Albums 2026 écoutés
C'est reparti pour une nouvelle année. Je vais essayer de passer moins de temps à écouter quinze fois les albums en espérant qu'un miracle se produise et plus de temps à écrire. Enfin, on verra...
MAJ 04/04/2026 : Holy Fuck - Even Beat
MAJ 23/03/2026 : Maria BC - Marathon
MAJ 15/03/2026 : Bill Callahan - My Days of 58
MAJ 15/03/2026 : Bruno Pernadas - unlikely, maybe
MAJ 15/03/2026 : you are an angel - it's fine to dream
MAJ 04/03/2026 : Mitski - Nothing's About to Happen to Me
MAJ 01/03/2026 : Emily Scott Robinson - Appalachia
MAJ 01/03/2026 : Mary Lattimore & Julianna Barwick - Tragic Magic
MAJ 28/02/2026 : Le Reste - Bleak Moments
MAJ 24/02/2026 : Ratboys - Singin' to an Empty Chair
28 albums
créée il y a 2 mois · modifiée il y a 5 joursBleak Moments (2026)
Sortie : 9 janvier 2026 (France).
Album de Le Reste
Annotation :
Indie Pop / Indie Rock / Dance-Punk Revival
All Is Weird and Ridiculous a été une excellente surprise l'année dernière - c'est toujours un de mes albums préférés de 2025, tant il dégage une énergie communicative et en même temps un désespoir d'une noirceur vraiment émouvante. J'étais donc curieux d'écouter Bleak Moments qui débarque à peu près au même moment, presque un an jour pour jour. La première chose qui frappe c'est que l'on retrouve exactement le même son, la même écriture, le même esprit : aucun doute, on écoute un album de Le Reste. C'est donc immédiatement familier et sympathique car on retrouve ce mélange d'indie pop / rock, dynamique et entraînant, porté par un piano au style singulier. Le souci, c'est que jusqu'à présent, je n'ai rien trouvé d'aussi impactant que les quelques titres mémorables de All Is Weird and Ridiculous, je pense entre autres aux fantastiques Life, By the Window et The Last Time I Was Happy. De manière générale, le précédent album proposait des morceaux de qualité parfois inégale mais qui avaient tous des accroches intéressantes et reconnaissables (One Step at a Time, Saturday, New World Now, Going Oblique, Splendid). Ici, c'est moins le cas, les morceaux souffrent à la fois d'une écriture et d'un style très similaire qui rappellent inévitablement leurs prédécesseurs de All Is Weird and Ridiculous - et génèrent un gros sentiment de déjà-vu (Another Year essaie clairement de réitérer la perf de Life) - sans jamais pour autant être aussi mémorables et percutants dans leurs accroches. Et au-delà de cette impression de redite en un peu moins bien (les morceaux ne sont pas mauvais pour autant), c'est aussi le propos de l'album qui me semble moins viscéral et touchant. Les paroles me paraissent moins limpides et fulgurantes - il faut dire que le vocabulaire anglais est plus recherché et dépasse mon niveau - et n'ont plus cette portée universelle et concrète que je ressentais en lisant les paroles transperçantes de The Last Time I Was Happy (exemple le plus frappant). Bref, Bleak Moments, tout en étant trop proche de All Is Weird and Ridiculous, me parle moins : cela n'en fait pas un mauvais album, mais son cas me semble moins singulier et remarquable.
Tragic Magic (2026)
Sortie : 16 janvier 2026 (France).
Album de Mary Lattimore et Julianna Barwick
Annotation :
Ambient / Chamber Folk / Neoclassical New Age / Post-Minimalism
Tragic Magic est exactement l'album auquel on pouvait s'attendre de la part de Mary Lattimore et Julianna Barwick, soit une œuvre ambient / new age, bercée par de longues nappes de claviers et de notes cristallines de harpe. Et c'est très beau, un peu attendu, et sans réelle surprise, mais très pur et éthéré. J'ai découvert Mary Lattimore, un peu par hasard, avec son fantastique album New Rain Duets sorti en 2019 (qui est en fait une collaboration avec Mac McCaughan) mais depuis, j'ai très peu écouté la production de l'artiste même si je suis sa carrière de loin - ça me fait donc plaisir de voir ce nouvel album en featuring avec une des papesses de la musique ambient, Julianna Barwick, la correspondance des univers des deux artistes sonnant comme une évidence. C'est effectivement le cas et Tragic Magic produit donc l'effet voulu. En 40 minutes et 7 morceaux (plutôt longs) on assiste au développement d'ambiances éthérées, en majorité instrumentales - la harpe de Lattimore étant centrale dans l'architecture des morceaux - le chant (de Barwick, j'imagine) intervenant de manière sporadique selon les titres, en restant dans une tonalité très éthérée et gorgée d'écho, le résultat produisant un effet planant et pur. On est là pour les atmosphères en suspension et hypnotiques, quitte par moment à frôler le sentiment de répétition - sur lequel reposait déjà le concept de New Rain Duets - les motifs mélodiques tournant en boucle et les ruptures étant peu présentes, voire carrément absentes. J'aime beaucoup le concept, l'ambiance, l'alliance des univers des deux artistes, cela me semble être un excellent album de musique contemplative (j'ai bien envie de m'en servir de BO pour des séances de méditation), mais il manque malgré tout une émotion, une fulgurance, une véritable audace, à mon sens, pour que Tragic Magic soit mémorable.
Valentine (2026)
Sortie : 16 janvier 2026 (France).
Album de Courtney Marie Andrews
Annotation :
Americana / Soft Rock / Psychedelic Folk
Death in the Business of Whaling (2026)
Sortie : 23 janvier 2026 (France). Indie Folk
Album de Searows
Appalachia (2026)
Sortie : 30 janvier 2026 (France).
Album de Emily Scott Robinson
Annotation :
Country Folk / Contemporary Folk / Americana
J'espérais trouver ici un peu plus qu'un album de country folk convenu, Emily Scott Robinson ayant une petite réputation dans le genre (son album sorti en 2019, Traveling Mercies, m'avait paru sympathique, même si j'avais totalement oublié que c'était elle qui l'avait produit - merci mes notes et ma mémoire visuelle des pochettes). En fait, Appalachia est un album très classique qui ne fait pas de vagues et reste dans un style de folk americana très soft et calme, produit de manière bien trop lisse pour accrocher l'attention. C'est un parti-pris, les morceaux sont vraiment dépouillés, avec très peu d'instruments et d'arrangements - la plupart du temps, seule une guitare acoustique (tout juste rehaussée par l'apparition sporadique d'un violon et de cordes) accompagne le chant d'Emily Scott Robinson, dont la voix est clairement la principale attraction et le centre d'intérêt. L'interprétation est de qualité, le timbre est clair et posé, mais si la technique est au point, l'émotion n'est pas toujours au rendez-vous et participe au rendu très lisse de l'ensemble. C'est maîtrisé mais ça manque caractère, quand bien même l'idée est de proposer une country folk apaisée et minimaliste, ce parti-pris engendrant par ailleurs une sensation de redondance à cause d'un manque de variété et de contraste au niveau des structures des morceaux - la première partie de l'album m'a semblé interminable avec des titres de plus de 4 minutes qui s'enchaînent, tous plutôt calmes. Cette douceur peut avoir son charme - peut-être en prenant vraiment le temps de s'immerger dans l'ambiance de l'album - mais elle ne sort pas suffisamment de l'ordinaire pour me retenir plus longtemps sur Appalachia.
Singin’ to an Empty Chair (2026)
Sortie : 6 février 2026 (France). Rock, Indie Rock
Album de Ratboys
Annotation :
Indie Rock / Alt-Country / Power Pop
Je n'étais pas spécialement emballé à la première écoute : l'impression d'avoir affaire à un album indie rock générique, mâtiné d'influences alt-country renforçant l'aspect hyper classique d'un groupe qui s'applique à rentrer dans les cases et aligne les titres rock, interprétés avec une énergie calibrée et des structures attendues - à peine relevés par la voix de la chanteuse Julia Steiner, assez claire, voire fluette, qui peut surprendre dans un tel contexte. La formule n'a absolument rien d'original, et se fader 50 minutes d'une musique pareille peut lasser d'avance. Néanmoins, les écoutes suivantes passent mieux, sans doute car une fois évacuée la déception de n'avoir rien de plus qu'un groupe indie country rock (malgré le bon accueil réservé à l'album qui laissait espérer davantage), on se laisse bercer par une musique qui déroule son programme avec métier. Il n'y a pas de tuerie, de passages instrumentaux vraiment brillants ou mémorables, mais une énergie générale qui fonctionne, et le chant de Julia Steiner qui peut sembler trop passe-partout au premier abord, confère en réalité une identité au groupe. Et si dans l'ensemble, les morceaux ont un aspect légèrement calibré, Ratboys s'autorise quelques audaces et des titres plus longs - et plutôt réussis - à l'image de Just Want You to Know the Truth et ses plus de 8 minutes et du très bon Burn It Down (meilleur titre de l'album - j'aime bien la mélodie du refrain reprise en contrepoint sur la seconde partie du morceau, ainsi que le travail de la guitare électrique). Bref, Singin' to an Empty Chair est un album sans prétention, et surtout sans ambition autre que de proposer de l'indie rock / country capable de plaire au plus grand nombre, sans grand clivage, mais avec suffisamment d'énergie et de maîtrise pour que l'ensemble se laisse écouter. Le contrat est donc rempli, j'imagine.
unlikely, maybe (2026)
Sortie : 13 février 2026 (France).
Album de Bruno Pernadas
Annotation :
Neo-Psychedelia / Jazz Fusion / Progressive Pop / Space Age Pop
Chaque nouvel album de Bruno Pernadas est un petit évènement depuis la sortie de Those Who Throw Objects at the Crocodiles Will Be Asked to Retrieve Them en 2018. J'avais pour ma part surtout écouté et bien aimé Private Reasons en 2021, même si cet album soufflait le chaud et le tiède avec des morceaux plus ou moins intéressants (même s'il n'y avait rien de mauvais dans l'absolu). Écouter Bruno Pernadas, c'est l'espoir de renouer avec une ambiance particulière, entre influences latines (Pernadas est portugais) et rythmes jazz et lounge, le tout porté par des mélodies et des orchestrations travaillées. C'est à peu près l'idée. Mais c'est un peu plus compliqué avec ce nouvel album qui n'est pas vraiment là où l'on pouvait l'attendre (enfin, surtout moi). C'est déconcertant au premier abord, il y a d'une part l'introduction assez importante de sonorités électroniques qui, si elles restent dans des tonalités jazz proches de l'univers de Pernadas, troquent l'exotisme d'orchestrations lounge pour des expérimentations plus étranges et hasardeuses, brouillant les pistes quant à l'identité de cette musique à la fois si proche et si éloignée des deux précédents albums. D'autre part, ce côté expérimental et parfois plus frontal et brut dans l'instrumentation donne l'impression d'un album à la direction moins claire et définie. unlikely, maybe me fait l'effet d'un véritable laboratoire sonore qui erre sans parfois trop savoir où il va, en témoigne quelques morceaux principalement instrumentaux - ou en tout cas laissant une large place aux plages instrumentales, sans que les structures apparaissent de manière nette. L'album n'est jamais ennuyeux - merci la production toujours aussi soyeuse - mais il semble faire les montagnes russes et progresser par à coups, sans s'imposer par des morceaux marquants ou des ambiances élaborées. Cette dimension incertaine et flottante possède son charme, certains passages sont intéressants et intrigants, qui peuvent rappeler Helado Negro, voir Frank Zappa dans les quelques solos de guitare, mais j'aurais aimé être davantage transporté par les ambiances, les orchestrations et les mélodies et avoir plus de titres similaires à l'introduction raindrops qui mélange à la perfection l'écriture habituelle de Pernadas aux sonorités plus expérimentales de l'album.
the apple tree under the sea (2026)
Sortie : 13 février 2026 (France).
Album de Hemlocke Springs
Annotation :
Synthpop / Dance-Pop / Alternative Dance / Art Pop / Darkwave
Si j'ai hésité avant d'écouter cet album - j'ai toujours une légère appréhension avant de m'attaquer à des choses à base de dance-pop - je ne regrette absolument pas d'y avoir jeté une oreille, car la musique de Hemlocke Springs dégage une énergie incroyable, un souffle euphorisant qui tend à exploser les stéréotypes d'un genre parfois trop coincé dans des formules et une production synthétique sans personnalité. Absolument tout le contraire des morceaux balancés ici. The Apple Tree Under the Sea est un festival de tubes pop qui rebondissent dans tous les sens, avec un sens mélodique irrésistible et portés par une interprétation possédée. Dans l'absolu, l'écriture n'est pas si éloignée d'un mix de r&b et de synth/dance-pop mais ça sonne tellement bien et c'est délivré avec une telle générosité que c'est difficile de ne pas être conquis. Et je trouve que l'album marque immédiatement par l'étrangeté qui s'en dégage, l'aspect freak qui semble savamment cultivé, que ce soit à travers les ambiances inhabituelles pour le genre - il y a un côté hammer, dans les sonorités, ne serait-ce que sur l'évident Head, Shoulders, Knees and Ankles qui pourrait sortir d'un épisode de Scooby-Doo dont le générique serait chanté par une Marina sous acides - ou de manière générale par l'intégration d'arrangements et d'idées sonores qui élaborent un univers singulier, original et attachant. J'aime particulièrement les percussions dynamiques de w-w-w-w-w, avec son refrain accrocheur ("I want your love"). Je trouve aussi que les morceaux se concluent toujours de manière satisfaisante par des ruptures bien amenées et des motifs mélodiques qui relancent la machine au moment où elle s'arrête, nous laissant sur une bonne impression quoi qu'il arrive. Je m'étais fait la réflexion à la vision du clip de be the girl! que le style de Hemlocke Springs est vraiment singulier, c'est une sorte de créature hybride entre l'énergie dance-pop de Magdalena Bay et l'esprit lunaire d'Aldous Harding. C'est en tout cas une musique rafraîchissante et communicative.
Nothing’s About to Happen to Me (2026)
Sortie : 27 février 2026 (France). Rock, Indie Rock
Album de Mitski
Annotation :
Americana / Slacker Rock / Country Folk / Chamber Pop / Indie Folk
Je crois que je n'arrive pas à adhérer à l'univers de Mitski - et en même temps je n'ai peut-être pas fait les choses dans le bon orde puisque j'ai l'impression d'avoir écouté les deux albums les moins réputés de l'artiste jusque-là : Laurel Hell et celui ici présent. Et, entre les deux, j'ai sauté The Land Is Inhospitable and So Are We qui était visiblement bien meilleur. Bref. En fait, je n'ai rien contre la musique de Mitski, je la trouve même intéressante et plutôt appréciable au premier abord - rien ne me rebute dans l'absolu - mais je n'ai vraiment pas le déclic et les morceaux me laissent une impression si ce n'est d'indifférence, de neutralité presque impersonnelle. Les albums de Mitski sont courts (en tout cas, ceux que j'ai écoutés) et je m'étais déjà fait la remarque sur Laurel Hell mais les morceaux ont une fâcheuse tendance à se conclure sans climax, sans que l'on ressente de progression satisfaisante - parfois la musique se termine au moment même où elle semble enfin décoller (ici, palpable sur In a Lake, le titre d'introduction). Résultat, on se retrouve avec des morceaux de 3 minutes qui vont nulle part, de manière tout à fait sereine, ici dans un registre fortement coloré d'americana, ce qui renforce par moment la dimension planplan à la cool des titres aux structures et aux mélodies uniformes qui s'enchaînent sans coup férir. Au milieu, il y a deux ou trois accélérations : un Where's My Phone? plus nerveux et tendu, un If I Leave à l'esprit slowcore et un That White Cat PJharvesque. Mais pas de quoi infléchir l'esprit plutôt linéaire et monotone de l'album. Le seul titre que je retiens vraiment est I'll Change for You qui reste calme mais tranche un peu par son ambiance lounge, sa basse envoutante et l'interprétation puissante de Mitski. C'est une très belle chanson (très bien soulignée par les versions live ou le clip visibles sur Youtube qui m'ont fait prendre conscience du potentiel du morceau). Pour le reste, Nothing’s About to Happen to Me n'éclaircit pas le mystère Mitski me concernant.
My Days of 58 (2026)
Sortie : 27 février 2026 (France).
Album de Bill Callahan
Annotation :
Americana / Alt-Country / Country Folk / Folk Rock
J'ai toujours eu un peu de mal avec les albums de Bill Callahan. J'y perçois suffisamment de personnalité pour avoir envie d'y revenir à chaque nouvelle sortie, et j'ai tellement adoré les albums de Smog à l'époque où je les ai découverts (même s'il faudrait que les réécoute pour bien préciser la différence avec la production actuelle de Callahan) que je ne peux m'enlever de l'idée qu'il y a chez l'artiste américain un truc qui me parle, quand bien même ce truc est planqué sous une couche d'americana débité d'une voix monocorde. Comme d'habitude, j'attends l'illumination qui ne vient pas vraiment et c'est à peu près tout le temps la même chose. Cela étant dit, j'avais trouvé un léger mieux avec YTILAER, un truc plus léger et accessible, et c'est confirmé avec My Days of 58, dont les légères variations dans les arrangements folk et americana font souffler un peu de luminosité tranquille sur certains titres, fissurant gentiment la monotonie intrinsèque au style de Bill Callahan - notamment au niveau du chant qui ne changera jamais, soyons clair. C'est sans doute cette partie qui me gène le plus chez l'artiste, cette voix monocorde et imperturbable qui coupe toute espèce d'émotion et contribue à rendre les morceaux assez interchangeables. D'ailleurs, si je me rappellerai certainement que My Days of 58 est plutôt un bon album dans la discographie de Bill Callahan, je ne suis pas sûr que j'en conserverai un souvenir précis, musicalement, car rien ne m'y marque plus que d'habitude et il n'y a pas de morceau qui sort vraiment du lot. Toutefois, et de manière plutôt surprenante, tant je fais d'habitude si peu attention aux paroles, certains titres m'ont interpellé par leurs thématiques, et My Days of 58 est sans doute plus remarquable de ce point de vue par rapport aux précédents albums de Callahan. C'est notamment Pathol O.G. qui m'a fait lever un sourcil : on y ressent le questionnement d'un gars qui vieilli, qui s'interroge sur son art et sur le fait d'être un homme (idée que l'on retrouve en écho dans le premier titre de l'album, Why Do Men Sing). Je ne me suis pas penché sur toutes les paroles, mais en tout cas ces interrogations (le titre My Days of 58 parle pour lui-même) rejaillissent sur un album qui fait preuve d'une belle cohérence artistique et d'une atmosphère touchante par instant, tant il en émane un sentiment sincère d'introspection.
it's fine to dream (2026)
Sortie : 23 février 2026 (France).
Album de you are an angel
Annotation :
Indie Rock / Emo-Pop / Power Pop / Midwest Emo / Indietronica / Bitpop
J'aime bien ce genre d'albums qui ne semblent pas du tout correspondre à mes goûts de base mais qui par leur énergie et leurs idées arrivent à me convaincre, en me réservant des petits espaces plus accueillants, où les mélodies et une certaine sensibilité s'expriment au milieu du fourre-tout chaotique. Il y a en tout cas beaucoup d'idées chez you are an angel, mais ce n'est pas surprenant de la part de J. McClendon qui est aussi la tête pensante derrière glass beach, groupe adepte du rock protéiforme. Mon écoute du premier album de glass beach (2019) remonte un peu pour que je m'amuse au jeu des comparaisons, mais quoi qu'il en soit on retrouve ici l'esprit échevelé, le mélange des genres et une énergie explosive qui fait des ruptures l'élément essentiel qui guide l'écriture des morceaux. Et si, au premier abord, on se prend surtout l'énergie emo en plein face, de même que les influences électroniques (peut-être ce qui différencie le plus you are an angel de glass beach), on découvre petit à petit toute la richesse de l'écriture des chansons et on attend avec une certaine curiosité la prochaine rupture de ton qui amènera la musique dans des contrées inattendues, Il y a ainsi quelques morceaux de bravoure, à l'image d'industry qui débute sur des sonorités de jeu vidéo, puis ralentit avant de repartir sur des élans emo-pop pour se conclure sur des arpèges calmes et mélancoliques. Cette versatilité est vraiment le point fort de l'album. La dynamique de l'ensemble a quelque chose d'imparable, et les éventuels pires côtés - parfois poussés à leur paroxysme (comme ses sonorités électroniques très particulières, ou le rythme effréné) - sont constamment dynamités et contrebalancés par des idées plus mélodiques et une générosité, une énergie euphorisante, le morceau kate said étant le plus parfait exemple de ce mélange étrange et original, où folie et douceur s'amusent au jeu des chaises musicales.
Marathon (2026)
Sortie : 27 février 2026 (France).
Album de Maria BC
Annotation :
Indie Folk / Psychedelic Folk / Slowcore / Avant-Folk
Marathon est un album folk aux ambiances slowcore et crépusculaires, qui peut sembler aride au premier abord. Toutefois, Maria BC arrive à faire beaucoup avec peu, et transforme le rythme en pointillé des morceaux en errances introspectives suspendues qui propulsent Marathon dans la sphère d'un ambient folk intense et prenant, audacieux et réussi d'un point de vue sonore. L'album est régulièrement parcouru de sonorités étranges, voire expérimentales, qui lorgnent par moment vers le drone, et malgré ces excroissances sonores perturbantes, l'ensemble dégage une vraie cohérence artistique : on est ici plus pour le voyage sonique, que pour la beauté mémorable des mélodies, ce qui n'empêche pas la musique d'être régulièrement belle, grâce à une production très claire et lisible et la voix sensible de Maria BC (qui peut rappeller Beth Gibbons selon les morceaux). En fait, Marathon est un album doté d'un univers sonore envoutant qui semble parfois se perdre dans ses errances (quelques morceaux d'à peine plus d'une minute semblent créer des passerelles sonores dispensables) mais qui arrive pourtant toujours à retrouver le fil de son propos, l'exigence de ses atmosphères étant constamment contrebalancée par la pureté et le magnétisme avec lesquels les morceaux sont sculptés.
Event Beat (2026)
Sortie : 27 mars 2026 (France).
Album de Holy Fuck
Annotation :
Neo-Psychedelia / Indietronica / Alternative Dance / Krautrock / Dance-Punk Revival
J'ai découvert Holy Fuck avec Deleter, leur précédent album sorti en 2020 (déjà ! une éternité), et ce fut une bonne surprise à l'époque : je me rappelle m'être dit que c'était de l'electro excessive, voire épuisante, et en même temps je ne cessais d'y revenir, attiré par un magnétisme et une énergie accrocheuse, puissante et un peu dingue. J'ai été forcé de l'admettre, presque malgré moi : c'est tout simplement le genre de musique electro que j'aime. Même si je n'arrive pas toujours à expliquer pourquoi, tant le genre peut aussi bien m'horripiler que m'enthousiasmer. Cela ne se calcule pas, c'est une sensation que j'éprouve à l'écoute de la musique, de manière imprévisible. Il faut croire que je perçois chez Holy Fuck une énergie débordante, incarnée, qui dépasse le simple assemblage de rythmiques et de sons synthétiques. La musique des canadiens est bourrée de vie, d'idées sonores, de visions et d'atmosphères qui témoignent d'un amour du son et des rythmes, ce qui se confirme clairement sur ce nouvel album. Les morceaux éclatent, et la production est vraiment fantastique, avec un son de basse hyper régressif et des arrangements, des couches qui se superposent, une saturation réjouissante et un plaisir communicatif à habiter le spectre sonore, pour mieux le déserter et le rompre sans ménagement. Et puis, surtout, plus personne ne fait des albums pareils. Cette science de l'electro dansante, psychédélique, entraînante, percutante par ses rythmiques hypnotiques et entêtantes par ses atmosphères lysergiques, s'est complètement perdue ces dernières années. On est plus dans un trip fin des années 2000, début 2010. On peut évidemment penser à du LCD Soundsystem, même si la musique de Holy Fuck est plus perchée et lunaire. Event Beat n'est pas un album particulièrement remarquable, il est juste incroyablement satisfaisant.






























