Livres - 2025
21 livres
créée il y a plus d’un an · modifiée il y a 15 joursNoir (2008)
Histoire d'une couleur
Sortie : octobre 2008. Beau livre & artbook, Culture & société, Essai
livre de Michel Pastoureau
Florent PLR a mis 8/10.
Mémorables
Ἀπομνημονευμάτων
Sortie : juin 2015 (France). Essai, Histoire
livre de Xénophon
Florent PLR a mis 5/10.
Annotation :
Le Socrate de Xénophon serait paraît-il plus proche de la réalité. Alors peut-être bien, mais il ne m'a pas semblé très original. C'est juste un penseur à mi-chemin entre Epicurisme et Stoïcisme, assez conservateur, qui vous expliquera entre autres que travailler c'est mieux que glander et que se faire des amis c'est mieux que de vivre seul. Mouais.
Le bonhomme est même parfois franchement cringe, p.ex. à la fin du livre III, il a un échange avec une courtisane où il explique qu'il a un harem de filles qu'il attrape avec des philtres d'amour... la soumission chimique avant l'heure!
Incendies (2003)
Sortie : 2003 (France). Théâtre
livre de Wajdi Mouawad
Florent PLR a mis 8/10.
Annotation :
D'aucuns diront que le théâtre se voit et s'écoute et que la lecture seule ne permet pas d'apprécier une pièce dans toute sa dimension mais là franchement le texte est d'une telle force qu'il se suffirait presque. Le film de Villeneuve m'avait déjà fracassé, la pièce a en plus une poésie dans les lettres de Marwal
L'oeil du purgatoire (1945)
Sortie : octobre 2008 (France). Roman
livre de Jacques Spitz
Florent PLR a mis 6/10.
Annotation :
Moyennement goûté ce récit de SF d'avant l'âge d'or pourtant très bien noté par quelques éclaireurs. Déjà, le pitch ne me semble pas si cohérent : voir les choses vieillies oui, mais pourquoi à l'endroit où elles sont actuellement?? et ensuite, toute la première moitié centrée sur le narrateur est pénible tant celui-ci est geignard, misanthrope et imbu de lui-même. J'ai plus de mal avec ce genre de délire maintenant, surtout quand le style n'y est pas, et celui-ci n'a rien d'exceptionnel.
Après ça s'arrange un peu car il y met plus d'humour, noir forcément, ce qui permet de finir la lecture sans déplaisir, mais reste une impression d'ensemble mitigé.
Le tout m'a un peu fait l'effet d'un Horla de la SF, mais en assez terne
Eriophora (2018)
The Freeze-Frame Revolution
Sortie : 17 septembre 2020 (France). Roman, Science-fiction
livre de Peter Watts
Florent PLR a mis 6/10.
Annotation :
Passengers, mais intelligent. Tellement intelligent d'ailleurs que c'est assez imbitable, en fait : technoblabla a gogo, dialogues abscons tout azimuth, foule de personnages avec une caractérisation proche du zéro, bref, un peu tous les défauts typiques de hard SF...
Alors à partir de la deuxième moitié ça se décante un peu et dans les grandes lignes c'est compréhensible, mais j'ai quand même eu beaucoup de mal.
En fait j'avais commencé Vision Aveugle mais j'ai switché faute de motivation pour une lecture de longue haleine. J'aurais peut-être du continuer pcq paradoxalement ça me semblait plus abordable...
L'Enquête, Livres I à IV
Ιστορίαι
Essai, Histoire
livre de Hérodote
Florent PLR a mis 6/10.
Annotation :
Je ne m'y attendais pas vraiment mais j'ai trouvé ça assez difficile par moments. Les énumérations de lieux et peuplades sont barbantes (surtout à partir du livre III) et c'est parfois bien sec. J'étais très motivé au début mais j'ai eu beaucoup de mal à le finir.
Mieux vaut avoir déjà quelques connaissances des faits évoqués avant de se lancer là-dedans à mon avis...
L'Invention de Morel (1940)
La invención de Morel
Sortie : 1952 (France). Roman
livre de Adolfo Bioy Casares
Florent PLR a mis 6/10.
Annotation :
Moui... pas si extra que sa réputation ne le laissait présumer. Ambiance qui fait bizarrement penser au Marienbad d'Alain Resnais par moment, avec un narrateur amoureux mais qui parle de trop de choses pour nous intéresser véritablement. Cela dit l'idée est bonne (enfin, celle de l'invention), c'est l'exécution qui est un peu ennuyeuse...
Le Japon moderne et l'éthique samouraï (1967)
Hagakure Nyumon
Sortie : 1985 (France). Essai
livre de Yukio Mishima
Florent PLR a mis 6/10.
Annotation :
Connaissant les penchants nationalistes (pour ne pas dire le mot en f) de Mishima, je m'attendais à des réflexions passablement réactionnaires... Alors oui elles le sont un peu, mais quand même beaucoup moins que ce que je pensais initialement.
En fait, pour presque chaque sentence susceptibles d'une interprétation réac, il apporte une nuance qui relativise la dureté du Hagakure. Et il ne rejette pas toujours la modernité et la pensée occidentale, parfois il leur donne même un bon point.
Après s'il est très appréciable de lire une réflexion construite et pas un bête discours de vieux con (ou pire, des éructations de haine à la Céline), les commentaires manquent sans doute de profondeur. Une ou deux pages par extrait du Hagakure, c'est un peu juste mais admettons; Mishima ne prétend pas non plus en être un spécialiste.
Le seul hic, c'est que lui ou son éditeur ont ajoutés les trois premiers livres du Hagakure à la fin, et là tout d'un coup, livrées nues et in extenso, les sentences paraissent finalement assez plates, limite ennuyeuses en fait. Une éthique pour serviteur ne vivant que de servitude.
Et n'en déplaise à Mishima, Yamamoto n'arrive pas à la cheville d'un La Rochefoucauld
La Mandragore
livre de Friedrich de La Motte-Fouqué
Florent PLR a mis 7/10.
Annotation :
Comme son nom l'indique assez bien, La Motte-Fouqué était issu d'une famille française ayant émigré en Allemagne après la révocation de l'édit de Nantes. Dans l'édition de la Pléiade, il est d'ailleurs simplement nommé Frédéric de La Motte-Fouqué.
La Mandragore est avec Ondine un de ses contes qui a le mieux supporté l'épreuve du temps. Il a bien une originalité propre : par rapport aux contes de Tieck ou Hoffmann, Fouqué pousse le curseur vers la farce voire la coïonnerie et malmène davantage son protagoniste, qui tel un capitaine Haddock du XIXè siècle n'arrive pas à se défaire d'une fiole...
Ça reste quand même éminemment romantique puisque ça se déroule en Italie et qu'il y a un pacte avec le démon à la base, faut ce qu'il faut quand même!
Vie de Quintus Fixlein (1796)
Lebens des Quintus Fixlein
Sortie : 1796 (Allemagne). Roman
livre de Jean Paul
Florent PLR a mis 7/10.
Annotation :
Johann Paul Friedrich Richter signait ses livres du pseudonyme de Jean-Paul, probablement en hommage à Rousseau. Même s'il est souvent compté parmi les romantiques il est en fait de la génération de Schiller, donc un peu antérieur au premier romantisme allemand.
Mon encyclopédie Larousse le présente comme un des romantiques les plus originaux et au vu de ce Fixlein, cela me paraît incontestable : à la croisée du récit satirique, du conte et du bildungsroman, bien difficile de définir le genre de ce roman, où l'auteur digresse à loisir...
Mais cela a un revers et on comprend aisément que Jean Paul ne soit plus lu que d'une poignée de germanistes (même si l'épuisement de l'édition Aubier est la raison principale) : ses digressions sont difficiles à suivre et par moment pour ne pas dire dans des chapitres entiers il devient proprement illisible. Pour être honnête j'ai failli abandonner plusieurs fois, et heureusement que le dernier chapitre était plus compréhensible, sans quoi je l'aurai juste marqué lu et pas noté (impossible d'en vouloir à un auteur considérant l'écriture comme un jeu)
Europa (1972)
Sortie : 1972 (France). Roman
livre de Romain Gary / Émile Ajar
Florent PLR a mis 5/10.
Annotation :
J'aime bien Gary mais là il en fait beaucoup trop : ce fantasme d'ambassadeur portant le poids de l'après-guerre en proie à des manipulations d'aristos sur le retour, c'est au moins dix degrés au-dessus de la caricature. Et de la pose aussi.
Il y a un discours sur la culture et l'Europe qui s'entend, et que j'aurais apprécié sur une longueur moindre, mais qui est plombé par une matière romanesque qui ne lève jamais. Au contraire, elle se répète sans cesse dans des circonvolutions qui se voudraient oniriques mais qui n'ont suscité chez moi qu'ennui et même agacement sur la fin. N'est pas Jean-Paul ou Novalis qui veut; ce n'est pas du tout mal écrit comme on le dit parfois de Gary mais la prose est bien trop froide et mécanique pour emporter le lecteur.
J'aurais pu être clément sur un roman à peu près deux fois moins long, mais là non. Beaucoup trop répétitif
Le Bal du comte d'Orgel (1924)
Sortie : 1924 (France). Roman
livre de Raymond Radiguet
Florent PLR a mis 7/10.
Annotation :
Bon, sans doute que l'analyse aurait pu être plus poussée, et que certains personnages manquent de consistance, mais j'y ai trouvé un certain charme et quelques détails psychologiques bien sentis :
"Ne pas vouloir être dupe, c'était la maladie de Paul Robin. C'est la maladie du siècle. Elle peut parfois pousser jusqu'à duper les autres. Tout organe se développe ou s'atrophie en raison de son activité. A force de se méfier de son cœur, il n'en possédait plus beaucoup. Il croyait s'aguerrir, se bronzer, il se détruisait. Se trompant complètement sur le but à atteindre ce suicide lent était ce qu'il goûtait le plus en lui-même. Il croyait que ce serait mieux vivre. Mais on n'a encore trouvé qu'un seul moyen d'empêcher son cœur de battre, c'est la mort"
"Le comte d'Orgel naissait à un sentiment nouveau. Il avait toujours évité l'amour comme une chose trop exclusive. Pour aimer il faut du loisir, et les frivolités l'accaparaient"
Héliogabale (1934)
ou l'Anarchiste couronné
Sortie : 28 avril 1934. Essai
livre de Antonin Artaud
Florent PLR a mis 6/10.
Annotation :
Là encore j'aime bien l'auteur mais j'avais largement préféré son essai sur Van Gogh.
Ici il nous sort son numéro de gros mystique et enrobe l'empereur romain décadent de raisonnements fumeux pour en faire le premier anarchiste. Un est dans tout, tout est dans un, abracadabra t̶a̶ ̶g̶u̶e̶u̶l̶e̶ c'est magique. Mouais, un peu trop simple pour être vrai amha. Reste un portrait vivant, malgré tout
Le Dernier Samouraï (2000)
The Last Samurai
Sortie : 2008 (France). Roman
livre de Hélène DeWitt
Florent PLR a mis 8/10.
Annotation :
Si j'osais je dirais que c'est l'Émile version punk ahahah...
Déjanté, frais, plein d'une soif de savoir communicative. Post-moderne mais très lisible malgré tout, même si je dois avouer que mon intérêt a un peu faibli vers la fin. Je préférais les chapitres entre Ludo et Sibyl à ceux où il part en quête d'un père. Sans doute un manque d'attention de ma part mais j'ai un peu moins vu où Helen DeWitt voulait en venir. Peut-être différentes expériences de vie et de l'imperfection...
La Main gauche de la nuit (1969)
The Left Hand of Darkness
Sortie : 1971 (France). Roman, Science-fiction
livre de Ursula Le Guin
Florent PLR a mis 6/10.
Annotation :
De la SF écrite comme de la fantasy... càd force descriptions et pérégrinations, en d'autres circonstances ça m'aurait beaucoup déçu et agacé. Là ça passe un peu parce qu'il y a une certaine cohérence, que j'avais pris le bouquin sans savoir que c'était le énième d'un cycle; et au fond que je n'en attendais pas grand chose. Quelques considérations géopolitiques appréciables, mais les périples dans la glace et tout le tintouin m'ont laissé de marbre
Fûdo, le milieu humain (1935)
Sortie : 2011 (France). Essai, Culture & société
livre de Watsuji Tetsurô
Florent PLR a mis 8/10.
Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants
Memushiri Kouchi
Sortie : 1958 (France). Roman
livre de Kenzabūro Ōé
Florent PLR a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Tellement peu joyeux qu'il ferait passer Voyage au bout de la Nuit pour une aimable balade, et dans le genre c'est très fort.
Mais la narration peut vous happer très vite. Perso c'est exactement ce que j'aime : quelque chose de peu visuel mais très sensoriel. Après de temps en temps on oublierait presque où et quand ça se déroule; pour ça que j'aurais aimé avoir quelques repères supplémentaires spécifiquement nippons, mais c'est une question de goût
Considérations sur la France (1796)
Sortie : 1796 (France). Essai, Histoire
livre de Joseph de Maistre
Florent PLR a mis 5/10.
Annotation :
Bon. Commençons par admettre que même si l'auteur est un ultra-réactionnaire notoire, dans cet essai il paraît moins terrible que ne le laissait présager sa réputation. Pas d'apologie du bourreau ni de droit du sang ici. Cela rend au moins la lecture "supportable" pour qui ne l'abordait pas en étant acquis à la cause royaliste/contre-révolutionnaire...
Après, les arguments ne sont pas fous non plus, même si certains peuvent s'entendre... du moins si on se place dans le ciel des idées et qu'on oublie l'iniquité du système de l'Ancien Régime...
Cela n'empêche pas Monsieur le Comte de traiter allègrement ses adversaires de sophistes, ce qui prête à sourire tant il s'adonne aux envolées plus ou moins lyriques et qu'il enrobe ses quelques arguments d'une langue mielleuse. Ne serait-ce pas là un peu sophistique, mm?
Bref, je peux éventuellement comprendre qu'on le lise pour sa langue comme Valéry et Cioran le faisaient, mais en tant qu'essai y a pas grand chose à voir. Faut vraiment avoir rien d'autre à lire pour se lancer là-dedans (me demandez pas ce qui m'a pris...)
Tropique de la violence
Sortie : 1 septembre 2016 (France). Roman
livre de Nathacha Appanah
Florent PLR a mis 7/10.
Annotation :
Bouquin que je voulais lire depuis pas mal de temps... comme le Oé, il est essentiellement tripal et sans complexe sur la violence qui règne à Mayotte.
Malgré sa très bonne moyenne ici, chez mes éclaireurs c'est plus mitigé et je le comprends un peu. Un petit côté ça passe ou ça casse.
En revanche, le clin d'oeil à Henri Bosco, je ne l'avais pas vu venir... vraiment pas le même univers!
La Séquestrée (1892)
The Yellow Wallpaper
Sortie : 2002 (France). Roman
livre de Charlotte Perkins-Gilman
Florent PLR a mis 7/10.
Annotation :
Précis de condition féminine sous oppression astucieusement déguisé en conte fantastique. Ça change (en bien) des lovecrafteries qui ne se passent qu'entre couilles...
Logos et lemme (1974)
Pensée occidentale, pensée orientale
Sortie : 13 février 2020 (France). Philosophie, Essai
livre de Yamauchi Tokuryû
Annotation :
Lecture de plus de deux mois à raison d'à peine un chapitre par jour, cet ouvrage aura été autant une tannée qu’une révélation. A lire des considérations métaphysiques absconses parfois à moitié somnolent dans le métro, je me suis senti un peu comme Frodo chargé d’envoyer son fardeau au feu, et puis parfois je tombais sur des explications lumineuses d’Aristote ou de quelque philosophe bouddhiste qui me faisaient penser que ce serait à relire et à garder précieusement. Oui, Mon Précieux… oups.
Bien que l’ouvrage soit dense, son point de départ est plutôt simple et facile à résumer : il est donné dans l’introduction magistrale, qui détaille comment le logos des grecs s’est développé en logique avant que bien plus tard Kant et Hegel ne renversent respectivement le principe d’identité (K ne dit plus que A est A mais que A est B (jugement analytique) et de non contradiction (chez H, non seulement A et son contraire peuvent coexister mais leur combinaison engendre la réalité) de la logique aristotélicienne… je n’avais jamais vu ces auteurs expliqués comme cela, mais c’est brillant. En revanche, selon lui il n’y a personne en Occident qui ait renversé le principe du tiers exclu (en fait ce n’est pas tout-à-fait vrai, la logique floue ayant été introduite dans les années 20 par Łukasiewicz et reprise plus tard par le philosophe roumain Lupasco), le seul à l’avoir fait est le moine-philosophe bouddhiste du IIiè siècle Nagarjuna.
A partir de là, Yamauchi essaie de préciser justement le contexte dans lequel N a usé de son « tétralemme » et notamment pourquoi selon lui le pivot se situe dans le lemme généralement présenté en dernier, et dont il fait donc le troisième : le ni A ni non-A. J’aurais bien du mal à résumer les développements ultérieurs, alors que pourtant il se répète beaucoup pour ne pas dire énormément. Sens Vainqueur, logique du lemme, c’est parce que l’affirmation et la négation sont niées qu’elles sont possibles en même temps, tout ça est réitéré à maintes reprises. Est-ce qu’il absolutise le tiers lemme comme l’écrit Berque en postface ? Peut-être, mais à bien des égards, sa pensée semble (au moins) plus… complète que celles des philosophes occidentaux. Et même les courants bouddhistes critiqués par Nagarjuna (Abidharma) ou qui essaient de s’en détacher (Yogacara) évitent pas mal les apories traditionnelles de l’idéalisme...























