Cover Chostakovitch

Chostakovitch

« Il existe plusieurs façons d’écrire la musique. Certains inventent d’abord une mélodie et l’orchestre ensuite. Moi, toute la musique me vient orchestrée. Je l’entends ainsi, avec tous les instruments. J’ai du mal à comprendre que la musique puisse être écrite autrement. » (chostakovitch)

Liste de 16 albums créée il y a 2 mois · modifiée il y a 3 jours
Complete Works for Two Pianos / Sonata no. 2 / Fantastic Dances
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Complete Works for Two Pianos / Sonata no. 2 / Fantastic Dances (2006)

Sortie : 2006 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, Peter Laul et Alexander Sandler

Annotation :

Chostakovitch écrit la Suite pour deux pianos, op. 6 à la mort de son père. Il n'a que 16 ans. Cette œuvre témoigne d'une maîtrise déjà parfaite.

Symphony no. 1 / Symphony no. 7 "Leningrad"
8.2

Symphony no. 1 / Symphony no. 7 "Leningrad" (1989)

Sortie : septembre 1989 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, Chicago Symphony Orchestra et Leonard Bernstein

Annotation :

La symphonie n°1 est achevée en 1925. Il a 19 ans. Au lendemain de la première, il écrit : « cher Basile, ma symphonie a été très bien accueillie, j’ai eu cinq rappels, je suis tellement content, les mots me manquent ». Cette symphonie lui a donné une reconnaissance internationale.

Le Nez
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Le Nez (2004)

Sortie : 2004 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, Orchestre de Chambre de Lausanne, Chœur de l'Opéra de Lausanne et Armin Jordan

Annotation :

1930 : il compose son premier opéra : Le nez, une adaptation de la nouvelle de Nicolas Gogol. Au début on entend une « clownerie », c’est une critique du régime soviétique, une satire de l’état et de sa bureaucratie ou des gens assis à des bureaux écrivent on ne sait quoi et sont payés pour ça. La toute puissante Association des musiciens prolétaires ne rit pas et qualifie l’opéra d’œuvre infantile et gauchiste. Le verdict tombe : interdiction.

Lady MacBeth of Mtsensk
7.7

Lady MacBeth of Mtsensk (2006)

Sortie : 2006 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, London Philharmonic Orchestra, Ambrosian Singers et Mstislav Rostropovich

abscondita a mis 7/10.

Annotation :

Il s'agit d'un opéra sur fond de luttes des classes.

1934 : le réalisme socialiste devient la doctrine du parti. Celui-ci prône une musique édifiante et accessible aux masses. Lady MacBeth of Mtsensk ne répond à aucune de ces prescriptions.

Peu après la première représentation au Bolchoï, Staline a assisté au spectacle et a été horrifié. Il est sorti avant la fin. Dès le lendemain la Pravda écrit : « L’auditeur de cet opéra se trouve d’emblée étourdi par un flot de sons intentionnellement discordants et confus. La faculté qu’a la bonne musique de captiver les masses est sacrifiée sur l’autel du formalisme petit bourgeois. Un jeu qui peut fort mal finir. » L’article n’était pas signé par Staline mais des indices laissent penser qu’i l’a écrit ou au moins inspiré. Chostakovitch a lu cet article : « Le chaos remplace la musique » et pour lui c’était une condamnation à mort. Lady MacBeth est aussitôt interdit.

Cette fois Chostakovitch comprend parfaitement le message. Du jour au lendemain, il devient un paria, vivant dans l’angoisse d’être arrêté. Il a vécu plusieurs années avec une valise sous son lit au cas où le KGB frappe à la porte en pleine nuit. Plusieurs membres de sa belle-famille ont été arrêtés.

Symphony no. 4 in C minor, op. 43
8.4

Symphony no. 4 in C minor, op. 43 (1994)

Sortie : 1994 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, Kirill Petrovich Kondrashin et Moscow Philharmonic Orchestra

abscondita a mis 7/10.

Annotation :

Chostakovitch était un « mort en sursis ». Il est rentré à Leningrad pour la répétition de sa 4e symphonie. Il a récupéré la partition, l’a emportée et la première n’a jamais eu lieu. Connaissant aujourd’hui la nature de cette symphonie, son écriture extrêmement moderne, on comprend qu’il ait renoncé à la présenter. Sinon ça aurait été le coup de grâce. La 4e symphonie est enterrée, elle ne sera jouée que 25 ans plus tard.

Symphony No. 5 in D minor, Op. 47
8.8

Symphony No. 5 in D minor, Op. 47 (1992)

Sortie : 1992 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, Saint Petersburg Philharmonic Orchestra et Evgeny Mravinsky

abscondita a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

• Les artistes sont désormais priés de participer à la propagande stalinienne. Les odes à la gloire de Staline se multiplient. Chostakovitch doit absolument donner des gages au régime. Il tente de composer une musique en apparence plus conforme aux idéaux soviétiques.
Avec la symphonie 5, Chostakovitch adopte une forme classique qui signe son retour en grâce. C’est la symphonie la plus jouée et la plus enregistrée du compositeur. Il déclare à la Pravda : « Je ne peux pas penser à mes futurs progrès en dehors de la structure socialiste et l’objectif que je me suis fixés pour mon travail est de contribuer en tout point à la croissance de notre remarquable pays. »
Une symphonie sur le thème de la lutte entre le bien et le mal et la victoire du bien. Mais quel bien ? Quel mal ?
A la fin de la 5e symphonie, les cordes jouent sur le la, c’est répété 252 fois, martelé. Cela signifie : « je survis, j’ai survécu ! » Le « la » en russe se prononce comme le « moi » = moi, pas vous ! C’est son triomphe : « moi », je ne me soumettrai pas à vous.
La 5e symphonie est applaudie par le public et par les autorités convaincues d’avoir fait plié Chostakovitch.
Réhabilité, il est nommé professeur de composition au conservatoire de Leningrad et de Moscou.

The Complete String Quartets
-

The Complete String Quartets (2024)

Sortie : 5 avril 2024 (France).

Compilation de Dmitri Chostakovitch et Quatuor Danel

Annotation :

Il respire enfin. par prudence, il choisit de se tourner vers la musique de chambre, un répertoire moins contrôlé que la musique symphonique. Il écrit son premier quatuor, op. 49, en 1938.

Il inaugure ainsi un cycle qui va marquer la musique de chambre. Il a alors 32 ans, année de la naissance de son fils Maxime. Le 15e et dernier quatuor a été écrit l’année de sa mort.

Symphony no. 6 / Symphony no. 12
9.1

Symphony no. 6 / Symphony no. 12 (1993)

Sortie : 5 juillet 1993 (France). Classical, Modern

Album de Dmitri Chostakovitch, Koninklijk Concertgebouworkest et Bernard Haitink

Annotation :

Composée en 1939, la symphonie 6 naît dans une période très particulière. Après la condamnation officielle de son opéra Lady Macbeth du district de Mtsensk en 1936, Chostakovitch avait retrouvé les faveurs du régime grâce à sa Cinquième Symphonie. On attendait alors de lui une nouvelle grande fresque héroïque, voire une symphonie consacrée à Lénine. Il abandonna finalement ce projet pour écrire cette œuvre beaucoup plus intime et ambiguë.

D'un point de vue orchestral, la Sixième est remarquable. Chostakovitch y déploie une palette très raffinée : le piccolo, la clarinette en mi♭, le célesta, la harpe, le xylophone et des percussions très variées contribuent à des couleurs tantôt austères, tantôt mordantes. Les bois, en particulier, occupent une place exceptionnelle.

Symphony no. 7 "Leningrad"
8

Symphony no. 7 "Leningrad" (2013)

Sortie : mai 2013 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, Royal Liverpool Philharmonic Orchestra et Vasily Petrenko

abscondita a mis 9/10.

Annotation :

• Juin 1941 : Hitler attaque l’URSS. Patriote convaincu, Chostakovitch s’engage dans le groupe de défense antiaérienne. C’est dans une ville assiégée qu’il poursuit la composition de sa nouvelle symphonie : la 7e symphonie qui évoque le siège de Léningrad.
En 1942, après 330 jours de siège, la 7e symphonie est jouée dans la grande salle de la philharmonie et retransmise à la radio dans toute l’URSS. La ville est bombardée tous les jours. Les lignes allemandes sont à quelques kilomètres de la philharmonie. L’orchestre répète la symphonie, les musiciens sont affamés et les instruments dans un état lamentable. Ce concert entre dans la légende. En 1966, un documentaire soviétique reconstitue l’événement avec les rares musiciens de l’époque ayant survécu. Le siège de Leningrad a fait près d’un million de victimes civiles.
Rebaptisée « Lenigrad », la 7e symphonie va devenir un succès mondial et un instrument de la propagande soviétique.
En 1942, les médias américains à l’unisson des soviétiques, présentent la 7e symphonie comme un symbole du combat contre le fascisme.
La 7e symphonie reçoit le prix Staline. Chostakovitch devient un héros de l’Union Soviétique.

Rayok / Chamber Symphony / Prelude & Scherzo
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Rayok / Chamber Symphony / Prelude & Scherzo (2004)

Sortie : 2004 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, Moscow Virtuosi et Vladimir Spivakov

Annotation :

Après la guerre, Staline impose un contrôle absolu sur la création. Après les écrivains et les cinéastes, les musiciens sont visés à leur tour.

10 février 1948, Andrej Danov, commissaire du peuple à la culture, convoque les compositeurs soviétiques : « Il faut que tous nos compositeurs se transforment et se tournent face à notre peuple. le parti ne soutiendra que la tendance saine, progressive de la musique, celle du réalisme socialiste soviétique. ». Les persécutions recommencent. Chostakovitch voit ses œuvres interdites à nouveau et il est renvoyé des conservatoires de Leningrad et de Moscou. A compter de ce moment, il va mener une double vie artistique. Pour survivre, il crée au grand jour des compositions validées par le régime : cantates, opérettes, musiques de film propagandistes. « Cher Isaac, je meurs de honte. Si tu voulais assister à la première, je te conseille de changer d’avis. Ce n’est pas la peine de perdre ton temps pour être témoin de mon déshonneur. C’est ennuyeux, sans talent, stupide. »

Dans l’ombre, il compose des quatuors, une sonate pour violon et même une cantate satirique, Rayok antiformaliste : critique de l’art officiel qui sera caché jusqu’en 1989. C’est une expression de sa colère contre Danov. Cette œuvre est devenue populaire parmi les dissidents, même parmi ceux qui ne connaissaient pas l’œuvre de Chostakovitch Pour eux, c’était une œuvre symbolique.

Under Stalin’s Shadow: Symphony no. 10
6.7

Under Stalin’s Shadow: Symphony no. 10 (2015)

Sortie : 31 juillet 2015 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, Andris Nelsons et Boston Symphony Orchestra

Annotation :

« J’ai représenté Staline dans ma 10e symphonie, je l’ai écrite juste après sa mort, et personne n’a encore deviné de quoi parle cette œuvre. la 2e partie, le scherzo, est un portrait musical de Staline. ». C’est aussi un portrait de Chostakovitch à travers ses initiales : DSCH. Dans le système anglo saxon, chaque lettre correspond à une note. Les notes de ses lettres sont présentes dans l’œuvre : une façon de dire : « je suis là ».

Un an plus tard, sa femme meurt et Chostakovitch tombe dans le silence, plus une seule note : « Depuis la 10e symphonie, je n’ai pratiquement plus rien composé. Bientôt je me sentirai comme Rossini qui a écrit sa dernièire œuvre à 40 ans et vécu jusqu’à 70 sans écrire une seule note. »

Piano Concerto no. 1 / Piano Quintet / Concertino for Two Pianos
8.7

Piano Concerto no. 1 / Piano Quintet / Concertino for Two Pianos (2007)

Sortie : 1 octobre 2007 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch et Martha Argerich

Annotation :

1953 : Chostakovitch écrit Concertino pour deux pianos (op. 94) pour son fils Maxime, qui avait alors 16 ans.

IL a voulu ainsi motiver Maxime pour jouer des gammes et des arpèges.

L'oeuvre est très souvent jouée aujourd'hui dans les conservatoires et concours de piano en duo.

Ballet Suites 1 & 3, Suites 1 & 2 for Jazz Orchestra
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Ballet Suites 1 & 3, Suites 1 & 2 for Jazz Orchestra (1997)

Sortie : 1997 (France).

Album de Dmitri Chostakovitch, hr‐Sinfonieorchester et Dmitri Georgievich Kitayenko

Annotation :

1956 : Khrouchtchev inaugure une période de respiration..

Une valse que Chostakovitch compose pour le film : Le Premier échelon, traduit l’esprit du temps. Elle fera le tour du monde. C'est la valse n°2

Piano Concertos nos. 1 & 2 / 3 Fantastic Dances / 5 Preludes & Fugues From op. 87
8.3

Piano Concertos nos. 1 & 2 / 3 Fantastic Dances / 5 Preludes & Fugues From op. 87 (1993)

Sortie : 1993 (France). Classical, Modern

Compilation de Dmitri Chostakovitch

Annotation :

En 1958, à Paris, alors qu’il interprète son second concerto pour piano, une douleur soudaine le saisit : « Cher Isaac, ma main droite est bien affaiblie, je ne peux plus jouer que lentement et pianissimo. Je m’en suis aperçu lorsque j’étais en France. Là-bas j’arrivais à peine à jouer pendant les concerts »

Rostropovich Plays Shostakovich
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Rostropovich Plays Shostakovich (2013)

Sortie : 21 juin 2013 (France).

Compilation de Dmitri Chostakovitch, Mstislav Rostropovich, Česká filharmonie, Kirill Petrovich Kondrashin, Symfonický orchestr hlavního města Prahy FOK, Evgeny Fyodorovich Svetlanov et Moscow Philharmonic Orchestra

Annotation :

Chostakovitch multiplie les séjours à l’hôpital, sans résultat. Ses troubles neurologiques sont incurables. Sa musique devient de plus en plus sombre. En 1959, il dédie son premier concerto pour violoncelle à Rostropovitch, son ancien élève du conservatoire du Leningrad et son meilleur ami.

Symphonies nos. 6 & 15 (Live)
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Symphonies nos. 6 & 15 (Live) (2023)

Sortie : 26 mai 2023 (France).

Live de Dmitri Chostakovitch, London Symphony Orchestra et Gianandrea Noseda

Annotation :

Septembre 1960, Kroutchev nomme Chostakovitch à la direction de l’union des compositeurs. Cet honneur implique qu’il adhère au parti, lui qui s’y était toujours refusé. Il était tellement paniqué qu’il s’est enfui à Leningrad pour se cacher, pour ne pas se présenter à la réunion du parti communiste. Il a tout essayé pour se dérober. Mais sa fuite est sans issue. Le lendemain il revient à Moscou et annonce qu’il rejoint les rangs du parti. « il m’arrive souvent de ne pas avoir une minute de temps libre. J’assiste à des réunions, me produit à la radio, écrit des rapports, apparaît dans des films. Bien entendu, il ne me reste alors plus de temps pour composer de la musique. »

Brejnev succède à Kroutchev, la parenthèse de liberté se referme. Une poignée d’artistes et d’intellectuels protestent : Soljenitsyne et Sakharov entrent en dissidence. Chostakovitch, lui ne s’opposera jamais frontalement au régime. Il voulait protéger sa famille et n’avait plus de force. Il reçoit le titre de héros du travail socialiste. « Cher Isaac, j’aurai 62 ans demain. En réponse à la question : « si c’était à refaire, auriez-vous la même vie ? Les gens de cet âge répondent par coquetterie : « bien entendu ! » Pour ma part, si quelqu'un me posait une telle question, je répondrais : « non, non, mille fois non ! » (Chostakovitch)

En 1971, c’est depuis son lit d’hôpital que Chostakovitch se lance dans la composition de son ultime symphonie. Elle évoque les jeux de l’enfance et s’achève par un adieu serein à la vie. A la fin on entend vraiment la mort, lorsque les derniers battements de chœur s’estompent.

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