
Le meilleur de la musique brésilienne actuelle
Retour sur 10 années de grands disques brésiliens. Cette liste illustre le basculement créatif opéré entre les scènes de Rio de Janeiro et celle de São Paulo qui attire et désormais les nouveaux grands talents brésiliens.
Padê (2008)
Sortie : 8 février 2008 (France).
Album de Juçara Marçal et Kiko Dinucci
Boebis a mis 10/10.
Annotation :
L'album fondateur de la collaboration entre la chanteuse Juçara Marçal et le guitariste Kiko Dinucci. 2008 et non 2018
Bahia fantastica (2012)
Sortie : 5 septembre 2012 (France).
Album de Rodrigo Campos
Boebis a mis 9/10.
Avante (2012)
Sortie : janvier 2012 (France).
Album de Siba
Boebis a mis 9/10 et a écrit une critique.
Annotation :
"Siba puise dans ces diverses sources musicales pour se créer son propre son qui est comme chez tout véritable artiste, différent de la somme de ses inspirations. Un nouveau son, et donc un nouveau groupe, composé outre de sa guitare électrique, de batterie, clavier et vibraphone et d’un tuba en guise de basse, comme dans le maracatu. Un genre que Siba ne renie d’ailleurs jamais, tout comme la poésie des cantorias da viola qui restent très présents dans la versification, la construction harmonique des mélodies, les rythmes et les arrangements tout en contrepoints plus qu’en accords plaqués. Le son doit aussi à l’influence du producteur de l’album Fernando Catatau du Cidadão instigado, musicien clé de la scène indé brésilienne. On note aussi la présence sur Um ver Preso de Lirinha, autre grand poète-musicien du Pernambuco dont le premier album solo, Lira sorti en 2011, a une démarche assez similaire à celle de Siba.
Il ne faut pas comprendre le son d’Avante comme la modernisation de rythmes traditionnels du Pernambuco par un instrument ou un style, le rock qui serait lui moderne. Siba s’intéresse aux racines mais jamais de manière traditionaliste. « J’ai toujours essayé d’expliquer la tradition comme le lignage de quelque chose qui s’est construit avec le temps. Pas comme une chose à défendre ou qui représente un drapeau de je ne sais quoi, qu’il soit politique, nationaliste ou régional. La tradition est une chose qu’un groupe de personnes a cultivé pendant un moment, et de là est apparu une diversité. Dans ce sens, le rock’n’ roll est autant une tradition que le maracatu. »
L’album est comme à l’habitude de Siba, porté par ses superbes paroles qui évoquent toutes la perte de sens, l’errance, la reconstruction portées par des métaphores puissantes, sons sens de la rime et chantées avec sa voix fébrile et intense de chanteur de maracatu. Quand on demande à Siba s’il a « effectué le saut » évoqué dans Preparando o Salto, répond: « Le saut n’a pas besoin d’être fait. Et toi seulement peut le faire, je crois. Ce n’est pas justement sauter, mais avoir le courage de préparer le saut. Ça a plus à voir avec le bord du précipice qu’avoir le saut lui même. A chaque minute tu sautes. Le saut est dans la tête« ."
Metá Metá (2010)
Sortie : août 2010 (France).
Album de Metá Metá
Boebis a mis 9/10 et a écrit une critique.
MetaL MetaL (2012)
Sortie : 7 novembre 2012 (France).
Album de Metá Metá
Boebis a mis 10/10 et a écrit une critique.
Annotation :
"Le groupe prend encore une dimension supplémentaire avec son second album MetaL MetaL. Si les percussions de Samba Sam et la batterie de Sergio Machado étaient déjà discrètement présentes dans le premier album, elles sont ici omniprésentes. La guitare de Dinucci s’électrifie, le saxophone de França joue avec les pédales d’effet, la basse de Marcelo Cabral fait son entrée et Juçara Marçal transforme son chant en conséquence. Le groove alors plutôt introverti se fait sale, puissant et intense.
Metá Metá reproduit avec cet album enregistré dans l’urgence et la spontanéité, l’énergie sans équivalent de leurs concerts. Ils délaissent les compositions à texte qu’égrainaient encore leur premier album pour les pontos de candomblé ou des compositions originales construites sur le même canevas, deux ou trois vers seulement, composés par Kiko Dinucci et son fidèle partenaire Douglas Germano. Une simplicité des structures et des paroles qui permet d’aller à l’essentiel, plus loin dans les recherches sonores et l’improvisation, vers une musique profonde et immédiate pour faire de chaque concert une catharsis intense comme une transe religieuse. Et de MetaL MetaL, le précieux témoignage du plus passionnant groupe brésilien de sa génération."
Duas cidades (2016)
Sortie : 8 avril 2016 (France).
Album de BaianaSystem
Annotation :
Le groupe bahianais le plus excitant de la décennie
A mulher do fim do mundo (2015)
Sortie : 2 octobre 2015 (France). Samba, Art Rock
Album de Elza Soares
Boebis a mis 9/10.
Annotation :
Le grand retour d'Elza Soares.
Trabalhos Carnívoros (2012)
Sortie : 2012 (France).
Album de Gui Amabis
Boebis a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
"Si Memórias Luso/Africanas comptait une foule d’invités prestigieux, Trabalhos Carnívoros se recentre sur un groupe de musiciens plus resserré : Dustan Gallas à la guitare électrique, Samuel Fraga à la batterie, Fernanda Monteiro au violoncelle et Gui Amabis lui-même au clavier. On retrouve également sur quelques titres, Dengue (Nação Zumbi), Pupillo et son frère Rica Amabis qui l’accompagnent depuis la période de Sonantes. Mais le musicien le plus présent sur le disque est sans conteste Regis Damasceno, connu pour être membre de Cidadão Instigado, le groupe le plus important de l'Etat du Ceará des 20 dernières années. Si Regis Damasceno jouait déjà sur Memórias, sa guitare électrique imprime désormais sa marque tout au long de l’album. Il coproduit aussi l'album et co-signe deux compositions dont Pena Mais que Perfeita reprise par Juçara Marçal sur Encarnado. Ce fan de Pink Floyd n'est d'ailleurs sans doute pas étranger au petit parfum 70's qui émane du disque.
Gui Amabis présente Trabalhos Carnívoros comme "un album qui mélange beaucoup de choses, qui tente d’unir la religion, la biologie, et l’amour dans une unique conception. Des choses qui sont opposées mais qui d’une certaine manière se complètent. Il parle de la condition humaine et de comment je me sens homme sur ce plan". Mais Trabalhos Carnívoros ne saurait être résumé en une phrase ni épuisé en un article. Il fait partie des albums qui se révèlent un peu plus à chaque écoute tout en gardant toujours de leur mystère, ce qui est assurément la marque des grands disques."
Etiópia (2012)
Sortie : 27 février 2012 (France).
Album de Sambanzo
Boebis a mis 9/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Qui suit l’actualité de la (bonne) musique brésilienne le sait, un nom plus que nul autre revient inlassablement. C’est celui de Thiago França, stakhanoviste du saxophone. Outre son rôle, de « musicien de studio » (le terme est réducteur) sur un nombre impressionnant de grands disques récents (Rodrigo Campos, Romulo Fróes, Criolo, Dona Inah, Gui Amabis, Lirinha, Tulipa Ruiz, Juçara Marçal, Elza Soares, Rodrigo Ogi…), il est membre de deux trio des plus créatifs de sa génération : Metá Metá et Marginals. Il est aussi à l’origine de l’étonnant disque de novo choro Malagueta Peru et Bacaçanco, d’une fanfare carnavalesque, A Espetacular Charanga do França et de l’album jazzy Space Charnaga. Mais son projet le plus personnel est sans aucun doute Sambanzo.
Le premier album sorti sous ce nom date de 2010. Il témoigne du tâtonnement de Thiago França, qui ne garda des 13 titres enregistrés, de quoi seulement faire un EP. Bien que très bon, il n’avait pas encore fait éclore son talent à sa pleine mesure. Comme dans son premier disque Na Gafieira, qui tire son nom des salles de bals typiquement brésiliennes, il s’inscrivait avec brio dans la tradition musicale du choro et de la samba, mais s’en parvenir à sortir de leur carcan.
O deus que devasta mas também cura (2012)
Sortie : 2012 (France). Pop, Rock, Indie Pop
Album de Lucas Santtana
Nó na orelha (2011)
Sortie : 25 avril 2011 (France).
Album de Criolo
Boebis a mis 9/10 et a écrit une critique.
O Disco das Horas (2018)
Sortie : 1 juin 2018 (France).
Album de Rômulo Fróes
Annotation :
Je n'aurais pas conseillé ce disque de Rômulo Fróes en premier mais c'est le seul sur sens critique.
Brinquedo de tambor (2006)
Sortie : 2006 (France).
Album de Alessandra Leão
Boebis a mis 9/10.
Annotation :
Alessandra Leão est une des plus passionnantes artistes nées sur les cendres du mangue-bit de Recife. C’est au sein du groupe Comadre Fulozinha, presque exclusivement féminin, qu’elle fait ses armes à partir de 1997. Le groupe abritait également Karina Buhr qui s’est lancée depuis peu dans une carrière solo à grand succès. Alessandra Leão rencontre quant à elle un succès plus confidentiel avec son premier album solo Brinquedo do Tambor de 2006. Le disque est pourtant un des plus beaux exemples d’approche moderne des styles traditionnels du Pernambouc et notamment ceux de la fameuse Zona da Mata. Une partie intérieure de l’Etat où maracatu, ciranda et coco sont les plus vivaces.
Brinquedo do Tambor est construit autour d’une formule musicale sans fioriture mais terriblement efficace, guitares, percussions et chant. Les guitares 7 et 10 cordes sont jouées notamment par Rodrigo Caçapa, compagnon d’Alessandra Leão, accompagné par Juliano Holanda et Rodrigo Samico. Caçapa signe les arrangements où il manifeste son goût et son talent pour le contrepoint qu’on retrouve dans son album solo Elefantes na rua nova. La pâte d’Alessandra Leão, percussionniste de formation se traduit par le superbe travail sur le rythme avec pandeiro, agbê, caxixi et des tambours ilú propres au candomblé du Pernambouc (Xangô de Pernambuco).
4006155538_9cb8c94e2d_zAu chant, Alessandra Leão partage le micro avec deux des plus belles voix de la région. Celle du grand maître de maracatu et de cavalo marinho, Biu Roque alors âgé de 72 ans, à l’oeuvre dans deux des moments les plus forts de l’album (Não dê desgosto, Olinda). On retrouve aussi au chant de Baladeira, l’ami et contemporain Siba, alors voué au maracatu avec son groupe Fuloresta do Samba. Alessandra Leão a d’ailleurs une démarche très proche de celle de Siba e a Fuloresta. Un son qui peut paraître traditionnel, bien moins porté sur la fusion que le mangue-bit, mais qui est en réalité tout autant contemporain et moderne. On n’est pas dans le folklore mais dans une musique actuelle et personnelle, pas dans la commémoration mais dans la poursuite d’une tradition avec ce que cela implique d’innovation et d’expérimentation. Si Alessandra Leão reprend quelques morceaux de compositeurs plus âgés, (Zé Neguinho do Coco, Fernando Cabedá et Biu Roque), elle en signe la grande majorité et s’affirme comme une auteur-compositeur-interprète de premier plan.























