Cover Les archives musicales du sombre et de l'expérimental

Les archives musicales du sombre et de l'expérimental

1 album = 1 commentaire y compris dans le fil d’actualité, comme chacune de mes listes. Faisons vivre ce site !

Styles abordés : ovni improbables, quand même beaucoup de metal (black underground, gros death, doom, heavy), post-punk, dark ambient, rock, folk, prog, pop japonaise et ...

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Liste de

525 albums

créee il y a plus de 3 ans · modifiée il y a 13 jours

Horsey
7.5

Horsey (1997)

Sortie : 1997 (France). Pop, Schlager

Album de Current 93

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Folk / Gothique - UK (1997)

Un album qui ne laisse pas de marbre. Current 93 est tout d'abord connu pour son folk sublime transcendé par la voix unique de David Tibet. Bien que son projet ait à l'origine produit de l'indus, on retient volontiers les acoustiques "Thunder Perfect Mind" ou l'inoubliable "All the Pretty Little Horses".

"Horsey" est une sorte d'entre-deux à mi-chemin entre le gothique déstructuré et la beauté acoustique de ses plus belles créations. Premièrement, le titre d'introduction est certainement l'une des plus ouvertures du genre, prenant dès les premières secondes. Chaque titre a sa patine, naviguant entre les sonorités, les genres et les univers. Reste cette voix inégalée et toujours cette ambiance orageuse de prairie abandonnée.

Eden... Hele

Eden... Hele (2003)

Sortie : 2003 (France).

Album de Praeda

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Black Metal Symphonique - France (2003)

Je parlerai beaucoup d'Adipocere mais les français de Sacral Productions avec leurs séries noires ont nourri les amateurs de black metal en franches réussites. Parmi les plus méconnues, cet atypique projet solo, toujours gaulois de Praeda.

Enregistré à la fin des années 1990, il faudra passer outre la production et surtout une boite à rythmes trop mécanique pour s'abreuver du nectar nocturne qui ne demande qu'à être apprécié. Car en effet, le son est cru, raw même et exprime le plus adroitement l'hiver et ses bourrasques impitoyables. Une voix écorchée vive complète le tableau d'une pochette déjà superbe. Là où "Eden... Hele" devient génial, c'est qu'il ne s'agit pas d'une redite de Burzum ou Darkthrone mais d'un black metal symphonique qui vous transporte dans une autre dimension : blasts inspirés, synthétiseurs hypnotiques, envolées lyriques, une écriture digne et glaciale.

Un superbe album, qui a certes un peu vieilli mais dont la puissance onirique n'a pas bougé.

Miseri Lares
7.6

Miseri Lares (2014)

Sortie : 28 avril 2014 (France). Field Recording, Experimental, Electronic

Album de Valerio Tricoli

La_Bete_du_Blizzard a mis 6/10.

Annotation :

Musique concrète / Ambient / Fields Recording / OVNI - Italie (2014)

Impossible de faire l'impasse sur l'album le plus connu de Valerio Tricoli quand on songe à lister exhaustivement sombre ou expérimental. Le compositeur italien a écrit une œuvre aussi déstabilisante que déstabilisée, qui a fait couler beaucoup d'encre dans le journalisme musical de niche en 2014. Aux frontière de la musique concrète pure, de l'ambient cauchemardesque et du fields recording informe, l'album suscite autant la méfiance d'une blague d'art contemporain que des annonces ça et là de pur chef-d’œuvre.

Cauchemar, c'est le mot. Sans formes, sans fond, l'album est très difficile à approcher car étant très vide dans ses textures et sa construction, passant abruptement d'un passage à un autre, d'une construction à une autre, les chapitrages devenant aussi fluctuants qu'une huile noire lancée dans les ténèbres. Comme un mauvais rêve en effet. Des bruits, quelques nappes noires très discrètes, on croirait entendre parler ou rire, mais c'est sans image, sans contour, le malaise véritable.

Un album qu'il faut ressentir dans sa chair pour l'apprécier. Un album ambient dans son expression mais qui nécessite une abstraction et en même temps une patience et une concentration totale. Je n'ai pas encore atteint ce stade, mais dans le doute, je recommande l'album aux plus téméraires et curieux.

SILENT HILL 2 ORIGINAL SOUNDTRACKS (OST)
8.6

SILENT HILL 2 ORIGINAL SOUNDTRACKS (OST) (2001)

Sortie : 3 octobre 2001 (France). Rock, Ambient, Soundtrack

Bande-originale de Akira Yamaoka

La_Bete_du_Blizzard a mis 10/10.

Annotation :

Ambient / Trip-hop / Dark Ambient / Indus - Japon (2001)

Je n'ai jamais joué au jeu. Et il n'est pas nécessaire d'y avoir joué pour apprécier pleinement cette œuvre unique, parfaite d'un bout à l'autre. Celle du jeu tout d'abord mais aussi celle des paysages brumeux, celle des voyages intérieurs, d'un Japon péri-urbain sous la neige, de ce que vous voulez. C'est la bande originale atmosphérique au sens large. Même si vous détestez les jeux vidéos, vous serez longuement empoisonnés.

Musicalement, nous voici en présence d'un étonnant patchwork à la croisée d'un trip-hop en fin de course mais mature, désespéré et conscient de sa fin. D'un ambient horrifique et nostalgique sous influence indus comme seuls les japonais savent le faire. Toutes les influences "sombres et expérimentales" de la décennie précédente sont ici compilées dans leur forme pure.

Il est très rare que je mette 10/10 à un album. Autant ma note à la bande-originale de Final Fantasy VII, je le concède, relève de la nostalgie des temps insouciants de la pré-adolescence, celle du jeu qui m'avait tant emballé, de sa mythologie.
Autant ici, c'est LA bande originale. Celle des musiques sombres et expérimentales.

Un véritable chef-d’œuvre.

遠ツ神 笑ミ給ヘ
8.1

遠ツ神 笑ミ給ヘ (2010)

Sortie : 2010 (France).

Album de Misogi

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Black/Folk Metal Progressif - Japon (2010)

On ne connait en réalité que peu, très peu de groupes extrêmes japonais sur ce qui existe réellement à l'instar de cet excellent Misogi qui compile pourtant des moments de bravoure qui auraient dû marquer un peu plus l'auditeur occidental.

Flute Shakuhachi, koto et surtout structures musicales nippones se mêlent de façon organique à un black cru, incisif mais technique. Le tiercé gagnant, sans que ça paraisse poussif ou mal fagoté un seul instant. On y ressent réellement des ambiances de monts venteux et brumeux de l'archipel là où nombre de ses compatriotes se limitaient à imiter l'art noir nordique et représenter des fjords de carte postale. Un album riche et avec une personnalité forte dont la patte folk ne fait pas oublier la hargne cru du black metal.

Dans les bras des immortels
8

Dans les bras des immortels (1999)

Sortie : 1999 (France). Rock, Black Metal

Album de Frozen Shadows

La_Bete_du_Blizzard a mis 9/10.

Annotation :

Black Metal - Québec (1999)

Le Black Metal atmosphérique me gonfle depuis un moment : gentil, propre, carré, limite financé par l'office du tourisme et destiné à un public crypto-otaku.

Vous ne connaissez pas vraiment le black et voulez l'aborder en une heure ? "Des les bras des Immortels" de Frozen Shadows. Je crois que cet album compile tout ce que j'aime dans ce genre : des compositions variées, une vraie brutalité qui a du coffre et des passages atmosphériques qui font vraiment planer au cœur de la nuit, celle qui gèle les mains et les pieds, pas celle d'un jeu vidéo. Les riffs sont mémorables et glaciaux, la voix haineuse, l'esprit hermétique et les synthétiseurs aussi majestueux que cryptiques soutiennent la rugosité de la production, crue et saturée.

Il n'y a strictement rien à jeter de ce premier album. Ses passages bourrins très ronds et son atmosphère ésotérique laisseront heureusement sur le bas-côté les kikoos venus se prendre une randonnée de carte postale.

Bish Bosch
6.9

Bish Bosch (2012)

Sortie : 3 décembre 2012 (France). Experimental

Album de Scott Walker

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Ovni inclassable et total - USA (2012)

Un jour, ou plutôt un matin, le chanteur crooner Scott Walker a eu peur. Je veux dire, il a réellement ressenti l'angoisse. La peur indicible avec cette odeur de merde et de mort. Et il a chanté.

L'ancien chanteur de pop a considérablement alourdi sa musique d'éléments atmosphériques et d'avant-garde mais cela dépasse tout ici. C'est son requiem. Un requiem dément, proprement dément. Angoissant, malade, claustrophobe.

Et y a un prout dedans.

Blood for Satan
8

Blood for Satan (2001)

Sortie : 2001 (France).

Album de True Black Dawn

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Black Metal - Finlande (2001)

On va le dire tout de suite : l'album a marqué les esprits. Black Dawn, groupe fondé en 1993 (aujourd'hui The True Black Dawn pour des questions de droit) a largué une sacrée bombe de trente-deux minutes avant de ne réapparaître que quinze ans plus tard !

Une œuvre avant-gardiste ? Non. Un album original ? Encore moins. Par contre la violence et la sauvagerie totale sont au programme de chaque titre. Pas de pose, pas de magouille avec un trop-plein de production suédoise, tout est dans le talent et l'incroyable virilité haineuse contenue dans chaque seconde de l'album. Que ça aille vite (le titre d'ouverture est l'un des trucs en black metal les plus intenses que j'ai jamais écouté en vingt ans) ou en mid-tempo, tout y est impitoyable.
La production a en outre la bizarrerie de ne pas être très épaisse mais suffisamment claire pour laisser entendre la cruauté des riffs aiguisés, la voix possédée (VRAIMENT possédé) et cette ambiance "messes noires où l'on sacrifie pour de vrai" qui file des sueurs froides au plus indifférent des athées.

On va me dire que j'exagère vu qu'il y a du ...And Oceans dans le line-up mais non, c'est vraiment mon ressenti. Le leader est d'ailleurs connu des groupuscules satanistes déistes qui ont une vision très... personnelle du cosmos.

AVA
8.2

AVA (2017)

Sortie : 18 avril 2017 (France).

Album de KeOSz

La_Bete_du_Blizzard a mis 9/10.

Annotation :

Dark Ambient - Slovaquie (2017)

Les nuances, toujours cette histoire de nuances dans un album de dark ambient. Quelques menues différences à peine perceptibles font la part entre le mauvais et le franchement génial. KeOSz appartient définitivement à la deuxième catégorie.

Une des meilleures productions Cryo Chamber, le slovaque a néanmoins une popularité (si on peut parler de popularité pour du dark ambient) moindre que Drony Darko, Mount Shrine ou Atrium Carceri. Il n'empêche que le travail sur les textures est monstrueux, les superpositions étant toutes murement réfléchies. Moins torturé que l'écurie suédoise, moins mystique que le caveau finnois, la danse atmosphérique de KeOSz se fait néanmoins sur la corde raide entre ambiances inquiétantes et une tenue pleinement intimiste, presque reposante. Un paradoxe troublant qui invite à revenir sans cesse sur une écoute, à chaque fois nouvelle.

邪宗門
7.5

邪宗門 (1972)

Sortie : 1972 (France).

Album de J.A. Seazer

La_Bete_du_Blizzard a mis 9/10.

Annotation :

Ovni / Rock psychédélique / Bande-originale / Acid folk / Néo-enka / Spoken-word / Jazz - Japon (1972)

"Euh euh euh, Baby Metal, vidéos WTF, j'apprends la culture japonaise avec Louis-San, Tev et Ichiban. C'est-nor-mal-au-JA-POOOOON !" Vos gueules. Vraiment, j'en peux plus de vous. L'indigent le dispute au produit marketé pour otakus fainéants.

Environ dix ans que j'explore peu à peu la musique nippone et si je devais n'en garder qu'un, je pense que J.A Seazer serait en très bonne position, sa période années 1970 m'a pas mal accompagné lors d'un séjour de quelques mois au Japon. Derrière cet obscur patronyme se cache Terahara Takaaki, personnalité contestataire reconnue depuis les événements de 1967, leur "mai 1968" ouvrant sur une intense décennie de créations culturelles et de tensions sociales dans un Japon en pleine modernisation.

Tension et création sont justement les deux mots qui guident ce "Jashumon" absolument inclassable. Car comment décrire convenablement une œuvre qui sort du cadre conventionnel de la musique ? Presque modale par moments, c'est pourtant par un "Kyojo Bushi" à mi-chemin entre le shamanisme hippie et les incantations shintô que l'on commence. Comment comprendre ? Au niveau des sonorités, nous sommes plutôt dans un croisement entre l'acid folk, le rock psychédélique et des borborygmes éructés qui suintent la folie. Suivent dans la plus parfaite anarchie récital quasi-religieux, spoken-word dément, passages bruitistes, claviers fantomatiques dans une ambiance démesurée, mi-spectrale mi-cinématographique. Très cinématographique. Comme un film japonais de cette époque, là où la couleur hallucinée d'un "Belladona" ou d'un "Lady Scorpion" dévore la classe des perles "nouvelle vague" nippone, d'un n&b érotique.

Jashumon est TRÈS TRÈS LOIN d'être accessible. Mais aussi tordu qu'il soit, aussi glaçant qu'il peut se révéler dans sa première partie, il est prenant, accoutumant. Des chants féminins, solitaires ou en chorale, comme une kermesse nostalgique font fasse à des riffs de rock psychédélique quasiment garage. Le rythme s'emballe, tu t'emballes, tu deviens carrément dingue, et tu remets ce fantastique "Tokyo Junreika" qui est presque une communion.

Impossible d'en parler vraiment sans se lancer dans une thèse mais vous l'aurez compris, c'est un pur chef-d’œuvre. Dans la catégorie du "Sombre et expérimental" il remporte la palme. Mais au delà.

Dauðafærð (EP)
7.7

Dauðafærð (EP) (2004)

Sortie : 2004 (France). Rock, Black Metal

EP de Pest

La_Bete_du_Blizzard a mis 9/10.

Annotation :

Black Metal - Suède (2004)

Il y en a des groupes qui s'appellent Pest, et même juste en Suède. Vous devez n'en choisir qu'un ? Ce mini-album d'une seule piste de vingt minutes est clairement le candidat idéal.

Je vais pas vous mentir, c'est un des meilleurs titres jamais composés dans le genre, on touche le firmament mais à l'envers, black metal oblige. Le tout premier riff avec son tremolo imbattable restera dans votre inconscient pendant des années. Vous avez en vingt minutes le meilleur de Darkthrone, le meilleur de Nargaroth, le meilleur d'Abyssic Hate comblés de ce riffing à la suédoise rappelant Armagedda ou Bergraven. La production rends honneur à son pays, tout en puissance, fausse crasse et faux raw nordique. On distingue chaque instrument, chaque lead et rien n'est à la mauvaise place (surtout avec un batteur issu de Merciless).

J'ai pas besoin d'en dire plus car j'ai tout dit. C'est gé-nial. Et NOIR.

田園に死す (OST)
8.1

田園に死す (OST) (1974)

Sortie : 21 décembre 1974 (France). Soundtrack, Stage & Screen, Rock

Bande-originale de J.A. Seazer

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Rock progressif et psychédélique / Folk / Chorale - Japon (1974)

Jushumon fait peut-être peur en raison de son jusqu'au-boutisme. bande-originale d'une pièce de théâtre complètement démente, il faut du temps pour l'apprivoiser. Nettement moins difficile d'accès, Den'en ni Shisu l'est sûrement. Bande-originale du très onirique film de Terayama Shuji "Cache-cache pastoral", l’œuvre produite comme un album avec un véritable fil conducteur fait sûrement moins bordel cosmique que son prédécesseur. Moins viscérale aussi mais plus organique, plus chaude de même.

L'utilisation très régulière d'une chorale d'enfants et cette folk plus présente donne un cachet rural à la production, témoins d'un Japon séculaire qui laisse place à la modernité et l'urbanisme, sans parler évidemment de profonds changements sociaux. Le cinéma, la photographie et bien sûr la musique étaient naturellement obsédés par cette thématique (Ozu Yasujiro, Moriyama Daido pour ne citer qu'eux). Mais ici, la tragédie, une élégante tragédie confère à cette époque-pivot un véritable parfum d'intemporalité. Le chant féminin, accompagné par une orchestration douceâtre de rock/folk progressif ne s'arrête pas à la ballade, il appelle par son côté rocailleux aux chants "enka", à la prosodie entêtée, aux tremolo passionnés.

Néanmoins, la douleur reprends toujours vite ses droits. Symbolisant le changement à venir, les chants progressent toujours lentement mais implacablement vers les montées rock prog, toujours funestes.

Light of a Dead Star
7.3

Light of a Dead Star (2002)

Sortie : 2002 (France). Black Metal

Album de Nehëmah

La_Bete_du_Blizzard a mis 10/10.

Annotation :

Black Metal - France (2001)

Black Metal.

Nothing

Nothing (2013)

Sortie : 31 décembre 2013 (France).

Album de Zero

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Rock Alternatif dépressif - France (2013)

Une partie de l'album était déjà disponible en téléchargement libre au milieu des années 2000. Composé par un membre live des Discrets et d'Alcest, ici point de salut, inutile de chercher des fées et autres paysages printaniers.

Mélange de rock alternatif doomy et de grunge pluvieux, Zero fait pas dans la demi-mesure, c'est morne et triste à crever. Comme un centre-ville de la France périphérique complètement abandonné.

Pas technique pour un rond, quelques arpèges saturées, une voix de dandy qui en a gros sur la patate qui ne franchit heureusement pas la fine frontière du pathos larmoyant. L'instrumentalisation ainsi que la production lorgnent quant à elles plus du côté du postpunk avec sa boite à rythme déshumanisée. Tout dans l'efficacité des ambiances et des notes perdues dans le vide.

Je ne peux que conseiller.

L'Aube Spirituelle
7.3

L'Aube Spirituelle (2001)

Sortie : 2001 (France).

Album de Leiden

La_Bete_du_Blizzard a mis 7/10.

Annotation :

Gothic / Electro metal / Heavenly - France (2001)

2001 et 2002 ont été des années particulièrement fastes pour le catalogue français Adipocere. Outre les sorties majeures en black metal sur sa division Oaken Shields, des groupes tout aussi inspirés et originaux émergeaient dans des catégories plus difficilement identifiables.

C'est le cas du très intéressant Leiden. Moqué pendant des années, la formation de Montauban était au mieux considérée comme un Elend metallique cheapos,.. Ce qui est assez vrai en fait, mais lui confère en même temps un charme suranné et une identité immédiatement reconnaissable. Les synthés ont pour aujourd'hui une patte un peu bontempi, les nappes gothiques un peu vaines et ce ballet entre growl qui chevauche une voix féminine et des chuchotements/râles/exclamations qui se la jouent Baudelaire de France périphérique, c'est juste immanquable. On peut en rire, mais une véritable poésie, une justesse font ressortir toutes les tripes envoyées par des musiciens qui voulaient bien faire... et qui ont finalement bien fait. Les éléments électroniques permettent de lier tous ces éléments un peu biscornus comme un puzzle qui tient la route.

Malgré ses défauts, L'Aube Spirituelle est un bon album et même une réussite.

Wooden Veil
7.1

Wooden Veil (2009)

Sortie : 2009 (France).

Album de Wooden Veil

La_Bete_du_Blizzard a mis 7/10.

Annotation :

OVNI - Allemagne (2009)

Hormis faire du multi-tags qui ne vous avancera pas plus pour décrire cet album unique, je ne me vois pas mettre autre chose qu'OVNI. Mélange chaotique de folk psyché sans fil directeur, électro-acoustique, jazz pété, ambient, chants japonais, il faut l'écouter pour le croire.

Ambiances vénéneuses et cauchemardesques, très loin du disque bobo que semble suggérer la pochette. On pense à une bande originale de terreurs nocturnes d'enfants, qui ressurgissent d'un coup à l'âge adulte. On pourrait penser au travail d'Akira Yamaoka sur les deux premiers Silent Hill, en plus viscéral, plus organique, moins taillé pour un format d'image. Hallucinant.

Den onda pesten

Den onda pesten (2004)

Sortie : 2004 (France).

Album de Svartkraft

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Raw Black Metal - Finlande (2004)

Side-project raw bm du mec de Wyrd dont je conseille toute la disco au moins jusqu'à Rota (ensuite, ZzzZZZzz)

Cet Den Onda Pesten est une sorte d'hommage aux sonorités de Filosofem et autres projets black metal forestiers en mid-tempo. Oui, aux sonorités. Je précise. Rarement le son pour un album de cet acabit n'aura été aussi bien choisi pour mettre l'auditeur face à ces ambiances. Pas la moindre originalité, c'est entendu mille fois, donc je vais pas revenir dessus. Mais cette atmosphère de forêt nordique sous la neige... Le synthétiseur bontempi, la saturation caricaturale des cordes et la voix écorchée vive. Le vrai plaisir coupable pour puristes.

Pour se faire une idée :
https://youtu.be/bbbh9xCsTAg

Thunderdome, Chapter XXI
7.1

Thunderdome, Chapter XXI (1998)

Sortie : 10 juin 1998 (France). Electronic, Gabber, Hardcore (EDM)

Compilation de Various Artists

La_Bete_du_Blizzard a mis 7/10.

Annotation :

Gabber - International (1998)

Avant de découvrir le metal, tout jeune, j'écoutais principalement trois choses : du classique, du rock genre Cranberries ou The Verve, et du gabber/techno hardcore. Un de mes premiers cd achetés à 11 ans, une madeleine de Proust. Difficile aujourd'hui d'enchainer les 2h30 du digipack 2cd mais je dois reconnaître être toujours sensible à l'ambiance dark biens sombrex (ces pochettes !), et certains titres ont vraiment un quelque chose !

Boom boom boom.

Final Fantasy VII: Original Soundtrack (OST)
8.4

Final Fantasy VII: Original Soundtrack (OST) (2004)

Sortie : 10 mai 2004 (France). Breakbeat, Ambient, Soundtrack

Bande-originale de Nobuo Uematsu

La_Bete_du_Blizzard a mis 10/10.

Annotation :

Musique de film / Symphonique / Ambient - Japon (1997)

"Eugneugneu, trop facile, tu en parles parce qu'y a le remake et en fait t'es un gros suiveur en fait. Eugneugneu rpg kikoojapon new age toi écoute du trvvvve black m..." *calibre 12*

Ouais et quoi ? Je t'emmerde. J'ai aussi été un gamin. Ferme ta gueule. J'ai grandi avec. J'avais dix/onze ans quand j'y ai joué sur Playstation 1. Je voyageais avec ce jeu. Peu importe les quelques faiblesses du jeu, certains aspects new age de ses thème ou des références un poil téléphonées. J'étais dedans, c'est une madeleine de Proust.

Je faisais des sauvegardes éparses pour revivre des ambiances musicales et cinématographiques. Les plages ambient dépressives des taudis ou de Nibel, celle de la map monde, la chaleur atone du désert, la forêt, la cité des anciens, Réunion, les armes, les boss, la bravoure.

Sans trop d'argent, j'ai économisé et mis 80€ dans un import (je le pensais) avant de me rendre compte qu'il s'agissait d'un bootleg taiwanais (de très bonne facture néanmoins). Mais je m'en foutais, j'avais les musiques du jeu. Plus besoin de chargements, de me refaire le lourdingue Bizarro Sephiroth avant de réentendre en boucle One Winged Angel.

C'était beau, et ça l'est toujours autant.

Winds Devouring Men
7.6

Winds Devouring Men (2003)

Sortie : 14 avril 2003 (France). Electronic, Industrial, Classical

Album de Elend

La_Bete_du_Blizzard a mis 10/10.

Annotation :

Néoclassique / Gothique – France (2003)

Il y a des albums comme ça. On les écoute quand on est jeune, on se pique de passion brûlante pour eux jusqu’à la syncope puis jusqu’à l’écœurement. Les années passent, dix ans, quinze ans puis on exhume la pépite avant de la réécouter. La conclusion s’impose : non. C’est loin d’être la passion. Quelque chose s’est cassé ou alors on a pris du recul, on a découvert nettement mieux. Pourquoi je dis ça ? Vous me voyez venir.

« Winds Devouring Men » d’Elend n’en fait absolument pas partie.

Quinze ans après sa découverte, l’album fait toujours aussi mal. Non. Il est BEAUCOUP plus douloureux. Jusqu’à la beauté. Juste la piste d’introduction avec ses montées impériales, ses violons en fond qui viennent le temps d’une piqûre. Ses apothéoses montées comme une cathédrale. On se perds dans sa propre mémoire avec le baroque « Worn Out With Dreams » sans pouvoir s’échapper. Enfin, tout remonte à la surface, tout se ressent à nouveau avec la même intensité toujours aussi actuelle. « Charis », « Under War-Broken Trees », je pourrais parler de tous les titres. Mais exercice vain, l’album dit tout, montre tout comme un miroir.

Dreamland
7.2

Dreamland (1996)

Sortie : 7 juin 1996 (France). Progressive House, Downtempo, Trance

Album de Robert Miles

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Dream Trance - Italie (1996)

Ouais, Robert Miles. Note "nostalgique plus que note "sérieuse".

A l'époque, on appelait ça de la "dream" tout court. Le clip Children passait en boucle sur les chaînes de tv et l'artiste italien a donné naissance à un paquet de clones plus ou moins inspirés (j'ai d'excellents souvenirs de Zhi-Vago ou DJ Dado).

Alors, sombre et expérimental ? Oui, enfin non, enfin si quand même. C'est aussi une question de contexte. Le clip est sombre pour nos critères actuels et parfaitement anti-commercial. Quelque part, les années 1990 étaient assez "sérieuses" pour certains styles et c'était l'âge d'or des clips (difficile de percer aujourd'hui avec les vidéos dépressives de Faithless ou de la trip hop britannique). Bon après, ça n'empêche pas qu'on a eu à se farcir les Spice Girls, Eiffel 65 et le R'n'b. Mais réécouter de la dream me renvoie personnellement à cette époque où je commençais à former mes goûts esthétiques, une porte d'entrée dans du sérieux, du sombre et "autre chose".

Témoignage suprême d'un style quasiment mort-né, les lignes mélodiques, les synthés kitch et l'ambiance de rêve éveillé de clubber sous prozac sont pour moi inoubliables.

Within the Vacuum of Infinity...
8.2

Within the Vacuum of Infinity... (2009)

Sortie : 12 octobre 2009 (France). Black Metal

Album de Arizmenda

La_Bete_du_Blizzard a mis 9/10.

Annotation :

Black Metal authentique - USA (2009)

Noir.
Ténèbres.
Haine.
Infini.
Désespoir.
Aversion.
Dégoût.
Répulsion.
Hostile.
Funèbre.
Malheur.
Obscur.

Blood Money
7.7

Blood Money (2002)

Sortie : 6 mai 2002 (France). Rock, Abstract, Experimental

Album de Tom Waits

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Blues "Depression" Folk - USA (2002)

Difficile de choisir UN Tom Waits pour cette liste, et je serais certainement amené à parler d'autres albums : le blues qui touche la glaise de Mule Variations ? La folie douce de The Black Rider ? J'ai pourtant choisi Blood Money pour commencer, assez représentatif de l’œuvre de Waits dans sa deuxième partie de carrière.

Blues/Folk devrait mettre sur la piste mais c'est avant tout du Tom Waits. Clarinette perdue, violon perdue, violoncelle perdu, trompettes et saxophones perdus. Tout est perdu, à l'image de l'Amérique qu'il dépeint. L'image d'un cabaret foireux mais pas foiré où tout se mélange, se télescope dans un petit verre de rhum crade, qui restera finalement vide une fois le tout ingurgité.

Esoderic Mania

Esoderic Mania (1993)

Sortie : 1993 (France). Rock, New Wave, Goth Rock

Compilation de Kokushoku Elegy

La_Bete_du_Blizzard a mis 9/10.

Annotation :

Post Punk / Deathrock / Gothique - Japon (1993)

Compilation des titres et EP des années 80 de l'un des représentants nippons les plus connus de cette vogue (en même temps, "connu" très relatif).

Malgré l'avalanche de tags sensée expliciter leur style musical, dites-vous que Kokushoku Elegy est très influencé par les Banshees. Très très influencé, tout en gardant une qualité remarquable. Énergique dans son deathrock, froid mais organique dans son post-punk, sachant manier la valse entre colère et breaks atmosphériques, la voix de Kyoko organise une longue promenade dans ces influences pour toutes les lier.

Magistral.

Love & Noise
8

Love & Noise (1996)

Sortie : 1996 (France). Noise, Electronic

Album de C.C.C.C.

La_Bete_du_Blizzard a mis 7/10.

Annotation :

Harsh Noise - Japon (2007)

Allez, c'est ma période japonaise. On parle beaucoup de Merzbow dans le domaine de la "japanoise" mais ce serait oublier les excellents C.C.C.C. déjà très actifs dès le début des années 1990. Un succès d'estime même si la présence de Mayuko Hino, "musicienne" mais aussi actrice porno qui offre des performance dantesque (Bondage, bdsm) sur scène n'y est pas pour rien. Ce "Love & Noise" est d'ailleurs leur grand œuvre.

De la harsh noise compacte, intuitive, brute mais aussi très fluide dans son déroulement qui laisse souvent place à des passages indus pour reprendre son souffle. Plus d'une heure de souffrance mais une œuvre qui ne ressemble à aucune autre même si bien souvent c'est un genre qui tourne en rond au bout de quatre ou cinq artistes. Et c'est là que c'est génial.

Dolorès
7.5

Dolorès (1996)

Sortie : 1996 (France).

Album de Jean-Louis Murat

La_Bete_du_Blizzard a mis 7/10.

Annotation :

Chanson française / Trip pop sensuelle - France (1996)

"Si dans tes bontés
Internationalles
Je ne vaux plus le coup,
C'est l'adieu aux armes,
L'oublie et en place,
Et alors? Je m'en fous..."

Eh bah voilà ! On commence par chanter "suicidez-vous, le peuple est mort", on se la joue cheyenne au regard de minet pour se racheter mais on constate platement que les jeux sont faits, rien à faire, les médias ont parlé. Alors autant se libérer pour de bon et s'engager à corps perdu dans les obsessions.

Car des obsessions, Dolores en est fourni. L'adieu aux armes du corps, l'invasion des souvenirs, brutaux, choquants mais aucunement vulgaires. Album suave, sensuel mais dépressif Murat sait jouer avec une pop doucereuse comme un venin aux confluents du trip-hop. Mélodies superbes comme une séduction, les textes sont quant à eux au bords de l'abime.

Far Beyond the Light
7.9

Far Beyond the Light (2002)

Sortie : 2002 (France). Black Metal

Album de Leviathan

La_Bete_du_Blizzard a mis 9/10.

Annotation :

Black Metal - Suède (2002)

Un album puis s'en va, sans nouvelles jusqu'en... octobre 2020, date de sortie de leur second effort "Förmörkelse". C'est dire, pas vraiment d'infos sinon l’œuvre d'un ex-Armagedda, et même le livret du CD ne comporte pas même les paroles.

A ne pas confondre avec son homonyme américain, ce Leviathan est pour sa part le summum du black metal typiquement nordique. Ni vraiment haineux, pas spécialement dévastateur mais authentiquement noir, viscéralement noir. Riffs faussement simples mais toujours dans le ton, toujours efficaces très proches d'ailleurs d'Armagedda, des premiers Shining (jusqu'au "III"), du meilleur de Darkthrone ou même Blut Aus Nord dans ses arpèges grises et cisaillées. Breaks, blasts, tremolo, rien n'est laissé au hasard et le tout est très intelligemment soutenu par une double pédale du plus bel effet.

En bref, toutes les compositions sont absolument sublimes. Chaque seconde est une interstice supplémentaire vers la noirceur.

I
7.6

I (2004)

Sortie : 2004 (France). Rock, Black Metal, Punk

Album de Vordr

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Black Metal - Finlande (2004)

Je suis un immense fan de Vordr depuis leurs débuts via cet album sorti sur l'excellent label Nykta, les deux structures étant menées par le même homme. Un des meilleurs labels finnois en passant, semant de vrais chefs d’œuvres : Evilfeast, Odelegger, Koge, Nordmen, etc.

Après une intro très simple mais qui mets dans l'univers, c'est tout de suite le déluge, la tempête de neige. Des riffs simples, froids et vraiment haineux. On y retrouve le "Under A Funeral Moon" et "Transylvanian Hunger" de Darkthrone, les plus catchy de Horna mais aussi du riffing à la Veles. Mais c'est sans compter sur un esprit résolument minimaliste qui rappelle les plus belles heures d'Akitsa, Odelegger et même parfois Ildjarn sans toutefois une crudité de production aussi radicale. Viscéral et organique au possible, Vordr va droit à l'essentiel, vomit son dégoût, gèle l'ambiance tout en faisant appel à quelques influences proto-bm limite punkisantes par moments.

Simple mais toujours dans le ton, jamais trop primaire, jamais en train s'épancher outre mesure, "I" est une véritable réussite qui donne au black metal une de ses lettres de noblesse.

Souvenirs
7.6

Souvenirs (2003)

Sortie : 24 février 2003 (France). Prog Rock, Rock, Alternative Rock

Album de The Gathering

La_Bete_du_Blizzard a mis 9/10.

Annotation :

Trip-Hop - Pays-Bas (2003)

L'album "gros changement" du célèbre groupe, qui a définitivement placé une frontière abrupte entre la première partie de disco incisive héritée du death/doom et la suivante, plus courte, carrément trip-hop.

Mais ce serait mentir que de dire qu'on n'y était pas déjà un peu. Dès "How To Measure a Planet ?" en 1998 on naviguait déjà dans le metal/rock atmosphérique contemplatif, puis carrément trip-rock avec pas mal d'éléments électroniques sur "If_then_else".

"Souvenirs" est une de mes perles, de mes madeleines de Proust. Tout en douceur, toujours dans le bon ton et d'une élégance rare, ils abandonnent tout l'arsenal agressif pour s'abandonner enfin. La nostalgie peut parfois être déprimante, cruelle notamment pour un amateur metal extrême ou d'ambient mais elle est ici bien plus positive. Comment ne pas se sentir protégé et dans un cocon en écoutant "Broken Glass" ?

Simple, efficace, sans débauche de technique. Mais certainement pas fragile ni simpliste. Le groupe agrémente sa musique de quelques guitares encore un peu rock, d'éléments électroniques et d'effets du plus bel effet pour accoucher d'un superbe trip-hop/rock/prog d'une homogénéité trop rare. Car oui, c'est progressif et ce n'est pas un gros mot.

Quant à la voix d'Anneke, ai-je besoin d'en parler ? De dire ce que tout le monde s'accorde à penser ? Elle est sublime, prenante, englobante. Comme tout ce disque qui restera.

Revelry

Revelry (1998)

Sortie : 1998 (France). Indie Rock, Doom metal

Album de Beyond Dawn

La_Bete_du_Blizzard a mis 8/10.

Annotation :

Rock expérimental - Norvège (1998)

Beyond Dawn a eu une carrière qui le raccrochait toujours de peu, de loin ou complètement et sûrement au courant metal. Un premier album, "Pity Love" nous propulse son doom noirâtre saveur black metal. Les Norvégiens n'accouchent pas d'Eskimos après tout.

Premier vrai chef-d’œuvre avec ce "Revelry" qui montrait que dès 1998 la Norvège pouvait sonner moderne et mélange des genres en partant d'un groupe de bm. Par facilité, on cite souvent Beyond Dawn dans une catégorie fourre-tout "post-metal".

Malgré quelques tics de production, il faut plutôt aller chercher chez les Swans (rien que le chant est Michael Gira-esque à s'en crever les oreilles). Un rock expérimental, vaguement gothique mais sans arrêt acide et mélancolique, aux accents dark-wave et noise rock. La période lapins des Swans n'est jamais loin mais la langueur nordique et ses nuits quasi-éternelles sont bien présentes. Moins immédiat, moins organique, Revelry ne fait pas moins mal. Son feeling glacé et glaçant, ses automatismes de groupe doom lui confèrent malgré son authentique humanité des teintes boréales. Le cœur en feu, les cordes gelées, un monstre d'équilibre.

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