Les meilleurs albums de Bill Evans
Parce qu'il est sûrement celui qui m'a ouvert à l'univers du Jazz et que je voulais réparer une colossale bévue, à savoir le manque de top portant son nom sur ce site. Me voilà donc à tenter de dresser une liste totalement subjective et non participative d'un des plus grands pianistes du Jazz, et de l'histoire de la musique tout court. L'homme aux doigts d'argent, ou de velours, c'est selon votre bon plaisir. Asseyez-vous quelque part, et laissons-le jouer. Profitons de ce qu'il a semé.
You Must Believe in Spring (1981)
Sortie : 1981 (France). Post Bop, Jazz
Album de Bill Evans
OuaZz a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Comment décrire le jazz de Bill Evans ? Oh-oh, je sais que l’affaire est titanesque. Mais je ne cherche pas à le définir objectivement, plutôt tenter de mettre le mot sur ce qu’il me fait ressentir personnellement. D’abord vient ce sentiment de quiétude, puis l’apaisement d’un piano qu’on caresse et des ces notes qui nous bercent. On se sent bien, presque joyeux, mais pas trop. Et c’est là sa spécialité. Il y a toujours un arrière-gout de mélancolie dans les morceaux de jazz qui me plaisent. Mais pas de cette mélancolie qui vous donne le blues. Nan, je parle d’une autre sorte de mélancolie jouant dans une totale autre cour… Je parle de cette mélancolie qui vient apaiser votre âme, vous rappelant les moments du passé qui comptent et à quel point vous êtes chanceux de les avoir vécus, vous promettant qu’il en existera des milliers d’autres si vous ne sombrez pas et gardez la tête haute. Car le jazz s’écoute les mains dans les poches et la tête levée. Vous pouvez fixer les immeubles ou les badauds. Vous repeignez le monde de cette musique, lui offrant une coloration à nulle autre pareille. Aucune caméra, aucun pinceau ne pourrait réussir à capter cette couleur, car ce n’est pas tant une teinte qu’un climat : celui qui vous habite qui vient se superposer au monde qui vous entoure. Le jazz d'Evans, c’est la poésie des braves autant que des snobes, des misérables comme des flamboyants. C'est aussi celle d'un jeune homme de 26 ans qui y revient toujours, quand le printemps éclot.
Waltz for Debby (Live) (1962)
Sortie : 1962 (France). Post Bop, Jazz, Modal
Live de Bill Evans Trio, Scott LaFaro et Paul Motian
OuaZz a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Mythique. Dans cet album se trouve sans doute 2 des plus grands morceaux d'Evans, nous offrant à contempler l'immensité de son style, le génie de son doigter, la finesse de son jeu. Bref, un classique à écouter en boucle. Par ailleurs, j'adore cet enregistrement et les bruits du bar qu'on peut entendre derrière : les toux des clients, le barman qui range ses verres, le bruit des glaçons, on imagine presque la fumée de cigarette et l'odeur de l'alcool et cette splendeur quasi palpable qui touche le public tout entier tourné vers cet orchestre en parfaite harmonie.
Explorations (1961)
Sortie : 1961 (France). Post Bop, Jazz, Modal
Album de Bill Evans Trio
OuaZz a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Allongez-vous sur votre tapis pour savourer chaque note, vous laissez submerger par la musique comme dans Soul, vous connecter à l’orchestre, taper en rythme de vos doigts un air sur le sol sans avoir aucune notion de musique, juste vous laissez aller comme lorsqu’on a trop bu et qu’on s’avance sur la piste de danse parce que cette fille superbe que vous avez regardé toute la soirée vous aguiche de l’œil à vous joindre à elle. Comment refuser une pareille offre ? Eh bien les amis, voici ce que procure cet album, un entre deux : d'un côté le plaisir papillonnant de l’invitation d’une fille superbe à danser, de l'autre cette irrésistible désir de vous jeter à l’eau et de profiter de l’instant.
Everybody Digs Bill Evans (1959)
Sortie : 1959 (France). Post Bop, Jazz
Album de Bill Evans Trio
OuaZz a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Bill Evans fut l'un de ceux qui poussèrent le plus loin les explorations dans le dialogue à trois. Parmi toutes ses formations, les plus significatives sont celles avec Scott LaFaro et Paul Motian, puis avec Eddie Gomez et divers batteurs, et enfin avec Marc Johnson et Joe LaBarbera ou Marty Morell. Il recherchait une parfaite égalité des membres de son trio, souhaitant une « improvisation simultanée » de tous, ce que l'on nomme l'interplay.
Everybody Digs est un vêtement de satin rembourré comme une peluche. Cette bestiole peut se montrer aussi cajolante que dansante. A ne pas mettre en toutes les mains sous peine de refiler la bougeotte. Entre les doigts de ce prestigieux pianiste, les notes se succèdent et s'enroulent avec une magie voluptueuse.
Portrait in Jazz (1960)
Sortie : 1960 (France). Jazz
Album de Bill Evans Trio
OuaZz a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'ai découvert cet album un peu par hasard en zonnant sur Spotify. C'est donc avec lui et l'autre qui trône tout en haut que j'ai fait la connaissance de ce monsieur à l'air très sérieux. Le rythme m'a immédiatement enjoué. On y retrouve le célèbre "Blue in Green" du légendaire Kind of Blue de Miles Davis, un homme de goût qui savait tout aussi bien s'entourer. Avant de devenir Bill Evans le petit prodige du jazz, il a commencé par une éducation classique : Debussy, Ravel et Chopin ressuscitent le temps d'un verre.
Moon Beams (1962)
Sortie : décembre 1962 (France). Jazz, Cool Jazz
Album de Bill Evans Trio
OuaZz a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Bill Evans a ouvert la voie de la modalité dans le jazz grâce à sa culture pianistique dite "classique". Il développe un jeu sans emphase, minimaliste et retenu dont Moon Beams est un splendide exemple. Sa recherche harmonique basée sur la stagnation initiée fait son effet. Quand vous ne savez pas quoi écouter le matin ou le soir, posez ça sur la platine ou branchez vos écouteurs sur cette délicieuse galette et délecter vous de l'instant. Mais attention de ne pas céder aux chants des sirènes.
Undercurrent (1962)
Sortie : 1962 (France). Jazz
Album de Bill Evans et Jim Hall
OuaZz a mis 8/10.
Annotation :
Il a été difficile à dompter à cause de la sonorité de cette contrebasse (instrument de l'ombre essentiel mis au premier rang) qui frottait désagréablement contre mon oreille lors de mes premières écoutes, puis je me suis laissé noyer comme la femme sur la pochette dans cette osmose entre Bill et Jim, deux génies dans leur domaine qui se font une jolie partie de ping-pong. C'est un album endeuillé et la profondeur du son le fait ressentir. Les notes résonnent, elles durent, s'étirent, comme si elles avaient peur de disparaître à leur tour. Une tristesse sublime mais trop courte.
At Shelly’s Manne‐Hole, Hollywood, California (Live) (1966)
Sortie : 1966 (France). Jazz
Live de Bill Evans Trio
OuaZz a mis 8/10.
Annotation :
Un live envoutant et claudiquant qui imprime le talent d'Evans. Peut-être moins poétique que celui au Village Vanguard de 61, mais un must-have pour tapisser vos soirées ou apprivoiser vos journées de boulot.
From Left to Right (1998)
Sortie : 3 novembre 1998 (France). Jazz, Cool Jazz
Album de Bill Evans
OuaZz a mis 8/10.
Annotation :
Comme le titre d’un des morceaux, une collation parfaite pour une soirée aux chandelles. Une musique toujours aussi précieuse avec une pincée plus bossanova par instant, pour qui voudrait danser langoureusement après un bon dessert. Le piano à la sonorité carillonnante de Lullaby for Helene est splendide. De même que l'intro Why Did I Choose You qui nous traîne par la main dans un conte de princesse Disney. Une musique qui fera plaisir à madame tout en ravissant monsieur.
Alone (1969)
Sortie : 1969 (France). Post Bop, Jazz
Album de Bill Evans
OuaZz a mis 7/10.
Annotation :
La garantie d’un réveil réussi. L'épuration d’un homme méditant devant ses 88 touches permettant une combinaison infinie de possibilités, que Bill Evans parvient presque à chaque fois à sculpter. Never Let Me Go est l’Everest de cet album, un joyau de 14mn. Les deux premiers titres sont tout aussi somptueux, mais le reste à du mal à atteindre de telles hauteurs. J'aurai pu monter à 8.
I Will Say Goodbye (1980)
Sortie : 1980 (France). Jazz, Modal, Post Bop
Album de Bill Evans Trio
OuaZz a mis 7/10.
Annotation :
Durant toute sa carrière, Bill Evans n'aurait cessé de synthétiser le swing à des harmonies plus classiques, un mélange de fragilité « impressionniste » et de puissance venue du hard bop.
How My Heart Sings! (1962)
Sortie : 1962 (France). Post Bop, Jazz
Album de Bill Evans Trio
OuaZz a mis 7/10.
Annotation :
Quelques pépites (Evans oblige) assorties d'une bonne moitié de morceaux manquant de grandeur. Un agréable moment qui s'efface comme le sucre d'un café.















