orchestrations et les mélodies et avoir plus de titres similaires à l'introduction raindrops qui mélange à la perfection l'écriture habituelle de Pernadas aux sonorités plus expérimentales de l'album.

the apple tree under the sea
7.1

the apple tree under the sea (2026)

Sortie : 13 février 2026 (France).

Album de Hemlocke Springs

Annotation :

Synthpop / Dance-Pop / Alternative Dance / Art Pop / Darkwave
Si j'ai hésité avant d'écouter cet album - j'ai toujours une légère appréhension avant de m'attaquer à des choses à base de dance-pop - je ne regrette absolument pas d'y avoir jeté une oreille, car la musique de Hemlocke Springs dégage une énergie incroyable, un souffle euphorisant qui tend à exploser les stéréotypes d'un genre parfois trop coincé dans des formules et une production synthétique sans personnalité. Absolument tout le contraire des morceaux balancés ici. The Apple Tree Under the Sea est un festival de tubes pop qui rebondissent dans tous les sens, avec un sens mélodique irrésistible et portés par une interprétation possédée. Dans l'absolu, l'écriture n'est pas si éloignée d'un mix de r&b et de synth/dance-pop mais ça sonne tellement bien et c'est délivré avec une telle générosité que c'est difficile de ne pas être conquis. Et je trouve que l'album marque immédiatement par l'étrangeté qui s'en dégage, l'aspect freak qui semble savamment cultivé, que ce soit à travers les ambiances inhabituelles pour le genre - il y a un côté hammer, dans les sonorités, ne serait-ce que sur l'évident Head, Shoulders, Knees and Ankles qui pourrait sortir d'un épisode de Scooby-Doo dont le générique serait chanté par une Marina sous acides - ou de manière générale par l'intégration d'arrangements et d'idées sonores qui élaborent un univers singulier, original et attachant. J'aime particulièrement les percussions dynamiques de w-w-w-w-w, avec son refrain accrocheur ("I want your love"). Je trouve aussi que les morceaux se concluent toujours de manière satisfaisante par des ruptures bien amenées et des motifs mélodiques qui relancent la machine au moment où elle s'arrête, nous laissant sur une bonne impression quoi qu'il arrive. Je m'étais fait la réflexion à la vision du clip de be the girl! que le style de Hemlocke Springs est vraiment singulier, c'est une sorte de créature hybride entre l'énergie dance-pop de Magdalena Bay et l'esprit lunaire d'Aldous Harding. C'est en tout cas une musique rafraîchissante et communicative.

Nothing’s About to Happen to Me
6.7

Nothing’s About to Happen to Me (2026)

Sortie : 27 février 2026 (France). Rock, Indie Rock

Album de Mitski

Annotation :

Americana / Slacker Rock / Country Folk / Chamber Pop / Indie Folk
Je crois que je n'arrive pas à adhérer à l'univers de Mitski - et en même temps je n'ai peut-être pas fait les choses dans le bon orde puisque j'ai l'impression d'avoir écouté les deux albums les moins réputés de l'artiste jusque-là : Laurel Hell et celui ici présent. Et, entre les deux, j'ai sauté The Land Is Inhospitable and So Are We qui était visiblement bien meilleur. Bref. En fait, je n'ai rien contre la musique de Mitski, je la trouve même intéressante et plutôt appréciable au premier abord - rien ne me rebute dans l'absolu - mais je n'ai vraiment pas le déclic et les morceaux me laissent une impression si ce n'est d'indifférence, de neutralité presque impersonnelle. Les albums de Mitski sont courts (en tout cas, ceux que j'ai écoutés) et je m'étais déjà fait la remarque sur Laurel Hell mais les morceaux ont une fâcheuse tendance à se conclure sans climax, sans que l'on ressente de progression satisfaisante - parfois la musique se termine au moment même où elle semble enfin décoller (ici, palpable sur In a Lake, le titre d'introduction). Résultat, on se retrouve avec des morceaux de 3 minutes qui vont nulle part, de manière tout à fait sereine, ici dans un registre fortement coloré d'americana, ce qui renforce par moment la dimension planplan à la cool des titres aux structures et aux mélodies uniformes qui s'enchaînent sans coup férir. Au milieu, il y a deux ou trois accélérations : un Where's My Phone? plus nerveux et tendu, un If I Leave à l'esprit slowcore et un That White Cat PJharvesque. Mais pas de quoi infléchir l'esprit plutôt linéaire et monotone de l'album. Le seul titre que je retiens vraiment est I'll Change for You qui reste calme mais tranche un peu par son ambiance lounge, sa basse envoutante et l'interprétation puissante de Mitski. C'est une très belle chanson (très bien soulignée par les versions live ou le clip visibles sur Youtube qui m'ont fait prendre conscience du potentiel du morceau). Pour le reste, Nothing’s About to Happen to Me n'éclaircit pas le mystère Mitski me concernant.

My Days of 58
7.3

My Days of 58 (2026)

Sortie : 27 février 2026 (France).

Album de Bill Callahan

Annotation :

Americana / Alt-Country / Country Folk / Folk Rock
J'ai toujours eu un peu de mal avec les albums de Bill Callahan. J'y perçois suffisamment de personnalité pour avoir envie d'y revenir à chaque nouvelle sortie, et j'ai tellement adoré les albums de Smog à l'époque où je les ai découverts (même s'il faudrait que les réécoute pour bien préciser la différence avec la production actuelle de Callahan) que je ne peux m'enlever de l'idée qu'il y a chez l'artiste américain un truc qui me parle, quand bien même ce truc est planqué sous une couche d'americana débité d'une voix monocorde. Comme d'habitude, j'attends l'illumination qui ne vient pas vraiment et c'est à peu près tout le temps la même chose. Cela étant dit, j'avais trouvé un léger mieux avec YTILAER, un truc plus léger et accessible, et c'est confirmé avec My Days of 58, dont les légères variations dans les arrangements folk et americana font souffler un peu de luminosité tranquille sur certains titres, fissurant gentiment la monotonie intrinsèque au style de Bill Callahan - notamment au niveau du chant qui ne changera jamais, soyons clair. C'est sans doute cette partie qui me gène le plus chez l'artiste, cette voix monocorde et imperturbable qui coupe toute espèce d'émotion et contribue à rendre les morceaux assez interchangeables. D'ailleurs, si je me rappellerai certainement que My Days of 58 est plutôt un bon album dans la discographie de Bill Callahan, je ne suis pas sûr que j'en conserverai un souvenir précis, musicalement, car rien ne m'y marque plus que d'habitude et il n'y a pas de morceau qui sort vraiment du lot. Toutefois, et de manière plutôt surprenante, tant je fais d'habitude si peu attention aux paroles, certains titres m'ont interpellé par leurs thématiques, et My Days of 58 est sans doute plus remarquable de ce point de vue par rapport aux précédents albums de Callahan. C'est notamment Pathol O.G. qui m'a fait lever un sourcil : on y ressent le questionnement d'un gars qui vieilli, qui s'interroge sur son art et sur le fait d'être un homme (idée que l'on retrouve en écho dans le premier titre de l'album, Why Do Men Sing). Je ne me suis pas penché sur toutes les paroles, mais en tout cas ces interrogations (le titre My Days of 58 parle pour lui-même) rejaillissent sur un album qui fait preuve d'une belle cohérence artistique et d'une atmosphère touchante par instant, tant il en émane un sentiment sincère d'introspection.

The Mountain
6.9

The Mountain (2026)

Sortie : 27 février 2026.

Album de Gorillaz

it's fine to dream
-

it's fine to dream (2026)

Sortie : 23 février 2026 (France).

Album de you are an angel

Annotation :

Indie Rock / Emo-Pop / Power Pop / Midwest Emo / Indietronica / Bitpop
J'aime bien ce genre d'albums qui ne semblent pas du tout correspondre à mes goûts de base mais qui par leur énergie et leurs idées arrivent à me convaincre, en me réservant des petits espaces plus accueillants, où les mélodies et une certaine sensibilité s'expriment au milieu du fourre-tout chaotique. Il y a en tout cas beaucoup d'idées chez you are an angel, mais ce n'est pas surprenant de la part de J. McClendon qui est aussi la tête pensante derrière glass beach, groupe adepte du rock protéiforme. Mon écoute du premier album de glass beach (2019) remonte un peu pour que je m'amuse au jeu des comparaisons, mais quoi qu'il en soit on retrouve ici l'esprit échevelé, le mélange des genres et une énergie explosive qui fait des ruptures l'élément essentiel qui guide l'écriture des morceaux. Et si, au premier abord, on se prend surtout l'énergie emo en plein face, de même que les influences électroniques (peut-être ce qui différencie le plus you are an angel de glass beach), on découvre petit à petit toute la richesse de l'écriture des chansons et on attend avec une certaine curiosité la prochaine rupture de ton qui amènera la musique dans des contrées inattendues, Il y a ainsi quelques morceaux de bravoure, à l'image d'industry qui débute sur des sonorités de jeu vidéo, puis ralentit avant de repartir sur des élans emo-pop pour se conclure sur des arpèges calmes et mélancoliques. Cette versatilité est vraiment le point fort de l'album. La dynamique de l'ensemble a quelque chose d'imparable, et les éventuels pires côtés - parfois poussés à leur paroxysme (comme ses sonorités électroniques très particulières, ou le rythme effréné) - sont constamment dynamités et contrebalancés par des idées plus mélodiques et une générosité, une énergie euphorisante, le morceau kate said étant le plus parfait exemple de ce mélange étrange et original, où folie et douceur s'amusent au jeu des chaises musicales.

Marathon
6.8

Marathon (2026)

Sortie : 27 février 2026 (France).

Album de Maria BC

Annotation :

Indie Folk / Psychedelic Folk / Slowcore / Avant-Folk
Marathon est un album folk aux ambiances slowcore et crépusculaires, qui peut sembler aride au premier abord. Toutefois, Maria BC arrive à faire beaucoup avec peu, et transforme le rythme en pointillé des morceaux en errances introspectives suspendues qui propulsent Marathon dans la sphère d'un ambient folk intense et prenant, audacieux et réussi d'un point de vue sonore. L'album est régulièrement parcouru de sonorités étranges, voire expérimentales, qui lorgnent par moment vers le drone, et malgré ces excroissances sonores perturbantes, l'ensemble dégage une vraie cohérence artistique : on est ici plus pour le voyage sonique, que pour la beauté mémorable des mélodies, ce qui n'empêche pas la musique d'être régulièrement belle, grâce à une production très claire et lisible et la voix sensible de Maria BC (qui peut rappeller Beth Gibbons selon les morceaux). En fait, Marathon est un album doté d'un univers sonore envoutant qui semble parfois se perdre dans ses errances (quelques morceaux d'à peine plus d'une minute semblent créer des passerelles sonores dispensables) mais qui arrive pourtant toujours à retrouver le fil de son propos, l'exigence de ses atmosphères étant constamment contrebalancée par la pureté et le magnétisme avec lesquels les morceaux sont sculptés.

Tout ce qui brille
-

Tout ce qui brille (2026)

Sortie : 13 mars 2026 (France).

Album de Marie Céleste

Annotation :

Art Rock / Art Pop / Chanson québécoise / Piano Rock
Encore un très bon groupe venu du Québec, à croire que toute la bonne musique francophone est à chercher chez nos cousins canadiens. Le style de Marie Céleste évoque parfois celui de Feu! Chatterton, par l'énergie rock déployée, à la fois frontale et joyeuse, et par l'approche art pop et les arrangements au-dessus de la moyenne qui témoignent d'une certaine érudition dans la digestion des influences. Tout ce qui brille commence de la meilleure manière, avec l'excellent Ciao bye bonsoir!, fantastique tube qui déboule avec un entrain contagieux, grâce au chant immédiatement accrocheur, aux cuivres omniprésents et au refrain qui tape dans tous les sens. Le groupe trouve un équilibre parfait entre énergie rock et légèreté pop. J'avoue regretter que la suite ne soit pas tout le temps au même niveau. En réalité, la palette de Marie Céleste est assez variée, quitte parfois à s'aventurer dans des univers sonores qui me plaisent moins, à l'image de Combien de temps? et son rythme beaucoup plus exotique. On entend également une production qui n'hésite pas à lorgner vers des effets plus synthétiques (2 goélands, qui reste un bon morceau). En fait, je crois que j'aurais aimé plus d'originalité dans les compositions, à l'image de Ciao bye bonsoir! que je trouve vraiment marquant et original. Au final, Marie Céleste reste sur un registre maîtrisé mais moins surprenant de rock nerveux, balancé avec une certaine rage (notamment grâce à la voix du chanteur Simon Duchesne) même si c'est souvent désamorcé par des ruptures amenant des ambiances plus calmes. L'interprétation est impeccable mais je ne suis pas forcément emporté par des morceaux comme CAM et LO. A vrai dire, après une baisse de régime et une relative déception concernant les morceaux suivant l'introduction, je trouve que la seconde partie de l'album relève largement le niveau, le groupe enchaînant des titres plus variés, plus mélodiques et touchants, notamment grâce à des idées, des ambiances et des structures plus riches et un souffle qui manque aux titres plus rock. Je pense entre autre au magnifique A la longue, bercé par des notes de piano entêtantes, ou bien à La lumière, long crescendo porté par un chant et des chœurs rayonnants. Le duo final Cast Your Fate / Et si toi aussi... conclut à merveille cette seconde partie qui montre la richesse et toute la subtilité de la musique de Marie Céleste, parfois éclipsée par une énergie rock plus convenue.

U
7

U (2026)

Sortie : 20 mars 2026 (France).

Album de underscores

Annotation :

Electropop / Electronic Dance Music / Dance-Pop / Hyperpop / Electro House / Future Bass / Bubblegum Bass / Alt-Pop / Contemporary R&B
Je sais que cette musique n'est pas faite pour moi, mais j'ai décidé cette année de retenter d'écouter les grosses sorties encensées, même si je sais que je risque d'être totalement hermétique au genre. On ne sait jamais, je ne suis pas à l'abri d'une surprise et c'était l'idée d'origine quand j'ai commencé à créer ces listes annuelles. Au fond, je suis curieux de découvrir de nouvelles choses. Et en même temps, j'adore plus que tout écouter de la bonne musique, ce qui n'est pas forcément compatible. Bref, underscores est une des artistes importantes de ces dernières années dans le genre de l'electropop. J'avais écouté Fishmonger, son premier album sorti en 2021, mais je n'avais pas accroché (j'en garde aucun souvenir à vrai dire). J'avais prévu d'écouter Wallsocket qui avait reçu un très bon accueil en 2023 mais je n'en avais rien fait au final. Bref, je raccroche les wagons avec U, et malheureusement il n'y a rien de nouveau sous le soleil, et de fait je ne regrette pas d'avoir évité Wallsocket. Je suis moins allergique à l'electro/dance-pop qu'il y a quelques années mais la musique de underscores n'arrive pas à m'accrocher. J'ai par moment le sentiment que ce n'est pas si loin que l'univers d'oklou, ou un peu plus loin de Caroline Polachek, mais je ne sens pas du tout la même sensibilité. Par exemple chez oklou il y a une finesse, une subtilité dans la manière de crafter des mélodies avec des sonorités électroniques qui sont totalement absentes chez underscores. On est plutôt sur de la bonne musique faite pour danser, très rythmée, plus ou moins matinée d'hyperpop, avec tout ce que cela implique de sonorités hyperactives qui partent dans tous les sens. Dans le genre, c'est plutôt bien produit, il y a une certaine radicalité, une vraie science des arrangements, mais ça ne débouche pas sur morceaux réellement marquants, la faute à une énergie et des mélodies qui restent dans un registre trop stéréotypé, à mon goût. Encore une fois, ça me fait plus penser à de la musique à diffuser en boîte de nuit, par moment, quand ça ne lorgne pas sur du r&b pour les mélodies, notamment sur les titres plus calmes. Donc peut-être intéressant d'un point de vue sonore pour les fans du genre, mais pas très accueillant ou novateur pour les réfractaires comme moi.

The Former Site Of
6.5

The Former Site Of (2026)

Sortie : 27 mars 2026 (France).

Album de The New Pornographers

Annotation :

Indie Rock / Indie Pop / Pop Rock / Indietronica

Event Beat
6.7

Event Beat (2026)

Sortie : 27 mars 2026 (France).

Album de Holy Fuck

Annotation :

Neo-Psychedelia / Indietronica / Alternative Dance / Krautrock / Dance-Punk Revival
J'ai découvert Holy Fuck avec Deleter, leur précédent album sorti en 2020 (déjà ! une éternité), et ce fut une bonne surprise à l'époque : je me rappelle m'être dit que c'était de l'electro excessive, voire épuisante, et en même temps je ne cessais d'y revenir, attiré par un magnétisme et une énergie accrocheuse, puissante et un peu dingue. J'ai été forcé de l'admettre, presque malgré moi : c'est tout simplement le genre de musique electro que j'aime. Même si je n'arrive pas toujours à expliquer pourquoi, tant le genre peut aussi bien m'horripiler que m'enthousiasmer. Cela ne se calcule pas, c'est une sensation que j'éprouve à l'écoute de la musique, de manière imprévisible. Il faut croire que je perçois chez Holy Fuck une énergie débordante, incarnée, qui dépasse le simple assemblage de rythmiques et de sons synthétiques. La musique des canadiens est bourrée de vie, d'idées sonores, de visions et d'atmosphères qui témoignent d'un amour du son et des rythmes, ce qui se confirme clairement sur ce nouvel album. Les morceaux éclatent, et la production est vraiment fantastique, avec un son de basse hyper régressif et des arrangements, des couches qui se superposent, une saturation réjouissante et un plaisir communicatif à habiter le spectre sonore, pour mieux le déserter et le rompre sans ménagement. Et puis, surtout, plus personne ne fait des albums pareils. Cette science de l'electro dansante, psychédélique, entraînante, percutante par ses rythmiques hypnotiques et entêtantes par ses atmosphères lysergiques, s'est complètement perdue ces dernières années. On est plus dans un trip fin des années 2000, début 2010. On peut évidemment penser à du LCD Soundsystem, même si la musique de Holy Fuck est plus perchée et lunaire. Event Beat n'est pas un album particulièrement remarquable, il est juste incroyablement satisfaisant.

WOR$T GIRL IN AMERICA
7.3

WOR$T GIRL IN AMERICA (2026)

Sortie : 27 mars 2026 (France).

Album de Slayyyter

Echaremos el cielo abajo a patadas
-

Echaremos el cielo abajo a patadas (2026)

Sortie : 27 mars 2026 (France).

Album de teodioteodio

Vol.II
7.2

Vol.II (2026)

Sortie : 3 avril 2026 (France).

Album de Angine de Poitrine

Annotation :

Math Rock / Avant-Prog / Psychedelic Rock / Krautrock / Anatolian Rock
Angine de Poitrine est un duo originaire du Québec qui a déjà sorti un album en 2024 (à côté duquel j'étais complètement passé). Comme son nom l'indique, Vol. II est donc le second album du groupe, et que dire si ce n'est que le projet cherche clairement à afficher sa différence et son originalité : déjà d'un point de vue DA, le duo se présente sous des costumes improbables et des pseudonymes dissimulant leurs véritables identités. Ensuite, musicalement, on est sur un truc d'esthètes décalés, mélangeant les rythmiques carrées du math rock à la musicalité très singulière - voire répétitive et entêtante - du rock anatolien et du krautrock. C'est un peu comme si King Gizzard, dans ses phases les plus rock anatolien, décidait de se mettre au math rock. Le résultat est donc un assemblage de six morceaux, quasiment uniquement instrumentaux (à l'exception de quelques rares cris ou murmures ici ou là), composés d'enfilades de notes de guitare dessinant des motifs syncopés, soutenus par une basse omniprésente et une batterie nerveuse, le tout produit avec un son très particulier, sans artifices, sans aucun autre instrument ou réel arrangement, une sorte d'austérité qui compense le côté grandguignol de l'apparence du duo. Ce n'est pas le genre de musique qui me touche outre mesure (clairement pas assez mélodique pour moi), mais il y a quand même quelque chose ici d'entraînant, une énergie percutante par l'interprétation très directe et les rythmes hyper découpés. L'album est par ailleurs suffisamment court (36 minutes) pour éviter la redondance qui pourrait éventuellement émerger sous l'avalanche et la répétition des motifs. Au final, c'est vraiment l'énergie frondeuse et la gentille dinguerie communicative du duo qui restent.

trinket
6.9

trinket (2026)

Sortie : 8 avril 2026 (France).

Album de tsubi club

The Moth (EP)
7.2

The Moth (EP) (2026)

Sortie : 27 mars 2026 (France).

EP de Cancer House

benton

Liste de

Liste vue 72 fois

1