
Mon Top 1945
Les Enfants du paradis (1945)
3 h 10 min. Sortie : 15 mars 1945. Drame, Romance
Film de Marcel Carné
takeshi29 a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Note inchangée de 9, c'est prodigieux à tous les niveaux, rarement un film aura aussi bien rendu gloire au théâtre, aux acteurs, rarement une fresque d'époque aura paru aussi neuve (Avoir fait ça sous l'Occupation parait inimaginable), mélangeant les tons (J'avais oublié qu'on rit aussi avec "Les Enfants du paradis") grâce en particulier aux dialogues de Prévert qui régalent en permanence, capables de passer de la saillie à la déclaration d'amour en une fraction de seconde.
On se croirait parfois chez Hugo, l'instant d'après dans un grand roman russe. Enfin bref c'est ça les œuvres immenses, on s'y noie on s'y perd avec bonheur, et on a finalement un seul regret : que ces 3 heures n'en durent pas dix.
L'Ombre d'un doute (1943)
Shadow of a Doubt
1 h 48 min. Sortie : 26 septembre 1945 (France). Thriller, Film noir
Film de Alfred Hitchcock
takeshi29 a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et l'a mis en envie.
Les Dames du bois de Boulogne (1945)
1 h 26 min. Sortie : 21 septembre 1945. Drame, Romance
Film de Robert Bresson
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Quand on se trouve dans un cinéma très sympa il faut en profiter, ce que j'ai fait en enchaînant avec une autre superbe version restaurée de Bresson, celle de ces "Dames du bois de Boulogne" inspirées de Diderot et qu'Emmanuel Mouret ressuscitera 73 ans plus tard dans sa "Mademoiselle de Joncquières".
Il y a ici un fort parfum de "Liaisons dangereuses", les mêmes séductions et manipulations malsaines, les luttes de classes et de pouvoir, la cruauté. Et le jeu de la comparaison avec le pseudo-remake de Mouret est assez passionnant, car là où le plus jeune met de la fantaisie, de la sensualité, de la jouissance avant la déchéance, Bresson lui attaque le sombre d'entrée, ne donnant aucune illusion sur l'issue fatale. L'homme ne badine pas, ni avec l'amour ni avec le reste, chez lui l'humain n'est que noirceur et duperie, celui qui se laisse aller à l'innocence sera sacrifié. Ça c'est le fond, mais ce qui m'a particulièrement frappé ici c'est la forme, l'incroyable modernité de la mise en scène derrière son apparente rigidité.
Robert Bresson disait beaucoup de mal de ce film, peut-être pour mieux s'entendre répondre le contraire, toujours est-il qu'il se trompait.
NB : J'arrête mon périple en Bressonnerie pour ce soir, je tenterai de poursuivre demain en vous racontant Schubert et un âne, Monteverdi et une petite mouche, Tolstoï et un faux billet...
Le Poison (1945)
The Lost Weekend
1 h 41 min. Sortie : 14 février 1947 (France). Drame, Film noir
Film de Billy Wilder
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Il y avait plusieurs Billy Wilder, celui peut-être le plus glorifié, qui divertissait, et l'autre, le sombre, celui de "Boulevard du crépuscule" ou encore "Le Gouffre aux chimères". C'est ce dernier qui signe "Le Poison", descente aux enfers terrifiante, qui regarde probablement comme jamais l'alcoolisme en face, de manière chirurgicale et quasi documentaire par instants.
Certains films ont remarquablement traité le sujet, je pense par exemple au "Leaving Las Vegas" de Mike Figgis que j'aime énormément, mais même lui ne pouvait s'empêcher d'y trouver et d'y montrer du sexy. Ici c'est sale, horrible, cauchemardesque, comme un trou qui apparait dans un mur, comme une souris qui en sort, comme Dracula qui la transforme en larme de sang...
Falbalas (1945)
1 h 51 min. Sortie : 20 juin 1945. Comédie dramatique, Romance
Film de Jacques Becker
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Je n'avais pas connu telle sensation devant un film depuis bien longtemps.
Pendant une bonne heure "Falbalas" ressemble à une romance plus que commune, pour ne pas dire fade, on croit en saisir très rapidement tous les enjeux et donc en deviner le dénouement.
Mais soudain Jacques Becker change de braquet, et nous fait basculer dans le mélo, tutoie le fantastique, avant de nous foudroyer en osant la tragédie grecque.
Je ne suis pas prêt d'oublier le regard de Micheline Presle qui incarne ici un personnage féminin aussi marquant que le sera sept ans plus tard une certaine Casque d'or.
Une œuvre qui vacille avant de faire vaciller, et qui devrait me poursuivre un moment.
Le Port de l'angoisse (1944)
To Have and Have Not
1 h 40 min. Sortie : 10 octobre 1947 (France). Aventure, Romance, Thriller
Film de Howard Hawks
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Howard Hawks est un des seuls réalisateurs capables de totalement m'embarquer dans des genres auxquels je suis le plus souvent réfractaire. "El Dorado" et "La Captive aux yeux clairs" pour les westerns, et si on s'aventure du côté des films du même nom il était parvenu à me faire aimer "Hatari !" et cette fois son "Port de l'angoisse". Ça va à 100 à l'heure, c'est fun, glamour, avec cette impression amusante de rentrer dans la chambre à coucher d'un couple mythique. Les deux en font des caisses dans leurs registres respectifs, et on se régale à les regarder.
Le Roman de Mildred Pierce (1945)
Mildred Pierce
1 h 49 min. Sortie : 29 janvier 1947 (France). Film noir, Policier, Drame
Film de Michael Curtiz
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
C'est moins l'intrigue policière, en cela la trame du film noir est somme toute assez classique, qui m'a passionné ici que le rapport mère-fille à la la toxicité destructrice.
Michael Curtiz observe ces deux femmes de près, de très près, ne tentant pas forcément de les excuser, il révèle leurs désaccords comme les indices de l'enquête, et au fur et à mesure des réponses de Mildred Pierce, formidablement incarnée par Joan Crawford, s'esquisse le portrait d'une femme aveuglée.
Si la psychologie est très présente il ne faut pas oublier ce que ce "Roman" raconte des classes sociales, de ce qu'on appelle la réussite.
La Ferme du pendu (1945)
1 h 30 min. Sortie : 5 décembre 1945. Drame
Film de Jean Dréville
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Je découvre tranquillement le travail de Jean Dréville et après l'excellente comédie "Copie conforme" le voici dans un tout autre genre, le drame psychologique. C'est fin, tendu, romanesque malgré un regard quasi-documentaire porté sur le monde paysan. Avec un Charles Vanel remarquable.
Je sais où je vais (1945)
I Know Where I'm Going!
1 h 31 min. Sortie : 27 février 1952 (France). Comédie, Drame, Romance
Film de Michael Powell et Emeric Pressburger
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Tout d'abord c'est l'étonnement qui l'emporte en voyant Michael Powell et Emeric Pressburger s'aventurer sur un terrain léger et même comique, avec cette histoire et ces personnages hauts en couleur qui ne sont pas sans rappeler certains films d' Alexander Mackendrick.
Puis ce qui saute aux yeux c'est leur inventivité dans la mise en images, leur façon de maximiser un budget certainement bien moins confortable que pour leurs films les plus célèbres.
On passe donc un moment assez délicieux...
Les Sacrifiés (1945)
They Were Expendable
2 h 15 min. Sortie : 20 avril 1949 (France). Drame, Guerre
Film de John Ford
takeshi29 a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'entretiens un peu les mêmes rapports avec les films de guerre qu'avec les westerns, c'est-à-dire que c'est souvent conflictuel et houleux car je leur reproche leur manque d'originalité.
Ici ce n'est pas spécialement novateur mais il y a John Ford et l'élégance de sa mise en scène. Et rien que pour ça...
Le Portrait de Dorian Gray (1945)
The Picture of Dorian Gray
1 h 50 min. Sortie : 1 juin 1947 (France). Drame, Fantastique
Film de Albert Lewin
takeshi29 a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Étonnamment, et même si les deux films n'ont rien à voir, j'ai retrouvé ici de la part de Albert Lewin ce que j'avais aimé et ce qui m'avait refroidi dans son "Pandora", soit à la fois des fulgurances esthétiques, des trouvailles de mise en scène franchement surprenantes pour l'époque et à côté de ça une emphase qui alourdit l'ensemble et fait de ce "Portrait de Dorian Gray" une œuvre par instants vraiment datée.
Autre point négatif, Hurd Hatfield, qui incarne Dorian Gray avec à peu près le charisme d'un bulot, mais pour contrebalancer la prestance de George Sanders ou encore le charme de Donna Reed.
Bref un film plein de contrastes, pour le meilleur et pour le pire.
Boule de suif (1945)
1 h 43 min. Sortie : 13 octobre 1945. Drame
Film de Christian-Jaque
takeshi29 a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Christian-Jaque adapte impeccablement Maupassant, de manière moins pépère qu'à son habitude en terme de mise en scène et surtout avec un rythme débridé étonnant, même comique parfois. Et Micheline Presle est... Micheline Presle.
L'Oncle Harry (1945)
The Strange Affair of Uncle Harry
1 h 20 min. Sortie : 17 janvier 1947 (France). Drame, Film noir, Thriller
Film de Robert Siodmak
takeshi29 a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Si on est d'accord que tous les films ne peuvent pas être des chefs-d’œuvre, que "Les Tueurs" reste bien heureusement une exception car le caviar à tous les repas ça doit lasser, on peut prendre un réel plaisir devant ce petit film noir de Robert Siodmak, car que ce soit dans le majuscule ou le minuscule le bonhomme avait quand même un sacré savoir-faire quand il abordait ce genre.
Deux lettres anonymes (1945)
Due lettere anonime
1 h 25 min. Sortie : 22 avril 1947 (France). Drame, Guerre
Film de Mario Camerini
takeshi29 a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Un film très peu connu d'un réalisateur qui ne l'est pas beaucoup plus, pourtant ce "Deux lettres anonymes" est à la source du néoréalisme italien, il est d'ailleurs sorti la même année que "Rome, ville ouverte" avec qui il partage bien des thèmes. On est donc dans l'Italie qui se regarde dans le miroir, avec courage et rigueur. Le petit moins se situe probablement ici dans les interprètes masculins qui manquent singulièrement de charisme.
C'est arrivé demain (1944)
It Happened Tomorrow
1 h 25 min. Sortie : 19 septembre 1945 (France). Comédie, Fantastique
Film de René Clair
takeshi29 a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Durant les années 40 René Clair a réalisé quelques films aux USA et à peu près à chaque fois, y compris avec "C'est arrivé demain", j'ai eu le même sentiment, qu'il honorait le contrat en faisant "à la manière de..." Lubitsch, Capra, pour ne citer qu'eux. Mais malheureusement sans le charme fou (que n'est pourtant pas loin de posséder Dick Powell), le sens du rythme de ceux-ci. Pas désagréable donc mais finalement assez anecdotique.
Crépuscule (1945)
Crepúsculo
1 h 45 min. Sortie : 14 juin 2023 (France). Drame, Romance, Thriller
Film de Julio Bracho
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.


















