
LECONTE Patrice - Critiques & Annotations
Les Bronzés (1978)
1 h 38 min. Sortie : 1 novembre 1978. Comédie
Film de Patrice Leconte
SimBoth a mis 5/10.
Annotation :
Le premier film des "Bronzés" n'est qu'un enchaînement de saynètes comiques, mais au Club Med et concentre son sujet sur l'émancipation sexuelle post-68. En effet, il ne parle quasiment que de cela, jusqu'à une certaine grivoiserie bas du front, mais sans donner l'impression d'en faire l'éloge. Les histoires d'échangisme, de tromperies, de désillusions sexuelles, de badinage et cette recherche de la chair sont souvent détournées et moquées dans un humour mesquin et bon enfant. En même temps, le long-métrage contient une atmosphère d'hédonisme et de légèreté ensoleillée en captant l'ambiance des vacances d'été. Le film n'a aucune structure et se base uniquement sur ses situations comiques. Comme dans sa suite, "Les Bronzés font du ski", on sent le côté improvisation et l'humour fonctionne plutôt bien.
Par contre, le film se relâche totalement vers la fin en essayant d'instaurer de l'émotion vraiment peu crédible. Cela donne l'impression qu'il manque des scènes et qu'il y a des trous dans la narration, jusqu'à un niveau où l'on se demande si toute l'équipe ne s'en foutait pas. Le deuxième opus assume au moins d'être un enchaînement de saynètes comiques. Mais en lisant la critique de DVDClassik, elle me fait prendre conscience de la modernité de l'humour du Splendid, faisant une rupture avec le comique de boulevard. C'est l'humour de café-théâtre, un humour où il n'y a plus de séparation entre la scène et le public, un humour plus mordant, vachard et sans pitié, qui s'inspire beaucoup des expériences vécues.
Ce n'est pas une œuvre faisant l'apothéose de l'après-68, mais au contraire, elle se moque du « Sea, Sex and Sun » promu par le Club Med. Chacun pense à son plaisir individuel dans un monde enfermé et en dehors du réel, et qui devient une jungle où la loi du plus fort est impitoyable. Du reste, pour reprendre les mots de la critique de DVDClassik, tout cela ressemble surtout à une colonie de vacances avec des grands enfants en plein dévergondage et qui s'amusent plus qu'autre chose dans une grande scène à taille réelle.
Les Bronzés font du ski (1979)
1 h 30 min. Sortie : 22 novembre 1979. Comédie
Film de Patrice Leconte
SimBoth a mis 6/10.
Annotation :
Difficile de dire beaucoup de choses à propos des "Bronzés font du ski". Comme le premier, le film est un enchaînement de saynètes devenues avec le temps anthologiques et dont la plupart m’ont bien fait sourire. La mise en scène très simple laisse la liberté aux acteurs de déchaîner leur talent comique, à la fois moqueur, hystérique et burlesque, pour ce qui est notamment de faire des gags avec tous les accidents existants pendant les vacances au ski.
Le premier volet faisait la synthèse des idées post-68 sur, pour citer la critique de Cinématraque, « la liberté sexuelle, l’émancipation des femmes, la critique du travail et des vacances clés en main par des groupes privés », tandis que le deuxième est basé sur la politique économique libérale de Giscard et sur le cynisme financier en général. Le long-métrage se moque des nouveaux riches et des cadres supérieurs, pour encore citer la critique en question. De plus, le second volet permet d'étirer les portraits grinçants que le premier avait instaurés. Les Morin, qui voulaient expérimenter les relations libres alors qu'ils étaient déjà en retard sur leur temps, deviennent un couple médiocre et replié sur eux-mêmes ; Popeye, en séducteur accompli, se voit plutôt malheureux dans cette impasse d'être seulement un beau gosse jouisseur dans le second ; Jean-Claude est un homme malchanceux en amour et devient encore plus libidineux par la suite ; et enfin Jérôme est un homme très imbu de lui-même et forme avec Gigi un couple hystérique.
Sinon, l’œuvre se voit tiraillée entre faire une vraie comédie pour le cinéma et un spectacle publicitaire avec ses scènes courtes, ses couleurs chatoyantes et ses beaux paysages. Le film se loge dans le cas précurseur des comédies françaises qui sont façonnées et pensées pour la télévision. Il y a de cela dans le long-métrage, car le récit ne se repose sur aucun récit concret, paraît être élaboré à la va-vite, les personnages sont résumés à un trait de personnalité comique et ce n’est, comme je le disais, qu’un enchaînement rapide de blagues. Mais cela reste un film enjoué, ubuesque et cocasse qui épouse l'anecdote pour mieux implanter son humour corrosif. Propre à la troupe du Splendid, nous sentons la volonté d’expérimentations comiques, la liberté d’improvisation et celle d’ancrer le récit dans le réel, en mettant par exemple de réels figurants et seconds rôles jouant leur propre rôle.
Le Magasin des suicides (2012)
1 h 19 min. Sortie : 26 septembre 2012 (France). Animation, Comédie, Comédie musicale
Long-métrage d'animation de Patrice Leconte
SimBoth a mis 6/10 et a écrit une critique.
Annotation :
(Vu le 18/10/26)





