Les films - 2026
[bannière : Gyöngyvér Vigh et Katalin Berek dans "Adoption" de Márta Mészáros]
21 films
créée il y a 4 mois · modifiée il y a environ 22 heuresTaxi Téhéran (2015)
Taxi
1 h 22 min. Sortie : 15 avril 2015 (France). Comédie dramatique
Film de Jafar Panahi
Behuliphruen a mis 6/10.
Un balcon à Limoges (2026)
1 h 10 min. Sortie : 29 avril 2026. Comédie dramatique
Film de Jérôme Reybaud
Behuliphruen a mis 8/10.
Poitiers (2022)
41 min. Sortie : 11 décembre 2022 (France). Comédie dramatique
Moyen-métrage de Jérôme Reybaud
Behuliphruen a mis 7/10.
Silent Friend (2025)
Stille Freundin
2 h 27 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame
Film de Ildikó Enyedi
Behuliphruen a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
The Cruise (1998)
1 h 14 min. Sortie : 4 mars 2026 (France). Portrait, Société
Documentaire de Bennett Miller
Behuliphruen a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Vincent mit l'âne dans un pré (et s'en vint dans l'autre) (1976)
1 h 47 min. Sortie : 12 mai 1976 (France). Comédie, Drame
Film de Pierre Zucca
Behuliphruen a mis 6/10.
The Mastermind (2025)
1 h 50 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Drame, Policier
Film de Kelly Reichardt
Behuliphruen a mis 7/10.
Adoption (1975)
Örökbefogadás
1 h 29 min. Sortie : 27 avril 1977 (France). Drame
Film de Márta Mészáros
Behuliphruen a mis 8/10.
L'Esprit de la ruche (1973)
El espíritu de la colmena
1 h 35 min. Sortie : 5 janvier 1977 (France). Drame
Film de Victor Erice
Behuliphruen a mis 7/10.
La Reconquista (2016)
1 h 48 min. Sortie : 28 janvier 2026 (France). Drame
Film de Jonás Trueba
Behuliphruen a mis 7/10.
Annotation :
Plus convaincu que par Eva en août (cf. ci-dessous), probablement car le film est en prise plus directe avec une émotion sincère. Il est plus simple, quoiqu'encore assez sophistiqué dans son écriture, un peu comme dans certains Hong Sang-soo : j'aime bien, par exemple, la parenthèse temporelle encadrée par l'arrivée et le départ en moto, sur la belle chanson de Rafael Berrio. Risqué, le pari du flash-back me semble réussi. On éprouve déjà ce que les films suivants de Trueba exploreront à nouveau : ce moment de vertige où, pour la première fois sans doute de sa vie, on doit faire avec du révolu, des choses laissées derrière soi, le fantôme de futurs non advenus ; ce moment du premier bilan où le passage du temps n'est plus une formule creuse, mais une expérience vécue intimement. Et aimant bien les films avec des lettres, je ne peux qu'être séduit par le fait que ce soit entre les lignes d'une lettre que ce vertige se laisse entrevoir.
Titre trompeur en revanche : la reconquête n'est pas l'enjeu narratif du film, et son appel martial ne peut être entendu que comme une antiphrase. Au contraire si, comme le chante Rafael Berrio, les "portes de bronze du temps" ne pourront jamais être rouvertes, tous deux auront passé la nuit à regarder par le trou de serrure, pour capter l'ombre de ce paradis perdu des amours adolescentes...
Baise-en-ville (2025)
1 h 37 min. Sortie : 28 janvier 2026. Comédie
Film de Martin Jauvat
Behuliphruen a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Vraiment drôle ! Même si cela s'essouffle dans la durée : symptôme peut-être du court métrage trop vite monté en graine. Mais le personnage de Martin Jauvat a une vraie présence, dans une tradition de lunaires faussement endormis. Les autres acteurs sont au diapason, il y a des choix artistiques tranchés : cette fluorescence rose bonbon dans laquelle baigne le film, qui fait écho peut-être au flottement existentiel de ce vingtenaire un peu attardé, et nous introduit en tout cas en douceur dans ce monde parallèle légèrement absurde. Et le film de banlieue, le 7-7 arpenté de long en large, les transports, les palissades du chantier du Grand Paris Express, l'amitié intergénérationnelle - voilà un thème qu'on aimerait voir plus souvent traité !
Elles deux (1977)
Ök ketten
1 h 37 min. Sortie : 8 février 1978 (France). Drame
Film de Márta Mészáros
Behuliphruen a mis 6/10.
Annotation :
Film assez aride dans sa construction narrative, qui ne s'embarrasse pas de scènes d'introduction ni de transition, et maintient un certain flou autour des lieux qui m'a un peu gêné : le centre d'accueil et de travail pour jeunes femmes, l'appartement occupé par Jan Nowicki et (parfois) par Lila Monori, celui de Marina Vlady et son mari, l'appartement de fonction de cette dernière, où Lili Monori passe aussi parfois la nuit, etc. Mais frappé, comme après "Les héritières", par l'actualité du cinéma de Márta Mészáros : après la GPA, c'est ici la sororité qui est abordée : entre deux femmes tantôt étonnamment libres et autonomes, tantôt sous la contrainte de leur homme respectif : veule ou violent, incapable de se guérir de sa lâcheté pour l'un, de l'alcool pour l'autre - mais le personnage de Jan Nowicki (que je prends plaisir à retrouver) est aussi capable de tendresse, il n'est pas entièrement perdu. De la même façon, l'aridité dont je parlais est souvent contredite par une photographie lumineuse et l'impudeur bienveillante de la caméra de Márta Mészáros, qui capte une crise de larmes, un fou rire, un baiser fougueux et irrationnel, le sexe marital expédié, le corps de Marina Vlady sous la douche, une gifle. L'ensemble se dirige ainsi, jusqu'à un soir de neige, dans une énergie douce-amère qui m'a semblé sonner juste.
Eva en août (2019)
La virgen de agosto
2 h 05 min. Sortie : 5 août 2020 (France). Drame
Film de Jonás Trueba
Behuliphruen a mis 6/10.
Annotation :
Le film aurait sans doute gagné à adopter la philosophie de son héroïne : se laisser porter, se maintenir ouvert à l'imprévu, au surgissement de la vie. C'est quand même l'une des promesses les plus désirables du "film d'été" - voir, à cet égard, la lignée Rozier-Rohmer-Brac. Au lieu de cela, il tend à se refermer toujours un peu plus autour des atermoiements de son héroïne, et des miraculeuses coïncidences qu'il entrelace autour de sa déambulation narcissique dans une Madrid écrasée de chaleur. Ce verrouillage autocentré est encore redoublé par le jeu de miroir entre les personnages et leurs interprètes, Eva étant nourrie des expériences vécues par Itsaso Arana, le dispositif même du film rejouant un moment de sa vie. Très écrit, très calculé, assez cérébral, le film semble souvent se réfugier derrière une forme d'abstraction : ce n'est pas un hasard si la figure d'Eva est assimilée à la "Vierge d'août", qui conçoit sans rapport charnel, enceinte de sa propre effigie à venir, dans une sorte d'enfantement de soi-même à la stérilité assez déprimante. Même thème du temps cyclique dans les motifs du cadran solaire, des cycles menstruels, etc. Quoique très cohérent, très signifiant, tout cela tient hélas l'émotion à distance.
Alexandrie encore et toujours (1989)
1 h 41 min. Sortie : 20 juin 1990 (France). Comédie dramatique
Film de Youssef Chahine
Behuliphruen a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Plutôt qu'une psychanalyse, Chahine a choisi de faire un film. Et tant mieux, car c'est beaucoup plus joyeux ! C'est donc avec une générosité (la première chose qui frappe, c'est sans doute la multitude de choses qu'il y a dans ce film) et un entrain débordants (voir les stupéfiantes scènes de pastiche de film historique) que Chahine exorcise les souffrances de sa vie de cinéaste, en les faisant endosser par son double, le réalisateur alexandrin Yehia. Le film est ainsi en partie un jeu de transposition de son expérience : la rupture, vécue comme une trahison, avec "son" acteur, Amr (double de Mohsen Mohieddin, que Chahine a découvert, mais qui a préféré les soaps égyptiens financés par les pays du Golfe), l'Ours d'argent obtenu pour "Alexandrie pourquoi ?", la déception cannoise après la projection d'"Adieu Bonaparte", etc. Et, surtout, la grève de la faim entamée, avec des dizaines d'autres professionnels du cinéma et du théâtre, contre les mesures liberticides du gouvernement Moubarak.
Et pourtant, on est tout aussi loin de l'autocélébration que de la chronique mortifère : le corps de Chahine, petit et musclé, est de tous les plans, il danse, saute, court, hurle et rit, égratignant au passage la figure démiurgique du cinéaste. Parfaitement lucide à propos de la relation quasi passionnelle qu'il entretient avec son acteur-fétiche, pour qui il s'agira de tuer le père, il met lui-même en scène un Alexandre le Grand ridicule, jusqu'à une scène de rêve sacrilège, où les pelleteuses détruisent le tombeau du roi , dont le corps est perforé par un marteau-piqueur... Car le film est aussi une vanité, en même temps qu'un film puissamment engagé en faveur de la liberté de création, et qu'une ode à Alexandrie, berceau de Chahine. Pont entre l'Europe et l'Asie, la cité mythique incarne la tension entre Orient et Occident qui a joué son rôle dans la carrière de Chahine - et qui nourrit son style, nous rendant son cinéma à la fois si touchant et si dépaysant. Le film invite donc aussi à une réflexion stimulante sur la géopolitique du cinéma, et la position inconfortable qu'a pu être celle de Chahine, pris entre la nécessité de voir son travail reconnu en Occident, tout en étant confronté à l'héritage et aux difficultés propres à l'Egypte.
Confiance (1980)
Bizalom
1 h 45 min. Sortie : 10 janvier 1980 (Hongrie). Drame
Film de István Szabó
Behuliphruen a mis 7/10.
Annotation :
Quasi huis-clos, durant les heures sombres de la Hongrie collaborationniste des Croix-Fléchées. Deux individus contraints de se cacher et de dissimuler, dans un appartement de la périphérie de Budapest. Tous deux avancent à tâtons dans un monde entièrement reconfiguré par la loi de la méfiance la plus élémentaire. La guerre, l'oppression, la misère, constituent un hors-champ que les deux protagonistes entrevoient de temps à autre, lors de brèves sorties dans les rues vides et noires de la capitale hongroise.
Mais elles configurent aussi un espace-temps irréel, où se perd vite la sensation du temps. Et ambigu, car il ouvre comme une brèche dans l'existence des deux personnages, et tout particulièrement de Kata, à qui il offre une sorte de liberté grisante et précaire. Avec un mélange saisissant d'austérité et de tendresse, le film creuse ce motif paradoxal de la liberté éclose au cœur de la contrainte qu'impose le temps suspendu de la guerre.
Les Héritières (1980)
Örökség
1 h 44 min. Sortie : 11 juin 1980 (France). Drame
Film de Márta Mészáros
Behuliphruen a mis 7/10.
Annotation :
Beau film sur... la GPA ! Plus sérieusement (et une fois passé le premier quart d'heure de surprise devant Isabelle Huppert doublée en hongrois), c'est un film assez terrible sur le sacrifice de deux femmes pour le maintien des apparences sociales, et sur leur soif de vengeance (vengeance sociale pour l'une, vengeance à retardement d'une femme trompée pour l'autre). Dans cette mise en scène élégante et veloutée (par la musique, les teintes chaudes des salons de thé budapestois, les ombres confortables des salons de la haute bourgeoisie hongroise, la neige du domaine de villégiature transylvain), les rapports des membres de ce trio condensent toute la violence des rapports de classe, des rapports homme-femme et de l'antisémitisme, sous la loi implacable de l'argent et de l'héritage à perpétuer - avant de se dissoudre dans la tragédie des déportations de masse dans la Hongrie du printemps 1944.
Laurent dans le vent (2025)
1 h 52 min. Sortie : 31 décembre 2025. Comédie dramatique
Film de Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon
Behuliphruen a mis 5/10.
Annotation :
Oui, c’est un cinéma qu'on a envie d'aimer : celui de la marge, de gens paumés, d'une "génération perdue", du "hors-saison", etc. Et cela fonctionne plutôt (il y a plusieurs séquences franchement drôles), mais on sait aussi tout de suite où l'on est : ça devient une forme un peu balisée, où l'ennui pointe le bout de son nez d'autant plus souvent que la forme du film, charmante à bien des égards, est évidemment passablement erratique.
Je ne suis donc pas le seul à avoir pensé à Miséricorde, et pas le seul non plus à trouver que ce Laurent dans le vent en est une sorte de décalque pâlichon, où les obsessions de Guiraudie deviennent des motifs décoratifs. Je ne connais pas (encore) Guiraudie hormis Miséricorde, mais ce film avait une manière de nous empoigner physiquement et de nous faire éprouver un trouble étrange, où il était permis de sentir le germe de secousses plus profondes, telluriques, politiques. On serait bien en peine de les trouver ici, au-delà du petit tour pour rien de ce Laurent qui tient difficilement la longueur du film, devenant au bout de deux heures de pellicule une marionnette un peu usée et usante.
Le Sud (1983)
El Sur
1 h 34 min. Sortie : 20 janvier 1988 (France). Drame
Film de Victor Erice
Behuliphruen a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Film merveilleux ; il faudrait maintenant voir tous les autres Erice... Dès l'ouverture, lorsque la lumière s'imprime sur l'écran noir, lorsque la voix off se fait entendre, il y a une manière de reprendre les choses à la source, qui d'un coup engage pleinement le spectateur dans cet univers sensuel et rêveur de l'enfance, dans l'épaisseur molletonnée de la neige et des ombres, qui doit sans doute beaucoup à la peinture espagnole. L'enquête que la petite Estrella mène sur le passé de son père, sur ses absences et son mystère, est l'opération par laquelle elle sort d'elle-même, sort de l'enfance et s'ouvre au monde, pas à pas, de la maison à la girouette prise par les glaces jusqu'au Sud fantasmé.
Erice prend en effet, aux deux tiers du film, le risque de transformer le visage si expressif, si attachant, de son héroïne en celui d'une jeune adolescente. Il parvient de la sorte à faire éprouver la manière dont les choses changent soudain de dimension lorsqu'on passe de l'enfance à l'âge adulte : la bouleversante dernière entrevue avec le père, soudain si vieilli, comme rapetissé par la dissipation de ce secret où l'on peut deviner qu'a joué sa lâcheté, ou son égoïsme, fait pendant à la découverte émerveillée des pouvoirs magiques d'un père magnétique et magnétiseur, qui fait jaillir l'eau des sources et connaît le nom secret des actrices de cinéma...
Voyage en Italie (1954)
Viaggio in Italia
1 h 25 min. Sortie : 20 décembre 1954 (France). Drame, Romance
Film de Roberto Rossellini
Behuliphruen a mis 9/10.
Annotation :
[Revu]
Ma première note (un 5, il y a 8 ans) m'est devenue complètement incompréhensible...
Vade Retro (2025)
1 h 35 min. Sortie : 31 décembre 2025. Comédie, Épouvante-Horreur
Film de Antonin Peretjatko
Behuliphruen a mis 5/10.
Annotation :
On ne retrouve que par (rares) instants le génie comique de La Fille du 14 janvier ou de la Loi de la jungle. Par rapport à ces précédents, cette satire post-Covid, qui renvoie dos à dos dogmatisme scientiste et fanatisme religieux, gagne en lourdeur poussive ce qu'elle perd en poésie lunaire - même si le décalage, le grand guignolesque et l'approximation volontaire des gags burlesques fonctionnent encore de temps à autre.
Histoires de la bonne vallée (2025)
Historias del buen valle
2 h 03 min. Sortie : 17 décembre 2025 (France). Société
Documentaire de José Luis Guerin
Behuliphruen a mis 7/10.
Annotation :
Entre récits de résistances et de déracinement (cf. la très belle séquence de déracinement (au sens propre) où les propriétaires expulsés de leur jardin ouvrier remontent vers le village, leur arbre sous le bras, pour le planter ailleurs), le film rend un bel hommage, lumineux, à l'hospitalité de cette vallée, en périphérie de Barcelone. L'histoire de cette terre s'énonce dans la tension entre ce qui reste, ce qui se maintient (des souvenirs, des figures locales, une rivière, la pratique des jardins ouvriers) et ce qui glisse, qui se perd, qui bouge (des maisons déplacées, des airs de flamenco que les anciens ne reconnaissent pas, des immigrés portugais et maghrébins, une famille d'Indiens qui cultive la canne à sucre). L'ironie est que ce qui menace l'intégrité de ce territoire populaire est précisément le gigantisme des infrastructures de transports, de ce qui met le monde en mouvement : omniprésence, visuelle et sonore, du couloir autoroutier, travaux d'enfouissement des voies ferrées. Face à cette agitation incessante, une autre, mais murmurante : l'eau courante de la rivière - ou encore la silhouette fièrement campée de ce vieillard contemplant la vallée, comme dans un tableau de Friedrich.
(Au moment où je termine "La rivière" d'Esther Kinsky [cf. liste livres], le parallèle est séduisant.)
























