
Halloween Challenge 2026
Un film horrifique, voire deux, à visionner chaque jour à partir du 1er octobre et ce jusqu'au 1er novembre, pour dignement fêter Samain, fête celtique à l'origine d'Halloween...
La furie des vampires (1971)
La Noche de Walpurgis
1 h 26 min. Sortie : 22 mars 1973 (France). Épouvante-Horreur
Film de Leon Klimovsky
candygirl_ a mis 3/10.
Annotation :
Visionné le 01.10.26 - Blu-ray - VO - Version longue - Découverte
3e long-métrage de la série à propos du personnage de Waldemar Daninsky, que Paul Naschy incarna à 11 reprises entre 1968 et 2004, La Furie Des Vampires reste une œuvre au budget microscopique qui fit néanmoins un triomphe commercial en Espagne l'année de sa sortie. Allègrement pompé sur les vieux films de genre de la Universal (plutôt ceux des années 1940 que ceux de la précédente décennie), La Furie Des Vampires vaut simplement son visionnage pour sa paire de vampirettes toutes mignonettes qui sucent le sang de leurs victimes, semi-consentantes à... se faire sucer (ben vi, c'est le sujet du bouzin). Tout le reste a déjà été vu 1000 fois en mieux dans les productions de la Hammer, sans compter sur le fait que personne ici ne sait jouer la comédie. Une véritable catastrophe mal écrite et mal montée, mais néanmoins plutôt bien réalisée par un León Klimovsky visiblement motivé par autant de vide artistique. Ancien dentiste argentin passionné de cinéma, l'homme s'est spécialisé dans la série B espagnole (western, fantastique, horreur, etc.) malgré l'époque (très) compliquée face au franquisme. Une sorte de parcours du combattant, finalement.
La Nuit des maléfices (1971)
The Blood on Satan's Claw
1 h 37 min. Sortie : 19 juillet 1972 (France). Épouvante-Horreur
Film de Piers Haggard
candygirl_ a mis 8/10.
Annotation :
Visionné le 01.10.26 - Blu-ray - VO - Découverte
© 1970
Suite à l'immense succès de leur production titrée Le Grand Inquisiteur, avec Vincent Price dans le rôle-titre, la Tigon British Film Productions tente de rehausser l'exploit avec La Nuit Des Maléfices qui se voit réalisé 2 ans plus tard. D'abord une œuvre à sketches, dans l'esprit des films de la Amicus de l'époque, dont la structure scénaristique se voit finalement modifié par le cinéaste Piers Haggard lorsque ce dernier se retrouve à la barre du projet. Une métamorphose bienvenue puisque malgré la complexité de la tâche, Haggard rend justice à un genre qu'il nommera lui-même quelques années plus tard comme étant de la folk horror, sous-genre cinématographique et littéraire détournant des éléments folkloriques dans un but horrifique. Par la suite, des films à succès tels que Le Renne Blanc (1952), Le Grand Inquisiteur (1968), The Wicker Man (1973), Pique-Nique À Hanging Rock (1975), Les Démons Du Maïs (1984), Le Projet Blair Witch (1999), Le Village (2004) ou encore plus récemment The VVitch (2015) Midsommar (2019) et Men (2022) furent attribués au genre tandis que La nuit Des Maléfices en reste l'un des précurseurs... Sous l'impulsion d'une adolescente de 17 ans prénommée Angel (incarnée par l'excellente et flippante Linda Hayden), une série d'atrocités (meurtres, viols, etc.) se dévoilent au sein de la campagne anglaise du XVIIe siècle où les paysans restent persuadés que la responsabilité incombe au Diable en personne. Un inquisiteur se charge alors de régler l'affaire... Si le mouvement hippie de l'époque inspire indéniablement le projet, Haggard sait parfaitement se jouer des situations pour nous conduire au sein d'un univers fascinant et encore inédit sur les écrans en 1970. Doté d'un casting hors pair de parfait.es inconnu.es et sublimement mis en scène, La Nuit Des Maléfices reste pourtant un projet mal apprécié de la part des cinéphiles qui lui préfèrent des œuvres bien plus plus secondaires. Le film fera par ailleurs un flop en salles et Piers Haggard se verra principalement cantonné à de la réalisation télévisuelle.
Les Crocs de Satan (1970)
Cry of the Banshee
1 h 31 min. Sortie : 15 décembre 1971 (France). Épouvante-Horreur
Film de Gordon Hessler
candygirl_ a mis 3/10.
Annotation :
Visionné le 02.10.26 - Blu-ray - VO - Découverte
Projet aux origines nord-américaines, le scénario de Cry of the Banshe se voit vendu à Samuel Z. Arkoff qui souhaite produire le film en Angleterre sous le couvert de sa société American International Pictures. Confié à Gordon Hessler, celui-ci fait retravailler le script par Christopher Wicking puisqu'il était censé se dérouler en Irlande où l'Inquisition n'a jamais eu cours. L'action se déroule alors dans l'Angleterre élisabéthaine où Edward Whitman, un magistrat aussi taré que malfaisant, incarné par Vincent Price à l'image du personnage qu'il interprétait dans Le Grand Inquisiteur en 1968, chasse les sorcières de la région. Des femmes innocentes sont ainsi torturées et abattues. Dans les collines se déroulent pourtant, en secret, des sabbats dirigés par Oona, une sorcière à la tête d'une communauté, qui crée un aes sídhe (à l'origine, un peuple surnaturel de la mythologie irlandaise et gaélique écossaise, comparable aux fées, aux elfes ou aux anciens dieux) qui a pour mission d'assassiner Whitman et son clan... 100e film de Vincent Price, le titre original fait allusion aux banshees, créatures surnaturelles de la mythologie celte irlandaise qui a par ailleurs inspiré le nom du célèbre groupe britannique Siouxsie and the Banshees. Le problème reste néanmoins que le mix de toutes ces légendes irlandaises étaient totalement inconnues au sein de l'Angleterre du XVIe siècle. Du coup, l’œuvre reste une sorte de fiction de genre fantastique où des sorts se voient perpétrés via des dagydes en chiffon pour éliminer la famille de Whitman. En France, le film s'intitule Les Crocs De Satan et semble plutôt être apprécié malgré sa naïve nullité. Price en fait inévitablement des caisses, pas grand-chose ne tient la route et je me suis personnellement très vite ennuyée face à toutes les grossières erreurs anachroniques et topographique au sein du script. Il existe néanmoins une version Director's Cut qui se voit offerte en bonus sur le Blu-ray, je la visionnerai un de ces quatre.
I Drink Your Blood (1970)
1 h 13 min. Sortie : décembre 1970 (États-Unis). Épouvante-Horreur
Film de David E. Duston
candygirl_ a mis 6/10.
Annotation :
Visionné le 02.10.26 - Blu-ray - VO - Director's Cut - Découverte
Premier film de l'Histoire du cinéma à être classé X pour sa violence, I Drink Your Blood reste pourtant une sorte de comédie un brin gore dans l'esprit de celles d'Herschell Gordon Lewis. Tout dépend du sens de l'humour du spectateur, finalement. Et le censeur qui a collé un X à l’œuvre ne devait pas partager celui de David E. Duston. Quoi qu'il en soit, Wes Craven a certainement dû voir I Drink Your Blood avant de scénariser La Dernière Maison Sur La Gauche (qui s'inspire également, en matière de trame, de La Source d'Ingmar Bergman) car pas mal de scènes se rejoignent avec ces jeunes psychopathes prônant l'ultraviolence. Ici, le satanisme reste la matière première du culte consacré au mal tout en le doublant de viols, de tortures et de tueries, histoire de s'amuser un peu sous l'effet du LSD. Ça ne vole certes pas très haut mais l'effet Grindhouse reste néanmoins fun, Robert Rodriguez s'étant également inspiré de I Drink Your Blood pour son célèbre Planète Terreur. Non mentionnée au générique de par son très jeune âge (13 ans), Lynn Lowry apparaît ici pour la première fois à l'écran dans le rôle d'une psychopathe muette qui n'hésite pas une seule seconde à intégralement se dénuder. Si les censeurs avaient su son âge, ils auraient certainement interdit l'exploitation de toutes ses scènes. Désormais uniquement visible dans sa version Director's Cut opérée en 2002, I Drink Your Blood reste un délire aussi gore que fun, à l'instar de son titre imposé par la production puisque personne ne boit de sang au cours du métrage. De l'exploitation pure et dure, un brin nawak, à découvrir incontestablement en VO.
Valérie au pays des merveilles (1970)
Valerie a týden divu
1 h 13 min. Sortie : 23 février 1972 (France). Fantastique, Épouvante-Horreur
Film de Jaromil Jireš
candygirl_ a mis 8/10.
Annotation :
Visionné le 03.10.26 - DVD - VOST - Révision
Libre adaptation de Valérie Ou La Semaine Des Merveilles, que le poète surréaliste Vítězslav Nezval rédigea entre 1935 et 1945, Valérie Au Pays Des Merveilles est un merveilleux conte horrifique symbolisant la difficile ascension de l'enfance à l'âge adulte d'une jeune fille de 13 ans dont la pureté adolescente est confrontée à la perversion et à la cruauté de l'humanité. Tout un programme... Freudien sur le fond pour son analyse sexuelle, influencé sur la forme par une certaine mouvance gothique du genre fantastique (Nosferatu -1922 ou encore Le Cauchemar De Dracula - 1958) le métrage réalisé en 1970 par Jaromil Jireš se voit également être un véritable pamphlet anticlérical, mais aussi une allégorie politique doublée d'une critique corrosive sur l'éducation. Utopique et jusqu’au-boutiste, l’œuvre ne lésine pas une seule seconde sur les symboles psychanalytiques et l'onirisme pour constamment promener le spectateur dans les méandres des ambivalences humaines. Car rien n'est uniquement blanc ou uniquement noir dans cette lutte entre le bien et le mal des âmes, mais indéniablement tortueux, chaotique et douloureux. Des tabous tels que la pédophilie ou l'inceste y sont clairement abordés, tout comme les désirs lesbiens non-dissimulés d'une adolescente en pleine découverte d'elle-même, superbement incarnée par Jaroslava Schallerová, âgée d'à peine 14 ans lors du tournage et que Jaromil Jireš, le réalisateur, n'hésite pas à intégralement dénuder sans pour autant se compromettre dans une forme de vulgarisation charnelle. Sublime !
Suceurs de sang (1971)
Incense for the Damned
1 h 27 min. Sortie : 19 juillet 1972 (France). Épouvante-Horreur
Film de Robert Hartford-Davis
candygirl_ a mis 5/10.
Annotation :
Visionné le 04.10.26 - Blu-ray - VO - Découverte
Adaptation du roman britannique Doctors Wear Scarlet, rédigé par Simon Raven et publié en 1960, Suceurs De Sang tente à sa manière de moderniser le thème du vampire, comme le fera Dracula '73 deux ans plus tard. Ici, le vampirisme n'est plus une métaphore de la sexualité mais une pratique sexuelle déviante où les drogues telles que le LSD ou l'acid, très en vogue en ce début de décennie 1970, crée de nouvelles pulsions sexuelles inspirées par le BDSM. Quoi qu'il en soit, la production de l’œuvre fut indéniablement chaotique puisque le tournage démarra en 1969 avant de s'interrompre de par le manque de budget. C'est le producteur lui-même qui, deux ans plus tard, se mit en tête d'achever le travail en ajoutant une longue séquence orgiaque psychédélique, avec entre autre l'apparition de la comédienne française Françoise Pascal, essentiellement réputée pour son rôle dans le morbide et poétique La Rose De Fer, réalisé en 1973 par Jean Rollin, qui incarne ici une partouzeuse défoncée au LSD. Ainsi qu'une fin totalement nawak où l'on élimine les vampires à l'ancienne, à coup de pieu dans le cœur, alors que le thème principal, en terme de sexualité fantasmatique, était totalement différent depuis le début. Reste le casting avec 2 ou 3 apparitions de Peter Cushing et un rôle un brin plus important pour Patrick Macnee. Mais c'est surtout Patrick Mower, déjà vu dans Les Vierges De Satan (1968) et Les Crocs De Satan (1970), qui monopolise l'intérêt en incarnant un gosse de riche éperdument amoureux d'une hippie adepte d'hémoglobine humaine. Une œuvre qui aurait pu être formidable avec un montage bien plus probant et une direction artistique nettement mieux maîtrisée.
Morgane et ses nymphes (1971)
1 h 26 min. Sortie : 17 février 1971. Épouvante-Horreur, Érotique
Film de Bruno Gantillon
candygirl_ a mis 7/10.
Annotation :
Visionné le 05.10.26 - DVD - Révision
Œuvre cinématographique française ultra culte dans de nombreux pays européens, Morgane Et Ses Nymphes reste un film quasi méconnu dans nos contrées où il est d'ailleurs toujours inédit en DVD et en Blu-ray (seule une VHS ayant été vraisemblablement distribuée en son temps par Platinium Vidéo fût à la portée du cinéphile français). Il faut donc paradoxalement se diriger vers l'import pour confortablement visionner le premier long-métrage de Bruno Gantillon, réalisé en 1970. Deux amies vacancières âgées de 20 ans, Françoise et Anna, sillonnent la campagne auvergnate. Confrontées à une panne de voiture, elles passent la nuit dans une grange abandonnée. Au petit matin, Anna a disparu et Françoise se voit guidée par un mystérieux bossu, Gurth, jusqu'au château de l'énigmatique, hautaine et cruelle Morgane. Cette dernière proposera un étrange marché à Françoise : la jeunesse éternelle ou une tragique existence dans le sordide sous-sol de sa demeure... Onirique et métaphorique, ce conte fantastique est une véritable ode à la beauté, à la jeunesse ainsi qu'à l'importante découverte de soi, en l’occurrence ici de l'orientation sexuelle de la principale protagoniste. Françoise va ainsi traverser un véritable chemin de croix intérieur, clairsemé de doutes et d'embûches, qui la guidera à sereinement s'accepter. Tel un Jiminy Cricket fantasmé, Morgane incarne ainsi une conscience sévèrement dominante à la tête d'une communauté sadomasochiste uniquement féminine et saphique. Incontestable OVNI cinématographique, plus ou moins dans l'esprit des films fantastiques de Jean Rollin, Morgane et Ses Nymphes est d'une beauté visuelle fulgurante, magnifiée par la photographie de Jean Monsigny. Le réalisateur, souhaitant que chaque scène soit comparable à la beauté d'un tableau de Léonor Fini, s'est soigneusement attelé à ciseler son œuvre, des décors aux jolis dialogues en passant par la partition musicale tour à tour enchanteresse et ténébreuse de François de Roubaix, camouflé ici sous le pseudonyme de Cisco El Rubio. Les scènes saphiques, relativement nombreuses, sont quant à elles tendres et inspirées. Scènes, pourtant soft, qui ont valu au métrage une radicale interdiction aux moins de 18 ans lors de sa sortie en salles. en début d'année 1971.
Satan, mon amour ! (1971)
The Mephisto Waltz
1 h 50 min. Sortie : 21 juillet 1971 (France). Épouvante-Horreur, Thriller
Film de Paul Wendkos
candygirl_ a mis 6/10.
Annotation :
Visionné le 06.10.26 - DVD - VO - Révision
De par son titre original bien plus pertinent, The Mephisto Waltz était avant tout une série de valses composée par Franz Liszt entre 1859 et 1885 qui inspira le roman de Fred Mustard Stewart qui fut quant à lui édité en 1969. Produit par Quinn Martin (l'homme derrière de célèbres séries des années 1960 et 1970 telles que Les Incorruptibles, Le Fugitif, Les Envahisseurs ou encore Les Rues De San Francisco), The Mephisto Waltz devint un long-métrage qui fit un énorme bide lors de sa sortie en salles. Accusé d'être un honteux plagiat de Rosemary's Baby, réalisé par Roman Polanski en 1968, The Mephisto Waltz ne mérite pourtant pas autant de haine. De par son intéressant casting (Jacqueline Bisset, toute jeune et toute mimi, Barbara Parkins, fabuleuse comédienne et Curd Jürgens, qui se voit décidément attiré par les jeunettes suite à son personnage un brin décalé dans Et Dieu... Créa La Femme), Satan, Mon Amour ! n'est pas le mauvais métrage tel qu'il fut souvent crédité par le passé. Ce n'est certes pas un chef-d’œuvre, mais une intéressante série B plutôt bien réalisée et, surtout, magnifiée par sa géniale et effrayante B.O composée par Jerry Goldsmith. Bref, cela se regarde posément, même si le scénario prend certains raccourcis face à certains faits (le meurtre de la fille de Jacqueline Bisset, par exemple, dont la réaction maternelle reste quasi imperméable). Néanmoins, Barbara Parkins est absolument formidable en adepte sataniste follement amoureuse de son propre père. De par un simple regard de sa part, elle est totalement effrayante.
La Mort marche à talons hauts (1971)
La morte cammina con i tacchi alti
1 h 45 min. Sortie : 26 février 1976 (France). Thriller, Épouvante-Horreur
Film de Luciano Ercoli
candygirl_ a mis 6/10.
Annotation :
Visionné le 07.10.26 - Blu-ray - VOST - Découverte
D'abord producteur d'une trilogie de western italien mettant Giuliano Gemma en vedette, Luciano Errcoli change son fusil d'épaule suite à l'immense succès de L'Oiseau Au Plumage De Cristal de Dario Argento. En ce début de décennie 1970, le giallo, genre amorcé par Mario Bava, va envahir les écrans italiens jusqu'à l'overdose tout en offrant quelques incontestables bijoux cinématographiques. Très rapidement, la compagnie italo-espagnole d'Ercoli façonne Photo Interdite D'Une Bourgeoise (1970), La Mort Marche À Talons Hauts (1971 - également distribué sous le titre Nuits D'Amour Et D'Épouvante en France) et La Mort Caresse À Minuit (1972). Trois œuvres qui se voient réalisées par Ercoli lui-même et qui mettent sa compagne Nieves Navarro, alias Susan Scott de son pseudonyme, en vedette. Une affaire de famille lucrative qui ne restera pourtant pas dans les annales du genre. En hésitant constamment entre le thriller classique et le pur giallo, La Mort Marche À Talons Hauts (plus adroitement titré La Mort Marche En Talons Hauts lors de son édition en Blu-ray via Artus Films) se visionne sans atteindre les sensations ressenties face aux premiers films d'Argento. Le scénario s'égarant au sein d'une galerie de personnages souvent mal exploités (dont le personnage principal se voit assassiné au bout d'une heure de métrage, telle Janet Leigh dans le mythique et génial Psychose d'Hitchcock), l’œuvre en pâtit sérieusement tout en ne plongeant pas, néanmoins, dans la médiocrité la plus facile qui soit. Se déroulant essentiellement en France et en Angleterre, il est amusant de voir tout le monde s'exprimer en italien et s'espionner inlassablement sous forme de voyeurisme pervers. À noter également la présence de l'excellent Frank Wolff, dans le rôle d'un médecin paumé dans les méandres de ses impulsions, qui se suicidera par ailleurs l'année même de la sortie du film à l'âge de 43 ans.
Un papillon aux ailes ensanglantées (1971)
Una farfalla con la ali insanguinate
1 h 39 min. Sortie : 10 septembre 1971 (Italie). Épouvante-Horreur, Policier, Thriller
Film de Duccio Tessari
candygirl_ a mis 8/10.
Annotation :
Visionné le 08.10.26 - Blu-ray - VOST - Découverte
M'attendant à un énième giallo, de plus un brin moyen face aux notes attribuées par la plus grande majorité des spectateurs, Un Papillon Aux Ailes Ensanglantées m'a prise par la main lors de sa découverte pour m'emporter aux confins de son univers atypique. Superbement scénarisée, réalisée et produite, l’œuvre rassemble un excellent casting pour un giallo qui n'en est pas vraiment un tout en s'inspirant allègrement de l'ambiance morbide propre à celle de L'Oiseau Au Plumage de Cristal, réalisé par Dario Argento et énorme succès public en 1970. Auprès de Gianfranco Clerici, futur scénariste des plus grands films de Lucio Fulci et de Ruggero Deodato, Duccio Tessari met en scène un mix de drame psychologique, de polar et de giallo pour essentiellement se tourner vers le film de prétoire où un homme se voit accusé du meurtre d'une jeune étudiante française, amie de sa fille adolescente. Mais au lieu de rester figé sur l'enquête, comme l'aurait d'ailleurs fait Dario Argento, Tessari et Clerici préfère étudier les mœurs de la bourgeoisie italienne qui s'avère être aussi répugnante que nauséabonde. Lorsque d'autres meurtres similaires se voient commis, l'innocence de l'homme arrêté se voit forcément prouvée malgré toutes les preuves qui l'accablent. Qui est donc le meurtrier ?... Avec Helmut Berger, Ida Galli (ici sous le pseudonyme d'Evelyn Stewart), la jeune et excellente Wendy D'Olive (qui a finalement cessé sa carrière cinématographique pour se lancer dans l'étude des OVNI) et Giancarlo Sbragia, Un Papillon Aux Ailes Ensanglantées reste assurément l'un des gialli les plus originaux que j'aie eu à découvrir jusqu'ici de par la très touchante histoire d'amour se terrant derrière l'horreur absolue. Un cas rarissime dans ce type de cinéma, voire quasi unique.
Le Sourire de la hyène (1972)
Il sorriso della iena
1 h 25 min. Sortie : 4 mai 1972 (Italie). Thriller, Épouvante-Horreur
Film de Silvio Amadio
candygirl_ a mis 7/10.
Annotation :
Visionné le 09.10.26 - Blu-ray - VOST - Découverte
Si Stanley Kubrick illustrait l'hébéphilie avec Lolita, adaptation du célèbre roman de Vladimir Nabokov, Silvio Amadio affiche l'attirance éphébophile que certains adultes peuvent ressentir auprès d'adolescents âgés de 15 à 18 ans. Ici, ce sont les personnages incarnés par Rosalba Neri (Magda, une photographe logée chez son amie Dorothy) et Silvano Tranquilli (Marco, époux de Dorothy avec qui il forme un couple libre) qui se voient troublés par l'innocence juvénile de la fille de Dorothy qui vient de débarquer suite au suicide de sa mère. Un récit abordant tout autant l'éphébophilie que le machiavélisme des uns et des autres pour une vie plus sereine, que ce soit en terme de finance et/ou de sentimentalité. Quoi qu'il en soit, il n'y a aucune pitié chez ces gens-là et la bourgeoisie se voit une nouvelle fois décrite comme abjecte et immorale, ce qu'elle semble être concrètement vu l'état de la France actuelle sous le joug macronien. Rosalba Neri est par ailleurs littéralement fabuleuse en incarnant une manipulatrice assassine tombant éperdument amoureuse d'une adolescente... qui n'est pas vraiment celle qu'elle dit être. Un suspens bien mené dans des flots de sentiments pervers où détournement de mineur et manigances putrides se conjuguent ici à tous les temps. Bref, un bon thriller horrifique.
La mariée sanglante (1972)
La novia ensangrentada
1 h 22 min. Sortie : 12 février 1975 (France). Épouvante-Horreur
Film de Vicente Aranda
candygirl_ a mis 7/10.
Annotation :
Visionné le 09.10.26 - DVD - VOST - Découverte
En introduction, la citation "Les bons sont ceux qui se contentent de rêver ce que les mauvais font en réalité" se voit attribuée à Platon alors qu'elle est extraite de l'ouvrage Introduction À La Psychanalyse, rédigé en 1917 par Sigmund Freud. Peu importe, quelque part, puisque Freud s'est énormément inspiré des écrits de Platon pour concrétiser ses travaux. Exactement comme ici où Vicente Aranda s'inspire de la célèbre nouvelle Carmilla de l'écrivain irlandais Joseph Sheridan Le Fanu, parue en 1872. Une littérature qui a d'abord bercé mon adolescence avant de m'y replonger lors de mes années à la fac et que je connais sur le bout des doigts. Avec La Mariée Sanglante, le cinéaste barcelonais Vicente Aranda réinvente Carmilla dans le contexte de la libération sexuelle du début de la décennie 1970, son film étant un drame contemporain dénonçant le patriarcat tout en ayant pour thème central les relations saphiques et le vampirisme. Un sujet en or qui n'a pas pris une ride en 2026 et qui se visionne avec un malin plaisir malgré la victoire masculine finale qui reste, somme toute, toujours d'actualité. Néanmoins, le projet est d'une intelligence relativement rare dans son fond, à l'image de Season of the Witch, réalisé la même année par George A. Romero... Remarquée deux ans plus tôt dans l'excellent La Résidence, réalisé par Narciso Ibáñez Serrador, la jeune comédienne Maribel Martín, âgée de 17 printemps durant le tournage, campe une fabuleuse jeune mariée sombrant rapidement dans le désespoir et s'aliénant avec un spectre, Carmilla Karnstein, la femme d'un ancêtre de la famille de son époux, morte depuis deux siècles dans des circonstances affreuses. Un pur film d'horreur féministe jusqu'au bout des ongles comme l'on en voyait très rarement en Espagne sous la domination franquiste.
Le Couteau de glace (1972)
Il coltello di ghiaccio
1 h 31 min. Sortie : 24 août 1972 (Italie). Policier, Thriller
Film de Umberto Lenzi
candygirl_ a mis 7/10.
Annotation :
Visionné le 10.10.26 - Blu-ray - VOST - Révision
Cinquième giallo réalisé par Umberto Lenzi, Le Couteau De Glace propose de suivre le périple d'une jeune femme traumatisée par le décès de ses parents lors d'un accident ferroviaire où elle survécut tout en devenant muette de par le choc. Dans le rôle, c'est l'impeccable Carroll Baker, star hollywoodienne néanmoins déchue suite à un conflit juridique concernant son contrat avec la Paramount. C'est donc en Italie qu'elle poursuivit sa carrière, alternant divers gialli et autres mélodrames, avant de s'installer en Angleterre. Son personnage dans Le Couteau De Glace est par ailleurs fascinant où elle incarne une sorte de femme-enfant infirme à qui l'on donnerait volontiers le bon dieu sans confession. À ses côtés, un casting en or où Evelyn Stewart, la petite Rosa M. Rodriguez (qui joue également dans La Mariée Sanglante, que j'ai découvert avant-hier), mais aussi Georges Rigaud ou encore Alan Scott, qui mettra un terme à sa carrière 5 ans plus tard, incarnent tout autant des victimes que de potentiels suspects. Un suspens excellemment maîtrisé faisant face à une révélation finale inattendue qui hisse le projet sous les meilleurs auspices du genre. Étrangement, le film reste peu apprécié chez nous, tout en étant assurément l'un des meilleurs parmi la filmographie de Lenzi. Parfois, il ne faut pas chercher à comprendre le jugement du grand public français puisqu'il s'extasie ouvertement face à des daubes littéralement honteuses telles que L'Amour Ouf... Non capisco, comme dit souvent l'une de mes amies d'origine italienne.
Histoires d'outre-tombe (1972)
Tales from the Crypt
1 h 32 min. Sortie : 13 février 1974 (France). Fantastique, Épouvante-Horreur, Sketches
Film de Freddie Francis
candygirl_ a mis 8/10.
Annotation :
Visionné le 10.10.26 - Blu-ray - VO - Découverte
Septième long-métrage de Freddie Francis pour la Amicus, Histoires D'Outre-Tombe fut créé d'après Tales from the Crypt, publiées par EC Comics et William Gaines dans les années 1950. Scénarisé et produit par Milton Subotsky, l'un des dirigeants de la célèbre firme anglaise, le film reste l'une des plus grandes réussites de la Amicus tant de par sa qualité d'écriture que de par son prestigieux casting. Joan Collins, Peter Cushing et Patrick Magee y sont par ailleurs plus qu'excellents et les cinq sketches illustrant les méfaits d'odieux personnages sont littéralement jouissifs de par l'omniprésence d'un humour noir de jais. 10 ans avant Creepshow, réalisé par George A. Romero, Histoires D'Outre-Tombe proposait certainement le meilleur du genre et une suite, titrée Le Caveau De La Terreur, proposa 5 nouveaux sketches issus des comics Tales from the Crypt. Et tout ça bien avant la série du même nom, produite entre 1989 et 1993, qui proposa pas moins de 93 épisodes... Par ailleurs, lors de la 8ème saison d'American Horror Story, Joan Collins s'amuse à reprendre le personnage qu'elle incarne dans Histoires D'Outre-Tombe. Durant l'épisode 7, plusieurs éléments du film se voient ainsi réincarnés : meurtre d'un époux durant la nuit de Noël, annonce à la radio d'un criminel évadé en tenue de père Noël, présence d'une petite fille attendant ses cadeaux (fille dans le film, petite-fille dans la série), etc. Un véritable hommage qualitatif que les scénaristes de la série ont souhaité attribuer à la comédienne ainsi qu'au film horrifique de Freddie Francis.
Morgiana (1972)
Morgiana
1 h 39 min. Sortie : 1 septembre 1972 (Tchéquie). Policier, Drame, Épouvante-Horreur
Film de Juraj Herz
candygirl_ a mis 8/10.
Annotation :
Visionné le 11.10.26 - Blu-ray - VOST - Découverte
Cinquième long-métrage cinématographique de Juraj Herz (l'artiste ayant également dirigé des courts-métrages et des TV films), Morgiana reste une œuvre totalement atypique de par son style ultra baroque. Se sentant défavorisée suite à l’héritage de leur père, Viktoria, tenancière d’une maison de débauche, décide d’empoisonner sa sœur cadette, la belle et vertueuse Klára. Dans un jeu de miroirs hallucinatoires, Viktoria se retrouve face à ses propres délires schizophréniques tandis que Klára se meurt à petit feu... Suite à l'énorme succès de son précédent film, Les Lampes À Pétrole, les producteurs de Juraz Herz lui demandent d'adapter le roman russe Džessi i Morgiana, rédigé par Aleksandr Stepanovitch Grine en 1929, narrant le portrait de deux jeunes filles tout en dépeignant l'âge d'or de la bourgeoisie d'affaires russe juste avant la Première Guerre mondiale. Peu inspiré par l’œuvre originale, Herz et son scénariste revisitent le récit de fond en comble et le métamorphosent en violent conte où une sœur aînée déteste autant sa cadette que le reste du monde. De par la fascination qu'exerce la petite sœur auprès de la gent masculine, ainsi qu'auprès des servantes de la belle résidence qu'elle vient d'hériter, Viktoria hait littéralement sa sœur et cadenasse son propre esprit au sein d'une malveillance cruelle qu'elle éprouve envers le reste du monde. Véritable film d'horreur social, Morgiana effleure le chef-d’œuvre absolu de par sa géniale B.O signée par Luboš Fišer, sa fabuleuse direction photo opérée par Jaroslav Kučera et son actrice principale, prodigieuse Iva Janžurová, qui, en incarnant le double-rôle de Viktoria et de Klára, reste omniprésente à l'écran. Dommage que le scénario fut corrigé par la censure communiste de l'époque et reste assez simpliste malgré toute la folie qui oppresse le récit. Néanmoins, ce type de métrage est suffisamment rare pour trouver une petite place de choix dans mon cœur de cinéphile un brin décalée.
L'Esprit de la mort (1972)
The Asphyx
1 h 39 min. Sortie : 24 avril 1974 (France). Science-fiction, Fantastique, Épouvante-Horreur
Film de Peter Newbrook
candygirl_ a mis 4/10.
Annotation :
Visionné le 12.10.26 - Blu-ray - VOST - Découverte
Directeur de la photographie sur de célèbres films de David Lean (Lawrence D'Arabie, Le Pont De La Rivière Kwaï...), Peter Newbrook s'est essayé une seule et unique fois à la réalisation avec L'Esprit De La Mort, film fantastique n'ayant pas grand chose à voir avec l'épouvante et l'horreur (ne plus jamais faire confiance aux "infos de genre" de SensCritique qui sont souvent mensongers). Pourtant considéré tel un "classique" du genre fantastique, l’œuvre britannique s'est visiblement montée avec 2, 50 £ de budget et n'a pas grand chose à narrer vu que la plupart des scènes sont ultra répétitives. Pourtant, à la base, le sujet reste fort intéressant mais se voit malheureusement traité n'importe comment et avec une froideur d'une inefficacité exemplaire, plongeant ainsi ses spectateurs dans un profond ennui. Doté d'un casting bien plus habitué aux téléfilms qu'aux productions cinématographiques (à part peut-être Robert Stephens que l'on pu voir dans Cléopâtre de Mankiewicz, Roméo Et Juliette de Zeffirelli ou encore la célèbre série Holocauste en 1978), L'esprit De La Mort traite de l'Asphyx, une entité surnaturelle qui apparaît au moment de la mort pour récupérer l'âme des défunts. Traité (très) différemment, cela aurait pu être passionnant dans sa forme comme dans son fond.
Les Yeux de Satan (1972)
Child's Play
1 h 40 min. Sortie : 12 décembre 1972 (États-Unis). Drame, Épouvante-Horreur, Thriller
Film de Sidney Lumet
candygirl_ a mis 8/10.
Annotation :
Visionné le 13.10.26 - Blu-ray - VO - Découverte
Pièce de théâtre titrée Child's Play et écrite par Robert Marasco, ancien professeur au sein d'un lycée jésuite, le spectacle obtint un retentissant succès autant critique que public. Quand le producteur David Merrick approche le réalisateur Sidney Lumet pour qu'il découvre le scénario basé sur la pièce, ce dernier accepte immédiatement et engage Marlon Brando et James Mason pour incarner les rôles principaux. Brando se désiste néanmoins au dernier moment et c'est Robert Preston qui se voit alors engagé. Le tournage débute sous les meilleures auspices, sauf qu'au bout de quelques jours, Lumet s'aperçoit que pas grand chose ne fonctionne malgré l'implication des acteurs. Il achève néanmoins son film, encaisse son cachet et disparaît un temps des radars pour travailler sur Serpico, son film suivant qui sera un succès commercial planétaire. Pour l'heure, le producteur de Child's Play ne sait pas trop quoi faire du film qu'il juge catastrophique tandis que la Paramount, emballée par la présence de James Mason, accepte de le distribuer. L’œuvre fera un véritable flop aux États-Unis tandis que la France grugera ses spectateurs en le faisant passer pour un film d'horreur et en le titrant Les Yeux De Satan. S'il y a bien une (minime) connotation fantastique dans le déroulé du scénario, il n'y aucune trace du Prince des Ténèbres et encore moins de scènes horrifiques... Pourtant, malgré la duperie, le film m'a immensément touchée de par son côté contestataire où la liberté individuelle, notion primordiale et fragile, se voit constamment menacée, voire manipulée, par un individu imbu de sa propre personne au sein d'une Amérique emplie d'idéal. Un absolu qui passe inévitablement par la violence et la duperie dans un établissement scolaire rappelant celui du Cercle Des Poètes Disparus. James Mason, en prof' passionné mais impitoyablement détesté par ses élèves de par son attitude inflexible, reste plus que génial dans le rôle d'un homme affligé... Étrange néanmoins que ce métrage soit, 44 ans après sa sortie, toujours considéré comme un film d'horreur alors qu'il est un duel humaniste qui se joue entre deux mondes, deux philosophies et deux morales. Un peu à l'image de la lutte actuelle gagnant peu à peu la planète entière, tiens. Celle qui se joue entre un capitalisme imposé par les ultras riches et le reste de la population qui n'en peut plus d'être esclavagisé. Immense respect aux courageux lycéens, par ailleurs !
Le Caveau de la terreur (1973)
The Vault of Horror
1 h 23 min. Sortie : 16 mars 1973 (Royaume-Uni). Thriller, Épouvante-Horreur, Sketches
Film de Roy Ward Baker
candygirl_ a mis 4/10.
Annotation :
Visionné le 14.10.26 - Blu-ray - VO - Découverte
Suite au film à sketches Tales from the Crypt (Histoires D'Outre-Tombe en VF) et à son confortable succès en salles, la Amicus produit The Vault of Horror (titre d'un comic book américain créé par William Gaines et Al Feldstein et publié par EC Comics). Le premier soucis reste que William Gaines n'a absolument pas apprécié le 1er film et reste dubitatif quant à un second projet. Par précaution, il ne cède les droits que d'un seul épisode publié dans le comic Shock SuspenStories (également fondé par Gaines et Feldstein) et 4 autres issus de Tales from the Crypt. Le film s'appellera néanmoins The Vault of Horror (aka Le Caveau De La Terreur en France) et fera un énorme four autant en Angleterre qu'aux États-Unis. Ce qui fera par ailleurs cesser toute collaboration entre EC Comics et la Amicus. Réalisé par Roy Ward Baker en lieu et place du bien plus doué Freddie Francis qui, lui, ne souhaitait en aucun cas se compromettre dans une suite d'Histoires D'Outre-Tombes, Le Caveau De La Terreur n'est pas foncièrement nullissime mais reste qualitativement bien en deçà de son aîné. Si la plupart des comédiens restent inspirés (en particulier Curt Jürgens en crapule assassine), ce n'est nullement le cas du scénario des 5 sketches proposés ici et de la réalisation un brin blafarde de Roy Ward Baker. En France, le film resta inédit en salles et fut édité 12 ans plus tard en VHS (et uniquement en VF) avant de disparaître pour finalement réapparaître en combo Blu-ray / DVD en 2018 dans la collection British Terrors distribuée par ESC.
And Now the Screaming Starts (1973)
1 h 31 min. Sortie : 27 avril 1973 (Royaume-Uni). Épouvante-Horreur
Film de Roy Ward Baker
candygirl_ a mis 4/10.
Annotation :
Visionné le 14.10.26 - DVD - VO - Découverte
5 ans après le triomphal succès de Rosemary's Baby, la Amicus produit ce And Now the Sceaming Starts qui aurait tout simplement pu s’appeler Catherine's Baby. Si le Diable n'est pas forcément présent dans cette sombre histoire de viol spectral, la démonologie et la sorcellerie qui ouvrirent la voie à l'inquisition par le passé inspirent indéniablement le scénario. Libre adaptation du recueil de nouvelles Fengriffen and Other Stories, rédigé par David Case en 1971, And Now the Screaming Starts aurait pu être un film aussi pertinent que passionnant s'il avait été réalisé 13 ans plus tôt. Là, tout semble avoir déjà été vu une bonne cinquantaine de fois et pas grand-chose n'a réellement d'intérêt dans le développement de l'intrigue. De plus, y glisser la référence du Malleus Maleficarum, insensé traité de démonologie des dominicains et inquisiteurs Henri Institoris et Jacques Sprenger, publié en latin entre 1486 et 1487, nous ramène incontestablement au bien plus passionnant Le Marteau Des Sorcières, réalisé 3 ans plus tôt par Otakar Vávra. Bref, And Now the Screaming Starts reste une œuvre totalement dépassée où seul Peter Cushing sort son épingle du jeu malgré l'affliction qui le rongeait depuis le décès de son épouse 2 années plus tôt. En prime, la même année célébra la triomphale sortie de L'Exorciste, mis en scène par William Friedkin. Ce qui enterre d'autant plus And Now the Screaming Starts tel un produit aussi passéiste que has-been. Dommage.
Indépendamment de la production britannique, le film fut édité en France via la firme D'Vision qui proposa une copie originale 1.85:1 recadrée en Scope, ce qui consiste à élargir proportionnellement le champ visuel ou, plus généralement, à rogner le haut et le bas de l'image. Affreux !
Last House On Dead End Street (1973)
1 h 18 min. Sortie : 1977 (France). Épouvante-Horreur
Film de Roger Watkins
candygirl_ a mis 6/10.
Annotation :
Visionné le 15.10.26 - DVD - VO - Découverte
Présenté au Festival de Cannes en mai 1973, Last House on Dead End Street n'est pas vraiment un remake ou une suite du célèbre The Last House on the Left, réalisé par Wes Craven l'année précédente, malgré la contiguïté de son titre. C'est seulement une forme de promotion exigée par les distributeurs puisque le titre original de l’œuvre était And at the Hour of our Death avant de se voir renommé Cuckoo Clocks of Hell. Réalisé en décembre 1972 par Roger Watkins sous le pseudonyme de Victor Janos, le film fut néanmoins strictement interdit de diffusion jusqu'en 1977 suite à la plainte de l'une des comédiennes, Barbara McGraw, que le réalisateur aurait filmé nue à son insu. Des images incorporées au montage que la jeune actrice réfuta. C'est donc 4 ans après sa présentation à Cannes que le grand public put enfin découvrir cette œuvre au final ultra gore présentant une équipe de 5 jeunes tarés qui tournent des snuff movies en y prenant un maximum de plaisir. Bien avant que Hollywood ne s'intéresse au sujet à partir du milieu des années 1990 (Témoin Muet, 8MM, etc.), voire même au sein du cinéma européen (Benny's Video, Tesis, etc.), Last House on Dead End Street fut assurément l'un des précurseurs du genre qui inspira également Bryan Bertino pour la célèbre saga The Strangers qui s'accomplit depuis maintenant 18 ans (les masques des tueuses sont pratiquement les mêmes). Doté originellement d'un maigre budget de 3000$ (dont, selon Watkins, 2,200$ furent utilisés pour acheter de la métamphétamine), le film coûta en tout et pour tout 800$ pour le développement de la pellicule. Intégralement tournée en mode DIY dans l'appart' du jeune réalisateur, âgé de 22 ans à l'époque, ainsi que dans son ancien lycée abandonné et prompt à être détruit, sans aucune autorisation à la clef, l’œuvre devint culte au fil des années et reste assurément iconique au sein de la scène cinématographique underground. Remarquablement shooté à la Super 8 malgré l'état d'intoxication de l'équipe (ça se voit par ailleurs qu'ils sont tous défoncés), Last House on Dead End Street reste un métrage très particulier qui ne pourra pas plaire à tout le monde. Malgré tout, il y a suffisamment de folie perverse pour que j'adhère au délire ultra gore de Watkins. Même si ce n'est pas demain la veille que je m'essaierai à un nouveau visionnage.
Théâtre de sang (1973)
Theatre of Blood
1 h 42 min. Sortie : 16 août 1973 (France). Comédie, Épouvante-Horreur
Film de Douglas Hickox
candygirl_ a mis 7/10.
Annotation :
Visionné le 17.10.26 - Blu-ray - VO - Révision
Seconde production cinématographique de la société britannique Harbour, tardivement fondée sur les traces de la Hammer et de la Amicus, Théâtre De Sang est une comédie horrifique très noire reprenant plus ou moins les bases scénaristiques du diptyque consacré au Docteur Phibes, également incarné par Vincent Price en 1971 et 1972. Acteur de théâtre passionné par l’œuvre de William Shakespeare, Edward Lionheart est las d'être éreinté par la critique professionnelle. Face à un groupe de détracteurs, il tente de mettre fin à ses jours en se jetant dans la Tamise. Recueilli par des clochards, l'homme prépare une abominable vengeance pour éliminer ses censeurs... Finalement, il n'y a pas vraiment de concordance au sein des capacités du personnage puisqu'il agit en étant un véritable expert en tout (escrime, cuisine, coiffure, etc.) afin de mieux approcher ses victimes. Une véritable bande-dessinée à l'ancienne se glisse ainsi au sein du script qu'il ne faut absolument pas prendre au sérieux une seule seconde. Mais Price est véritablement génial en serial killer qui s'inspire des pièces de Shakespeare pour commettre ses méfaits. Le casting est en or en repêchant des anciennes stars du cinéma britannique et... surtout... l'excellente et sublime Diana Rigg qui incarne la fille de Price, aussi allumée que lui. La direction photo assurée par Wolfgang Suschitzky est brillante et l'humour noir de jais fonctionne à merveille en ridiculisant à peu près tout le monde. Que du plaisir old school 🧡
Schlock, le tueur à la banane...! (1973)
Schlock
1 h 17 min. Sortie : 10 mars 1976 (France). Comédie, Épouvante-Horreur
Film de John Landis
candygirl_ a mis 5/10.
Annotation :
Visionné le 18.10.26 - Blu-ray - VO - Découverte
Tourné en 1971 et édité 2 ans plus tard, Schlock est le premier long-métrage de John Landis, le célèbre réalisateur des Blues Brothers, du Loup-Garou De Londres et du légendaire clip de Thriller par Michael Jackson. Un cinéaste qui marqua profondément la première moitié des années 1980. Ici, Landis avait tout juste 21 ans lorsqu'il réalisa cette œuvre où un gorille, le Schlocktropus, sème la panique dans une petite ville californienne. Violence clownesque et comédie bêta se rejoignent pour rendre tout autant hommage à King Kong qu'à 2001 : L'Odyssée De L'Espace avec un (très) maigre budget avoisinant les 10 000$. Ce n'est pas toujours très fin, peu souvent drôle mais la jeune actrice Eliza Garrett (18 ans à l'époque et désormais nommée Eliza Roberts depuis son mariage avec le comédien Eric Roberts) m'a vraiment faite marrer en incarnant une non-voyante en voie de guérison qui se prend toutes les portes et tous les murs dans la tronche 😂 John Landis incarne le gorille, passant ainsi ses journées de tournage à diriger son équipe en étant doté d'un déguisement confectionné par un Rick Baker débutant. C'est sûrement de par tous ces futurs grands noms qui marqueront indéniablement l'Histoire du cinéma que Schlock vaut le coup d’œil. Pour le reste, le métrage est juste une comédie un brin horrifique aussi immature qu'inintéressante, bien qu'elle se voit remarquablement shootée par un débutant.
Messiah of Evil (1973)
1 h 30 min. Sortie : 13 juin 1979 (France). Épouvante-Horreur, Thriller
Film de Willard Huyck et Gloria Katz
candygirl_ a mis 8/10.
Annotation :
Visionné le 18.10.26 - DVD - VO - Révision
À l'instar de Schlock, réalisé par John Landis, Messiah of Evil fut réalisé en 1971 et n'apparut en salles que deux ans plus tard, le temps de trouver un distributeur. En France, une projection eut lieu durant le Festival de Cannes 1974 dans une salle au 3/4 vide de spectateurs mais où Alain Schlockoff, créateur du magazine L'Écran Fantastique, le repère et obtint l'autorisation de le projeter une seule et unique fois dans un cinéma parisien. Ce n'est qu'en 2010, 39 ans après sa réalisation, qu'Artus Films eut l'excellente idée de le distribuer en vidéo, le couple de scénariste/réalisateur (Gloria Katz & Willard Huyck) étant devenu célèbre sous la houlette de Georges Lucas... Ayant découvert Messiah of Evil à l'adolescence, l'originalité, l'étrangeté et la beauté visuelle de l’œuvre me sautèrent aux yeux, doublé de par son excellent scénario horrifique où une petite ville océanique nord-américaine se voit dominée par une épidémie de cannibalisme. En redécouvrant le film une dizaine d'années plus tard, c'est-à-dire hier soir, il est évident de constater que le chef-d’œuvre cinématographique n'est pas loin et que seul un manque de budget plus important empêcha le scénario de pleinement se développer. Pourtant, le film inspira tout autant Dario Argento que Tobe Hooper ou encore Wes Craven avant retourner la tête de George Lucas et de Steven Spielberg. Par ailleurs, la scène se déroulant dans une salle de cinéma reste une réussite exemplaire et inégalée d'effroi. Un très grand film horrifique aux décors hallucinants et où les personnages se nourrissent de rats et vomissent toutes sortes d'insectes tout en se confrontant à une solitude ultra contemporaine. Depuis, Le Chat Qui Fume l'a édité en Blu-ray, rendant ainsi la qualité visuelle propre à l’œuvre telle qu'on ne l'avait jamais vue.

























