Année 2026: Films (commentaires)
61 films
créée il y a 6 mois · modifiée il y a 2 joursL'Accident de piano (2025)
1 h 28 min. Sortie : 2 juillet 2025. Comédie
Film de Quentin Dupieux (Mr. Oizo)
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
Premier film de 2026, qui figurait depuis longtemps dans la liste des films à voir en priorité. Si retrouver Dupieux et ses fantaisies est toujours agréable et réussit systématiquement à décrocher un sourire, il y a ici un côté plus nihiliste que véritablement loufoque. Le personnage principale de Magalie est bien sûr insupportable, caractérisé par les "je m'en fous" qui démontre tout le cynisme de sa démarche "artistique". La critique des réseaux sociaux qui en résulte reste cependant assez convenue et sans saveur, dans une fin en mode murder party qui l'est tout autant. Sympathique mais sans plus.
Running Man (2025)
The Running Man
2 h 13 min. Sortie : 19 novembre 2025 (France). Action, Aventure, Science-fiction
Film de Edgar Wright
Backdrafting a mis 5/10.
Annotation :
Beaucoup trop long pour son propre bien, le film noie son scénario de survival qui aurait pu être intéressant dans des moments prévisibles et horriblement clichés: l'homme qui lance la révolution mais qui lui veut juste sauver sa famille, les méchants systématiquement vaincus, des courses-poursuites sans saveur et sans tension, le héros au grand cœur mais constamment énervé, les fusillades qui ne touchent jamais... Le côté "too much" et l'univers dystopique fonctionnent plutôt bien, mais le héros est terriblement antipathique. En rajoutant des effets spéciaux moches, l'espèce de verve un peu cringe d'Edgar Wright et le message global complètement cynique ("contre les corpos!", crient des gueux avec des panneaux pendant tout le film, entre deux placements de produit pour Monster et Puma). Très fade, archétypale et assez malhonnête.
Le Président (2010)
1 h 38 min. Sortie : 15 décembre 2010 (France). Politique
Documentaire de Yves Jeuland
Backdrafting a mis 8/10.
Annotation :
On suit Georges Frêche dans sa campagne pour une élection régionale. J'ai pu lire une critique qui parlait d'un ogre qui avale tout sur son passage: j'ai trouvé l'image très bonne. Le type est absolument imbuvable, mange grossièrement et ne possède absolument aucune idée: seuls comptent ses adversaires et ses lubies (les statues de Lénine et Mao, oskour), tant pour lui que pour les gens qui l'adulent. Le socialisme ne veut plus rien dire, il n'y a que la bête politique qui s'en fout, qui veut juste être élu et conserver son statue. Un excellent film sur la starisation de la vie politique française, pour le pire, et très intéressant pour voir le politique interagir avec les siens (communicants, conseillers, etc.)
Hunger Games - La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur (2023)
Hunger Games: The Ballad of Songbirds and Snakes
2 h 37 min. Sortie : 15 novembre 2023 (France). Action, Aventure, Drame
Film de Francis Lawrence
Backdrafting a mis 4/10.
Annotation :
Plusieurs choses qui ne vont pas du tout dans ce film. Si l'idée de voir un Snow jeune et les Hungers games des débuts, complètement claqués dans un arène minuscule, est intéressante, tout cela est noyé dans une marée de défauts et de niaiseries terribles.
- La méchante principale, qui ne joue clairement pas dans le même film avec ses serpents
- L'actrice principale, qu'on veut absolument faire chanter, qui joue mal et qui a toujours le visage bien propre même après un combat sanglant
- Le anti-héors qui retourne sa veste dans les 10 dernières minutes
- Les fonds verts infâmes et que ne donnent jamais l'impression d'un quelconque décor réel
- L'histoire d'amour forcée au possible
Valeur sentimentale (2025)
Affeksjonsverdi
2 h 14 min. Sortie : 20 août 2025 (France). Drame, Comédie
Film de Joachim Trier
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
Une semaine après le visionnage, je n'en garde pas un souvenir très vivace. L'ambiance calme et subtil d'Oslo a toujours quelque chose d'envoûtant, surtout dans cette maison de famille nichée au cœur de la ville, remplie d'histoire et qui est palpable. Mais je ne sais pas, je n'ai pas réussi à pleinement m'investir dans les dramas de cette famille privilégiée, avec un père cinéaste qui offre des séquences "hollywood" qui me semblent hors de propos (interviews, Netflix et tout le blabla). Le choc des deux mondes m'a semblé assez artificiel et centré sur lui-même, comme une comédie française embourgeoisé, avec les larmes à la place des rires.
Point limite (1964)
Fail-Safe
1 h 52 min. Sortie : 25 février 1965 (France). Drame, Thriller
Film de Sidney Lumet
Backdrafting a mis 7/10.
Annotation :
La mise en scène extrêmement classique et austère m'a un peu laissé de côté, mais la tension construite alors que l'on alterne simplement entre des gens au téléphone et un vieil écran fonctionne quand même terriblement bien. La réflexion sur la dangerosité des armes et les décisions terribles d'un président, qui décide de bombarder sa propre ville, sont également deux aspects réussis. Il y a plusieurs éléments qui rendent la situation inéluctable (les pilotes refusant les ordres, le jeu de confiance avec les Russes, le professeur qui veut à tout prix saisir le moment comme une opportunité de gagner la guerre), et qui soulignent d'autant plus l'absurdité du moment. La discussion de fin entre Russe et Américain, et le "au revoir mon ami", est poignante. Mais je garde la même sensation qu'avec 12 hommes en colère: presque trop parfait, trop maîtrisé, trop calculé pour réellement faire ressortir quelque chose.
28 ans plus tard - Le Temple des Morts (2026)
28 Years Later: The Bone Temple
1 h 49 min. Sortie : 14 janvier 2026 (France). Épouvante-Horreur, Thriller
Film de Nia DaCosta
Backdrafting a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Excellente surprise après ne pas avoir été très convaincu par le premier opus de "28 ans plus tard il y a quelques mois". Ce dernier se présentait comme un film post-apo assez sérieux, où émergeaient des éléments plus "surréalistes", comme le docteur et ses constructions étranges, la bande à Jimmy ou l'humanité retrouvée des zombies. Mais ces éléments tombaient comme des cheveux sur la soupe sur un film aux thématiques classiques et lourdes propres au genre. Ici, la tendance est inversée et fonctionne beaucoup mieux. En faisant de la bande à Jimmy et du docteur ses personnages principaux, le film embrasse cette folie surréaliste et rappelle par touche qu'elle n'est que le symptôme d'un monde horrible tombé en perdition. Si la mort d'un membre de la bande à Jimmy est accueillie avec hilarité, la torture de pauvres gens qui n'avaient rien demandé est particulièrement horrible et souligne cette incursion de la folie dérangée dans la tentative de reconstruction. Je ne suis toujours pas fan de la thématique de l'humanité enfouie chez les zombies, mais la relation entre le docteur et Samson est drôle et suscite la curiosité. Ajoutons le Jimmy principal, particulièrement réussi, et certaines séquences musicales mémorables (Iron Maiden), et on a un film vraiment réussi et un des meilleurs films de zombies.
47 Ronin (2013)
1 h 58 min. Sortie : 2 avril 2014 (France). Action, Aventure, Fantasy
Film de Carl Erik Rinsch
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
C'est loin d'être aussi scandaleux que ce qu'on avait pu me prédire. Quelques jours après son visionnage, je n'en garde bien sûr pas un souvenir transcendant, notamment au niveau du scénario particulièrement cliché. Le méchant est tout de noir vêtu, la dame éplorée amoureuse du héros au grand coeur mais que personne ne considère. J'ai cependant bien apprécié le petit souffle d'aventure , très année 2010, qui traverse le film. On chevauche dans de grands paysages, on découvre des endroits maudits (comme ce très beau port de bateaux enchevêtrés) et si l'ennemi principal n'est pas très réussi, sa "side-kick" sorcière qui se transforme est esthétiquement très réussie. Et les effets spéciaux n'ont pas à rougir. Un joli emballage pour une coquille vide.
Le Procès Goldman (2023)
1 h 56 min. Sortie : 27 septembre 2023. Drame, Historique, Policier
Film de Cédric Kahn
Backdrafting a mis 5/10.
Annotation :
J'ai rarement vu un film aussi pédant. Deux choses m'ont particulièrement dérangées. Sur la forme tout d'abord, avec ce jeu très théâtral. Je ne sais pas s'il s'agit d'un choix d'écriture, de jeu d'acteur ou de reconstitution historique, mais ce ton m'a constamment laissé en dehors du film. D'autant plus que certains acteurs, comme le juge, ne sont vraiment pas très bons et particulièrement monocordes dans leur intention. J'avais vraiment l'impression de voir une pièce de théâtre pas très bien jouée, d'autant plus qu'avec le sujet, on n'est pas loin de la pièce obligatoire à aller voir au collège, dans une démarche de sensibilisation historique. J'ai d'ailleurs eu la vilaine impression - et c'est pour moi le deuxième grand défaut - que le film est très nombriliste sur son sujet: un débat très "français", sur un sujet polémique et ressassé dans certaines milieux politiques parisiens de gauche, et finalement très stérile tant dans son sujet que dans sa démarche cinématographique figée. J'ai eu le sentiment que cela ne s'adressait qu'à ceux qui s'intéresse à l'histoire de la gauche française des années 60-70, en l'élevant comme un contexte historique majeur alors qu'elle n'agite finalement plus que les réflexions de certains milieux très autocentrés. Un film très universitaire, très théorique, qui manque la "big picture" et le recul nécessaire.
Hollywoodgate (2023)
1 h 29 min. Sortie : 2024 (États-Unis). Guerre
Documentaire de Ibrahim Nash’at
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
Le sujet est vraiment très intéressant - comment les Talibans se sont peu à peu appropriés le matériel américain laissé l'abandon - et les images sont inédites. On découvre véritablement l'envers du décor de ce pouvoir, et son ridicule par moment (la séquence de calcul), même s'il tente de montrer ce qu'il veut bien montrer. Ce dernier point crée cependant une certaines problématiques: on n'arrive pas bien à dire à quels moments les types sont réellement en train de travailler, où quand ils se mettent simplement en scène pour espérer que ces images servent leur propagande. Difficile donc de démêler le "vrai" du faux, et surtout de mettre le tout en perspective des gens qui subissent cette nouvelle domination. Même si le réalisateur ne pouvait pas filmer les civils qui subissent cette situation (on a vaguement quelques plans), se détacher un peu des talibans, avec des interviews, des analystes, auraient permis d'offrir d'autres perspectives et davantage développer le propos du film. Cela aurait été à mon avis préférable face à ces trop nombreuses séquences où le chef marche juste sur le tarmac d'un aéroport et qui sont répétées ad nauseam.
Minecraft, le film (2025)
A Minecraft Movie
1 h 41 min. Sortie : 2 avril 2025 (France). Aventure, Comédie, Fantastique
Film de Jared Hess
Backdrafting a mis 5/10.
Annotation :
C'est un film pour enfants avec capacité d'attention réduite. Dans le même genre, je le trouve pas moins pire que KDA, quoique que les chansons sont meilleures dans ce dernier. Le côté second degré constant fonctionne assez bien (heureusement on évite rapidement l'envie de nous ressentir quoi que ce soit) et certaines blagues ont bien marché sur moi (notamment le personnage de Momoa). Les effets spéciaux sont encore corrects, surtout pour les cochons-zombies, qui montrent que ça aurait été beaucoup mieux comme film d'animation. L'incrustation des vrais acteurs est en effet tout le temps infecte. C'est criard et con, mais pas plus scandaleux qu'un autre. La mini pointe de nostalgie et le fait que tout le monde crache allègrement dessus participent aussi certainement à ma clémence.
Les Oubliés (2015)
Under sandet
1 h 41 min. Sortie : 1 mars 2017 (France). Drame, Historique, Guerre
Film de Martin Zandvliet
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
Une première heure vraiment réussie: en s'attardant sur ces jeunes allemandes devant déminer les plages danoises en 1945, le film place sa caméra sur une histoire méconnue. La tension du premier vrai "déminage" est extrêmement bien rendue, avec cette part d'aléatoire horrible qui mène à la mort. La relation entre le sergent/surveillant et ses jeunes sacrifiés, avec l'autorité qui s'érode face à la compréhension, fonctionne bien aussi. Dans sa deuxième moitié, le film tombe cependant dans les travers du genre: la figure d'autorité qui se prend peu à peu d'affection pour son groupe de renégats, une super autorité sans cœur (le capitaine danois), l'émancipation finale et prévisible (retour au pays avorté, puis permise par la figure d'autorité qui s'émancipe elle-même de la super autorité). Tous les ingrédients sont là, qui ne sont pas sans rappeler un drame français où deux mondes que tout séparent finissent par se rassembler. Et je devrais faire une liste un jour des films historiques qui se finissent sur des statistiques blanches sur fond noir. Bref, un début solide pour un dénouement sur des rails et une écriture de personnages et d'intrigues finalement assez clichée.
Presence (2024)
1 h 25 min. Sortie : 5 février 2025 (France). Drame, Épouvante-Horreur
Film de Steven Soderbergh
Backdrafting a mis 4/10.
Annotation :
Je n'ai vraiment pas compris la hype. Le fait d'adopter le point de vue du fantôme part d'une plutôt bonne idée, mais en résulte une sorte de théâtre filmé en grand angle, très artificiel. À aucun moment je ne me suis senti immergé, car je voyais le réalisateur bouger sa caméra devant les acteurs. Ces derniers participent d'ailleurs grandement à l'ennui que j'ai éprouvé devant le film: je n'y croyais pas une seule seconde, car tous (mis à part peut-être la personnage principale) sont tous caricaturaux au possible: la mère névrosée obnubilée par son travail, le fils prodige méchant avec sa sœur, le petit copain machiavélique, le père débordé. J'ai trouvé ça assez mal joué. Je n'ai rien ressenti, mis à part de l'ennui devant un exercice de style très grossier.
Willow (1988)
2 h 05 min. Sortie : 2 novembre 1988 (France). Fantasy, Aventure
Film de Ron Howard
Backdrafting a mis 5/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Esthétiquement, le film est vraiment magnifique. C'est la quintessence de l'esthétique fantasy des 80s, avec des paysages et des décors absolument magnifiques (alliant naturel et dessins), dans lequel on chevauche vers de grandes aventures. À ce niveau-là, le film ne manque pas de souffle épique. Cet aspect est contrebalancé par le personnage joué par Val Kilme, qui apporte une touche plus légère bienvenue. Il est très drôle, oscillant entre le héros, le paumé et le brigand. Mais au-delà de ça, je trouve le reste terriblement niais. Le méchant avec son crâne de mort n'a aucun charisme et la méchante est horriblement surjouée. Le personnage principal de Willow est aussi assez niais et franchement pas très bien joué... Mais le pire reste le seule personnage féminin du film, fille de la méchante, qui embrasse le héros au bout de 2 min et qui ne va servir qu'à être le love interest sans lâcher trois répliques. Tant dans ses effets spéciaux, sa niaiserie, sa magie résumé à une baguette et trois formules et le traitement douteux de son personnage féminin, on sent que le film a 40 ans.
Sirāt (2025)
1 h 55 min. Sortie : 10 septembre 2025 (France). Drame, Road movie, Aventure
Film de Oliver Laxe
Backdrafting a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Il y a vraiment quelque chose d'envoûtant dans l'ambiance de ce film, avec cette techno qui rythme l'avancée des véhicules au cœur du désert brûlant. Je me suis vraiment demandé tout le long du film comment ils avaient filmé tout ça, tant les conditions ont l'air vraiment difficiles. Mais il s'en dégage un sentiment de vrai, une immersion total sur ces routes poussiéreuses foulées par leurs seuls camions rouillés. J'aurais presque voulu un peu plus de séquences musicales. Bien sûr, la coupure nette du milieu du film m'a vraiment choqué: on change complètement de registre, pour se retrouver sur quelque chose de beaucoup plus tragique. C'est d'ailleurs un défaut du film: la fin en bain de sang, presque comique dans sa répétition, m'a laissé circonspect. Je n'ai pas compris ce que le film voulait me dire: on a beau vouloir lâcher prise, on se fait quand même exploser par les grands conflits? Un peu bizarre comme message. Mais le plan final dans le train était de toute beauté.
Vice-versa 2 (2024)
Inside Out 2
1 h 36 min. Sortie : 19 juin 2024 (France). Animation, Aventure, Comédie
Long-métrage d'animation de Kelsey Mann
Backdrafting a mis 8/10.
Annotation :
J'avais presque lâché une larme devant le premier, qui m'a vraiment beaucoup plu. Et forcé de constater que ce numéro est très réussi aussi. Il y a peut-être un peu moins l'effet de surprise, mais les nouvelles émotions et les combinaisons avec les anciennes fonctionnent à merveille. L'embarras et l'anxiété retranscrivent très bien les émotions du quotidien, comme cette salle à dessins qui ne projettent que les pires scénarios dans l'esprit de la jeune fille. Un excellent film, pleins de bonnes idées et à l'animation soignée.
Bugonia (2025)
1 h 59 min. Sortie : 26 novembre 2025 (France). Comédie dramatique, Science-fiction, Thriller
Film de Yórgos Lánthimos
Backdrafting a mis 8/10.
Annotation :
Peut-être les conditions très agréables dans lesquelles le film a été vu joue aussi sur la note - journée de vadrouille, anniversaire, café chaud sous la couette -, mais de manière globale, ce "Bugonia" était une expérience très sympa. La situation de base est assez drôle et montre bien ce qu'un complotisme exacerbé peut donner lorsqu'il pourrit un cerveau à la base intelligent. Le personnage de Jesse Plemons a fait des simulations de vaisseau, est devenu un spécialiste de son propre délire. L'imprévisibilité de film en fait sa grande force. Je le trouve également esthétiquement très réussi, rendant les décors (notamment cette maison perdue en campagne, ce sous-sol mal éclairé et l'intérieur de la maison surchargé) très beau et admirablement mis en scène. C'est un très beau film. Il reste également toujours entre l'absurde et le sérieux (notamment sur les thématiques abordées): j'avais presque peur que le côté absurde soit totalement embrassé, ce qui est le cas à la fin.
Punch-Drunk Love - Ivre d'amour (2002)
Punch-Drunk Love
1 h 35 min. Sortie : 22 janvier 2003 (France). Comédie dramatique, Romance
Film de Paul Thomas Anderson
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
Le film est esthétiquement sublime, tant dans ses couleurs que sa mise en scène et ses mouvements de caméra complexe et sophistiqué. Rien n'est laissé au hasard, tout est inventif et minutieusement pensé. Malheureusement, j'ai trouvé l'histoire pas des plus intéressantes (tant pour son histoire d'amour et que cette partie avec les arnaqueurs téléphoniques) et je trouve le brouhaha du film beaucoup moins bien maîtrisé que dans "One battle after another". Pourtant, les mêmes ingrédients sont là: musique répétitive, personnage paumée qui tourbillonne dans un environnement décalé. Mais là, ça en devient assourdissant dans tous les sens du terme, et le personnage de Adam Sandler m'était vraiment antipathique, avec sa mauvaise fois, son côté bêbête et ses accès de colère imprévisible.
Alexandre (2004)
Alexander
2 h 55 min. Sortie : 5 janvier 2005 (France). Action, Aventure, Biopic
Film de Oliver Stone
Backdrafting a mis 7/10.
Annotation :
Quelques jours après le visionnage, je reste sur ma première impression: j'ai globalement passé un bon moment. J'ai vu le film dans sa dernière version (sur quatre), la "Ultimate Cut", qui dure 3h30. Les grands moments "péplum" n'ont pas à rougir, dans dans leur ampleur que dans leurs effets spéciaux. Les batailles donnent véritablement la session de combat au bout du monde, entre des armées complètement différentes, dans un quête complètement vaine de gloire. Le film m'a fait voyagé, et les nombreux "pratical effects" du début des années 2000 n'y sont pas pour rien, de même que la musique de Vangelis. Il y a un côté crédible et palpable qui m'a beaucoup plus. Le poids des années 2000 pèsent aussi cependant sur plusieurs aspects. Au-delà de la DA des génériques qui est vraiment très représentative de son époque, c'est surtout le côté psycho-dramatique qui est particulièrement présent et qui m'a laissé plusieurs fois sur le côté. On passe beaucoup de temps à explorer la psychologie d'Alexandre, sa foi, sa relation avec ses parents, dans des scènes de dialogue longues et très tragiques, qui s'étalent dans des réflexions peu intéressantes sur le destin, les dieux, la gloire, l'amour, etc. Le tout avec des plans de caméras très resserrés, qui ne rendent pas justice aux décors magnifiques qui ont été construits. J'aurais voulu davantage voir l'administration, l'économie, la gestion de cet empire, qui auraient aussi révélé des failles humaines. Là, ça me semble terriblement mélo pour rien.
Chien 51 (2025)
1 h 46 min. Sortie : 15 octobre 2025. Thriller, Drame, Science-fiction
Film de Cédric Jimenez
Backdrafting a mis 5/10.
Annotation :
Chien 51 souffre à mon avis d'une vision très "adolescente" de la SF, en tout cas d'un manque assez criant d'imagination et de volonté de sortir des carcans habituels. Hormis quelques jolies plans de Paris dévorés par les gratte-ciels, on la droit aux grands classiques du genre: drones, IA, écrans holographiques, commandes à la voix, technologie bleutée aux sons "informatiques", bas-fonds "néonnés" et décadents, le groupe de dissidents (au demeurant assez ridicule avec ce Louis Garrel monolithique). Du côté du film "d'enquête", on retrouve les classiques du flic bourru, de la team forcée de collaborer mais qui s'entendent bien à la fin, de la prostituée qui a des infos, etc. Chien 51 n'est jamais vraiment original, même s'il offre parfois, au détour d'un dialogue ou d'une scène, quelques jolies moments de construction de monde et de personnage. Mais tout cela est noyé dans le fade, voire le franchement pas bon, notamment dans les dialogues, qui sonnent souvent faux, et les situations artificielles (le ministre en personne qui vient mettre à pied une policière, c'est assez risible). Le montage, très nerveux dans les scènes d'action, ne m'a pas vraiment convaincu non plus. Et finalement, au niveau du message, on ne se mouille pas trop: pas de remise en question des "zones", c'est juste la méchante IA qui s'est rebellée.
Nuremberg (2025)
2 h 28 min. Sortie : 28 janvier 2026 (France). Historique, Drame
Film de James Vanderbilt
Backdrafting a mis 4/10.
Annotation :
La marvelisation de l'histoire... Nuremberg est assez vite extrêmement gênant tant sa mise en scène rappelle le pire des films de super-héros. À la fin du visionnage, on a l'impression d'avoir vu la même histoire que d'habitude, avec un skin Deuxième Guerre mondiale. Nous avons le héros (un Rami Malek jamais convainquant, qui surjoue le cool et le type plus malin que les autres), le méchant (Russel Crow en Göring, pas trop mal portraitisé et qui est le seul intérêt du film), la figure respectée mais trop sage (le procureur américain qui gagne grâce à l'aide du héros), les rencontres le soir à la lumière des phares, la musique de préparation au combat, l'accent mis sur l'importance de la famille (que ce soit celle de Göring ou celle du traducteur), une légère love story qui dégénère, la transition à twists, avec le "tout va mal" au "tout va bien" en fin de film, avec la mise à pied du héros contre qui tout s'érige. Bref, pour un film au sujet grave, rempli de potentiel, sur lequel on a déjà fait beaucoup mieux, c'est vraiment dégoulinant d'américanisation, avec tout ce que ça a de gênant, d'aseptisé et de prévisible - le film est en effet très sage et fait pour les écoles. Un symptôme intéressant est visible dès le début du film: Rami Malek est impressionné de rencontrer bientôt Hermann Göring, mais demande ensuite un long listing de ses fonctions et titres, comme s'il ne les connaissaient pas avant (listing bien sûr dédié au spectateur)... Artificiel et didactique.
Les Dieux du stade (1938)
Olympia 1. Teil - Fest der Völker
1 h 55 min. Sortie : 20 avril 1938 (Allemagne). Sport
Documentaire de Leni Riefenstahl
Backdrafting a mis 5/10.
Annotation :
Certes, pris comme pur document historique (à la fois cinématographique et politique), le film est intéressant. Mais pour moi, ce sont davantage les commentaires qu'on peut en faire et les tendances qu'il illustre qui font tout son intérêt. J'avoue m'être profondément ennuyé devant cette série d'épreuves olympiques mis bout à bout, entrecoupées de plans sur la foule qui ne représentent certainement en aucun cas les réactions réelles des spectateurs. Novateur du point du cinéma (mais aujourd'hui, cela semble banal), témoin de la folie des grandeurs nazie (mais le film ne nous apprend pas grand chose de nouveau à ce niveau là), intéressant sportivement (de voir de quoi étaient capables les meilleurs dans chaque discipline), le film manque pour moi de renouvellement sur ses plus de 2h. Et ce n'est pas l'introduction et ses ennuyeux travellings sur des ruines qui auront changé mon impression.
Retour à Silent Hill (2026)
Return to Silent Hill
1 h 46 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Épouvante-Horreur
Film de Christophe Gans
Backdrafting a mis 4/10.
Annotation :
Après avoir joué au jeu l'année passée et sachant l'aura culte qu'a acquis le premier film au fil des années, j'étais quand même curieux de savoir ce qu'allait donner cette adaptation très libre de Silent Hill 2. En résumé: c'est vraiment pas terrible. Contrairement à ce que j'ai pu lire dans certaines critiques, je ne trouve pas que le film essaie à quelques moment que ce soit de se poser et instaurer une ambiance. C'est dommage, car les environnements sont plutôt réussis, de allées brumeuses de la ville et à la rouille crasse des couloirs de l'hôpital. Malheureusement, les très nombreux angles de caméra adoptés et le montage très "cut" ne rend pas justice à ce travail. De nombreux choix esthétiques douteux ponctuent également le film: les effets spéciaux sur les monstres sont vraiment dégueu, de même que les scènes de flashback dans le vrai monde, qui en plus d'être niaises, ont cette éclairage fake digne des pires téléréalités. L'élément qui a été pourtant pour moi rébarbatif, c'est son personnage principal. Je l'ai trouvé très mal joué, souvent dans le surjeu, tant dans ses moments d'étonnement (où il semble complètement ahuri), que dans ses moments ténébreux extrêmement gênants. La panique est également complètement surjouée, avec sa respiration exagérée. Bref, on y croit pas une seconde et l'aspect "cheap" de l'ensemble est d'autant plus ressenti. Dommage, surtout que l'idée était d'entrée dans la psyché d'un personnage torturé...
La Disparition de Josef Mengele (2025)
Das Verschwinden des Josef Mengele
2 h 16 min. Sortie : 22 octobre 2025 (France). Drame, Biopic, Historique
Film de Kirill Serebrennikov
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
J'ai été dans un premier temps séduit par la proposition de mise en scène, avec ses angles choisis dans la profondeur et les plans séquences très élaborés. L'enchevêtrement de différentes temporalités (début de la fuite au Brésil - dans la ferme avec les Hongrois - solitude en Argentine avec son fils) permettent de se faire répondre les différentes périodes de la vie de Mengele. Deux aspects m'ont malheureusement laissés en dehors: si la mise en scène du premier tiers laissait entrevoir un traitement du sujet tout en retenu et "raffiné", j'ai trouvé l'ensemble assez putassier. D'abord la séquence à Auschwitz en couleur, qui m'a semblée démonstrative et peu utile, et très moderne alors que son format tente de recréer les images en couleur du quotidien nazi qui nous sont parvenues. Ensuite, la manière de présenter Mengele. Constamment éructant et énervé, ou frustré sexuellement, il ne semble qu'obnubilé par sa condition et la grandeur perdue de son pays. Si c'était un être parfaitement infâme, un film souhaitant montrer sa lente déchéance aurait également gagné à le montrer plus "normal", dans son quotidien, et pas constamment vociférant sur la géopolitique et les juifs. On perd la banalité du mal, pour simplement se concentrer sur le mal, de manière peu subtile. Le film reste en effet assez didactique en appuyant constamment sur l'infâmie du personnage (et de ses cercles), de manière assez répétitive.
Hundreds of Beavers (2022)
1 h 48 min. Sortie : 30 octobre 2024 (France). Action, Aventure, Comédie
Film de Mike Cheslik
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
L'inventivité de la proposition est assez impressionnante et m'a fait rire à plusieurs moments. La première partie, où le héros est confronté à toutes les (non) règles de ce monde, m'a cependant plus parlé que la deuxième partie, qui raccroche les rails d'une histoire et d'une aventure plus classique. Même si ça ne ressemble à rien d'autre que j'ai pu voir, le film m'a cependant semblé souffrir de sa longueur et devient parfois un peu trop répétitif. Quelques excellentes blagues et souvenirs, mais qui sont diluées.
La Femme de ménage (2025)
The Housemaid
2 h 11 min. Sortie : 24 décembre 2025 (France). Thriller
Film de Paul Feig
Backdrafting a mis 5/10.
Annotation :
Cinématographiquement, il y a vraiment zéro intérêt: c'est filmé comme un téléfilm du dimanche soir ou comme une série lambda, et tout ne se repose que sur l'histoire et le sex-appeal de Sydney Sweeney. Si je connaissais pas déjà le twist principal, l'expérience des deux premiers tiers aurait été d'autant plus désagréable: c'est une simple redite de Fifty Shades of Grey, avec un amour interdit torride à faire lever les yeux au ciel, sur fond de Taylor Swift enivrée. Heureusement, le dernier tiers vire dans un côté davantage "revenge movie", ou film de genre assez plaisant et divertissant. Même si à aucun moment cette histoire ne semble se dérouler dans notre réalité (tant au niveau des dialogues que des réactions des personnages), la fin un peu moins convenue sauve cette proposition qui reste quand même assez bof.
Sin City (2005)
2 h 04 min. Sortie : 1 juin 2005 (France). Fantastique, Film noir, Sketches
Film de Robert Rodriguez, Frank Miller et Quentin Tarantino
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
Je ne sais pas si l'on peut mettre en cause un visionnage fragmenté sur plusieurs jours, mais je ne garde pas beaucoup de ce Sin City en mémoire. Divertissant dans sa proposition de plusieurs petits courts-métrages se situant de la même ville, le côté "over the top" m'a semblé quand même très sage et peu marquant (hormis quelques antagonistes, comme le bonhomme jaune ou ce Benicio Del Toro sans barbe). Je pense que le film, respectivement le comics, ont eu tellement d'influences que le voir aujourd'hui ne fait pas du tout l'effet de l'époque: des villes crasses un peu décadentes, on a vu beaucoup depuis et Sin City peine à se démarquer dans un paysage aujourd'hui saturé. Les excès d'hier ne sont que les tropes principales de ce qu'est devenu le film noir / cyberpunk. Je pense également que le désamorçage du côté sombre, à la fois dans l'humour relativement présent et les décors presque cartoonesque parfois (le parc de dinosaures), m'a rappelé un petit côté Marvel/pop, où rien finalement ne compte vraiment et où les émotions sont finalement assez factices.
Hamnet (2025)
2 h 05 min. Sortie : 21 janvier 2026 (France). Biopic, Drame, Historique
Film de Chloé Zhao
Backdrafting a mis 8/10.
Annotation :
Certainement l'un des meilleurs films sur le deuil parental, porté par une actrice exceptionnelle et des enfants tout aussi bons. Visuellement, le film est également magnifique (entre les intérieurs boisés et les plans larges sur la forêt) et instaure une ambiance "cottage core" qui me parle beaucoup. Le film propose également de grands moments, comme cette main tendue à l'acteur de théâtre en fin de pièce ou le dernier regard de l'enfant à sa mère avant de passer l'arche noir vers la forêt. Une vraie expérience émotionnelle, qu'un deuxième visionnage ne me ferait je pense pas vivre. La certaine lenteur de l'ensemble, ainsi que la clair coupure entre le "tout va bien" et le "tout va mal", un peu trop appuyée, n'en fait pas un film que j'aurais envie de revoir dans un futur proche.
Les Rayons et les Ombres (2026)
3 h 19 min. Sortie : 18 mars 2026. Drame, Historique, Biopic
Film de Xavier Giannoli
Backdrafting a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Je ne peux que saluer la proposition de base: un film de 3h15, sans action, centré sur la glissade d'un pacifiste œuvrant aux bonnes relations entre la France et l'Allemagne vers la collaboration avec l'occupant nazie, dans un festival d'argent, de luxe et de convictions piétinées. Prenons les points positifs tout d'abord: le parcours du personnage de Jean Dujardin, admirablement interprété, est passionnant et suit sa trajectoire tout en nuance. Trop pacifiste, trop mou, trop collabo: ce n'est pas un méchant de film, mais un pauvre type. L'amitié avec Otto Abetz, qui suit la même déchéance, apporte également une perspective très intéressante et met en lumière les jeux de pouvoir en Allemagne. Ces deux personnages et les scènes qui y sont consacrées jouissent en général d'une retenue et d'une subtilité bienvenue. J'ai eu un peu plus de peine avec le personnage de Corinne, par qui toute l'histoire est racontée. Ce procédé de la voix-off, très scolaire pour un film historique, ne m'a pas tellement convaincu, de même que son personnage, beaucoup plus tragique et "cinématographique". C'est par elle que passent les scènes plus lourdingues et larmoyantes, qui sur- expliquent sur fond de violons la dramaturgie de l'ensemble. La deuxième partie finit en effet par tourner un peu en rond, répétant des motifs de manière automatique, notamment cette tuberculose fortement appuyée. De manière générale, j'ai le sentiment que ça manque un peu de silence, de non-dit, de regards. Le film est pachydermique (dans le bon comme dans le mauvais sens du terme). Dernier détail qui m'a fait tiquer: je ne comprends pas cette volonté de toujours étalonné les films d'époque avec ce filtre qui rend tout gris/vert. Dommage, surtout dans cette ambiance de Paris décadente, faite de fêtes colorées et de dorures de salon.
If I Had Legs I'd Kick You (2025)
1 h 53 min. Sortie : 22 mai 2026 (France). Comédie dramatique
Film de Mary Bronstein
Backdrafting a mis 6/10.
Annotation :
Le film nous fait suivre un maman dont l'enfant est atteinte d'une maladie inconnue, et qui ne gère absolument pas la situation. L'instabilité du personnage principale est bien retranscrite, avec la proposition assez radicale de ne presque jamais se détacher de son visage. Tout devient extrêmement anxiogène, car on se se sépare jamais d'elle: elle est le centre de tout et aucune prise de recul est possible. Le procédé est très sympa dans un premier, mais son côté systématique fini par lasser, les situations se ressemblent et le film finit par tourner en rond. L'arrivée de père en fin de film relance un peu l'intérêt, mais n'est malheureusement pas assez développé. J'ai été aussi perturbé par le ton employé: autant le film est tragique dans ses thèmes et l'incapacité du personnage à trouver une porte de sortie, autant plusieurs séquences (comme les séances avec son psy, ou la séquence du hamster écrasé) lorgne du côté de la comédie, sans vraiment l'assumer. Un mélange qui n'a pas forcément plu.

































