Mes Concerts 2025
26 personnalités
créée il y a environ 1 an · modifiée il y a 4 moisMEZERG
Annotation :
C’est dans l’écrin de la superbe salle du cabaret « les Etoiles » dans le 10 eme arrondissement de paris, qu’était organisé la « realise party » du nouvel album de Mezerg.
Intitulé Vol retardé de 42 minutes et porté par une pochette inspirée des affiches de films des années 80 de Belmondo dessinées par Jean Masci, il sera le prétexte d’une importante tournée qui se terminera en avril par un gros concert au Zenith après avoir été bien au-delà de nos frontières.
Bref il y a beaucoup d’ambition de la part de Mezerg, ce musicien atypique révélé par les réseaux sociaux, qui a la particularité de jouer à la fois de l’orgue Hammond et du thérémine (Instrument électronique historique) de manière plus que singulière.
C’est donc un concert presque intime que nous ont offert Merzerg et son compère batteur Brulin pour fêter la sortie de ce 3eme album.
Immense, avec une allure de beatnick souriant d’un autre temps, Mezerg expliquera qu’il est un musicien et pas un Dj et que les morceaux joués pendant le concert ne sont pas figés et recèleront une grande part d’improvisation en fonction de l’ambiance, de l’humeur et de ses envies.
Le concert commencera par un décollage en douceur au son de l’orgue 70’s avant que la batterie, rejointe par des boucles électroniques, ne s’en mêle et que le Thérémine de Mezerg nous transportent dans un voyage musical plus que fascinant ;
Tantôt funk et psychédélique, l’orgue de Mezerg semble charrier des envolées venues tout droit de l’esprit de Ray Manzarek.
Le Thérémine ajoute une couche electro et groovy qui emporte le son dans diverses dimensions avec maestria.
La complicité entre Mezerg et Son batteur n’est pas sans rappeler celle qui unit Etienne Jaumet et Cosmic neman dans le Groupe Zombie Zombie.
Pour autant l’atmosphère de la musique de Mezerg reste légère, plus chaude et plus groovy que celle du groupe Kraut parisien.
Elle emporte le public avec elle dans un esprit quasi shamanique grâce à des envolées et des crescendos jubilatoires.
On a l’impression que ce concert dans la petite salle des étoiles est un moment suspendu dans le meilleur endroit possible pour une musique, finalement assez niche.
Au-delà du kiff jubilatoire que l’on a pris lors de ce concert, on peine toutefois à imaginer le même spectacle dans un Zenith, à moins d’un gros travail scénographique afin d’enluminer cette musique si singulière, car happer 7000 personnes au zenith sera moins aisé que les 500 personnes des Etoiles.
Archive
Annotation :
Actif depuis près de trente ans, Archive est un groupe à géométrie variable formé autour des claviéristes têtes pensantes Danny Griffiths et de Darius keeller.
Avec une discographie d’une quinzaine d’albums, ils se sont forgés un solide répertoire qui oscille entre Psychédélisme, Trip Hop, Pop, electro et rock progressif.
Ce mois de février 2025 les voyait faire une tournée autour de leurs albums classiques « Noise », « You all look the same to me » et « controlling crowds ».
Fan absolu du formidable « You all look the same to me » dès le jour de sa sortie, Archive représentait alors pour moi l’idée de ce qu’aurait pu faire Pink Floyd s’ils avaient continué leur carrière .
Pour autant, j’avais assisté à un effroyable concert à l’Elysée Montmartre en 2002 qui m’avait tellement déçu que je n’étais plus jamais allé les voir sur scène ;
23 ans plus tard, la perspective d’entendre « again » en concert avait eu vent de mes à priori et m’a conduit jusqu’au zénith.
A 21H , le concert démarra par des versions titanesques de « Get out » et « Numb ».
Portés par un son formidablement ajusté ces 2 premiers morceaux nous offrirent un envol d’une intensité fabuleuse comme on en voit que rarement.
Le groupe ne laisse aucune place à l’amateurisme et joue de manière millimétrée devant un public aussi conquis qu’abasourdi par un tel démarrage.
L’hypnotisme fulgurant des crescendos de ce début de concert retombera sur les titres suivants consacrés à des ballades comme Love song, qui, si elles sont loin d’être mauvaises, subissent un contraste violent en terme d’intensité par rapport aux morceaux d’ouvertures.
La puissance des morceaux d’ouverture réapparait avec des versions folles de « Finding So hard » et « Fool », mais leur envol subit les mêmes contrecoups quand elles laissent place à des chansons plus pop ou plus mineures.
Ces montagnes russes seront le leitmotiv d’un concert ou se succèdent des sommets Himalayesques avec « Again » ou « Fuck you » et des chutes de tension avec « Hate » ou « Conscience ».
C’était sans doute le prix à payer d’une tournée consacrée à des albums joués dans leur intégralité.
Si l’ensemble de ce concert reste très clairement au-dessus de la moyenne, ces contrastes auront pointé les limites d’un show que l’on aurait aimé vivre comme une montée en puissance constante et sans temps morts.
Archive est capable de nous emporter très loin comme peu de groupe savent le faire.
A vérifier une prochaine fois avec une set list plus calibrée
Elliott Murphy
Annotation :
Pour fêter ses 76 ans le 16 mars , Elliott Murphy avait convié ses fans au New Morning comme chaque année depuis près de 30 ans .
Accompagné comme de coutume par le formidable guitariste Olivier Durand, le plus parisien des bardes américain a passé en revue les grands titres de sa carrière.
Si celle ci n'a jamais vraiment décollé auprès du grand public , elle recèle de véritables pépites comme "Diamonds by the yards" , "Sonny ", "Just a story from America", "rock ballad" ou "on Elvis Presley's birthday" et "green river".
Forcement cela offre de jolis moments en live , même si la voix du maitre de cérémonie porte ses années en chevrotant quelque peu .
Olivier Durand compense par de formidables solos et en lui prêtant vocalement main forte sur les refrains repris à l'unisson dans de belles harmonies vocales.
C'est donc une prestation live généreuse et pleine de la sensibilité d'une musique folk comme on en joue presque plus au XXIème siècle.
Si Elliott Murphy a cotoyé les plus grands (Springsteen, Lou reed...) sans jamais en faire partie du club, il reste un formidable artisan qui ne vit et n'existe que par la scène . Et cela se respecte même si son âge d'or est probablement derrière lui
Air
Annotation :
Il y a un an, Air rompait un silence de plusieurs années en entamant, à l’Olympia, une tournée pour fêter le 25eme anniversaire de leur légendaire premier album « Moon Safari ».
12 mois plus tard, après avoir sillonner l’Europe de fond en comble, le continent américain du Nord au Sud, la Chine, la Thaïlande et l’Australie, le duo versaillais s’installait pour 4 soirs Salle Pleyel pour prolonger cette tournée anniversaire.
C’est un privilège de pouvoir se retrouver dans cette salle « à taille humaine » tant les billets pour cette tournée n’ont pas été simples à obtenir.
Après un an de tournée, c’est un show ultra rodé et millimétré qui nous a été offert.
Accompagnés d’un seul batteur et portés par une scénographie à la fois minimaliste et ultra précise, les musiciens d’Air nous ont offert leçon de psychédélisme ouaté unique en son genre.
Alors que la musique psychédélique est souvent une invitation au voyage dans une succession de climats et d’ambiances, la musique d’Air vous entoure et vous enrobe dans des atmosphères calmes et apaisantes
L’album « Moon Safari », qui sera joué intégralement et dans l’ordre, est la matrice de cette musique à la douceur cotonneuse grâce à de grands titres comme « la femme d’argent » , « le voyage de pénélope », « you make it easy » ou « remember »
Nicolas Godin et Jean Benoit Dunckel ne sont pas des rocks stars.
Leur charisme s’apparente davantage à celui de chercheurs du CNRS.
Contrairement à tous les artistes de le « french Touch », ils ne sont pas là pour faire danser mais pour vous immerger dans un abyme de douceur voluptueuse.
En concert, c’est la scénographie qui apporte le « plus » visuel qui achève de vous captiver en vous offrant tour à tour des levers de soleil, des voyages spatiaux, une percée dans les nuages ou en vous plongeant dans des atmosphères cliniques ou rétrofuturistes ou se côtoient l’âme de Niemeyer et des néons eighties.
Après « Moon Safari », la deuxième partie du spectacle était bâtie autour des grands titres des albums « Virgin suicide », « talkie-walkie » et de « 10 000Hz legend », dont certains quittaient la ouate pour s’envoler dans des crescendos soniques plus rythmée, mais tout aussi jouissifs.
C’est donc un concert précis, original, méticuleux, et objectivement plus que réussi qui nous a été offert.
On aimerait que d’autres artistes s’inspirent du sens du détail et de la mise en scène des 2 architectes sonores versaillais
The Verve
Annotation :
RIchard Aschcroft et non the verve
A la fin des années 90, Urban Hymns de the Verve s’imposait comme l’un des albums incontournables d’une décennie pourtant riches en chef d’œuvre musicaux.
Portés par des singles (Bitter sweet symphony, Lucky Man, sonnet, the drugs don’t work) devenus depuis des classiques intemporels, The verve raflait alors une pelletée de Music Awards et figurait en tête des charts dans le monde entier.
The Verve ne resista pas à ce succès planétaire et se disloqua définitivement après quelques retours manqués.
Richard Aschcroft, leur c leader s’engagea alors dans une carrière solo.
Si celle-ci ne tutoiera jamais les mêmes sommets que Urban Hymns, elle s’illustra avec les singles « C’Mon people », "a song for lover » et» cheack the meaning »qui se sont classés en bonne place dans les charts anglais.
S’il n’a rien sorti depuis une dizaine d’année, Richard Aschcroft est abonné aux têtes d’affiches des grands festivals.
Etonnamment, il n’a jamais traversé la Manche pour donner des concerts en France depuis près de 15 ans.
C’était donc une bonne surprise de le voir faire la première partie de Lenny Kravitz en ce 29 mars 2025 .
L’homme n’a pas changé.
Il a toujours ce visage taillé en lame de couteaux, une peau blanc pâle, et un regard de junkie sur un corps aussi grand que mince.
Sa voix, même si elle donnait quelques signes de faiblesses, a toujours la même texture et habille fidèlement des relectures fidèles de ses grands titres et quelques bonnes nouvelles chansons.
C’est donc une belle performance qu’il a offert à un public qui n’était pas le sien et qui s’est aperçu pendant le concert qu’il s’agissait du chanteur de The Verve…
Malheureusement sa musique est plus taillée pour des salles comme l’Olympia que pour cette aréna disproportionnée.
Sa prestation a donc souffert de la froideur lugubre et de l’immensité de l’endroit alors qu’elle aurait probablement suscité d’avantage d’émotions et révélé plus de subtilité dans une salle plus intime.
On l’attend donc de pied ferme dans une vraie salle de concert, devant un public plus acquis et réceptif qui saura apprécier son concert à sa juste valeur.
Lenny Kravitz
Annotation :
Musicien surdoué, multi-instrumentiste et actif depuis 35 ans, Lenny Kravitz avait frappé très fort avec ses 2 légendaires premiers albums: « Let Love Rule » et « Mama said »
Dès son entrée sur scène en mars 2025 à Paris ,il est évident que l’on à faire à un phénomène !
Beau comme un Astre, son charisme et son attitude de rock Star à la fois sauvage et sensuelle irradient !
Du haut de ses soixante printemps, il enclenche son concert par les riffs sauvages de «Minister of Rock and roll »
Il enchaine avec le fougueux « TK421 » et l’historique « always on the run »..
Après ce démarrage en trombe, la soul et le groove s'installent avec le renfort d'une section cuivre sur des titres comme « Honey » ou « i belong to you »
Lenny chante divinement bien la soul et montre à quel point il s’adapte sans difficulté à tous les styles auxquels il se frotte ( Rock, Soul, FunK)
Le concert enchaine avec les titres historiques : » It Ain't Over 'Til It's Over », « Again », » American woman », « fly away” et bien sur “Are You Gonna Go My Way”.
Tout est bien exécuté.
Le public de boomers entre 47 ET 55 ans semblent y trouver son compte.
On entendra dans les travées beaucoup de femmes s’extasier sur le « sex appeal » indiscutable du Maitre de cérémonie …
Le concert se terminera par "Let love rule" chanté par Lenny au milieu de la foule pendant plus de 20 mn.
Kravitz et son groupe ont donné une très belle prestation, qui a cependant souffert de quelques écueils.
Le seul imputable Kravitz est une set list qui a souffert de trop de temps mort entre les chansons.
Ok, je chipote, mais là ou je ne chipote pas c’est que L'Arena de Nanterre ne se prete en aucun cas à un concert de Rock
Lugubre, Froide, trop grande elle semble absorber l'âme, la chaleur et la vitalité qui sont pourtant l'essence de la musique live
On n'a ressenti ni ambiance, ni communion.
On imagine ce que cela a du être pour les malchanceux placés dans les travées les plus lointaines ...
On ne s'est pas senti happé par le spectacle
Ça bavarde beaucoup pendant les chansons sans trop se soucier de la musique…
Il faut dire que celle-ci nous parvenait dans un format très compressé.
Si l’on entendait bien les instruments et la voix , aucune chaleur ni envolée ne se détachaient d'une sonorisation en forme de magma sans nuances.
Beaucoup de gens quittaient la salle au début du rappel pour éviter la cohue mais peut-être pas seulement…
Mezer
Annotation :
Entre le concert intime de release party de janvier dernier Aux étoiles et ce concert "mastoc" du 26 avril au Zenith, il s'est passé à peine 3 mois, pendant lesquels Mezerg et son compère Brulin ont mis le feu à toutes les salles "sold out" d'une tournée qui les a menés de Montréal à Mexico en passant par une série de villes américaines ainsi que les principales villes d'Europe.
C'est donc comme des Gladiateurs victorieux revenant pour un triomphe à Rome que Mezerg et brulin ont investit la scène du Zenith.
En moins d'une minute les doutes que l'on avait sur la capacité du duo à passer d'une salle de 500 à 5 000 personnes ont été balayé.
Remontés à Bloc , ils nous ont transporté dans une série de climats hypnotiques et psychédéliques en nous emportant dans de crescendos imparables en passant du Jazz à l'electro avec une singularité aussi brillante qu'impressionnante.
Mezerg s'impose comme le rhésus positif, ou l'enfant naturel, d'une union entre Daft Punk et Air, qui entretiendrait aussi une consanguinité évidente avec les Zombie Zombie. .
Mais à ces prestigieuses influences, le nouvel enfant terrible de la French touch apporte une liberté, un dynamisme, une gaîté naturelle et un plaisir évident d'être sur scène bien supérieurs à ses glorieux ainés.
C'est cette fraicheur et ce naturel qui permet de passer outre une scénographie plus que dépouillée et d'un light show très classique et d'embraser des foules bien plus larges que celles des concerts de Zombie Zombie (dont la noirceur de la musique représente peut-être un certain écueil).
C'est donc un superbe set electro Jazzy psychédélique qui nous a fait vibrer, danser et nous a transporté de la première à la dernière minute, en apportant une réelle plus-value live avec des relectures teintées d'impros bien supérieures aux versions des albums !
Clairement on y retournera !
Idéalement dans une salle plus propice comme l'olympia et avec un light show moins clinique, mais au vu de son succès grandissant et mérité , il est aussi possible qu'il ne soit plus possible de le voir dans des salles plus petites
Salif Keita
Annotation :
S’il porte le poids de ses années, le légendaire Salif Keita a illuminé le Trianon lors d’un concert acoustique et intimiste de toute beauté qui accompagnait la sortie de son dernier album, So Kono.
Nous ne l’avions pas vu sur scène depuis une quinzaine d’années, quand il nous avait laissés exsangues après une prestation d’anthologie à l’Olympia.
Il était alors accompagné d’un groupe pléthorique avec une armée de choristes et de musiciens virtuoses.
En ce 21 mai, c’est seul, vêtu d’un boubou blanc, assis sur une chaise avec une guitare sèche, qu’il prit possession de la scène du Trianon.
C’est avec une chanson très douce, presque murmurée, qu’il transporta d’emblée le public très loin de Paris, de sa cohue et de ses embouteillages vers la beauté des racines musicales malienne.
Avant d’être rejoint par trois griots, il avait envoûté le public en quelques titres par la solennité de son chant et la beauté légendaire de sa voix. C’est une relecture épurée et acoustique des grands titres de son répertoire qui s’ensuivit, à l’opposé des concerts foudroyants, pleins de danses et de rythmes auxquels nous avions eu le bonheur d’assister par le passé.
Au-delà de l’expressivité sidérante de sa voix, c’est la ferveur de l’âme et l’authenticité que porte sa musique qui se sont emparées du public du Trianon et qui nous ont marqués.
De cette ferveur surgissaient des clameurs du public lors des moments les plus profonds et intenses de ses chansons.
Tout cela créait une atmosphère assez unique, hors du temps, d’une profondeur et d’une puissance émotionnelle, mêlant la pureté et l’intensité d’une musique « roots » à nulle autre pareille.
Ce concert, à la beauté quasi religieuse, se termina malheureusement un peu trop vite, car Salif Keita, à qui l’on remit un disque de platine sur scène, semblait assez fatigué.
On ne le remerciera cependant jamais assez d’être sorti de sa retraite, qu’il avait annoncée en 2018, et d’avoir ainsi pu nous offrir ces instants suspendus et ces émotions quasi mystiques que nous ne sommes pas certains de pouvoir revivre ailleurs
Jon Spencer
Annotation :
Ce n'est pas avec le Blues explosion mais avec les Hit Makers que Jon Spencer se présentait sur la scène de la maroquinerie en ce début de mois de juin .
C'est donc une performance en mode power trio qui nous a été offerte puisque la guitare de Spencer était accompagnée par une rythmique pleine de testostérone tenue par 2 ados survoltés et inépuisables sortis tout droit des Fraggle Rock.
Si Jon spencer n'a rien inventé , il maitrise son "garage rock" sur le bout des doigts.
On sent qu'il est le descendant d'une longue lignée dont l'Adn s'est nourri et approprié le rock primal de Little Richards, la rage des Them , les riffs des stooges et du sabbath la hargne des compilations Nuggets et l'énergie des Punks. Tout cela fait de lui le fils légitime des Cramps et le cousin pauvre de jack Withe , qui serait le membre de la famille qui a décroché la timbale.
En effet si le répertoire de Jon spencer ne compte aucun tube emblématique, le style l'attitude, la sauvagerie du rock garage irradie sa musique et une prestation sans le moindre temps mort qui ne cessera de monter en puissance et qui laissera le public exsangue et comblé.
C'était donc un show bien jouissif, plein de decibels et de sueur qui se résumerait à une forme d'artisanat bien fait dont les preuves ne sont plus à faire .
Indochine
Annotation :
En 1998, j’assistais à mon premier concert d’Indochine.
Ils étaient alors au creux de la vague et peinaient à remplir le Casino de Paris.
27 ans plus tard, il faut se battre pour obtenir un billet pour les apercevoir dans une gigantesque aréna.
Indochine est devenu un groupe intergénérationnel qui rassemble un public de 15 à 60 ans.
Si certains se rassemble avec nostalgie sur les tubes des premières années comme Canary bayet l’aventurier, les générations suivantes célèbrent J’ai demandé à la lune, La vie est belle, L’été français ou Nos générations .
En 45 ans de carrière, Indochine a appris à être bon sur scène en respectant un public fidèle grace à des des shows aussi généreux que spectaculaires sans prix prohibitifs .
Cette nouvelle tournée ne fait pas exception à la règle.
Indochine a offert à un public survolté un show dantesque de 2h30.
Le premier tiers du concert sera consacré aux titres de Babel babel , leur dernier album.
Force est de constater que ces nouveaux titres fonctionnent très bien sur scène puisque rien ne ressemble plus à un tube d’indochine qu’un autre tube d’Indochine et que le show qui les accompagne emporte tout sur son passage.
Puis l’avalanche de tubes historiques démarre avec Salammbô, Canary bay, miss Paramount et ne lâchera plus une seconde le public jusqu’ à la fin du Show avec de superbes moments comme « j’ai demandé à la lune «, « un été français », « Nos célébrations ».
A titre personnel la présence de « little dolls » , « des fleurs pour Salinger » et « tes yeux noirs »m’ont ravi.
Le concert se conclura en apothéose avec les immenses classiques « 3nuits par semaines » et « l’aventurier » pour faire plaisir à tout le monde.
Cela aurait pu être une soirée parfaite ou rien n’aurait pu nous arriver.
C’était sans compter sur la malédiction de ce « putain de Bercy » et de son immonde acoustique qui a plombé ce qui aurait dû et pu être un grand concert.
Comment ne pas rager devant ce magma sonore compressé d’où peinait à s’extraire audiblement la voix de Nikola Sirkis et qui absorbait la chaleur des guitares et la métrotomie de la basse au profit d’un son de batterie proéminant ?
Peut être étais je mal placé tout en haut sur la gauche , mais à aucun moment l’ambiance, la ferveur et les chants de la foule n’ont réellement pu monter jusqu’ à moi.
Tout cela est particulièrement frustrant au regard de l’énergie déployée par le groupe qu’il faut résolument aller voir dans une plus petite salle... si on y arrive
Silmarils
Annotation :
Silmarils,actif depuis 2025, fait partie des groupes français apparus dans le sillage de l'explosion de Rage against the machine et des beasty boys.
Avec Mass Hysteria, lofofora et No one is innocent, Ils écumaient les salles et les festivals des années 90 . En 2025, si la musique fusion semble un peu datée, l'énergie que déploie les Silmarils sur scène pour la faire revivre est communicative et plus que sympathique .
On s'aperçoit qu'ils ont une bonne dizaine de tubes en puissance capables de réveiller un mort ( cours vite, on n'est pas conne çà, tu ne nous mérites pas, Welcome to america , Au paradis ...) ou de faire danser un quinqua en surpoids.
On rentre bien dans le concert en se disant que le fait de les voir en plein jour en festival n'est clairement pas le meilleur moyen de les apprécier à leur juste valeur. Et au vu de leur très bonne prestation , on sautera sur l'occasion de les voir sur scènes en club.
Bref une très bonne découverte d'un groupe que j'assimilais à tort à leur fameux single " il va y avoir du sport" et qui représente en réalité assez son ADN pleine de générosité et d'énergie
Rival Sons
Annotation :
Rival sons est depuis quelques années déjà l'une des sensations de cette nouvelle génération de groupes de hard rock qui s'impose parmi les têtes d'affiches des festivals d'été.
Leur musique ne dépareille pas de la ligne éditoriale du festival "retro c'est trop".
Le rock des rival sons est en filiation directe de celui des black Crowes, de led Zeppelin avec une ligne centrée sur des influences blues et de soul gonflées aux hormones par de gros riffs de guitares 70's et un Screamer dans la lignée de robert Plant ou Ian Gillan.
Leur show est généreux et extrêmement professionnel.
Le chant du screamer Jay Buchanan est impressionnant , les solos de guitares sont brillants mais à l'arrivée rien ne se passe ....
Aucune chanson ne ressort vraiment d'un répertoire sans originalité et presque sans âme.
Les Rival sons n'ont rien inventé et cela se ressent.
Jamais ils n'arriveront à dépasser le stades de "second couteaux" tant ils se heurtent à un plafond de verre qu'ils semblent incapables de dépasser .
S'ils sont de "bons faiseurs" il leur manque le petit truc en plus qui fait la différence ...
On finit donc par se détourner de leur prestation pour aller prendre une bière au bar ...
Iggy Pop
Annotation :
Iggy a 78 ans et refuse de raccrocher les gants!
De la bête sauvage qu'il était encore dans les années 90 , il s'était mué en un gladiateur revenu de tout dans les années 2000 en continuant de donner des concerts légendaires (Le REX en 2016).
En 2025, avec son cops décharné , il semble désormais sortir d'un film de zombie de Georges Roméro ou de l'univers de Mad max.
Même si cela est anachronique à près de 80 ans, il s'empare toujours de la scène comme si sa vie en dépendait pour percuter son public avec les chansons des stooges , écrites alors qu'il avait à peine 20 ans pour témoigner d'une rage nourrie par l'ennui de la jeunesse des banlieues dortoirs des grandes villes américaines à l'orée des années 70 .
S'il fait de la résistance , force est de constater que le héros est fatigué et que l'intensité de ce concert est très en dessous de ce qu'il a pu nous offrir par le passé.
Pourtant, il a de beaux restes et du savoir faire .Sur certains titres , il est toujours habité comme seuls les très grands sont en mesure de le faire .
Les chansons des Stooges (raw power, search and destroy, I wanna be your dog) s'enchainent et laissent s'intercaler les classiques de l'époque Bowie (Lust for life, Passenger) .
Mais les meilleurs moments de ce concert seront les tempos plus lents de "gimme danger" et de " I'm sick of you" dont les version intenses et profondes éclabousseront le public par la classe de la voix de crooner leur interprète.
Le concert se conclura par louie Louie ,que l'on avait plus eu sur les setlist depuis longtemps, et qui verra un iguane émoussé et fatigué quitter la scène sous l'ovation d'un public fidèle et reconnaissant, mais conscient qu'il s'agit très certainement des derniers instants d'une des plus grandes incarnations de la musique Rock
Burning Spear
Annotation :
Parfois les planètes sont alignées..
Ce fut le cas pour ce formidable concert au Kilowatt de la plus grande légende vivante du Reggae roots.
Une scène en plein air surplombée par un soleil couchant.
Des conditions météorologiques idéales avec de la chaleur et de l'air.
Un public respectueux et nombreux dans un cadre à taille humaine.
Une qualité sonore comme on en voit très peu.
Et surtout un Burning spear en très grande forme !
Le légendaire Winston Rodney a su cueillir le public dès les premières minutes du concert et l'emmener avec lui dans un crescendo imparable de près de deux heures .
Au delà d'une set list , elle aussi parfaite (African postman, Throw down your arms, slavery Days , farover , mans on the hills, Marcus Garvey ...), le vétéran jamaïcain connait son affaire et sait comment transporter le public d'un climat à un autre, le mettre sur orbite, le faire redescendre pour mieux le faire repartir et réagir lors de climax pharaoniques.
Grace à un son d'une formidable pureté, le groupe était au diapason avec à des riddims de basses imparables, une guitare légère et enlevée et une section cuivre qui enluminait un ensemble rythmé par une batterie aussi fine que précise .
La voix si caractéristique de Rodney n'a pas pris une ride et habite totalement les incantations rasta d'un maitre de cérémonie dont la générosité et le dynamisme sont une insulte à une date de naissance qui remonte quand même à 1945 .
Ce fut donc une intense et fabuleuse grand messe de reggae roots et de dub originels et probablement le meilleur concert reggae auquel j'ai pu assister .
Compte tenu de l'âge De Rodney, pas certain qu'il y ait une nouvelle chance de revivre un tel moment, mais quel pied !
Nick Cave
Annotation :
Alors qu'il arpentait encore il y a quelques semaines les scènes des plus grandes arenas accompagné de ses bad seeds dans de gigantesques show, c'est dans une formule intimiste en piano voix que Nick Cave se présentait devant le public de la philharmonie en ce début de mois de juillet.
Accompagné discrètement par la basse de Colin Greenwood, Il n'a pas fallu 10 secondes pour que le charisme et l'intensité de Cave ne s'impose sur une très belle version de "Girl in amber" . Sa voix si caractéristique est un formidable véhicule à émotions pour des relectures totalement épurées de chansons que l'on a parfois connu dans des interprétations radicalement différentes ( "The mercy Seat", "Papa leaves you Henry").
Tel un crooner en mode sombre, il jongle avec aisance entre l'intensité de Higgs Boson blues et de Jubilée street et la beauté lacrymale de "I need you " ou de "Waiting for you".
Le public semble fasciné par la beauté solennelle du concert et semble parfois retenir son souffle de crainte de perturber l'ampleur quasi religieuse des interprétations de Cave.
Des sommets seront atteints avec "O chidren", la relecture biblique de "Man in the moon" issue de catalogue de Grinderman ainsi que par les deux formidables reprises de leonard Cohen ( "Avalanche ") et de T-REX ( Cosmic dancer) offertes pendant le rappel.
Cave nous rappelle ainsi qu'il maitrise , tel un orfèvre ,l'art de la reprise et de sa réappropriation comme presque personne d'autre.
Une fois encore Nick Cave a inondé de sa classe et de son talent une prestation historique en offrant au public un pur moment de grâce assez proche du "live at Alexandra Palace" enregistrée seul sans public pendant le Covid.
Cette facette intime et épurée est totalement complémentaire de la puissance sauvage des envolées de Cave avec ses bad Seeds .
On se plairait à imaginer aussi un "entre deux" ou les versions intimes piano voix s'additionnerait d'une section de cordes et de cuivres et de chœurs pour nous amener encore une fois dans une nouvelle direction . Et avec Cave, tout est possible ...
Lynyrd Skynyrd
Annotation :
C'est un zenith presque complet qui trépignait d'impatience pour célébrer les 50 années de carrière du légendaire étendard du Rock Sudiste LYNYRD SKYNYRD.
Ce groupe est revenu de tout puisque 3 de ses membres fondateurs , dont le chanteur Ronnie Van Zant, avaient péri dans un accident d'avion en 1977.
Reformé 10 ans plus tard par les membres survivants et Johnny Van Zant qui remplaça son frère Ronnie au micro, Lynyrd Skynyrd reprit son envol en perpétuant l'héritage de la formation originelle dans de grandes tournées mais aussi en publiant de nouveaux albums .
En 2023, le dernier membre fondateur rendit l'âme à son tour, mais le groupe continua sous la houlette de Johnny Van Zant , qui est désormais le dépositaire moral et artistique d'un groupe qui s'est mué en franchise .
Le show offert par la mouture actuelle de Skynyrd est imparable.
A la fois hommage aux glorieux anciens à travers d'habiles montages vidéo, et vrai concert de rock grâce à des musiciens redoutables qui rivalisent de maestria et de virtuosité dans de formidables solos , Skynyrd offre à son public ce qu'il est venu chercher avec une set list best of redoutable (sweet home alabama, Simple man, That smell, saturday night special) d'un groupe qui avait déjà tout dit ou presque sur ses 2 premiers albums fondateurs .
Il est tellement imparable qu'il semble aussi rodé que millimétré, ne laissant aucune place à l'imprévu, à l'improvisation ,ni à ce petit supplément d'âme qui transformerait ce très bon concert en un très grand concert.
Le show se clôturera sur une version dantesque de 15 mn de "free bird" portée par les formidables solos des 3 guitaristes qui ferraillaient comme des mousquetaires rompus aux combats.
Le public exulte d'une joie quelque peu nécrophile, regrettant que le concert soit un peu court (90 mn) et de n'avoir pas pu assister aux concerts de la formation fondatrice .
Mais cette franchise originelle, qui se rapproche quand même d'un "tribute band", est très probablement ce qui se rapproche le plus de la source du rock sudiste et de l'esprit de lynYrd SkyNyrd d'origne
Manu Chao
Annotation :
C'est à domicile, au Kilowatt à Vitry sur scène, qui est devenu depuis 4 ans son escale obligatoire lors de ses visites parisienne que Manu Chao se présentait une fois de plus dans une formation acoustique devant un public fidèle , intergénérationnel et tout acquis à sa musique .
Et une fois de plus Manu a emporté tout le monde grâce à une une énergie et une générosité pleine de soleil et de joie.
En plus de 2h30 sans le moindre temps mort, il a fait preuve de sa maitrise totale en offrant des versions habilement réinventées de son répertoire ( Mala vida, Mr Bobby, Kin Kong five, Clandestino, La vida es una tombola, calle , king of Bongo ...) dans un long crescendo qui semble ne jamais s'arrêter .
Des invités viennent lui prêter main forte dans des relectures habitées .
On croit plusieurs fois qu'il nous a offert le bouquet final mais non , il repart encore plus loin encore plus fort pour notre plus grand plaisir à quatre ou cinq reprises.
Dire que l'on à faire à une bête de scène est euphémisme .
On quitte le kilowatt conquis et plein de "libertad" , de "Pinochio" et de " à la folie Vitry " dans la tête.
Linval Thompson
Annotation :
Il y a quelque chose de savoureusement anachronique à passer une soirée à Saint Germain en Laye en octobre 2025 avec 2 septuagénaires jamaïcains prêchant les vertus de l'amour , de l'unité et de la ganja.
La soirée commença avec Winston Powel, l'un des chanteurs de Midnight Riders accompagné par le DJ du collectif francais IRIE ITES. Porté par de gros riddims de basses aussi imparables qu'obsédants, le vétéran a rapidement capté le public par un flow efficace dans le pur style "Waterhouse" en le mettant sur orbite pour accueillir la tête d'affiche de la soirée , le légendaire Linval Thomson.
Accompagné par l'excellent groupe Manceau "the riddim factory" et porté par un son au cordeau, il ne fallut que quelques instants pour que la chaleur du flow de Thomson s'empare du public pour ne plus le lâcher dans un set de près d'une heure trente.
Avec une setlist offrant quelques nouveaux titres et de larges extraits des opus de son âge d'or "Don't cut Off your dreadlocks" et "I love marijuana" ,dont il rechignera quelque peu à chanter le single éponyme, il donna au public ce qu'il était venu chercher : Des bonnes vibes, des riddims et cette chaleur dansante propre aux artistes reggae originels .
Ce fut donc un beau voyage musical savouré à sa juste valeur d'autant plus que le temps est compté pour ces artistes historiques du reggae roots qui ne sont désormais plus qu'une poignée à arpenter encore les scènes européennes
Cymande
Annotation :
Actif pendant près d'une décennie au cœur des années 70, Cymande ne connut alors qu'un succès relatif . Mais le temps a fait son œuvre et leurs deux premiers albums sont devenus cultes et légendaires tant ils ont été samplés dans les décennies qui suivirent (MC solaar, les Fuggees...).
Le groupe a naturellement repris le chemin de la scène et des studios pour capitaliser sur cette notoriété et pour offrir aux humains du XXIeme siècle de véritables vibes originelles d'un Funk mêlé de calypso, de soul , de Jazz et de psychédélisme venant des seventies.
En ce soir de 2025, Ils sont neuf, presque tous septuagénaires et issus du line up historique, à prendre possession de la scène de la cigale devant un public ultra enthousiaste et finalement assez jeune.
La section cuivre est redoutable tout comme le batteur et le percussionniste. Ils encadrent Steve Scipio qui tient la basse de cymande depuis 1971 et qui est le garant du son du groupe avec un beat de basse comme on en fait que dans la blaxpoilation.
Forcément il y a du groove et des vibes plus qu'efficaces . Mais le concert avançant , on finit par remarquer que le chanteur manque un peu de charisme et de singularité mais surtout qu'aucun des titres joués dans la set list n'arrivent à se hisser au niveau des versions albums.
Et si le très attendu "Dove" nous emporte grâce à la guitare de Patrick Patterson, la version qui nous est offerte est beaucoup trop courte et semble nous lâcher en plein vol alors qu'elle aurait pu nous emporter 15minutes de plus.
On quitte donc la salle heureux d'avoir vu un vrai groupe de funk live mais in peu déçu au regard des attentes placées en lui.
Grant Lee Phillips
Annotation :
C'est dans une atmosphère plus qu'intimiste dans le très bel écrin "des Etoiles", que Grant lee Philips avait donné rendez vous à ses afficionados parisiens.
Si 150 à 200 personnes se sont donné la peine de venir dans ce concert confidentiel, c'est que Grant lee Phillips fut, il y a plus de trente ans, était le chanteur du groupe Grant lee Buffalo.
Grant lee buffalo, ce fut un succès critique unanime, et un groupe adoubé par ses contemporains les plus prestigieux (REM, Pearl Jam, cranberries...) qui leur offrirent leurs premières parties.
Inexplicablement et malgré tout son talent, son charisme et 2 formidables albums et des singles diffusés en boucle sur les chaines musicales de l'époque, il n'explosa jamais et finit par se séparer en laissant une impression d'inachevé.
Il reste malgré tout en 2025 une poignée de fidèles que les chansons de Grant lee Buffalo n'ont jamais quitté et qui sont bienheureux de pouvoir assister à un concert acoustique de leur chanteur.
Souriant et emprunt d'une certaine forme de modestie, Il se présente seule avec sa guitare devant un public aussi impatient que recueilli.
D'emblée l'intensité et la beauté d'une voix aussi emouvante que singulière viennent habiter les chansons d'une setlist composée de titres solos, de quelques relectures de Grant lee Buffalo ( The Hook, Fuzzy ...) et d'une belle reprise du "perfect day de Lou reed".
Si tout cela est très beau, la formule et les compositions paraissent parfois un peu uniformes.
Quelque part il manque l'étoffe d'un groupe qui pourrait illuminer et faire passer un cap à une bonne prestation pour l'emmener vers des sommets plus escarpés que seuls les très grands fréquentent.
Mais ce soir c'était de l'acoustique et il faut aussi savoir se contenter des choses simples
Meze
Annotation :
On retrouve Mezerg sous le chapiteau du Kilowatt en fin de tournée, au moment ou il sort un Live de ses exploits scéniques des derniers mois .
La machine est rodée et le duo qu'il forme avec le batteur Brulin est désormais une entité propre totalement redoutable.
Le public est emporté dans un long crescendo hypnotique, psychédélique qui mélange une electro french touch avec des claviers à la Manzarek , sublimé par l'utilisation faite du Thérémine.
Tout cela ferait danser une armée de morts, des quinquas bedonnants et de jeunes teuffers dans une même ferveur .
On prend une grosse claque tant l'énergie du duo Mezerg Brulin est imparable et ne souffre aucunement de sa mise en scène minimaliste.
Ce minimalisme, même s'il ne transparait en rien de leur performance, est au final aussi celui de la formule duo dont on peine à entrevoir une évolution possible de leur musique en live à l'avenir.
Il faudra sans nul doute compter sur le talent et la créativité de Mezerg et sa capaciter à se réinventer seul ou à plusieurs pour nous emmener dans de nouveaux climats et territoires dont lui seul détient l'itinéraire
New Model Army
Annotation :
Cela faisait 3 ans que je n'avais plus vu New Model Army sur scène.
Ce concert au forum de Vaureal était donc l'occasion de renouer avec ce formidable groupe de scène.
Actif de puis 45 ans sous la houlette de leur leader Justin Sullivan, NMA sillonne l'Europe pour distiller à un public plus que fidèle un Punk FolK engagé et emprunt d'une expérience et d'une générosité sans beaucoup d'équivalents.
Bien sur l'âge des troupe , tant dans le groupe (sullivan approche les 70ans) que dans un public peuplé de quinquagénaire bedonnants, n'épargne personne mais les concerts de NMA continuent de se savourer comme un bon vin arrivé à maturité.
Ce qui fut mon 12eme concert de New Model army n'a pas été le meilleur.
La voix de Sullivan n'était pas à son prime et la salle du Forum etait , malgré un très bon son, un peu froide.
De plus son éloignement du centre de Paris a sans doute nui aux ambiances sold out surchauffées auxquelles nous sommes habitués quand New model army fait escale à Paris.
Pour autant la setlist recelait de grands classiques (51ST state, Here come the War, No rest, Land of green or grey get me out) et de bonnes chansons comme Winter et prouvait encore une fois qu'il n'y a pas de mauvaises chansons dans leur répertoire live.
Avec un concert de 1H45 , NMA a fait le job mais n'a pas atteint les sommets d'âme et d'intensité de leur dernier passage au trabendo ou la chaleur du concert de la maroquinerie de 2019 .
Il y a donc une pointe de déception même si un concert de New model army reste au dessus de 80% de ceux des groupes de rock qui se produise sur scène
Benson Boone
Annotation :
En ce 13 novembre 2025, 10 ans jour pour jour après la tuerie du Bataclan, c'est un peu par hasard que j'assistais à mon premier concert d'un artiste né au XXIeme siècle.
Autant dire qu'avec 26 années passées dans le siècle précédent, j'étais , avec mes cheveux gris, de très loin le plus vieux spectateur de la fosse de Bercy pour découvrir celui qui est déjà qualifié, du haut de ses 23 printemps, de phénomène et d'icone musicale des années 2020 par une horde de fans à peine plus âgés que lui.
Force est de constater que le show à l'américaine proposé par Benson Boone est d'une redoutable efficacité .
Porté par un son extrêmement bien réglé et équilibré (ce qui est très rare à Bercy) et une mise en scène aussi spectaculaire que millimétrée, le jeune Benson Boone donne une leçon de présence, d'énergie et de dynamisme à un public tout acquis à sa cause.
Vêtu d'une combinaison rouge à la Freddy Mercury dont il arbore aussi les fameuses moustaches, Boone livre une performance vocale et physique qui force le respect.
Tout cela est au service d'un son pop rock guimauve pour enfants sages particulièrement bien calibré . Si l'on souffre un peu sur des ballades bien sirupeuses, on se laisse emporter par de gros refrains bien efficaces et gonflés aux stéroïdes comme les biceps du maitre de cérémonie.
C'est pro , et généreux de la première à la dernière seconde . Dans l'esprit cela ressemble un peu à ce que proposait Robbie Williams il y a 25 ans .
On y retrouve la même efficacité et le même coté "chanteur pour midinettes "dans un univers ou tout est beau et gentil du moment qu'il y a de l'amour ...
S'il n'a rien inventé ni révolutionné , Benson Boone est un redoutable performer dont certains artistes installés feraient bien de s'inspirer du professionnalisme de son show. Mais à titre personnel, il manque à mes yeux à sa musique une certaine forme d'âme et de profondeur ... Mais ce n'est clairement pas son combat
François de Roubaix
Compositeur et réalisateur
Annotation :
Pour commémorer le cinquantième anniversaire de la disparition de Francois de Roubaix, le Sacre du Tympan se présentait sur la scène du café de la danse avec 12 musiciens ( dont Une section corde, une section cuivre) pour lui rendre hommage en ce 21 novembre.
Il y a une dizaine d'année, Fred Pallem le leader du sacre du Tympan avait sorti un album et monté un spectacle autour de la musique de ce musicien aussi génial qu'inclassable et précurseur.
En 2025 , le spectacle sera plus organique et moins électro et moins visuel qu'il y a dix ans puisqu'aucune image de film ne sera projeté pendant le concert.
Les arrangements concoctés par Fred Pallem sont plus que travaillés et, s'ils mixent parfois plusieurs thèmes, reflètent parfaitement l'esprit et les sonorités "Roubaixienne".
La set list qui nous est offerte est fabuleuse puisqu'on y retrouvera les thèmes des "aventuriers", du "samourai", de "l'homme orchestre", de "la scoumoune", d"'Adieu l'Ami". Le public de connaisseurs fera une ovation en fin de premier set à une superbe version de "Dernier Domicile connu" et se réjouira de l'apparition " des lèvres rouges " au répertoire.
Au delà de la basse de Pallem, on ne peut qu'etre admiratif sur le talent du flutiste et sur des partitions et du son de la guitare électrique.
Ce fabuleux spectacle se clôturera avec les boucles obsédantes de "L'atelier" pour redescendre en douceur avec une très belle version du thème du "Vieux fusil" qui calmera un public qui quittera la salle en espérant que d'autres occasions de voir le Sacre du Tympan jouer la musique de Francois de Roubaix se représenteront...
Air Productions
Annotation :
C'est dans le décor spectaculaire et magistral du Grand Palais qu'Air clôturait une tournée mondiale entamée il y a près de 2 ans pour célébrer le quart de siècle de leur cultissime album "Moon Safari". Pour l'occasion le duo versaillais était accompagné par un orchestre Philarmonique . Si le show offert était rigoureusement le même que sur les autres dates de la tournée, la plus value de l'orchestre symphonique arrivait à emporter certains morceaux encore plus loin dans le voyage cérébral qu'il proposait déjà . "Talisman" , "You make it easy" , "ce matin là" ou "le voyage de pénélope" furent les sommets de cette prestation. Tout cela était enluminé par des éclairages jouant avec la fabuleuse structure de la verrière du grand Palais, qui nous firent presque oublier le froid polaire d'une salle inchauffable .
Ce fut donc un beau concert dont on aurait parfois aimé qu'il aille plus loin, qu'il étire des certains morceaux , ou qu'il laisse de la place à un peu plus d'improvisation .
Ce n'est malheureusement pas la ligne directrice des architectes sonores de AIR qui se concentrent méticuleusement sur le son et la précision des morceaux qu'ils jouent sur scène .
Il n'en reste pas moins que la singularité de leur musiques et de leur son en font un groupe unique , probablement l'un des plus important et des plus pérenne de ces 30 dernières années
Vladimir Cosma
Annotation :
Dans le dernier quart du XXeme siècle, certains rdvs étaient immuables et sont devenus des références partagées par tout un pays.
Le Cinéma du dimanche soir étaient l'un d'eux .
La France entière regardait les films de Louis de funès, Pierre Richard, Belmondo, Ventura ...
Nombre d'entre eux sont devenus cultes et intergénérationnels.
Très souvent, ils étaient rythmés par les compositions et les arrangements de Vladimir Cosma qui s'imposaient comme une signature , une marque de fabrique familière et devinrent des références cultes pour plusieurs générations.
Un concert de Vladimir Cosma est donc un voyage au cœur de ce cinéma du dimanche soir qui vous transporte et vous fait vibrer avec délectation et nostalgie au travers de thèmes qui oscillent entre musique symphonique, Jazz, Variété, musique du monde ou opéra pendant plus de 2H30.
Si Cosma parait fatigué par le poids de ses 85 ans et moins alerte et volubile que par le passé, il se transforme dès qu'il dirige son orchestre.
Sa musique, portée par des arrangements virevoltants, est légère, joyeuse mais aussi parfois poignante et spectaculaire.
Elle est enluminée par l'apport de solistes virtuoses (Harmonica, Flute de pans, cymbalum, trompette) qui emmènent les mélodies du maestro encore plus loin dans de superbes envolées pleine de grâce, de joie et de maestria.
Tout y passe : L'as des as, Rabbi Jacob, la chèvre, le Grand Blond, la boum, le 7eme cible, Diva, le château de ma mère, le jouet, le diner de cons, l'aile ou la cuisse...
On quitte la salle la tête avec le cerveau imprimé et rempli de ces formidables mélodies qui ne nous quittent plus... Merci Maestro !





















