Éloge du ciné-concert
Contrairement à ce que je m'étais imaginé, le ciné-concert n'est pas la simple projection d'un film sur écran géant ambiancée par la musique jouée en direct depuis la fosse, mais le mariage parfait d'un concert symphonique et d'une séance de cinéma. Les deux sont au centre de l'attention, au service l'un de l'autre. Aucun de prend le pas sur l'autre. Pas de fosse pour l'orchestre donc mais le privilège de jouer, directement sur scène, sous la toile et le feu de projecteurs, la partition du film en parfaite synchronisation avec les 24 images qui se succèdent par seconde sur l'immense écran. Voir un film en ciné-concert c'est la redécouverte d'une œuvre, c'est la voir se réinventer, sous ses yeux. C'est magique et ce, quelque soit le nombre le nombre de fois que vous ayez vu le film au préalable. C'est le vivre plus intensément que jamais. C'est l'ébahissement devant la beauté de la composition et des images et l'harmonie de leur union. Voir un film en ciné-concert c'est vivre une expérience d'immersion totale, reléguant la trois dimension à un simple artifice racoleur et platement malhonnête, et entérinant la composition de musique de film comme un art absolument essentiel à la beauté d'un film.
On en ressort, bouche bée, les jambes cotonneuses, les yeux mouillés, les poils hérissés, et les mains rougies par le tonnerre d'applaudissement réservés aux chœurs, aux musiciens, au chanteuses, aux chanteurs et au chef d'orchestre et à la précision chirurgicale et confondante de leur interprétation. C'est sans doute ce que le cinéma propose de mieux en terme d'expérience.
2 films
créée il y a plus de 11 ans · modifiée il y a plus de 11 ansLa Ruée vers l'or (1925)
The Gold Rush
1 h 35 min. Sortie : 9 octobre 1925 (France). Muet, Aventure, Comédie dramatique
Film de Charlie Chaplin
blig a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
S'il excellait dans la finesse du jeu, du sens du burlesque, du cadre et dans l'intelligence corporelle, Charles Chaplin savait également manier de fort belle manière la hauteur, la durée, l'intensité et le timbre des sons musicaux. La musique de La ruée vers l'or, si elle fut à deux reprises à l'initiative d'autres compositeurs (et pas des moindres), fut en effet composée de sa main (dans la version de 1942 donc) et se révèle être d'une beauté aussi incroyable que surprenante et emprunte tant à Brahms (on reconnaîtra son Intermezzo dans les scènes romantique), qu'à Wagner (son Ô toi ma belle étoile du soir de son opéra Tannhauser évoque la faim), Tchaïkovski (La Belle au bois dormant, évidemment, audible à plusieurs reprises) ou bien-sûr Rimsky-Korsakov dont le rythme effréné du Vol du bourdon image à la perfection la célérité des bourasques de vent de la tempête qui fait rage hors du refuge (et dans également).
Un des plus beaux films du monde magnifié par une musique remarquablement interprétée en direct par une soixantaine de musiciens talentueux et promptement dirigé (version de 1925, avec les panneaux donc et non la voix de Chaplin qu'il a post-synchronisée dans celle de 1942, accompagnée de la musique de la version de 1942). Actuellement la meilleure séance que j'ai eu (contrairement à Gladiator qui se tenait au Palais des congrès, La Ruée vers l'or s'est tenu dans un auditarium flambant neuf, donc consacré à la musique, d'où la qualité sonore expetionnelle).
Gladiator (2000)
2 h 35 min. Sortie : 20 juin 2000 (France). Péplum, Aventure, Drame
Film de Ridley Scott
blig a mis 7/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
De toutes les musiques de films qui ont marquées ma jeunesse, celle de Gladiator est sans aucun doute la plus marquante. Comme le film qu'elle sublime, elle (re)lançait une nouvelle mode, un nouveau souffle dans l'univers cinématographique mondial. Maintes fois copiées mais jamais égalée. S'il ne fallait voir qu'un film en ciné-concert, c'est celui-ci qui ferait l'objet de mon choix. Et quoiqu'on pense de Zimmer, sa bande originale est l'une des plus belles et des plus épiques écrite, utilisant à merveille l'ensemble des talents que compte un orchestre. Ajoutée à cela la voix incroyable de l'australienne Lisa Gerrard et il n'en faut pas plus pour parler de chef d’œuvre musical.
Musique interprétée par l'Orchestre symphonique d’île-de-France et le chœur symphonique d’île-de-France, dirigés par le chef d’orchestre et producteur Justin Freer, et accompagnée par la sublime voix de la non moins sublime Clara Sanabras. Soit plus de 200 artistes sur la scène du Palais des Congrès de Paris.





