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FRANKENHEIMER John - Critiques & Annotations
3 films
créée il y a plus de 4 ans · modifiée il y a 4 moisLe Temps du châtiment (1961)
The Young Savages
1 h 43 min. Sortie : 23 août 1961 (France). Drame, Policier
Film de John Frankenheimer
SimBoth a mis 7/10.
Annotation :
"Le Temps du châtiment" traite de la délinquance juvénile dans la ville de New York et, plus précisément, dans East Harlem, où se mêle une guerre ethnique entre Portoricains et Italiens. Au milieu, Burt Lancaster, en procureur, enquête sur le meurtre d'un aveugle portoricain, assassiné par trois voyous italiens. Le cinéaste questionne la quête morale de cet homme venu de ces quartiers populaires où s'est déroulé le crime. Il n'oublie pas ses origines et, en même temps, il est déterminé à inculper rapidement les trois assassins pour les faire condamner à mort. Mais son enquête va l’amener à douter, à nuancer et à avoir des incertitudes sur le crime.
En effet, Hank Bell est tiraillé entre différents points de vue sur la perception du crime selon la personne qu'il a en face de lui : son patron, qui lui met la pression pour les prochaines élections, sa femme aux idées humanistes, son ex-petite amie qui affirme que son fils n'est pas un assassin, ou encore les chefs de gangs qui ont chacun leurs raisons. Ainsi, "Le Temps du châtiment" parle d'un monde où la sauvagerie a contaminé la jeunesse, mais surtout d'un monde adulte qui se soumet à l'ambition et à l'esprit de vengeance.
Le sujet est traité avec un fort réalisme, mettant en avant un reflet peu reluisant mais crédible du New York des années 1960. Cela accentue la perception ambiguë des événements, notamment dans les scènes de rue, donnant un cachet de l’esthétique du Nouvel Hollywood avant l'heure. Mais le cinéaste oppose un contraste stylistique avec les scènes de violence, comme l'assassinat qui ouvre l'œuvre ou lorsque Hank Bell se fait passer à tabac violemment dans le métro.
Frankenheimer utilise donc une mise en scène brillante avec des cadrages baroques, un montage nerveux, un travail sonore percutant et un rythme tendu qui démontrent toute la fureur des agressions. C'est pourquoi le ton est baigné dans la haine, la violence et la brutalité, faisant écho à un système en plein dysfonctionnement où chacun porte sa part de responsabilité dans l'évolution sociale de la société. La dernière partie, sur le procès des trois criminels, donne une lueur d'optimisme, mais elle est cachée par un pessimisme total sur une vérité : celle que beaucoup ne s'intéressent pas à la vérité et qu'il est difficile de la faire émerger.
Un crime dans la tête (1962)
The Manchurian Candidate
2 h 06 min. Sortie : 23 novembre 1962 (France). Thriller
Film de John Frankenheimer
SimBoth a mis 7/10.
Annotation :
"Un crime dans la tête" est un pur thriller paranoïaque sur la hantise des années 1960, entre ses complots, ses mensonges, ses manipulations et le maccarthysme, avec l'hystérie méfiante du communisme. Frankenheimer réalise une fiction politique très réaliste qui trouble le spectateur grâce à la frontière poreuse entre fiction et réalité. Parallèlement, le film propose de grands moments baroques grâce à une mise en scène audacieuse, permettant de mieux appuyer le malaise, la tension et le cauchemar de cette histoire.
L’œuvre de l'auteur creuse profondément la psychologie de ses personnages, notamment grâce à ce récit torturé sur un soldat de la guerre de Corée, faisant des rêves récurrents à propos de son sergent, qui assassine sa troupe dans une séance d'hypnose surréaliste et absurde. Dans son enquête, il apprend que ce sergent a été le fruit d'une manipulation et qu'il est contrôlé pour assassiner. Avec un sujet pareil, en pleine période de la Guerre froide, Frankenheimer questionne notre rapport à la folie et à l'aliénation. Il filme également un monde cruel et une société pessimiste qui veulent contrôler les pensées et l'opinion publique en lavant le cerveau des gens. Les citoyens deviennent des pions sous l'effigie d'une idéologie qui détruit leur essence, opposant ainsi le conservatisme républicain et le communisme, qui en prennent tous les deux pour leur grade. Le personnage castrateur et machiavélique de la mère en est le terrible exemple : elle utilise son fils pour parvenir à ses fins électorales.
La peur d'être taxé de communiste met en exergue toute l'angoisse du film, que Frankenheimer met en scène avec un grand suspense (le final notamment : Raymond va-t-il tuer lors du congrès le président ou bien sa mère et son beau-père ?). Il parvient à nous intéresser à l'enquête de Marco, de plus en plus complexe et vertigineuse, et le spectateur se demande sans cesse quelle est l'identité du manipulateur et quelles sont ses motivations particulières. Il faut enfin noter qu'un grand cynisme satirique traverse le long-métrage, mais c'est un cynisme noir et glaçant. La façon qu'a Raymond de tuer lorsqu'il est contrôlé met à mal notre approche du destin (nous ne pouvons le contrôler) et, si on le contrôle, il peut devenir tragique.
Le Pays de la violence (1970)
I Walk the Line
1 h 37 min. Sortie : 1 avril 1971 (France). Drame
Film de John Frankenheimer
SimBoth a mis 8/10 et a écrit une critique.




