Jean-Paul Belmondo - Filmographie
40 films
créée il y a environ 1 an · modifiée il y a 7 moisÀ bout de souffle (1960)
1 h 30 min. Sortie : 16 mars 1960. Policier, Drame
Film de Jean-Luc Godard
abscondita a mis 2/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Le tournage du film de Godard a changé Belmondo de la rigueur qu'il avait connue au Conservatoire, au théâtre et dans ses premières expériences au cinéma: à l’époque, les films se faisaient surtout en studio, avec des marques de bois pour indiquer leur place exacte aux acteurs et de grosses lampes. Rien de ça avec Godard:
« J’allais commencer À double tour quand Jean-Luc Godard m’a téléphoné. Il avait un projet de film : “C’est un type qui vole une voiture à Marseille pour rejoindre sa fiancée à Paris. Il tue un flic ou se sauve, on verra…” » Le premier jour du tournage de À bout de souffle, il m’a enfermé dans une cabine téléphonique en me laissant libre de dire ce que je voulais. Le deuxième, il m’a fait entrer au Royal-Saint-Germain, la grande brasserie qui a ensuite été remplacée par le Drugstore : “Tu commandes une bière et tu pars sans payer.” Puis il déclarait : “C’est fini, je n’ai plus d’idée. On rentre ! ” Et ainsi de suite, pendant une semaine. Georges de Beauregard, le producteur, devenait cinglé. Jusqu’au jour où Godard a improvisé la fameuse scène dans une chambre, avec des dialogues époustouflants. Tout cela sans prise de son. Pour tourner sur les Champs-Élysées, il avait caché le cameraman dans une voiturette de facteur. Le soir, je disais à ma femme : “Ce truc ne sortira jamais !” Mais ça ne m’inquiétait pas. On travaillait entre copains, je restais décontracté. Je ne pouvais soupçonner que le film allait avoir autant d’impact, que nous étions en train de tourner un chef-d’œuvre. »
« Godard nous disait : “Vous allez là-bas, vous faites ça…” C’était formidable mais nous pensions tous que ce n’était pas du “vrai ” cinéma, que le film ne pourrait jamais être présenté au public. »
Contrairement à ce qu'il pensait, ce film fut un véritable triomphe et lança littéralement sa carrière au cinéma.
Classe tous risques (1960)
1 h 50 min. Sortie : 10 avril 1960. Policier, Drame, Romance
Film de Claude Sautet
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Alors que Ventura tient le rôle de Danos, Sautet trouve en Jean-Paul Belmondo le jeune acteur idéal pour interpréter Eric Stark. Sautet a remarqué Belmondo, alors peu connu du grand public, grâce au film Les Tricheurs de Marcel Carné. Néanmoins, les producteurs refusent d'engager ce jeune acteur alors inconnu avec un physique si particulier, préférant davantage Laurent Terzieff ou Gérard Blain. Mais c'est sans compter la détermination de Sautet, grâce au soutien de Ventura, à l'origine du projet, qui a son mot à dire, qui arrive à imposer la présence de Belmondo sur le film.
"J’ai un faible pour Classe tous risques, que je tiens pour un très grand film méconnu."
Jean-Paul Belmondo
Les Distractions (1960)
1 h 27 min. Sortie : 4 novembre 1960. Drame, Policier
Film de Jacques Dupont
abscondita a mis 5/10.
La ciociara (1960)
1 h 41 min. Sortie : 17 mai 1961 (France). Drame, Guerre
Film de Vittorio De Sica
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Dans une lettre qu’il adressa à sa fille Emilia pendant le tournage, De Sica écrivit : « Belmondo est le plus insolent des acteurs que j’ai jamais connu. […] Il est distrait, il bâille. […] Mais il est très sympathique et intelligent et cela compense son je-m’en-foutisme. »
Une femme est une femme (1961)
1 h 25 min. Sortie : 6 septembre 1961. Comédie dramatique, Romance
Film de Jean-Luc Godard
abscondita a mis 1/10.
Léon Morin, prêtre (1961)
1 h 57 min. Sortie : 22 septembre 1961 (France). Drame, Romance, Guerre
Film de Jean-Pierre Melville
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Il s'agit d'une adaptation du roman Léon Morin, prêtre de Béatrix Beck, publié en 1952.
Belmondo refusa le rôle dans un premier temps : « Je n’avais pas cherché d’autre acteur, je savais qu’il serait mon interprète idéal pour jouer Morin, et je savais aussi qu’il finirait par le comprendre. » (Melville)
Sur le tournage, Belmondo a rendu l'ambiance très légère : il se détend avec le père Lepoutre, le curé engagé par le réalisateur, pour lui apprendre comment se comporter en prêtre à l’écran. « Il trouvait formidable tout ce que je faisais. Même quand je faisais le signe de croix à l’envers ! »
Dès qu’un peu trop de tension règne sur le plateau, Belmondo s’empresse de la dissiper. Si possible sans que le réalisateur s’en aperçoive : « Il avait besoin de tension. Or, moi, c’est tout le contraire. Plus mon rôle est dramatique, plus j’ai besoin de déconner. Alors, au début, on a eu du mal à s’entendre. Jusqu’à ce qu’il comprenne que sous mes airs de guignol, je prenais vraiment les choses au sérieux. »
« Le choix de Belmondo pour Léon Morin était épatant. Il jouait parfaitement, tout en s’en fichant éperdument, n’ayant jamais lu le livre et n’apprenant le scénario que la veille pour le lendemain. » (Béatrix Beck)
Le Mauvais chemin (1961)
La Viaccia
1 h 48 min. Sortie : 13 juin 1961 (France). Drame
Film de Mauro Bolognini
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
La proposition de tourner le film est arrivé alors qu'il parlait avec Elodie de leur voyage de noce : « Nous discutions elle et moi de l’endroit où nous irions quand le téléphone a sonné. Mon impresario me demandait de passer immédiatement. En arrivant au bureau, le producteur et le metteur en scène m’accueillent avec un grand sourire et une grosse valise. Ils me reparlent du film. Je refuse à nouveau. Alors, ils ouvrent la valise : elle était bourrée de billets de banque. Du coup, j’ai dit : “À quelle heure l’avion pour Rome ?” Et je ne l’ai pas regretté. Ce rôle fut l’un des plus beaux de ma carrière. Bolognini n’a pas eu la place qu’il méritait. Il était de la race des Visconti. » (Belmondo)
Née en Tunisie et ayant fait ses premiers pas au cinéma en 1958 dans une coproduction franco-tunisienne de Jacques Baratier – Goha –, Claudia parlait un français impeccable. « Dès que nous avons commencé à parler français, nous sommes devenus des amis. J’ai eu la preuve de sa gentillesse tout de suite. La caméra était dirigée sur moi et j’avais le trac car la scène n’était pas commode. Lui, l’a immédiatement compris. Il m’a dit : "Je sais que ce n’est pas agréable de tourner la première scène avec un acteur qu’on ne connaît pas, surtout quand elle est difficile. Allez, courage, aidons-nous chacun notre tour." [...] C’est un grand acteur je crois, mais c’est un ami encore plus exceptionnel. » (C. Cardinale) Elle précisera plus tard : « Nous étions deux très bons camarades... même si je le trouvais sexy ! »
Cartouche (1962)
1 h 54 min. Sortie : 7 mars 1962 (France). Action, Comédie, Aventure
Film de Philippe de Broca
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Le film s'inspire du personnage de Louis Dominique Cartouche, brigand puis chef de bande, qui sévissait à Paris à la Cour des Miracles au début du xviiie siècle, sous la Régence.
Jean-Paul Belmondo a réalisé toutes ses cascades : « Pour la première fois, je pouvais faire le cinéma que j’aimais, aventures et cascades. »
« Claudia Cardinale donne à toutes ces starlettes imbéciles qui gravitent autour du cinéma comme des ivrognes autour d’une betterave de rouquin une insolente leçon de modestie et de simplicité. » (Belmondo)
Un singe en hiver (1962)
1 h 45 min. Sortie : 11 mai 1962 (France). Comédie dramatique
Film de Henri Verneuil
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Après que Verneuil ait contacté Belmondo: « Je fus très inquiet. Je n’ai jamais été à l’aise dans les scènes d’ivresse et je devais les jouer aux côtés de Gabin qui [...] a toujours été, pour moi, l’acteur de cinéma accompli. »
Après une semaine d’observation, Gabin adressa, enfin, la parole à Belmondo. « Comme je n’ai pas l’habitude d’aller lécher les orteils [...], je l’ai laissé dans son coin » (Belmondo). Tout en lisant attentivement Paris-turf, l’aîné guettait le cadet, assidu lecteur de l’Équipe. « Puis, brusquement, un jour, il m’a parlé avec une chaleur retenue que j’ai prise pour celle de l’amitié et je ne me trompais pas. »
« Il m’a donné confiance en moi, en me prédisant une longue carrière, ce dont je doutais. "Regarde ma fiole, merde... Quand t’auras les pailles blanches, tu plairas encore aux gonzesses", m’a-t-il dit. » (Belmondo)
« Jean-Paul a toujours été naturel avec Jean Gabin, témoignera Henri Verneuil, il ne lui a jamais passé la brosse à reluire, comme beaucoup le faisaient. Et ça, le "Vieux" a apprécié. » (Verneuil)
A l'époque, Jean-Paul Belmondo prenait déjà des risques, notamment lors de la scène où il torée des voitures. Cette séquence de corrida automobile aurait pu lui coûter cher, car il avait tendance à être trop près des engins dès qu'ils étaient à sa portée.
Le Doulos (1962)
1 h 48 min. Sortie : 8 février 1963. Policier, Thriller
Film de Jean-Pierre Melville
abscondita a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Belmondo participa activement à la promotion du Doulos, même si ses interventions ne furent pas toujours extrêmement limpides!
« - Jean-Paul Belmondo, qu’est-ce qu’un "doulos" ?
- Un "doulos", c’est un chapeau.
- (Étonné) Et... qu’est-ce qu’un chapeau ?
- (Hésitant) Ben, Ben, chapeau... là... finalement, dans ce film j’ai un chapeau... c’est-à-dire... en feutre... mais j’en porte un aussi parce que..., en argot, porter le chapeau ça veut dire... quand on a fait quelque chose... Heu... quand on vous accuse de quelque chose que vous n’avez pas fait. Et il se trouve que dans le film, tout le long du film, on me prend pour un indicateur.
- "Doulos" ne veut pas dire indicateur ?
- Ah non, non, "doulos" ne veut pas dire indicateur... non, non, non, non... J’vous dis, c’est chapeau...
- Alors ce n’est donc pas un rôle de "doulos" qu’on vous fait tenir ?
- Ben si c’est un rôle de "doulos" quand même, puisque je porte le chapeau, aux deux sens du mot.
- Vous vous comportez comme un "doulos" ?
- C’est ça, j’me comporte comme un "doulos". » (Interview donnée aux Actualités Françaises)
L'Aîné des Ferchaux (1963)
1 h 42 min. Sortie : 2 octobre 1963 (France). Drame
Film de Jean-Pierre Melville
abscondita a mis 6/10.
Annotation :
Suite à un accroc entre Melville et Vanel sur le plateau de tournage, Belmondo s'emporte, balance une droite au réalisateur qui le fait tomber, piétine son Stetson et ses Ray-Ban et le traite de « gros crapaud ». Il quitte le plateau avec Vanel et les deux hommes ne reviendront pas. L’Aîné des Ferchaux ne fut jamais achevé. Les voix off qu’acceptèrent d’enregistrer Belmondo et Vanel, à la condition que Melville ne soit pas en studio, remplacèrent les quelques scènes jamais tournées ! Plus tard, regrettant cette brouille, Melville proposa, en vain, à Belmondo un rôle dans l’Armée des ombres.
La Chasse à l'homme (1964)
1 h 35 min. Sortie : 22 septembre 1964 (France). Comédie
Film de Édouard Molinaro
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Rôle secondaire
Cent Mille Dollars au soleil (1964)
2 h 10 min. Sortie : 17 avril 1964 (France). Aventure, Comédie
Film de Henri Verneuil
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Cent mille dollars au soleil est l'adaptation de "Nous n'irons pas au Nigéria", un roman de Claude Veillot paru en 1962.
« C’est comme au tennis, mieux vaut jouer avec des bons qu’avec des mauvais. Lino, il était tellement à l’aise et tellement naturel, j’avais les mêmes sensations qu’avec Gabin. » (Belmondo)
Au lendemain de la disparition de Blier, fin mars 1989, Jean-Paul déclara au Journal du Dimanche : « Il était le seul comédien que j’ai connu capable de restituer ses répliques au point qu’on se posait la question : c’est du Audiard ou du Blier ? »
L'Homme de Rio (1964)
1 h 52 min. Sortie : 5 février 1964. Action, Aventure, Comédie
Film de Philippe de Broca
abscondita a mis 6/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Le film est l’adaptation du roman à succès de Robert Merle, Prix Goncourt 1949, et largement autobiographique. L’écrivain a d’ailleurs contribué au scénario, ce qui n’est pas le moindre atout de l’œuvre.
Le tournage fut une véritable aventure. « On est partis au Brésil à treize, dont Mnouchkine. Lui, le producteur, il portait les costumes, repeignait l’avion... Ça, ça n’existe plus. » (Belmondo) Il fait allusion à l’avion qu’ils durent trouver en urgence, le pilote prévu pour une séquence aérienne ayant quitté le tournage avec son engin, trop effrayé par ce qu’on lui demandait de faire. Le vieux zinc de remplacement n’étant pas de la bonne couleur, c’est Mnouchkine lui-même qui s’y colla, pendant que Belmondo et Broca se lançaient à la recherche d’un pilote. Pour décider l’Américain qu’ils finirent par trouver, ils le firent boire jusque tard dans la nuit, arrachant son accord quelques heures avant le tournage !
Imaginées dès l’écriture du scénario, les cascades de l’Homme de Rio furent préparées et devaient être exécutées par Gil Delamare, un comédien devenu cascadeur au début des années 1950. Dès leur arrivée sur place, Gil et Jean-Paul s’entendirent comme : « larrons en foire. Le soir, on grimpait sur le toit des immeubles et on se baladait sur le rebord des fenêtres. Gil m’a tout naturellement suggéré de me doubler moi-même. Voilà comment c’est parti ! » (Belmondo)
Ce qui apparaissait si évident aux deux hommes était impensable pour Mnouchkine, qui ne pouvait imaginer sa vedette en train de risquer sa vie. Il lui intima l’ordre de laisser sa place à Delamare. « Et s’il se tue ? » questionna l’acteur, « Je m’en fous ! C’est son métier ! », répliqua le producteur. Jean-Paul n’en fit qu’à sa tête et, à la fin de la prise, entendit Mnouchkine lui demander : « Tu voudrais pas recommencer ? » Dès cet instant, Belmondo fit toutes les cascades du film, avec l’aide très amicale et très fiable de Gil Delamare. Seul le saut en parachute fut exécuté en France par le cascadeur, lui-même parachutiste aguerri et recordman du monde de chute libre !
Week-end à Zuydcoote (1964)
1 h 59 min. Sortie : 18 décembre 1964 (France). Drame, Guerre
Film de Henri Verneuil
abscondita a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Les Tribulations d'un Chinois en Chine (1965)
1 h 44 min. Sortie : 4 décembre 1965 (France). Aventure, Comédie
Film de Philippe de Broca
abscondita a mis 6/10.
Paris brûle-t-il ? (1966)
2 h 55 min. Sortie : 26 octobre 1966 (France). Drame, Historique, Guerre
Film de René Clément
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Adapté du succès de librairie Paris brûle-t-il ? de Larry Collins et Dominique Lapierre, récit très documenté sur la libération de Paris, le film est construit par la Paramount comme le pendant européen du film américain Le Jour le plus long (1962) de 20th Century Fox.
Belmondo n'était pas très motivé : « J’ai fait ce film uniquement pour le fric. J’ai vraiment décroché le jackpot ! » En fait, comme il le rapportera plus tard, Kirk Douglas – très ami avec lui depuis ses séjours hollywoodiens en compagnie d’Ursula Andress – avait dit à Paul Graetz : « Je fais le film s’il y a Belmondo ! » Ne pouvant se priver de la star américaine, Graetz fut bien obligé d’engager le Français, qu’il avait précédemment écarté du casting, au simple motif qu’il était « très laid » ! Grâce à l’ultimatum de Douglas, « Graetz m’a trouvé très beau et très charmant » (Belmondo).
Boisset fut témoin, à l’Élysée, d’un bref échange entre le général de Gaulle et René Clément :
« Votre scénario n’est pas mal, Monsieur Clément, mais il met beaucoup trop en avant les Américains.
- Mais, mon général, la vérité historique...
- La vérité historique est ce que l’on fabrique, monsieur Clément. Ce sont les Français qui ont libéré Paris, pas les Américains ! Si votre film respecte cette vérité historique-là, on mettra à votre disposition tous les moyens dont vous aurez besoin. »
Avant d’abandonner ses visiteurs, le Général ajouta « Vous me couperez toutes les scènes dans lesquelles je suis censé apparaître. On ne fait pas jouer le général de Gaulle par un acteur ! »
La Sirène du Mississipi (1969)
2 h 03 min. Sortie : 18 juin 1969 (France). Policier, Drame, Romance
Film de François Truffaut
abscondita a mis 5/10.
Pierrot le Fou (1965)
1 h 50 min. Sortie : 5 novembre 1965. Policier, Drame, Romance
Film de Jean-Luc Godard
abscondita a mis 3/10.
Annotation :
« Deux jours avant de commencer à tourner, je ne savais toujours rien du scénario, seulement que ça se passerait au bord de la mer. Et j’ai retrouvé Godard, avec ses petits cahiers, les petits bouts de script auxquels on avait parfois droit le matin, ou les phrases qu’il nous soufflait pendant qu’on jouait. On peut appeler ça de l’improvisation, et c’est ce qu’ont dû croire beaucoup de jeunes metteurs en scène après... En fait, il savait très bien ce qu’il faisait. » (Belmondo)
Godard dit de Belmondo qu’il y a en lui : « une certaine forme de gentillesse qui fait qu’il est toujours disponible et prêt à partir, à sauter, à faire quelque chose, enfin à jouer, à exister. C’est une grande qualité, je trouve, chez un acteur. »
Le Cerveau (1969)
1 h 55 min. Sortie : 7 mars 1969 (France). Comédie, Policier
Film de Gérard Oury
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Le scénario du Cerveau, co-écrit par Gérard Oury, Danièle Thompson et Marcel Jullian, s'appuie sur deux événements réels, l'attaque du train postal Glasgow-Londres, d'une part, et le déménagement de l'OTAN à la suite de la sortie de la France de l'organisation, d'autre part. Selon Oury, « L'idée de base était d'intégrer deux nigauds dans un remake du vol du train postal fait par des spécialistes. ».
« Quand j’étais encore inconnu, j’avais rencontré Bourvil sur Un drôle de dimanche où je devais jouer de la trompette, et comme je n’ai aucun sens de la musique, ça l’amusait beaucoup de me voir m’embrouiller les doigts sur cette pauvre trompette. Sur le Cerveau, Bourvil adorait raconter des blagues idiotes avec ce rire formidable... Plus les blagues étaient énormes, plus il se roulait par terre ! C’était un acteur complet qui adorait déconner. » Quelques mois plus tard, Belmondo reconnaîtra pourtant que le Cerveau avait été « une expérience de superproduction [...] et que sur le plan du plaisir de l’acteur, ce n’[était] pas tellement passionnant. On se sent en effet un peu trop au service de la mécanique, du gag visuel, et les acteurs sont étouffés par l’énorme budget. [...] Je préfère les films où les personnages doivent exister vraiment. » Et d’évoquer son personnage dans l’Homme de Rio, « auquel le spectateur pouvait s’attacher ».
'Il n’y a jamais d’histoires avec Belmondo, il est toujours de bonne humeur. C’est agréable." (Bourvil)
Borsalino (1970)
2 h 06 min. Sortie : 20 mai 1970. Policier, Drame, Gangster
Film de Jacques Deray
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
La genèse de Borsalino est venue d'une discussion entre Alain Delon et Jacques Deray durant le tournage de La Piscine à Ramatuelle en août 1968. Delon vient de lire le livre Bandits à Marseille d'Eugène Saccomano et plus particulièrement un chapitre sur Paul Carbone et François Spirito et veut en produire une adaptation cinématographique par sa société Adel Productions, dans lequel il partagerait l'affiche pour la première fois avec Jean-Paul Belmondo en vedette. Ils s'étaient côtoyés brièvement dans une scène de Paris brûle-t-il ?,avaient tenu des rôles secondaires à leurs débuts dans Sois belle et tais-toi et étaient devenus des vedettes à la même époque, grâce à Plein Soleil pour Delon et À bout de souffle pour Belmondo.
Sur le tournage, l’ambiance est bonne, les deux stars s’entendent bien, même si leur façon de travailler, tout particulièrement de se concentrer, diffère du tout au tout. Comme d’habitude, Belmondo fait régner sur le plateau une ambiance de rigolade et de décontraction, alors que Delon a besoin de calme et de concentration. Dès le premier jour, ils passent un accord au terme duquel Belmondo s’éloignera du plateau pour laisser Delon se concentrer et ne débarquera devant la caméra qu’au dernier moment.
Alors qu’il a déjà entamé la promotion du film, Belmondo s’en désolidarise. Absent le soir de la très prestigieuse première, il traîne Delon en justice. « J’ai eu Alain Delon comme partenaire. Nous nous sommes très bien entendus, c’est un charmant camarade. Mais je ne m’entends pas du tout avec la maison de production qui m’a engagé. [...] Il était stipulé dans mon contrat qu’aucun nom ne devait être au-dessus du mien et au-dessus de celui de Delon comme acteur. À travers moi, c’est toute la profession qui est concernée : si je me laisse faire, mes camarades ne pourront rien faire dans l’avenir. »
Par médias interposés, les deux stars se déchaînent.
Delon : « Il y a certaines choses qui le tracassent, qui le chatouillent. Très bien ! »
Belmondo : « J’ai l’air d’être la star de 1930 qui veut son nom au millimètre près [...] Moi, au départ, je lui avais demandé d’être coproducteur avec lui, il n’a pas accepté, ce que je trouve d’ailleurs normal puisque c’est lui qui a eu l’idée, il voulait tout garder pour lui, c’est bien ! »
La justice finira par donner raison à Belmondo en juin 1972 .
Les Mariés de l'An Deux (1971)
1 h 38 min. Sortie : 7 avril 1971 (France). Action, Aventure, Comédie
Film de Jean-Paul Rappeneau
abscondita a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le film a été tourné en 1970, majoritairement en Roumanie. Le tournage fut périlleux et traîna en longueur – cinq mois au lieu de trois – en raison de la neige mais aussi des problèmes de communication avec les techniciens roumains. « Ils étaient peut-être payés moins cher, mais ils ne venaient pas » (Belmondo), ce qui ne l’empêcha pas d’insister auprès de la production pour que ceux-ci mangent aussi bien que leurs homologues français, ce qui paraissait loin d’être évident !
Les aventures de Nicolas Philibert nécessitaient par ailleurs un grand nombre de cavalcades, de combats et de cascades en tous genres, au cours desquels Belmondo se blessa une fois à la cheville (foulée) et une fois à l’épaule (démise). Même Marlène Jobert fut victime d’une chute de cheval qui la laissa inconsciente un long moment. Mais c’est surtout la sinistre ambiance de la Roumanie communiste qui pesa lourdement sur le tournage. La très puissante Securitate surveillait la population. Les techniciens roumains s’épiaient pour démasquer celui qui risquait de les dénoncer. Une Roumaine disparut après avoir fréquenté un technicien français. Des micros étaient dissimulés dans les chambres du palace de Bucarest où logeait toute l’équipe. À ce propos, Rappeneau questionna Belmondo : « Ça ne te gêne pas dans ton intimité ? » Réponse : « Non, je soigne mon texte ! »
S’ajoutait à cette permanente tension, l’absence de distractions et les restrictions alimentaires. « La Roumanie sous Ceausescu, c’était la France sous l’Occupation » (Belmondo) qui séjourne pour la première fois de l’autre côté du Rideau de fer. Il implore tous les visiteurs en provenance de l’Hexagone d’apporter des camemberts et des saucissons.
Le Casse (1971)
2 h. Sortie : 27 octobre 1971 (France). Action, Policier, Thriller
Film de Henri Verneuil
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Il s'agit d'un remake du Cambrioleur (1957), réalisé par Paul Wendkos.
« C’est mon meilleur film sur le plan du spectacle total. [...] On peut, avec Jean-Paul, avoir un personnage à la fois drôle et un personnage qui est en pleine action » (Verneuil)
"Avec Belmondo, je me suis amusé comme un fou. C’est un de mes meilleurs souvenirs de cinéma." (Omar Sharif)
Comme l’avait souhaité le cinéaste, les cascades du Casse devaient faire oublier celles du récent Bullitt de Peter Yates, mené par Steve McQueen. Pour faire mieux, il ne fallait plus se contenter de cascades dans des rues fermées à la circulation, mais tourner au cœur de la ville, au milieu des automobilistes athéniens, réellement surpris de voir un homme s’accrocher à un bus ou sauter sur une voiture. « Il n’y a qu’un pays où l’on peut faire ça, c’est un pays de dictature, car vous avez tous les feux rouges à votre disposition, les gens sont bloqués là où ils sont et ils se taisent [...] parce que la police est là et que personne n’ose parler. Allez donc faire ça place de la Concorde un soir, vous finissez au commissariat de police. » (Verneuil)
« Je bondissais de bus en bus dans la circulation, atterrissant parfois sur de vrais véhicules municipaux dont les conducteurs n’étaient pas prévenus... la tête des passagers ! » (Belmondo)
L'Héritier (1973)
1 h 52 min. Sortie : 22 mars 1973 (France). Action, Drame, Thriller
Film de Philippe Labro
abscondita a mis 6/10.
Le Magnifique (1973)
1 h 33 min. Sortie : 23 novembre 1973. Action, Comédie, Romance
Film de Philippe de Broca
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
« Pour un acteur, c’est formidable de pouvoir jouer deux rôles, dont un qui n’est pas réel. On ne peut pas vous accuser d’en faire trop, puisque ce Bob Sinclar est dans l’imagination de l’autre personnage. Je peux me permettre toutes les folies ! Passer de l’intériorité de Pierrot le fou à la fantaisie débridée du Magnifique est un vrai bonheur d’acteur. J’en garde un souvenir ébloui. » (Belmondo)
L'Incorrigible (1975)
1 h 40 min. Sortie : 20 juin 1975 (France). Aventure, Comédie
Film de Philippe de Broca
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
« Sans Philippe de Broca, on oublierait peut‑être que je suis un acteur de comédie. […] Celui de L’Incorrigible m’a plu, parce que le personnage qu’on m’a fabriqué presque sur mesure, c’est l’anti‑Superman, l’anti‑séducteur traditionnel, plutôt un grand gosse plus ou moins honnête. » (Belmondo)
Dans un portrait diffusé le 14 octobre 1975 à l’occasion de L’Incorrigible (TF1, JT de 13 h), il déclare: « J’étais un enfant de la guerre, c’est pourquoi j’ai cultivé très tôt la liberté et l’allégresse… Alors, j’ai décidé que c’est de cela que ma vie serait faite. »
Peur sur la ville (1975)
2 h 05 min. Sortie : 9 avril 1975. Action, Drame, Policier
Film de Henri Verneuil
abscondita a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Pour la cascade sur le toit de l’immeuble, Verneuil fait construire 400 m² de toiture sur la terrasse des Galeries Lafayette. Belmondo se blessera à une jambe en passant à travers la verrière et à une main en se rattrapant in extremis à la gouttière: « C’est une de mes cascades les plus dangereuses et les plus mémorables »
L’incroyable cascade effectuée sur le toit du métro – proposée par Belmondo lui-même – fut minutieusement préparée. Le comédien répéta d’abord à 10 km/h puis à 20 puis à 30 pour, finalement, tourner la séquence en une seule prise, à 70 km/h. À cette vitesse, le vent demeure le principal ennemi. « Il y a 750 volts à gauche s’il tombe et il y a 70 mètres à droite s’il tombe. Nous sommes près, bien entendu, à couper le courant à tout instant, mais il y a quand même de grands moments de suspens, pas seulement pour le spectateur après, mais pour nous, pendant. » (Verneuil) Plus tard, il avouera le seul trucage de cette séquence : dans la bande son, il inséra le bruit d’un métro roulant à 80 km/h ! « Ce jour-là, j’ai failli m’éclater le crâne » (Belmondo). Pourtant, ce n’est pas le crâne mais le bras droit qu’il se blessa gravement avec un morceau de ferraille dépassant de la paroi du tunnel. Ne pouvant éclairer correctement les plans où Belmondo est allongé entre la voûte du tunnel et le wagon, Verneuil fut contraint de les tourner en studio. « Belmondo était tout à fait opposé au principe des plans reconstitués en studio, mais il était impossible de faire autrement », expliqua le directeur de la photo, Jean Penzer.
La scène où Belmondo pénètre dans l’appartement de la comédienne prise en otage par Minos fut l’une des plus longues à mettre au point. D’une part, elle nécessitait de nombreuses autorisations administratives, d’autre part, elle devait être tournée dans une tour déserte, proche de la Seine – seul survol autorisé de Paris – et d’un terrain permettant de poser l’hélicoptère en cas d’urgence. Enfin, le vent ne devait pas souffler trop fort. Cependant, ne pouvant attendre de parfaites conditions météorologiques, Verneuil commença à tourner les premiers plans de la séquence, avec Belmondo suspendu à l’hélicoptère. Puis, le vent rendant l’opération trop dangereuse, l’hélicoptère fut remplacé par une grue installée sur le toit de la tour. Enfin, l’irruption de Belmondo dans l’appartement fut tournée en studio.
Le Corps de mon ennemi (1976)
1 h 56 min. Sortie : 13 octobre 1976 (France). Drame, Policier
Film de Henri Verneuil
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Dans le travail d'adaptation, le cinéaste dut faire face à un problème de taille : le film comportant de nombreux flashbacks sur des événements survenus une dizaine d'années plus tôt, il était nécessaire de montrer un Jean-Paul Belmondo plus jeune. Comme l'idée de le maquiller paraissait grotesque, Henri Verneuil partit du postulat qu'on a toujours tendance à se remémorer les souvenirs d'antan en se voyant avec l'âge actuel. D'où cette ligne de dialogue : "Dans ce bric-à-brac de la mémoire, chaque fois que l'on essaie de se souvenir du jeune homme que l'on était, on se revoit avec la tête de l'homme d'aujourd'hui."
Verneuil hésitait à porter à l’écran cette histoire sans scènes d’action ni cascades et si différente de ses dernières productions. Il n’hésita plus le jour où son ami Sergio Leone lui lança : « Si tu as quelque chose à dire sur le monde moderne, fais-le. De toute façon, tu ne seras jamais ennuyeux. »
Après l’écriture du scénario, Audiard s’attaque aux dialogues : « Le père Audiard nous avait mijoté un de ces dialogues à faire pâlir un croque-mort. Pour une fois, les mots remplaçaient les cascades et les phrases estompaient les coups. » (Belmondo)
L'Alpagueur (1976)
1 h 50 min. Sortie : 7 mars 1976 (France). Action, Policier, Thriller
Film de Philippe Labro
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Écrit sur mesure pour lui, le scénario de ce « western contemporain », comme le qualifiera souvent Labro, n’accroche pas vraiment Belmondo. « Nous avons revu l’ensemble, rajouté plus de nerfs et de péripéties »2, se souvient le cinéaste et enfin, « après la quatrième ou cinquième version »3, Belmondo donna son accord. Non seulement il sera « l’Alpagueur », mi-chasseur de prime mi-détective privé, mais, pour la première fois, il se lancera seul dans la production du film. Depuis la création de Cerito, en 1972, il avait toujours travaillé en partenariat avec d’autres producteurs. Cette fois, il veut être le seul à prendre le risque de gagner ou de perdre.
L'Animal (1977)
1 h 40 min. Sortie : 5 octobre 1977 (France). Action, Comédie, Romance
Film de Claude Zidi
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
La vingtaine de cascades prévues dans le film occupent une grande partie de l’équipe, augmentée de cascadeurs travaillant en étroite collaboration avec Belmondo : Claude Carliez pour les cascades physiques, Rémy Julienne pour les cascades automobiles et Jean Salis pour les cascades aéronautiques.
Pour la scène du tigre. Belmondo se rappelle que la production avait loué deux fauves à une société de Los Angeles, l’un très doux, l’autre féroce. Il avait répété avec le premier « mais le jour du tournage, c’est la terreur qu’on a sortie de sa cage. Sitôt dehors, ça n’a pas traîné ! Il m’est rentré dans le chou et a commencé à déchirer mes vêtements. [...] En plus, il voulait me déchirer l’oreille. »
« J’ai vu Jean-Paul le dernier jour, du tournage. Je n’ai jamais vu ça. Il avait le corps bleu, de la clavicule à la cheville. Ce n’était plus qu’un bleu. Il avait la cheville pétée et, pour tout arranger, le dernier jour, y a le tigre qui lui a becté l’oreille. Il a tout de même fini très éprouvé ! » (Michel Audiard)
Pour accompagner Belmondo, Christian Fechner part à Hollywood pour tenter de convaincre Raquel Welch d’être sa partenaire. « Par chance, elle connaissait les films de Belmondo et avait même envie de tourner avec lui », (Fechner). Plus tard, Claude Zidi parlera d’une erreur de casting, jugeant Raquel Welch un peu trop sophistiquée. Belmondo de son côté dira : « En plus d’être une très jolie femme et une femme charmante, elle joue très très bien la comédie et a beaucoup d’humour. Donc, entre les prises, on s’amuse bien avec elle. »

































