Cover Les films - 2026

Les films - 2026

[bannière : Gyöngyvér Vigh et Katalin Berek dans "Adoption" de Márta Mészáros]

Liste de 42 films créée il y a 9 mois · modifiée il y a environ 8 heures
Ce vieux rêve qui bouge
7.7

Ce vieux rêve qui bouge (2001)

52 min. Sortie : 28 novembre 2001. Comédie dramatique

Moyen-métrage de Alain Guiraudie

Behuliphruen a mis 8/10.

Rester vertical
6.2

Rester vertical (2016)

1 h 39 min. Sortie : 24 août 2016. Drame

Film de Alain Guiraudie

Behuliphruen a mis 8/10.

Annotation :

Stupéfiante liberté de Guiraudie, qui est le seul à oser filmer ce qu'il filme, et qui le fait magnifiquement. Le film est plein d'ellipses, on saute dans la chronologie et de la Lozère au Finistère au gré du désir des personnages : c'est lui seul qui dicte la progression du film, malmenant l'espace et le temps, reconfigurant tout - et donnant à ce film à nul autre pareil ce caractère à la fois cru et onirique, concret et allégorique, interrogeant une certaine opiniâtreté humaine, qui est tout de même un profond mystère : continuer à donner naissance alors qu'on sait que l'innocence sera vite dévorée par les loups, que la meute n'attend que cela.

Adieu monde cruel
6.5

Adieu monde cruel (2026)

1 h 33 min. Sortie : 9 septembre 2026. Drame, Romance

Film de Félix de Givry

Behuliphruen a mis 7/10.

Annotation :

Les influences sont là, les références viennent aussitôt à l'esprit, mais sans jamais écraser la sincérité et la fraîcheur du film. La sortie de l'enfance, ses rêves de fuite et d'absolu, le caractère à la fois définitif et inconséquent des décisions qu'on y prend, l'égoïsme et la cruauté de cet âge d'entre-deux sont capturés avec davantage qu'un charme nostalgique : une forme de magie, qui court comme un frisson pendant une heure et demie. Ces deux corps, frêle ou un peu mal dégrossi, leurs beaux visages, les cheveux roux de l'une et les yeux verts de l'autre, filmés de près, imprimés sur pellicule - et la croyance de Violette dans la possibilité toujours recommencée du miracle (ce qui n'est pas anodin à Lisieux !). L'enrobage romanesque (la musique, la voix off de Françoise Lebrun, les lettres) convoque la Nouvelle Vague, et Truffaut plus précisément ; le lieu dont l’identité n'est distillée qu'à coup d'indices, l'absence d'écrans à l'écran et la dimension littéraire de la narration ouvrent un espace hors du temps, dans lequel j’ai mis un peu de temps à pénétrer, mais qu'il est difficile de quitter...

Retour avant 15 heures
6.5

Retour avant 15 heures (2026)

1 h 14 min. Sortie : 2 septembre 2026. Société, Portrait

Documentaire de Gaël Lépingle

Behuliphruen a mis 7/10.

L'Aventure rêvée
6.3

L'Aventure rêvée (2026)

Das geträumte Abenteuer

2 h 44 min. Sortie : 15 juillet 2026 (France). Drame

Film de Valeska Grisebach

Behuliphruen a mis 7/10.

Only Lovers Left Alive
7.2

Only Lovers Left Alive (2013)

2 h 03 min. Sortie : 19 février 2014 (France). Drame, Romance

Film de Jim Jarmusch

Behuliphruen a mis 5/10.

Annotation :

Curieux que le film, tout en renouvelant si joliment le motif du vampire, soit si paresseux dans le traitement de la figure de l'artiste. Le parallèle traditionnel entre l'artiste et le vampire reposait sur l'idée que l'artiste, pour survivre, est contraint de "vampiriser" tout ce qu'il touche. Ici au contraire, dans une vision un peu paranoïaque et parfois péniblement ténébreuse, Jarmusch nous assure que si les artistes authentiques sont comme des vampires, c'est parce qu'ils sont constamment menacés par une plèbe de zombies incultes qui, au fond, ne peuvent tolérer que l'on vive à contretemps, et par un monde corrompu qui s'ingénie à leur couper les vivres. C'est sur ce dernier point, d'ailleurs, que le film est le plus séduisant : il prend un aspect quasi ethnographique lorsqu'il expose la difficulté d'être vampire au début du XXIème siècle, et c'est plein de trouvailles réjouissantes : porter une robe de chambre du XVIIIème un Iphone à la main, ne pouvoir commander que des billets d'avion de nuit, ne savoir quoi répondre quand on doit fournir sa date de naissance, souffrir d'un sang de mauvaise qualité, altéré par les substances illicites et toxiques que les humains ingèrent en quantités grandissantes, etc. Fort heureusement donc, Jarmsuch ne manque pas d'humour.
Bon, bien sûr, que le film retienne surtout l'intérêt pour l'aspect anecdotique de ce "vis ma vie de vampire", en dit assez sur ses faiblesses narratives. Cela languit dès avant la fin de la première heure, et l'épisode de la petite sœur n'est qu'une parenthèse sans véritable intérêt dans l'économie du film. Il faudra donc s'en tenir à cette splendide atmosphère crépusculaire (beau tour de force que ces deux heures de film sans lumière naturelle), à une B.O. parfaite, à cet imaginaire de l'artiste maudit auquel je n'ai jamais été très sensible : l'indépendance ne s'obtient qu'en refusant la lumière, en vivant reclus, en coupant les points de contact avec un réel qui est nécessairement menaçant. Le créateur, comme le vampire, relèverait alors d'une sorte d'aristocratie de l'esprit, qui doit se maintenir dans un splendide isolement, en ressassant son propre mal-être et en se perdant dans la contemplation des siècles passés - pas sûr que cet autoportrait indirect de Jarmusch me rende plus sympathique cet auteur que je connais mal, mais dont les films m'ont finalement rarement convaincu.

Home Stories
5.8

Home Stories (2026)

Etwas ganz Besonderes

1 h 56 min. Sortie : 29 juillet 2026 (France). Drame

Film de Eva Trobisch

Behuliphruen a mis 6/10.

Annotation :

On imagine que la matière dont disposait Eva Trobisch, à l'issue du tournage, était volontiers pléthorique, de quoi faire une mini-série ; les coupes, pour passer sous les deux heures, ont été probablement sévères : en tout cas, on reste un peu frustré devant les nombreuses pistes narratives à peine explorées, les personnages rapidement brossés, l'allure parfois brouillonne de l'ensemble. Mais ce foisonnement n'est pas désagréable non plus, il impose un rythme soutenu qui retient constamment l'intérêt, d'autant plus que l'Allemagne mise en scène dans ces "Homes Stories" est plutôt méconnue : une petite ville à la frontière de la Saxe et de la Thuringe, frappée de plein fouet par la désindustrialisation, à la recherche de son avenir. À travers le dialogue plein de malentendus des trois générations de cette même famille thuringeoise, se devinent ainsi les déchirures d'une Allemagne réunifiée mais toujours embarrassée vis-à-vis de ces Länder de l'ex-RDA. Il faut faire avec le regard mi-condescendant mi-compatissant des Allemands de l'Ouest, avec son propre passé, où la honte le dispute à la nostalgie (intéressants passages sur la muséification de la petite ville de Greiz), au moment où l'héritage familial échoue à se transmettre.

Un grand raccourci
6.3

Un grand raccourci (2026)

1 h 21 min. Sortie : 12 août 2026. Comédie dramatique

Film de Clément Devilliers et Armand Foëx

Behuliphruen a mis 7/10.

De la Comédie-Française
6.6

De la Comédie-Française (2025)

1 h 15 min. Sortie : 22 juillet 2026. Comédie

Film de Martin Darondeau et Bertrand Usclat

Behuliphruen a mis 4/10.

Annotation :

Quelques sourires, un rire ou deux, grâce à Laurent Stocker comme toujours parfait. Pour le reste, c'est souvent aussi poussif que ce que la bande-annonce pouvait laisser craindre, prévisible et paresseux. Voire pire : le côté nombriliste de la farce est un peu pénible, et surtout, curieusement, n'empêche pas de recourir aux pires stéréotypes, déjà vus ailleurs - à quoi bon donc concevoir ce film "de l'intérieur", si c'est pour proposer quelque chose d'aussi anodin, d'aussi peu attentif à la réalité des métiers, qu'on ne voit absolument pas (les vannes du film ne sont même pas prétexte à dévoiler les coulisses) et qui ne dit jamais rien de ce qu'est être comédien, maquilleur, ouvreur, régisseur, etc. Et n'est-ce pas un peu gênant de confier aux acteurs stars de la Comédie Française le soin de tourner en dérision les métiers de l'ombre qui font tourner le théâtre, chaque soir ? Ce n'est de toute façon pas un format pour le cinéma, ça aurait été beaucoup plus digeste sous la forme de petites capsules pré-JT.

Mon oncle
7.6

Mon oncle (1958)

1 h 57 min. Sortie : 10 mai 1958. Comédie

Film de Jacques Tati

Behuliphruen a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

[Revu]

Notre histoire - Chroniques du Caire
6.8

Notre histoire - Chroniques du Caire (2025)

The Stories

2 h. Sortie : 1 juillet 2026 (France). Drame

Film de Abu Bakr Shawky

Behuliphruen a mis 7/10.

Playtime
7.6

Playtime (1967)

2 h 06 min. Sortie : 16 décembre 1967. Comédie

Film de Jacques Tati

Behuliphruen a mis 10/10.

Annotation :

[Revu]

Dry Leaf
7.2

Dry Leaf (2025)

Khmeli potoli

3 h 06 min. Sortie : 8 juillet 2026 (France). Comédie dramatique

Film de Alexandre Koberidze

Behuliphruen a mis 7/10.

L’Écologie des sentiments
5.5

L’Écologie des sentiments (2026)

1 h 24 min. Sortie : 8 juillet 2026. Comédie dramatique, Romance

Film de Alexandre Steiger

Behuliphruen a mis 4/10.

Annotation :

Plein de bonnes intentions, qui s'embourbent très vite dans les poncifs propres à ce sous-genre de la comédie française : la comédie d'auteur sentimentalo-poético-burlesque. C'est donc très balisé, et cela juxtapose sans grande conviction des thématiques à peine effleurées : les rapports hommes-femmes, les affres de la paternité, les difficultés d'un vingtenaire à s'émanciper, le bien-être animal. Autant de sujets qui ne s'emboîtent pas, échouent à tisser un récit cohérent et porteur de sens : cela se regarde sans enthousiasme ni déplaisir, mais sans bien saisir où tout cela veut en venir.

Parade
5.8

Parade (1974)

1 h 30 min. Sortie : 18 décembre 1974 (France). Comédie

Film de Jacques Tati

Behuliphruen a mis 7/10.

Paris vu par...
6.8

Paris vu par... (1965)

1 h 35 min. Sortie : 19 mai 1965 (France). Sketches, Comédie dramatique

Film de Claude Chabrol, Jean Douchet, Jean-Luc Godard, Jean-Daniel Pollet, Éric Rohmer et Jean Rouch

Behuliphruen a mis 6/10.

Une année italienne
6.2

Une année italienne (2025)

Un anno di scuola

1 h 42 min. Sortie : 10 juin 2026 (France). Comédie dramatique

Film de Laura Samani

Behuliphruen a mis 6/10.

Merci d’être venu
7.6

Merci d’être venu (2026)

1 h 24 min. Sortie : 25 novembre 2026. Portrait

Documentaire de Alain Cavalier

Behuliphruen a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Autofiction
5.3

Autofiction (2025)

Amarga Navidad

1 h 51 min. Sortie : 20 mai 2026 (France). Drame

Film de Pedro Almodóvar

Behuliphruen a mis 4/10.

Taxi Téhéran
6.8

Taxi Téhéran (2015)

Taxi

1 h 22 min. Sortie : 15 avril 2015 (France). Comédie dramatique

Film de Jafar Panahi

Behuliphruen a mis 6/10.

Un balcon à Limoges
6.1

Un balcon à Limoges (2025)

1 h 11 min. Sortie : 29 avril 2026. Comédie dramatique

Film de Jérôme Reybaud

Behuliphruen a mis 8/10.

Poitiers
5.7

Poitiers (2022)

41 min. Sortie : 11 décembre 2022 (France). Comédie dramatique

Moyen-métrage de Jérôme Reybaud

Behuliphruen a mis 7/10.

Silent Friend
7.2

Silent Friend (2025)

Stille Freundin

2 h 27 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame

Film de Ildikó Enyedi

Behuliphruen a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

The Cruise
7.5

The Cruise (1998)

1 h 14 min. Sortie : 4 mars 2026 (France). Portrait, Société

Documentaire de Bennett Miller

Behuliphruen a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Vincent mit l'âne dans un pré (et s'en vint dans l'autre)
5.7

Vincent mit l'âne dans un pré (et s'en vint dans l'autre) (1976)

1 h 47 min. Sortie : 12 mai 1976 (France). Comédie, Drame

Film de Pierre Zucca

Behuliphruen a mis 6/10.

The Mastermind
6.3

The Mastermind (2025)

1 h 50 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Drame, Policier

Film de Kelly Reichardt

Behuliphruen a mis 7/10.

Adoption
7.3

Adoption (1975)

Örökbefogadás

1 h 29 min. Sortie : 27 avril 1977 (France). Drame

Film de Márta Mészáros

Behuliphruen a mis 8/10.

L'Esprit de la ruche
7.3

L'Esprit de la ruche (1973)

El espíritu de la colmena

1 h 35 min. Sortie : 5 janvier 1977 (France). Drame

Film de Victor Erice

Behuliphruen a mis 7/10.

La Reconquista
7.2

La Reconquista (2016)

1 h 48 min. Sortie : 28 janvier 2026 (France). Drame

Film de Jonás Trueba

Behuliphruen a mis 7/10.

Annotation :

Plus convaincu que par Eva en août (cf. ci-dessous), probablement car le film est en prise plus directe avec une émotion sincère. Il est plus simple, quoiqu'encore assez sophistiqué dans son écriture, un peu comme dans certains Hong Sang-soo : j'aime bien, par exemple, la parenthèse temporelle encadrée par l'arrivée et le départ en moto, sur la belle chanson de Rafael Berrio. Risqué, le pari du flash-back me semble réussi. On éprouve déjà ce que les films suivants de Trueba exploreront à nouveau : ce moment de vertige où, pour la première fois sans doute de sa vie, on doit faire avec du révolu, des choses laissées derrière soi, le fantôme de futurs non advenus ; ce moment du premier bilan où le passage du temps n'est plus une formule creuse, mais une expérience vécue intimement. Et aimant bien les films avec des lettres, je ne peux qu'être séduit par le fait que ce soit entre les lignes d'une lettre que ce vertige se laisse entrevoir.
Titre trompeur en revanche : la reconquête n'est pas l'enjeu narratif du film, et son appel martial ne peut être entendu que comme une antiphrase. Au contraire si, comme le chante Rafael Berrio, les "portes de bronze du temps" ne pourront jamais être rouvertes, tous deux auront passé la nuit à regarder par le trou de serrure, pour capter l'ombre de ce paradis perdu des amours adolescentes...

Baise-en-ville
6.4

Baise-en-ville (2025)

1 h 37 min. Sortie : 28 janvier 2026. Comédie

Film de Martin Jauvat

Behuliphruen a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Vraiment drôle ! Même si cela s'essouffle dans la durée : symptôme peut-être du court métrage trop vite monté en graine. Mais le personnage de Martin Jauvat a une vraie présence, dans une tradition de lunaires faussement endormis. Les autres acteurs sont au diapason, il y a des choix artistiques tranchés : cette fluorescence rose bonbon dans laquelle baigne le film, qui fait écho peut-être au flottement existentiel de ce vingtenaire un peu attardé, et nous introduit en tout cas en douceur dans ce monde parallèle légèrement absurde. Et le film de banlieue, le 7-7 arpenté de long en large, les transports, les palissades du chantier du Grand Paris Express, l'amitié intergénérationnelle - voilà un thème qu'on aimerait voir plus souvent traité !