
Mauro Bolognini
La Veine d'or (1955)
La vena d'oro
1 h 26 min. Sortie : 1955 (France). Drame
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 6/10.
Annotation :
Rien n'aide à considérer le troisième film de Bolognini, réflexion œdipienne finalement assez creuse, comme une œuvre intéressante. L'argument narratif (l'amour exclusif d'un fils pour sa mère empêchant le remariage de celle-ci) est un point de départ prometteur mais le développement pâtit d'une dramaturgie pesante et sursignifiée. La musique, à l'avenant, ajoute à ce sentiment d'un film mal maîtrisé, victime de la mode psychologisante qui sévissait alors. Tout jeune acteur, celui qui n'était pas encore Terence Hill n'est pas mauvais.
Débrouillez-vous ! (1959)
Arrangiatevi
1 h 50 min. Sortie : 18 septembre 1959 (Italie). Comédie
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 7/10.
Annotation :
Un beau film sur une dignité retrouvée, celle des déclassés que la guerre et ses ruines ont contraints de vivre chichement, partageant un toit pour plusieurs familles. Comme très souvent avec la comédie italienne, l'histoire est le prétexte à une étude de mœurs habile où sont moqués les travers de la société. L'humour est ici assez fin, malgré l'emménagement dans un ancien bordel. C'est aussi l'occasion de voir une Italie en reconstruction avec, au détour d'un plan, une vue sur les grands ensembles en chantier. Toto est égal à lui même : irrésistible.
Les Garçons (1959)
La notte brava
1 h 35 min. Sortie : 20 janvier 1961 (France). Drame
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 7/10.
Annotation :
Adapté d'un récit de Pasolini (crédité au scénario), Les garçons est un film intéressant sur les bas-fonds romains et les laissés pour compte, ces fils incapables de devenir des hommes et ces femmes contraintes de se vendre pour survivre. La beauté des images (surtout les actrices, sublimes) apportent un contrepoint aux comportements des personnages, tantôt violents, tantôt insolents, toujours perdus. Un peu moins convaincu en revanche par Brialy et Terzieff.
Le Bel Antonio (1960)
Il bell' Antonio
1 h 45 min. Sortie : 5 juillet 1961 (France). Drame
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 8/10.
Annotation :
Aborder la question de l'impuissance masculine en la localisant dans la très patriarcale Sicile des années 60 a quelque chose d'audacieux. Parvenir à réaliser un film aussi sensible et intelligent est encore plus impressionnant. Bolognini s'en sort pourtant admirablement, grâce à la subtilité de l'écriture (bien aidé en cela par Pasolini) mais aussi, et surtout, à la présence subtile et retenue de Mastroianni. Claudia Cardinale est sublime.
Ça s'est passé à Rome (1960)
La giornata balorda
1 h 24 min. Sortie : 4 janvier 1961 (France). Drame
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 8/10.
Annotation :
Ecrit par Moravia et Pasolini, La giornata balorda (littéralement "la journée terne") est un film passionnant. Les déambulations du jeune Davide (présence magnétique de Jean Sorel), jeune prolétaire de 20 ans sans emploi et déjà père, dans la capitale italienne en pleine mutation sont rythmées par la délicate musique jazzy du grand Piero Piccioni. Le réalisme est partout prégnant et le discours n'est jamais caricatural. On retiendra par ailleurs le discours de bon sens sur le progrès prononcé par le personnage incarné par Paolo Stoppa. Réussite.
La Corruption (1963)
La corruzione
1 h 22 min. Sortie : 16 mars 1966 (France). Drame
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 7/10.
Annotation :
Intéressante dissection du miracle économique italien par le prisme de la morale. Le schéma est un peu caricatural (le père industriel et le fils qui se destine à la prêtrise) mais la justesse de l'analyse emporte l'adhésion. L'opposition entre l'ouverture théorique austère et la fin dansante et triviale permet de saisir le chemin parcouru par le jeune homme (Jacques Perrin un peu fade). Et ainsi de mesurer son drame intérieur. Bon film.
Ma femme (1964)
La mia signora
1 h 42 min. Sortie : 13 juin 1982 (France). Comédie, Romance, Sketches
Film de Tinto Brass, Luigi Comencini et Mauro Bolognini
FLK a mis 7/10.
Annotation :
Film à sketchs sur les déboires du couple, c'est évidemment d'une délicieuse cruauté et, globalement, de bonne facture. On retiendra principalement l'unique contribution de Comencini, le plus long segment du film, cynique à souhait, dans lequel Sordi, médiocre architecte cherchant à obtenir les faveurs du maire pour un projet immobilier, se sert d'une prostituée (formidable Mangano) pour arriver à ses fins. C'est brillant bien que ce soit le seul sketch à ne pas être écrit par Sonego. Brass et Bolognini amènent chacun une dose d'absurde et de pathétique. Equilibré, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre d'exercice.
Ce merveilleux automne (1969)
Un bellissimo novembre
1 h 32 min. Sortie : 17 mars 1972 (France). Drame
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 6/10.
Annotation :
Les émois d'un adolescent épris de sa tante (sensuelle et troublante Gina Lollobrigida). Au-delà de l'argument incestueux, Mauro Bolognini filme la décrépitude d'une famille et plus largement d'une Sicile archaïque, incapable d'embrasser la modernité. Mais le cinéaste ne semble pas trouver l'équilibre entre le récit à proprement parler et l'étude historique. Si Un bellissimo novembre annonce la série de films qu'il réalisera la décennie suivante, il manque d'un point de vue véritablement affirmé. Frustrant.
Metello (1970)
1 h 47 min. Sortie : 1970 (France). Drame, Historique
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 7/10.
Annotation :
Le travail de reconstitution et la mise en scène sont remarquables, tout comme la photographie et l'extraordinaire composition des plans, autant de tableaux d'une sidérante beauté. Avec ce film le cinéaste s'empare de sujets plus historiques (et, de par le fait, plus politiques). Le propos est subtil et, bien que partisan, n'est pas un pensum idéologique. Les acteurs sont vraiment excellents, Massimo Ranieri en premier lieu. Tout juste regrettera-t-on la musique assez répétitive d'un Ennio Morricone étonnamment peu inspiré.
Liberté, mon amour (1975)
Libera, amore mio
1 h 50 min. Sortie : 23 juin 1977 (France). Drame
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 7/10.
Annotation :
L'affiche, parfaitement racoleuse, est une insulte faite à Claudia Cardinale, au film et à son contenu. Passée cette précision nécessaire, Libera s'avère être une œuvre passionnante (malgré une mise en scène souvent ostentatoire) sur les années du fascisme et la résistance italienne. D'une quasi comédie au début, Bolognini donne progressivement à son récit un ton plus sombre jusqu'à verser dans la tragédie lorsque les événements se précipitent. Si l'actrice est bien sûr magnifique, il faut souligner la prestation remarquable des seconds rôles masculins qui apportent chacun une densité dramatique au récit.
Vertiges (1975)
Per le antiche scale
1 h 42 min. Sortie : 28 novembre 1975 (Italie). Comédie dramatique
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 7/10.
Annotation :
A partir de la fin des années 60, le cinéaste s'est attaché à raconter l'histoire de l'Italie pour en comprendre les maux contemporains. Avec Per le antiche scale (qu'on préfère au titre français, trop réducteur), il s'intéresse au fascisme en l'assimilant de manière plus ou moins convaincante à la folie. On comprend ce que Bolognini a voulu montrer et si le trait peut paraître un peu grossier dans sa démonstration, il faut reconnaitre à ce film déroutant son ambition. La photographie vaporeuse du grand Ennio Guarnieri se prête tout à fait aux décors froids et déshumanisés de l'asile et plusieurs séquences sont très réussies (l'ouverture avec le carnaval ou bien encore l'opposition finale entre Mastroianni et Françoise Fabian).
L'Héritage (1976)
L'Eredità Ferramonti
1 h 58 min. Sortie : 20 avril 1977 (France). Drame
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 9/10.
Annotation :
La cupidité d'une grande bourgeoisie qui a pris le pouvoir en Italie, l'arrivisme et la manipulation d'une femme prête à tout pour s'accaparer la fortune d'un commerçant esseulé, des personnages qui incarnent tous les maux de la société: L'héritage dresse le portrait d'un pays perclus d'archaïsme et incapable d'envisager l'avenir, s'inscrivant en cela dans la lignée de Lampedusa et Visconti. La mise en scène de Bolognini, superbe, évite soigneusement les écueils d'une reconstitution trop classieuse et distanciée. Rome est certes d'une tristesse rarement entrevue, souvent douchée par la pluie, elle n'en demeure pas moins parfaitement conforme à l'implacable conclusion du récit. Un grand film politique porté par la remarquable prestation de ses acteurs, Dominique Sanda en tête.
Black Journal (1977)
Gran bollito
1 h 55 min. Sortie : 6 novembre 2019 (France). Drame, Thriller, Épouvante-Horreur
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 6/10.
Annotation :
D'un fait divers proprement hallucinant, Bolognini tire un film tragi-comique, où la farce côtoie le sordide. Comme pour souligner le grotesque de cette incroyable histoire, le cinéaste avait dans un premier temps décidé de confier tous les rôles féminins à des hommes. De cette idée de départ, ne resteront finalement que trois rôles (dont Max Von Sydow), ceux des trois victimes, tuées, hachées et transformées en savon. Une noirceur totale qui exprime le désespoir d'une femme rendue folle par trop d'amour et de souffrance. Shelley Winters est extraordinaire.
La Vénitienne (1986)
La Venexiana
1 h 40 min. Sortie : 9 mars 1988 (France). Drame, Romance
Film de Mauro Bolognini
FLK a mis 4/10.
Annotation :
On peine à trouver un intérêt à ce film sans âme, excessivement bavard et mal interprété. Venise est filmée bien tristement, à l'image d'un scénario opportuniste où seule la nudité de Laura Antonelli semble avoir motivé auteurs et producteurs. La misogynie de La Venexiana, renvoyant les femmes à leur statut d'hystériques victimes de leurs pulsions, s'insère difficilement dans la carrière d'un Bolognini bien peu inspiré. Un constat qui ne fait finalement qu'altérer l'érotisme de certaines scènes.
















