Cover Alejandro Jodorowsky - Commentaires

Alejandro Jodorowsky - Commentaires

Dans le registre de la fantasmagorie absconse, du délire sous hallucinogènes, des univers totalement perchés où se dessinent des parcours occultes, Jodorowsky peut prétendre à une place de choix. Si l’on est pas réfractaire aux expériences bien chtarbées, son cinéma peut s’avérer assez passionnant par sa profusion visuelle, sa liberté de ton et sa radicale originalité.

Mon top :

1. La montagne sacrée (1973)
2. Santa sangre (1989)
3. El topo (1970)
4. La danza de la realidad (2013)
5. Poesia sin fin (2016)

Liste de

5 films

créée il y a presque 12 ans · modifiée il y a environ 9 ans
El Topo
7.1

El Topo (1970)

2 h 05 min. Sortie : 17 décembre 1975 (France). Western, Fantastique

Film de Alejandro Jodorowsky

Thaddeus a mis 7/10.

Annotation :

C’est Leone dans l’univers apocalyptique de "Mad Max", se dit-on d’abord devant les aventures sanglantes de cet ange exterminateur bardé de noir, qui répand des traînées de mort dans un désert où ne s’exprime plus que le sadisme d’une humanité résiduelle. Puis se développe une initiation métaphysique, les épreuves traversées dessinent une quête morale aux étapes relativement limpides – faute, remords, rédemption. Le tout s’achève de façon rageusement nihiliste. Jodorowsky cultive le mauvais goût, le baroque, l’outrance des situations, l’incongruité des images, les associations insolites, les symboles et les clés à déchiffrer. La force cette fable allégorique sur la poursuite d’un idéal au sein de la barbarie tient à sa rigueur de conception et à la cohérence d’un univers fascinant d’étrangeté.

La Montagne sacrée
7.5

La Montagne sacrée (1973)

La montaña sagrada

1 h 49 min. Sortie : 15 janvier 1974 (France). Aventure, Fantastique, Expérimental

Film de Alejandro Jodorowsky

Thaddeus a mis 8/10.

Annotation :

Film-monde à multiples entrées et couches diégétiques, qui déborde d’idées hallucinatoires et permet au cinéaste de démonter à plaisir tout son barda ésotérique. Est-ce une critique cinglante des rêves de puissance (géniale bataille d’iguanes entre incas et conquistadors) ? Une allégorie spirituelle sur la quête de l’immortalité, qui passe par la renonciation, le dépouillement et l’illumination ? Une mise en abyme de l’illusion cinématographique, comme l’explicite le pied de nez de la conclusion ? Le spectacle sous acide ne ressemble en tout cas à rien d’autre, et parvient à stimuler sans relâche l’œil, l’oreille et l’esprit, par son humour décapant, ses imprévisibles relances plastiques et narratives, ses trouvailles visuelles, ses anecdotes en forme de fables, le foisonnement de ses formes et de ses couleurs.
Top 10 Année 1973 :
http://lc.cx/AUH

Santa Sangre
7.6

Santa Sangre (1989)

2 h 03 min. Sortie : 31 mars 1993 (France). Drame, Épouvante-Horreur

Film de Alejandro Jodorowsky

Thaddeus a mis 8/10.

Annotation :

C’est l’histoire d’un jeune homme bien cintré du ciboulot, traumatisé par le drame qui colora son enfance en rouge sang et incapable de se détacher de la relation fusionnelle qui le lie à sa mère manchote et tyrannique. Un "Psychose" jodorowskyen où se coagule tout un amalgame de mythes chrétiens latino-américains, de références diverses ("Freaks", "Les Mains d’Orlac"), d’images cauchemardesques déversées par un robinet d’hémoglobine dans un univers maladif qui secoue les neurones autant qu’il impose une fascination lourde, morbide, entêtante. Certes le réalisateur a la main freudienne un peu lourde mais son bazar expressionniste atteint à une vraie folie (les funérailles de l’éléphant), à une horreur psychologique remarquablement figurée, à une touchante et douloureuse poésie de l’innocence sacrifiée.

La Danza de la Realidad
7.1

La Danza de la Realidad (2013)

2 h 10 min. Sortie : 4 septembre 2013. Biopic

Film de Alejandro Jodorowsky

Thaddeus a mis 7/10.

Annotation :

À 84 ans, malgré une longue période passée loin de la caméra, le réalisateur est resté le même. Ses images extravagantes sont indissociables de ses films antérieurs : armée vociférante de manchots et de culs-de-jatte, pluie de sardines convoitées par des mouettes et des pestiférés, mère opulente qui ne s’exprime qu’en vocalises, père vendeur de dessous et stalinophile convaincu… Les longueurs, le sabir vaguement new age, le trop-plein parfois excessif n’empêchent pas l’inventivité et la joie de filmer de s’épanouir. Récit initiatique mêlant la vérité autobiographique au fantasme, cette chronique baroque est comme le "Amarcord" de son auteur : même réverbération déformée des joies et terreurs de son enfance, mêmes rêveries poétiques, même univers foutraque, surréaliste et enchanté.

Poesía sin fin
7.2

Poesía sin fin (2016)

2 h 08 min. Sortie : 5 octobre 2016. Biopic, Drame, Fantastique

Film de Alejandro Jodorowsky

Thaddeus a mis 6/10.

Annotation :

Ce second volet d’un psyché-voyage introspectif procède d’une démarche similaire de transfiguration. Là encore il s’agit d’extraire du réel un équivalent fantasmatique que l’hypertrophie visuelle de l’artiste, son goût très particulier de la beauté, son refus obstiné de toute forme consensuelle de douceur ou d’harmonie éprouvent continuellement au contact de l’outrance et de la surcharge. Ode parfois naïve à la création et à l’imaginaire, à la marginalité et à la liberté, entreprise aux vertus manifestement libératoires où Jodorowsky règle quelques comptes personnels (avec son père surtout), le film s’égare parfois dans des errances injustifiées mais s’affirme par une effervescence fellinienne, une singularité bariolée que les images très pigmentées de Christopher Doyle rendent toujours stimulantes.

Thaddeus

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