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FENNELL Emerald - Critiques & Annotations

Liste de 1 film créée il y a 16 jours · modifiée il y a 10 jours
Hurlevent
5

Hurlevent (2026)

Wuthering Heights

2 h 16 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Drame, Romance

Film de Emerald Fennell

SimBoth a mis 4/10.

Annotation :

(Vu le 04/10/26)

Je ne m'attendais pas à grand-chose étant donné que je n'avais pas aimé "Saltburn", un film que je trouvais ultra cynique et prétentieux. "Hurlevent" témoigne des mêmes défauts en adaptant de façon baroque, anachronique et avec un romantisme exacerbé le célèbre livre d'Emily Brontë. La cinéaste n'a que faire des conflits générationnels (toute la partie sur la génération qui suit Heathcliff et Catherine est tronquée) et sur la transmission que l'on peut apporter, notamment de façon négative, de notre propre personne à la génération d'après.

La cinéaste se concentre davantage sur la violence amoureuse de Heathcliff et Catherine, en voulant en faire un "Roméo et Juliette" du pauvre. Elle construit un monde hybride où se mêlent le gothique revu par Brontë, avec ses paysages rudes et son vent déchirant, l'univers fantasmagorique d'un "Alice au pays des merveilles" et d'un Tim Burton, un mélodrame flamboyant à la "Autant en emporte le vent" et un expressionnisme coloré avec des décors incongrus faits de plastique et de carrelage. Il y a peut-être moins de cynisme et plus de sincérité que "Saltburn", mais l'auteur réitère ses petites manies clipesques et ses successions de vignettes ornementales qui font passer certaines séquences pour une pub de parfum rococo sur fond de musique pop.

Se voulant également sulfureux et choquant, le film vise l'outrance, l'organicité, la sensualité et les métaphores et symboles sadomasochistes, mais cela est assez en surface et donc vain car Fennell résume cette histoire profonde d'un homme et d'une femme vivant une relation où chacun est le miroir de l'autre et de son propre amour-propre en une stérile tragédie qui se rapproche plus d'une dark romance vulgaire et gentiment perverse. Malgré une esthétique assez belle par moments et un duo talentueux, le film n'arrive jamais à trouver la fièvre passionnelle faite de sueur, de crasse et de larme qu'il voudrait atteindre et, puisqu'il n'atteint pas non plus la noirceur suffocante du roman et toute son ambiguïté surnaturelle, le "Hurlevent" d'Emerald Fennell est insignifiant.