Cover Année 2026: Livres (commentaires)
Liste de 13 livres créée il y a 6 mois · modifiée il y a 12 jours
La Compagnie
8.2

La Compagnie (2002)

Le Grand Roman de la CIA

The Company

Sortie : 1 mai 2004 (France). Roman

livre de Robert Littell

Backdrafting a mis 5/10.

Annotation :

Aïe, dommage de commencer l'année sur une déception. Un grand roman historique d'espionnage sur la CIA et ses travers, avec un regard "en coulisse", avait pourtant de quoi me plaire. Pourtant, ça n'a pas pris. Après 250 pages sur 1200, j'ai décidé de jeter l'éponge. Même à l'erreur d'écrire ces lignes, je n'arrive toujours pas vraiment à identifier ce qui a cloché. Bon, symptôme d'une lecture qui ne me passionne pas, j'ai avancé plutôt lentement et n'ait pas ouvert le roman chaque soir. Résultat: garder une vue d'ensemble des nombreux personnages (souvent avec un nom de code), des lieux et des temporalités a été très difficile. J'ai trouvé ce début de roman touffu et confus. La confusion a été d'autant plus présente que je trouve la construction globale hachée: un retour à la ligne peut autant notifier d'un simple détail que d'un saut temporel d'une semaine. Un drôle de choix de construction qui nuit à mon sens à la lisibilité. Ajoutons à cela les très nombreuses références historiques, mais surtout de la culture américaine, façon King, et le roman a achevé de me perdre dans ses méandres. Bien sûr, il soulève des points intéressants, comme ce jeune agent qui réprouve la collaboration de la CIA avec un ancien SS. Mais ces petits détails historiques, au lieu de me fasciner et de renforcer mon immersion, m'ont au contraire sorti du récit, comme des anecdotes mis bout à bout pour montrer son érudition, sans jamais aller au bout de la chose. L'aspect "fresque historique" m'a finalement semblé plus tenir de la section "Controverses" d'une page Wikipédia. Si je n'ai pas réussi à m'investir dans l'histoire et la trajectoire des personnages, c'est aussi finalement à cause de l'écriture qui fait le choix de montrer des gens cyniques, constamment dans la blague, comme si rien n'avait d'importance, des joueurs au bon mot assez insupportables. Peut-être cela décrit la réalité. Mais ce trope, qui revient dans beaucoup d'œuvres d'espionnage sur la guerre froide, a tendance à me courir sur le système.

L'Épée brisée
7.7

L'Épée brisée (1954)

The Broken Sword

Sortie : 14 novembre 2014 (France). Roman

livre de Poul Anderson

Backdrafting a mis 6/10.

Annotation :

Après avoir retrouvé cet ouvrage dans de nombreuses listes et recommandations de mes éclaireurs, je m'étais décidé à en faire ma prochaine lecture fantasy. Ce fut la croix et la bannière pour l'obtenir, "L'Épée brisée" n'étant finalement pas très connue. J'avais pu avoir un premier contact concluant avec son auteur l'année dernière dans le recueil de nouvelles consacré à Tolkien. Je me réjouissais donc beaucoup de cette lecture, d'autant plus qu'elle était alors vendue comme un "Seigneur des Anneaux" en plus dark, plus sanglant. Et c'est bel et bien le cas: ce roman de Poul Anderson tient ses promesses dès son introduction, avec un inceste, de la sorcellerie, un accouchement dégueu et l'enlèvement d'un enfant. On suit l'histoire de Skafloc et son double maléfique Valgard, dans une lutte de pouvoir pour le Nord de l'Europe alors peuplé d'elfes, de nains et de trolls. L'histoire est simple, empruntant sa structure aux grandes sagas nordiques, à l'instar de Beren et Luthien. Malheureusement, c'est davantage le ton général du livre qui ne m'a pas convaincu. Le roman est extrêmement dense: on passe de péripéties en péripéties, avec le minimum syndicale en terme de descriptions géographiques et environnementales. Ce dernier aspect se cantonne d'ailleurs bien trop souvent à une évocation redondante de la neige et du froid. Le roman constitue ainsi une fresque épique (et prévisible), dans une narration médiévale qui ne laisse que peu de place à l'instauration d'une ambiance et d'un cadre qui permet d'apprécier toute l'action. On ne s'ennuie pas, mais reste l'impression d'un texte très superficiel et éthéré. Finalement, c'est également le traitement des personnages féminins qui m'a laissé sur le carreau: systématiquement décrites au travers de leurs "galbes", elles demeurent systématiquement éplorées et servent des histoires d'amour aux relents tragiques et pathétiques beaucoup trop appuyés à mon goût.

Histoire de ta bêtise
7.1

Histoire de ta bêtise (2019)

Sortie : 23 janvier 2019 (France). Essai

livre de François Bégaudeau

Backdrafting a mis 8/10.

Annotation :

Comme j'avais pu l'écrire l'année dernière à la lecture de "Psychologie(s)", c'est toujours un plaisir de retrouver la plume de Bégaudeau, qui est définitivement très très bon dans son sens de la formule. Je ne suis pas d'accord avec tout et j'ai trouvé la fin un peu plus "velue", moins claire dans son propos, mais le reste brille par sa clarté et sa simplicité - qui bien sûr cache à certains un moment un peu de simplification. Mais je le vois comme une longue dissertation, comme un sketch en plus réfléchi, humoristique et analytique à la fois. Plusieurs pistes de réflexions sont en effet très intéressantes. Je retiendrai les suivantes, en très simplifiée bien sûr: la volonté d'inclusion de la bourgeoisie comme mise au pas de "l'autre", le "cool", la position morale et "anti extrémiste" qui va de soi, sans réflexion (la bêtise), la marchandisation / optimisation de la vie, la série comme produit culturel "fluide" et sans accroc, la complaisance du "je ne comprends pas...", le rejet de la conflictualité.

Historiciser le mal
-

Historiciser le mal (2021)

Une édition critique de Mein Kampf

Sortie : 26 mai 2021 (France). Essai, Histoire

livre de Florent Brayard, Andreas Wirsching et Adolf Hitler

Backdrafting a mis 8/10.

Annotation :

Un objet historique absolument passionnant, où la richesse documentaire proposé par les historiens n'a d'égal que la pauvreté du propos du texte de base, répétitif et mal écrit. On en retiendra cependant la cohérence du propos, tant dans sa construction que sa survie jusqu'en 1945. Par ses nombreuses explications, cette édition souligne également que le nazisme n'a rien inventé et n'est qu'un agrégat de mouvements déjà bien établis au début du XXe siècle. Je ne suis pas 100% sûr de proposer une paraphrase du propos au début de chaque chapitre, mais de manière générale, les notes de bas de page sont de grande qualité et constitue pour moi un des meilleurs exemples d'édition critique.

Dragon
-

Dragon (2025)

Généalogie mondiale d'un mythe

Sortie : 5 septembre 2025. Essai, Culture & société

livre de Julien d'Huy

Backdrafting a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Le contenu du livre est assurément passionnant: la méthode phylogénétique appliquée aux mythes et à leur évolution permet de dégager les grandes tendances de l'identité du dragon et son voyage au fil des grandes migrations humaines. L'auteur présente en effet des caractéristiques ou des situations originelles (comme le serpent attaquant le nid), et démontre ensuite comme l'observation se transforme en histoire, puis en mythe (combat d'un dragon contre un héros). Décortiquer quelque chose (le dragon) d'acquis par tout le monde, complètement ancré dans notre inconscient pour en déceler l'origine, est une démarche intellectuelle très intéressante. J'ai été un peu moins fan de la forme: le propos n'est pas toujours très clair ou trop vaguement écrit, et peine à saisir les arguments principaux de la démonstration. Certaines chapitres (comme le dernier sur la figure du dragon dans l'imaginaire d'aujourd'hui) se retrouvent à être des listes d'exemples ou d'histoires, desquels on tire un trope général. J'aurais peut-être préféré se concentrer sur certaines manifestations très significatives, et les décortiquer en profondeur.

Les Crimes de l'amour
7

Les Crimes de l'amour (1800)

Sortie : 1800 (France). Recueil de nouvelles

livre de Marquis de Sade

Backdrafting a mis 5/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Il y a vraiment de belles formules qui demandent parfois de relire 2 ou 3 fois la phrase pour être sûr de l'avoir bien comprise. J'en ai cornées quelques-unes ("le plus cruel des tribunaux ne ferait que sécher vos larmes") et repris un petit texte sur mon profil qui m'a bien fait rire dans sa chute. Mais au-delà de certaines tournures très élégantes, j'ai trouvé le tout terriblement désuet et ennuyeux. Les différentes nouvelles suivent toujours le même schéma avec une situation plus ou moins heureuse (dont on devine que ça sera pire ensuite), et la révélation finale enrobée de larmes et de pathos tragique. Souci supplémentaire: tous les retournements sont complètement tirés par les cheveux et se ressemblent, à coup de "en fait c'était ma soeur!", "en fait c'était mon fils". Des révélations très "théâtre du XVIIIe", qui m'ennuient profondément. Très peu de contextualisation et de descriptions: comme dans de véritables contes, on alterne entre une avancée purement narrative et des considérations, que j'ai trouvé peu intéressantes, sur l'amour et la vertu. Ennui profond, avec parfois quelques fulgurances.

Désertion
7

Désertion (2026)

Sortie : 8 janvier 2026. Roman

livre de François Bégaudeau

Backdrafting a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Je dirais que cette écriture est la véritable antithèse de Jaworski: pas de grands effets, de vocabulaire élevé, de sonorités et de textures recherchées. Et pourtant, ça me parle énormément. Comme pour l'amour, on est face ici à une écriture qui glisse, qui mélange pensées et faits dans un mouvement qui laisse entrevoir toute la complexité d'un être humain (ici Steve), sans ressorts narratifs visibles (ou points de bascule). En plus d'aborder des personnages et des parcours rarement représentés, le livre ne cherche pas de grandes causes et de grandes tendances: les événements, les relations, tissent au fur à mesure les différentes étapes de la vie de ces deux frères. L'écriture est toujours aussi drôle, avec des répétitions sur les mots qui fonctionnent toujours très bien: "ça n'avait finalement pas d'importance. ça avait de l'importance." Cela permet, à travers la syntaxe, de faire transparaître les tensions internes à l'esprit, dans des situations scolaires, familiales, voire même militaires, qui me parlent beaucoup. Un excellent témoin de son époque, avec des références multiples, sans jugement. La première phrase l'illustre bien: 11 septembre et Star Academy se côtoient, dans un rapprochement qui affirme que le deuxième a plus d'incidence sur la vie de Steve que le premier.

La bête du Gévaudan, l'innocence des loups
7.6

La bête du Gévaudan, l'innocence des loups

Sortie : 3 janvier 2001 (France). Culture & société

livre de Michel Louis

Backdrafting a mis 4/10.

Annotation :

Si le livre offre une bonne vision d'ensemble sur tous les événements qui constituent l'affaire de la bête du Gévaudan, ainsi que de l'historiographie jusque dans les années 2000, on est loin d'un travail historique parfaitement honnête. L'auteur, qui n'est pas historien mais propriétaire de zoo, a une thèse bien précise: les loups n'attaquent pas les hommes et ne peuvent pas être à l'origine des attaques de la bête. Il développe donc une théorie faite d'armure de sanglier et de dressage par un noble sadique. Déjà là, on peut déjà rigoler. Mais c'est surtout le ton du livre qui est parfaitement insupportable: une suffisance constante contre les "historiens rationalistes", dont l'auteur se moque et dénonce les partis pris et le manque de rigueur, ânonnant que lui a la vérité car il connaît les bêtes. Ce livre est pour moi l'archétype d'une enquête réalisée par un vieux monsieur très sûr de ses convictions, s'improvisant historien parce que connaisseur sur un sujet, mais dont la méthode est au mieux questionnable, au pire complètement discréditée par son mépris du travail des autres. À fuir.

Notre déni de guerre
-

Notre déni de guerre (2026)

Sortie : janvier 2026. Essai

livre de Stéphane Audoin-Rouzeau

Backdrafting a mis 9/10.

Annotation :

Ce court essai confirme le talent de l'historien Stéphane Audoin-Rouzeau pour saisir les objets qu'il traite: je pense que ce livre, qu'il ait raison ou qu'il se trompe, sera un merveilleux exemple de textes pour illustrer l'état d'esprit de notre période et l'inconnu dans lequel le monde semble s'être lancé. Je retiendrai quelques réflexions:
- La thèse principale du livre: le déni de guerre, bien présent dans les sociétés occidentales, l'effacement du fait militaire tangible, alors que les médias et l'école (échec des historiens?) en parlent énormément. Comme si la guerre était devenue un objet de fiction.
- La critique de l'impossibilité d'une guerre globale en raison de la mondialisation et des intrications économiques (pacifisme économique): 1914 est un exemple saillant d'une guerre déclenchée sans prendre en compte la rationalité économique, car on pensait alors qu'elle serait courte. L'économie n'empêche pas la guerre, surtout lorsque des présupposés et des convictions idéologiques la supportent. La guerre en Iran est un exemple saillant.
- L'Ukraine a perdu et nous sommes dans un déni de défaite : une réflexion intéressante sur quand l'histoire considérera que l'Ukraine avait perdue. Cela va-t-il se confirmer? L'avenir nous le dira.
- Ce n'est pas parce qu'on ne désigne plus d'ennemi à abattre, que l'ennemi ne va pas le faire lui-même.

Le Monde nazi
8.7

Le Monde nazi (2024)

1919-1945

Sortie : 19 septembre 2024. Essai, Culture & société, Histoire

livre de Johann Chapoutot, Christian Ingrao et Nicolas Patin

Backdrafting a mis 9/10.

Annotation :

Toujours extrêmement bien écrit, complet, une œuvre "totale" (dont on déplorera gentiment une fin plus axée sur l'essai et les notes de bas de page en fin de livre). Quelques thèses que je retiens:
- L'accession des nazis au pouvoir n'était en rien inéluctable: les élites de droite ont préféré tenter l'expérience nazi. Les nazis ont ainsi gagné par les urnes (propagande), la rue (violence et intimidation) et les élites.
- Une idéologie de la biologie raciste et de la peur face aux ennemis (race juive) et aux "dégénérésances" de la race humaine (Slaves et handicapés): c'est eux ou nous.
- L'implémentation de la violence des tranchées dans la politique: ce sont d'ailleurs massivement d'anciens combattants et de "petits bourgeois" qui votent pour les nazis (peu de chômeurs)
- Chapitre passionnant sur la dictature de la participation et du bien-être, mobilisation constante, promettant des jours meilleurs, mais où la terreur et la délation ne sont jamais loin
- Caractère progressif de la Shoah


"La longue litanie des guerres et des massacres dus à la douceur universaliste et à la bienveillance humaniste des "vainqueurs du nazisme" prouve assez, tout au long des décennies qui nous séparent de 1945, que le nazisme n'a pas été pensé pour ce qu'il fut: non pas un accident mais la sécrétion la plus cohérente, radicale et conséquentialiste d'une histoire occidentale qui avait créé toutes les catégories mentales et tous les instruments techniques d'une domination du monde et d'une réduction des êtres, des espaces et des choses à des fonds d'énergie et de matière dans lesquels il était loisible de puiser jusqu'à l'épuisement".

Histoire de la construction de l'Europe depuis 1945
-

Histoire de la construction de l'Europe depuis 1945

Sortie : 12 octobre 2011 (France). Essai

livre de Sylvain Kahn

Backdrafting a mis 5/10.

Annotation :

J'avas complètement oublié de le noter et de la rajouter à la liste. Quelques semaines après, le souvenir qu'il m'en reste est vraiment mitigé. Certains chapitres étaient intéressants, comme celui sur la "prise de pouvoir" de l'OTAN sur une idée d'architecture de sécurité européenne propre. Le glissement entre un idéal de paix qui glisse lentement faire un appareil administratif et législatif très contraignant est assez bien retranscrit. Mais de manière générale, ça reste une lecture très aride, d'autant que c'est vraiment très mal écrit, avec plusieurs répétitions et des structures de phrase très simples.

Le Sang de la cité
7.7

Le Sang de la cité (2021)

Capitale du Sud, tome 1

Sortie : 16 avril 2021. Roman, Fantasy

livre de Guillaume Chamanadjian

Backdrafting a mis 6/10.

Annotation :

J'avoue que je me suis un petit forcé à aller au bout et je n'ai jamais vraiment accroché. Peut-être parce que le cadre urbain et étouffant me fait beaucoup penser à "Gagner la guerre", et que le roman souffre donc de la comparaison. Car en effet, contrairement à Jaworsky, ça me paraît très fade. L'écriture est assez plate, avec peu de descriptions, qui sont elles-mêmes je trouve très répétitifs. On y parle des parfums de la ville, de quelques mouvements sur les toits, et voilà. À aucun moment je n'ai eu l'impression d'être dans une ville surchargée, aux multiples embranchements. Les personnages se retrouvent toujours d'une manière ou d'une autre, et n'interagissent qu'entre personnages principaux. Le duc Servaint, l'un des plus puissants personnages de la ville, semble se balade avec toujours les deux personnes nécessaires à l'intrigue, et disposer à parler à Nox. Comme si c'était le simple oncle du coin. Je trouve que ça manque d'ampleur et crédibilité. Peut-être est-ce aussi la faute du personnage de Nox, assez fade et consensuel, toujours valeureux et gentil avec ses amis. Le roman fait très adolescent, est très simple dans sa construction (des maisons avec des noms d'animaux), ses interactions et la succession de ses intrigues. Les méchants sont très méchants, les gentils très gentils, les bizarres très bizarres et les traîtres très mystérieux. Les quelques rares aperçus de la suite de l'univers ne me donneront pas envie de lire la suite.

Les guerres de l'information à l'ère numérique
-

Les guerres de l'information à l'ère numérique (2021)

Sortie : 13 janvier 2021. Essai

livre de Céline Marangé et Maud Quessard

Backdrafting a mis 7/10.

Annotation :

"La guerre d'Europe a commencé": autre livre prétexte de Céline Marangé, en attendant que la fiche SC soit créée.

Un court livre sur le danger que représenterait la Russie pour nos sociétés occidentales, qui offre un bon écho à "Notre déni de guerre" de Audoin Rouzeau. L'auteure avance plusieurs arguments qui montrent qu'il ne faut pas être dupe face à la volonté d'apaisement de Moscou: les structures de pouvoir russes actuelles sont en grande partie héritées du KGB et l'impérialisme est une partie structurante de sa politique internationale. Elle introduit la notion intéressante d'état-civilisation, en opposition à état-nation, le premier justifiant la mise au pas d'autres pays environnants. En soi, ce bouquin ne nous apprend rien de vraiment nouveau: le danger est là et viendra certainement tester l'Europe aux alentours de 2028.

Je déplore cependant que le livre n'offre pas beaucoup de nuance, tant sur le danger indiscutable que sur la malveillance des élites russes. L'Ukraine est quant à elle systématiquement présenté comme héroïque et résiliente. La dichotomie ressort à mon goût trop clairement pour ne pas avoir l'impression, dans certains passages, de lire de la propagande. Mais ça ne change pas que le fond reste pertinent.

On reste quand même assez éloigné d'une démarche historique, malgré les sources en fin de bouquin. On pourra cependant le présenter comme un véritable produit de son époque et d'un état d'esprit à un moment précis: je suis très curieux de voir comment il va vieillir. Car il est déjà presque un peu périmé.

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