Cover Katell Quillévéré - Commentaires

Katell Quillévéré - Commentaires

De ce vivier de talents féminins qu’est le jeune cinéma français, Katell Quillévéré n’est pas la moins douée. Elle pratique une forme de romanesque aux ambitions parfaitement assumées, nourri de naturalisme mais jamais contraint par lui, à la fois classique dans son inspiration et moderne dans son approche.

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1. Suzanne (2013)
2. Réparer les vivants (2016)
3. Le temps d’aimer (2023)

Liste de 3 films créée il y a 2 jours · modifiée il y a 2 jours
Suzanne
6.5

Suzanne (2013)

1 h 34 min. Sortie : 18 décembre 2013. Drame

Film de Katell Quillévéré

Thaddeus a mis 8/10.

Annotation :

Vingt-cinq ans de la vie d’une famille : c’est le défi de narration que se lance la réalisatrice, transformé à la faveur d’un montage ellipsé. Et c’est le temps qu’il faut à Suzanne pour recoller les morceaux d’une existence éparse. Suzanne connaîtra tout, la prison, la cavale, le deuil, la maternité. Elle tentera de trouver ailleurs la sérénité qu’elle n’arrive pas à trouver auprès des siens. La résilience fera le reste et la vie finira par l’emporter, au prix fort. La tension de l’héroïne réside dans sa capacité pneumatique, la longueur de sa respiration qui se substitue aux larmes de joie ou de tristesse. Son émotion, sa colère, ses cris et ses rires, ce sont ses contractions et dilatations thoraciques. Ils dictent les trépidations d’un mélo fougueux et inspiré, dont le regard droit trouve en la viscérale Sara Forestier une interprète d’exception.
Top 10 Année 2013 :
http://lc.cx/SHt

Réparer les vivants
6.4

Réparer les vivants (2016)

1 h 43 min. Sortie : 1 novembre 2016. Drame

Film de Katell Quillévéré

Thaddeus a mis 8/10.

Annotation :

La mort – celle qui vient de frapper et celle que l’on sent proche – ne transige pas. Pour y faire face, Quillévéré choisit de suivre à la trace la grande courroie de transmission par laquelle la vie gagne du terrain. Elle prend du champ, bascule de l’infiniment petit à la foule et réciproquement. Elle exprime son goût pour l’aurore et le crépuscule, les vues de la ville derrière les vitres, les plongées en aquarium pour ceux qui les regardent pendant des nuits blanchies par le travail ou le chagrin. Elle élabore un récit choral privilégiant les instants impressionniste, les notations poétiques, les moments de latence, mais dont la tension est pourtant maintenue d’une histoire individuelle à l’autre, d’un maillon de la chaîne au suivant, jusqu’à la fragile ouverture des yeux qui qui le clôt : hymne à la renaissance autant qu’à l’éternel retour.

Le Temps d’aimer
6.3

Le Temps d’aimer (2023)

2 h 02 min. Sortie : 29 novembre 2023. Drame, Romance

Film de Katell Quillévéré

Thaddeus a mis 6/10.

Annotation :

Derrière un titre qui renvoie peut-être à Douglas Sirk, une ambition romanesque affichée et l’ancrage d’une question stimulante : qu’est-ce qui initie, fabrique et fait perdurer un couple ? Les années filent et trimballent leur lot de mensonges et de frustrations, mais les deux personnages se réparent l’un l’autre, chacun trouvant dans leur union la respectabilité que la société leur interdit. Le propos s’échafaude ainsi par petites touches, au fil d’épisodes contrastés qui tentent de réécrire le mélodrame avec un regard contemporain. Si la cinéaste sait filmer les sentiments, sa matière se dilue toutefois dans une traversée un peu convenue des Trente Glorieuses. Poussif, emprunté sur le plan émotionnel, le film souffre de vouloir courir trop de lièvres à la fois, et la fresque, loin d’être déméritante, peine à emporter.