LEWIS CARROLL MIS À MAL PAR SES CÉLÉBRATEURS, MÊME
Ou Lewis Carroll devant ses calomniateurs.
Relevé et réfutation des auteurs qui ont le plus outrageusement calomnié Lewis Carroll.
On se référera aux écrits de Lewis Carroll, essentiellement au 'Journal' et à sa correspondance, pour montrer que les auteurs incriminés n'ont, pour la plupart, pas su ou pas voulu le lire convenablement.
(Ill. : André Masson, Réunion d'insectes, 1936, détail.)
13 livres
créée il y a plus de 6 ans · modifiée il y a 26 joursLewis Carroll, une vie, une légende
Sortie : 1998 (France). Biographie
livre de Morton N. Cohen
Annotation :
Morton N. Cohen (1921-2017)
Œuvres
Sortie : 11 mai 1990 (France). Essai, Poésie, Roman
livre de Lewis Carroll
LeBouquiniste le lit actuellement.
Annotation :
Jean Gattégno (1935-1994)
« Liddell (Alice) [1852-1934] arriva à Oxford à l'âge de quatre ans, et ne devint, avec ses sœurs mais infiniment plus qu'elles, une des « amies-enfants » de Carroll que deux ou trois ans plus tard. « Amitié intense » ou vive admiration, le mystère ne sera jamais éclairci. Ce qui est sûr, c'est que c'est d'elle seule, dans la famille Liddell, que Carroll fit des photos, et qu'elle seule est à l'origine des 'Aventures d'Alice au pays des merveilles'. La méfiance grandissante de sa mère à l'égard de Carroll, trop assidu à son goût envers des fillettes en pleine croissance, l'exaspération du couple Liddell devant les attaques semi-publiques de Carroll contre la gestion du doyen Liddell, firent que leurs relations se dégradèrent assez vite et que Mrs. Liddell fit disparaître toutes les lettres qu'Alice avait reçues de Carroll. Carroll adressa pourtant ses félicitations à la jeune femme quand elle épousa, en 1880, Reginald Hargreaves, lui écrivit pour obtenir l'autorisation de publier en fac-similé le manuscrit qu'il lui avait offert et lui dédicaça un exemplaire d''Alice racontée aux tout-petits'. Alice Hargreaves, en 1932, confia à son fils Caryl les souvenirs qu'elle avait conservé de Carroll. »
À elle seule, la présentation d'Alice Liddell, dans le répertoire, suffit à mesurer l'ampleur du problème. Toutes les tares de l'ouvrage (et de combien d'autres) y figurent : exagération (« infiniment plus qu'elles »), sous-entendus (calomnieux) (« le mystère ne sera jamais éclairci »), affabulation (« la méfiance grandissante »), fantasmes (« son goût envers des fillettes en pleine croissance »), mensonges (« c'est d'elle seule, dans la famille Liddell, que Carroll fit des photos » ; « elle seule est à l'origine des 'Aventures d'Alice »).
Mais le premier point est peut-être celui-ci : « ce qui est sûr » étant incontestablement faux et démontré dans l'ouvrage même (les calomniateurs se contredisent fréquemment), une certaine mesure de scepticisme s'impose, peut-être, quant aux soupçons, mystères jamais éclaircis, et autres suppositions.
(Noter à propos de Mrs. Liddell, la mère d'Alice, que « c'est d'elle seule, dans la famille Liddell » qu'aucune mention n'est faite dans le répertoire.]
L'Univers de Lewis Carroll (1970)
Sortie : 1970 (France). Essai, Biographie
livre de Jean Gattégno
Annotation :
Jean Gattégno (1935-1994)
Lewis Carroll (1971)
Cahier de L'Herne numéro 17
Sortie : 1 janvier 1971. Articles & chroniques, Littérature & linguistique
livre de Henri Parisot, Jean Gattégno, Lewis Carroll, Hélène Cixous, Ernest Coumet, Luc Étienne, Jean-Jacques Lecercle et Jean-Paul Martin
Lewis Carroll (1972)
Poètes d'aujourd'hui 29
Sortie : 1972 (France).
livre de Henri Parisot
Annotation :
Page 29 : « … un plaisir pervers… »
Page 37 : L’amour de Lewis Carroll pour Alice Liddell.
Lewis Carroll et ses amies-enfants. « A partir de sa trentième année ».
Page 48 : Henri Parisot affirme que deux seulement des enfants Dodgson se marièrent. Il ajoute : « si mes souvenirs sont exacts ». Cette remarque est problématique : quelles sont les sources de Parisot ?
[Skeffington a épousé Isabel Cooper, Wilfred a épousé Alice Donkin, et Mary Charlotte a épousé Charles Collingwood.]
Page 51 : « Ses goûts musicaux ne dépassaient guère une honnête moyenne ! » Exemple ? Qu’eût-il dû aimer ?
Pages 51-52 : Il costume ses modèles « en mendiantes demi-nues ». Il conviendrait de recenser le nombre de photographies de ce type. La plus fameuse, Alice Liddell en mendiante (1858), ne peut être décrite comme un demi-nu. Sont nus : tête, cou, épaules, mains, pieds. Demi-nus : les bras et les jambes.
« La vie amoureuse de Carroll était limitée à ces relations, évidemment platoniques, avec des petites filles. On comprend l'expression souffrante, insatisfaite, que nous présentent la plupart de ses portraits photographiques. »
L’expression « souffrante, insatisfaite », ne peut-elle être « comprise » aussi bien comme « rêveuse », « mélancolique » ?
Lewis Carroll n’a pas détruit ses photographies de nus mais a souhaité qu’elles soient restituées aux parents. (Non aux modèles ?)
Nota : L’emploi des guillemets : « nus », que signifie-t-il ?
Page 54 : Lewis Carroll ne s’en serait pas tiré à si bon compte, s’il avait vécu à notre époque, estime Henri Parisot. Lewis Carroll, comme tous les pervers sexuels, est nostalgique de son enfance.
Page 55 : « Nous avons dit que Carroll détestait les petits garçons. (…) Un ami d’Oxford qui a entendu parler de son goût pour les enfants lui avait écrit (etc.). »
Page 89 : « Les trois quarts de ses relations étaient féminines ». Où est le décompte ?
Page 90 : Lewis Carroll s’estime trop payé au regard de la besogne, alors même qu’il l’exècre ! Absurde !
Page 91 : La vie de Lewis Carroll : « simple, bourgeoise, monotone (…) ne différant pas essentiellement de celle de n’importe quel universitaire (…). »
Celle d’Henri Parisot fût sans doute différente. Et les jours marqués d'une pierre blanche ? Et la journée du 30 novembre 1866 ? « J'ai décrit la journée entière à titre d'exemple de la vie sociale active qu'autorise Oxford. »
Avec quelle certitude est-il permis de dire de Lewis Carroll (1) qu’il éprouvait une attirance anormale pour les petites fill
Tout Alice (1865)
Sortie : 1 mai 1979 (France). Conte, Correspondance, Roman
livre de Lewis Carroll
Annotation :
Préface de Jean-Jacques Mayoux [(1901-1987) Professeur honoraire à la Sorbonne] (pp. 11-35).
Page 12 : Les colères de Charles Dodgson confondu avec Lewis Carroll ?
« ... ses Journaux laissent voir ses inquiétudes métaphysiques... » Exemple ?
Chesterton critique.
Page 13 : « ... ce puissant mobile affectif... »
Charles Dodgson sous-bibliothécaire a vue sur le jardin du doyen « et sans doute,* à certaines conditions... accès. »
* Je souligne.
« ... l'étrange et difficile aventure. »
Mrs Liddell réticente (souvent) à confier ses enfants à [son] ami (??).
« ... son habileté à rattacher (...) les vêtements des petites filles... »
Pas d'amis véritables (?). [Robert Faussett (Christ Church) ; Thomas Fowler (Lincoln College) ; Henry Liddon (Oxford) ; William Ranken (Christ Church)]
Page 14: Charles Dodgson mal aimé à Oxford. [Ami du doyen cependant. Duckworth n'est qu'un "collègue".]
Quel est le "collègue" qui a affirmé que Charles Dodgson était bègue et peu locace ?
Début d'une cure en 1872.
« (...) il ne bégayait pas avec les enfants. »
Duckworth chaperon des enfants Liddell. Pourtant il accompagnait LC lorsque Miss Prickett était présente (ex. : journal du 1er mai 1863).
Charles Dodgson [un bègue qui] a le don et le goût de conter des histoires.
« (Des écrits) de saveur plus ou moins burlesques. » Dénigrement. Constamment, un ton légèrement chargé de mépris. Quand bien même on (le critique) n'a pas soi-même d'œuvre à faire valoir.
« Alice (...) domine extraordinairement son histoire. » Quel est le sens de cette phrase ?
« La cristalisation » selon Stendhal. Pourquoi faut-il toujours avoir recours à de tels sous-entendus, aussi sybilins soient-ils, plutôt que d'affirmer ? De porter de franches accusations ?
« Il avait publié des petites choses sans importance (...). » Dénigrement. Une édition populaire des plus fameuses œuvres de Lewis Carroll est-elle propre à exprimer ce type de jugements ?
« Ne dit-il pas d'ailleurs (...). » Des citations tronquées, sans rappel du contexte et sans référence précise.
Rappel des différentes étapes de l'élaboration des Aventures d'Alice au pays des merveilles. Pour donner l'impression qu'on connaît et maîtrise son sujet. Donc, autorisé à toute extrapolation ou interprétation.
« Tenniel, caricaturiste réputé parmi les premiers de son temps. » Avant ou après Alice ?
Page 15 : Lewis Carroll « se met en cause ». Une impression et une imprécision. Dénigrement, sous-entendus.
« (...) masochiste (...). »
« (...) c'est peut-être (...) »
Alice's Adventures in Wonderland and Through the Looking-Glass (1998)
The Centenary Edition
Sortie : 1998. Recueil de contes
livre de Lewis Carroll
Annotation :
Hugh Haughton : « Dodgson was the Casanova of the Victorian nursery. » (p. xxvi)
Lewis Carroll. Dessinateur et photographe (2003)
ou Le visage regardé
Sortie : septembre 2003. Essai, Photographie
livre de Patrick Roegiers
Annotation :
Page 45 : Gertrude Thomson dessina à sa demande des enfants nus. (…) après son abandon de la photographie, il suivra des cours d'anatomie (…) cherchant à servir (…) ce goût effréné de la nature à l'état pur qui l'avait mené à ne tirer des petites filles que des portraits déshabillés.
Page 54 : Les photos de petites filles déguisées, déshabillées et les « nus ».
Pourquoi entre guillemets ? [Voir Parisot (pp. 51-2)]
Page 63 : Qu'entend-t-on par : « Carroll abusait de sa célébrité d'écrivain. » ?
Page 73 : À propos des habitudes vestimentaires de LC.
Comparer / rapprocher E. Satie.
Lewis Carroll
Sortie : 3 juillet 2009 (France). Beau livre & artbook
livre de Colin Ford
Annotation :
Page [III] : « Sa passion pour la photographie grandissait avec son adoration pour Alice [Liddell]. À tel point que, pendant des années, la première ne semblait exister que pour exprimer la seconde. »
Page [XII] : « Ce besoin, toujours inassouvi, de photographier des petites filles semble aujourd'hui suspect ; notre époque est obsédée par les histoires de pédophiles et de viols d'enfants, ce qui n'était pas le cas au XIXe siècle. La comparaison entre ces photos d'enfants et celles clairement érotiques d'adultes de l'époque victorienne est éclairante. Ces dernières, prises autrefois dans une optique pornographique, semblent aujourd'hui inoffensives, assez charmantes et fort peu aguichantes. Hier choquantes, elles sont devenues anodines alors que les nus enfantins pleins d'innocence de Carroll apparaissent aujourd'hui pervers et dangereux. »
« L'idée que Carroll voulait vraiment épouser Alice [Liddell] et qu'il ne se remit jamais d'avoir été éconduit, n'est pas si bizarre qu'elle le paraît. »
Histoire de la photographie (1979)
Sortie : 1979. Dictionnaire, Photographie
livre de Roger Favre et Maurice Wiesenthal
Annotation :
« Le révérend Charles Lutwidge Dodgson (1832-1898), plus connu sous le pseudonyme de Lewis Carroll, excella aussi dans l'art du portrait ; ses modèles préférés étaient de petites filles que souvent il photographiait nues. Cette inclination a donné lieu à des interprétations « freudiennes » quelque peu risquées de ses photographies.
Après avoir étudié à Oxford, il fut ordonné en 1861 et devint professeur de mathématiques à la [sic] Christ Church de cette antique ville universitaire. Au-dessus de son logement, il se fit construire une sorte de serre, où il s'adonnait aux joies de la photographie. Néanmoins, ses meilleures photos datent de 1860, année où il déménagea chez des amis et composa de délicieuses scènes de la vie courante. Nul mieux que lui ne sut entrer dans l'univers magique des fillettes et appréhender cette sensibilité qui pousse les enfants à copier le monde des adultes, tout en le réduisant à une caricature inquiétante.
Il donna des images charmantes et empreintes de tendresse, sans aucun rapport avec l'approche affectée de l'enfant que pratiquaient les photographes professionnels de son temps.
Dodgson était aussi un mathématicien profond qui s'intéressait aux aspects les plus magiques et les plus mystérieux de la pensée. Certaines de ses œuvres, notamment 'Euclid and His Modern Rivals' (1879), sont parsemées d'anecdotes curieuses qui donnent une image insolite des mathématiques. C'est surtout son inoubliable 'Alice's Adventures in Wonderland' (1865), puis 'Through the Looking Glass and What Alice Found There' (1871), deux ouvrages admirablement illustrés par Sir J. Tenniel, qui lui valurent la célébrité.
Il suffit de rappeler les titres de certaines de ses œuvres scientifiques [sic] ('Phantasmagoria', 'Curiosa Mathematica', 'Rhyme and Reason ?') pour prendre conscience de sa pensée pleine de fantaisie. Reste à savoir jusqu'à quel point son imagination n'était pas l'expression d'une tendance maladive de son caractère.
On ne peut réduire l'œuvre photographique de Lewis Carroll au portrait d'enfant, pas plus que celle de son amie très chère, la vicomtesse de Hawarden. Lady Hawarden nous a laissé aussi quelques exquises photographies d'enfants, infiniment supérieures à celles qui furent réalisées par de grands spécialistes du portrait. le portrait de sa fille vue dans un miroir est incontestablement l'une des meilleures photographies de la période victorienne. »
Œuvres (1989)
Tome 1
Sortie : 1989 (France). Roman
livre de Lewis Carroll
LeBouquiniste l'a mis en envie.
Lewis Carroll dans l'imaginaire français : la nouvelle Alice (2006)
Sortie : février 2006 (France). Essai
livre de Marie-Hélène Inglin-Routisseau
Annotation :
« Il y a (...) chez Carroll, et son 'Journal' est sur ce point explicite, un plaisir dans l'avilissement et l'humiliation de l'autre. »
« Le sadisme que Carroll exerce à l'encontre d'Alice, – et plus généralement à l'encontre des petites filles – est, en fait, une projection du plaisir qu'il pourrait prendre à sa propre humiliation. »
« [Lewis Carroll] se met donc à nu, et se dessine avec une crudité déconcertante. Ce portrait qu'il destine à une petite fille, il le veut envoûtant et séduisant, il le veut aussi féroce. Le conte est une idylle mais le contenu liminal demeure le cannibalisme et la castration. Carroll y apparaît sous les traits mélancoliques d'un loup qui se serait égaré dans une forêt, un loup dont les larmes aiguisent l'appétit (sic). Les vampires sont toujours étrangement tristes. Le destin de l'œuvre s'inscrit dans sa génèse. »
















