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Cover REMI Georges (HERGÉ) - Critiques & Annotations

REMI Georges (HERGÉ) - Critiques & Annotations

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3 BD

créée il y a environ 5 ans · modifiée il y a 5 mois
Tintin au Congo - Les Aventures de Tintin, tome 2
5.9

Tintin au Congo - Les Aventures de Tintin, tome 2 (1946)

Sortie : juillet 1946 (France).

BD franco-belge de Georges Remi (Hergé)

SimBoth a mis 6/10.

Annotation :

Célèbre pour ses polémiques, "Tintin au Congo" n’est pas une œuvre qui m’exècre car elle contient des éléments qui construisent l’univers chatoyant du journaliste belge. L'album est avant tout un reflet d’une époque coloniale et une commande évangélique d’une période mal renseignée sur les contrées africaines. À l'époque, il n’y avait pas de photo-reportages du Congo pour s'inspirer, Hergé a donc mis en œuvre seulement ce qu'il entendait. L'œuvre a donc de belles qualités, car il y a déjà le côté énergique de Tintin, l’humour désabusé de Milou, un rythme dynamique qui utilise l’ellipse, un petit garçon natif du pays visité qui accompagne le reporter (ici Coco), des combats ubuesques, un charme exotique, une société secrète qui veut du mal aux héros (l’homme-léopard faisant partie d’une secte ayant existé) et une volonté d’aborder des objets ou anecdotes historiques réels. Alors certes, la réalité est naïve, la représentation des Congolais stéréotypée (mais fréquente pendant ces années) et la vision de la chasse, tellement absurde qu’elle en devient plus drôle qu’énervante. La présumée colonie est finalement peu montrée, car Hergé s’intéresse plus à des péripéties qui tournent autour de trafiquants américains qui agissent pour Al Capone et que Tintin bagarre avec pétulance. Au final, la faiblesse est plus dans l’enchaînement improvisé des actions, qui ne sont pas toujours exaltantes.

L'Île noire - Les Aventures de Tintin, tome 7
7.3

L'Île noire - Les Aventures de Tintin, tome 7 (1966)

Sortie : 1966 (France).

BD franco-belge de Georges Remi (Hergé)

SimBoth a mis 8/10.

Annotation :

Pour le septième tome des "Aventures de Tintin", "L'Île Noire" prend place encore dans les années 1930. La première édition fut publiée en 1938 en noir et blanc, puis la version couleur a vu le jour en 1943. Cet album est très rythmé, et dès le début, nous sommes embarqués dans la quête de Tintin. En effet, le jeune reporter, en marchant avec Milou, croise deux hommes en panne de leur avion. Malheureusement pour le héros, ce sont deux malfrats, et ces derniers vont tirer sur Tintin. En convalescence, Tintin va se réveiller et enquêter sur cette affaire. Son aventure va alors l’emmener sur les terres écossaises.

Cet album est moins politique que "Le Lotus Bleu", car Hergé se concentre surtout sur une action constante. Le lecteur est quasiment plongé dans une course-poursuite continuelle et frénétique. L’auteur fait subir beaucoup de choses à son héros. Tintin a d’habitude énormément d’aisance, mais là, il se casse la figure, se fait souvent mal et rate certaines poursuites. Il est comme une sorte de Buster Keaton, à la fois cascadeur, inépuisable et casse-cou. Certains motifs sont réguliers, dont celui de l’avion, créant des scènes d’action plaisantes et même très drôles, comme celle où les Dupondt se retrouvent avec un mécanicien ne sachant pas piloter.

L’esthétique de l’album est magnifique, entre ces nuits bleutées, le bleu marine de la mer, le brouillard ou les couleurs automnales de l’Écosse. Hergé s’amuse avec le folklore écossais, duquel il n’hésite pas à mettre en avant le whisky (dont Milou s’abreuve et en devient saoul), le kilt que porte Tintin, les falaises aiguës et noires ou encore la fameuse île très mystérieuse. Hergé parle également du banditisme à travers les faux-monnayeurs, et aussi du progrès de la télévision, dans ce qu’elle a de plus trompeur.

Le Sceptre d'Ottokar - Les Aventures de Tintin, tome 8
7.2

Le Sceptre d'Ottokar - Les Aventures de Tintin, tome 8 (1947)

Sortie : décembre 1947 (France).

BD franco-belge de Georges Remi (Hergé)

SimBoth a mis 8/10.

Annotation :

"Le Sceptre d'Ottokar" est le huitième tome des Aventures de Tintin et le dernier du cycle avant l’arrivée du Capitaine Haddock. Hergé nous invite dans les contrées de la Syldavie. Le pays est imaginé de A à Z par l'auteur, il lui donne les caractéristiques d'un pays des Balkans comme l'Albanie. C'est le trait le plus original de cette œuvre où Tintin accompagne un certain professeur Halambique, expert en sigillographie, ou l’étude des sceaux. Le professeur est invité à aller en Syldavie et le héros décide de l'accompagner car il voit qu'ils sont sous surveillance.

Ce dernier trait n'est pas anodin, car Hergé réalise ce tome dans un contexte politique très houleux, notamment en démontrant le récit d'un Anschluss raté. L’apport politique redevient important dans cet album. Comme l'a fait l'Allemagne avec l'Autriche en annexant les deux pays, la Bordurie (pays fictionnel et voisin de la Syldavie) a tenté dans le passé d'annexer la Syldavie. Nous apprenons d'ailleurs toute l'histoire de ce faux pays à travers une brochure que lit Tintin dans l'avion.

Couvertes sur trois pages, Hergé réalise de magnifiques dessins montrant le visage de ce peuple, leur histoire, des faux tableaux représentant des guerres du passé, une présentation des rois de Syldavie ou encore l’histoire du sceptre. Cela est décrit avec tellement de réalisme que l'on pourrait presque croire à l'existence de ce pays. Le sceptre est l’objet sacré du roi, et si l’artefact est volé et non récupéré, le roi peut perdre son trône. Tintin découvre donc que la Bordurie essaie de détrôner le roi actuel à travers un plan machiavélique.

Les rebondissements sont nombreux et invitent Tintin à être dans une perpétuelle enquête, notamment à travers le professeur qui est en fait un double, son frère — le vrai professeur — ayant été enlevé auparavant. L’exotisme est moins marquant dans cet album car les paysages sont très européens et donc plus pittoresques. C’est en effet un pays rempli de forêts, de villages et de montagnes. D’ailleurs, la grande dernière action du récit se déroule dans les montagnes, idée renvoyant à une imagerie d’affrontement dans les maquis. Hergé continue dans une très bonne recette avec de nombreuses courses-poursuites dans lesquelles le héros se fait arrêter à plusieurs reprises mais s’en sort toujours. C’est dans cet album qu’il rencontre d’ailleurs la Castafiore, dont c’est la première apparition, rapportant une nouvelle touche d'humour à l'univers.

SimBoth

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