Musique locale

Les meilleurs albums représentatifs d'un sous-genre musical, implanté géographiquement - et parfois historiquement. Un seul par sous-genre, mon préféré. Histoire de découvrir des choses aussi.

Asie du Sud-Est : Japanese noise ; Japanese techno ; Thai funk ; Mor Iam ; Cambodian Rocks ; Xinyao.

Amérique du Sud : Tropicalia ; Samba-rock ; Forro ; Manguebeat ; Rock nacional argentino ; Cuarteto cordobés ; Electrotango ; Cumbia ; Vallenato ; Champeta ; Salsa Calena ; Chicha / Peruvian cumbia ; psychédélisme chilien ; Cueca ; Candombe ; Joropo ; Onda Nueva ; Saya ; Pasillo.

Amérique centrale : Nueva Troeva ; Timba ; Mambo ; Reggae ; Reggae espagnol ; Calypso limonense ; Palo de Mayo ; Punta / Punta rock ; Musique garifuna contemporaine ; Merengue ; Bachata ; Plata ; Salsa portoricaine...

A continuer...

Hearlist : rebetiko/post-rebetiko grec ; mbalax de Dakar ; Manguebeat en Recife ; ; jazz finlandais (kaurismaki) ; Lagos ; Istanbul...

Liste de 19 albums créée il y a 1 jour · modifiée il y a environ 1 heure
Mulatu of Ethiopia
7.8

Mulatu of Ethiopia (1972)

Sortie : 1972 (France).

Album de Mulatu Astatke

Holzfallen a mis 10/10.

Annotation :

ETHIO-JAZZ - ETHIOPIE

L'éthio-jazz est un genre musical né à Addis-Abeba à la fin des années 1960. Il opère une synthèse unique entre la musique traditionnelle éthiopienne (notamment ses échelles pentatoniques) et le jazz, le funk et le soul américains. L'empereur Haïlé Sélassié Ier encourage la création d'orchestres officiels (Garde royale, Police, Armée) dotés d'instruments occidentaux (cuivres, guitares électriques, orgues).

Âge d'or (1969–1974) : Correspond aux dernières années du règne de l'empereur, marquées par une intense effervescence nocturne dans la capitale.

Quelques figures : Mulatu Astatke ; Mahmoud Ahmed & Alemayehu Eshete ; Gétatchèw Mèkurya.

ماجدة الرومي = Magida El Roumi
-

ماجدة الرومي = Magida El Roumi (1980)

Sortie : 1980 (France).

Album de Majida El Roumi

Holzfallen a mis 9/10.

Annotation :

POP LIBANAISE

Résilience pendant la guerre civile (1975–1990) : Malgré le conflit, la création ne s'arrête pas. Beyrouth et l'exil deviennent des lieux de résistance culturelle, donnant naissance à des œuvres engagées et patriotiques.

Hybridation orient-occident : Utilisation conjointe d'instruments traditionnels (oud, nay, qanoun, derbouka) et de structures pop occidentales (synthétiseurs, sections de cuivres, rythmiques dance ou rock).

Héritage du tarab : Maintien d'une exigence vocale élevée et d'une recherche d'émotion poétique, même au sein de formats de chansons courtes.

Dialecte libanais (lahja lubnaniyya) : Le dialecte local s'est imposé grâce à la musique comme l'un des plus identifiables et populaires de la région, aux côtés du dialecte égyptien.

Quelques figures : Fairouz et les frères Rahbani ; Majida El Roumi ; Marcel Khalifé & Ziad Rahbani

Skryvaj
8

Skryvaj (2018)

Sortie : 5 novembre 2018 (France).

Album de Nürnberg

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

POST-SOVIET POST-PUNK - BIELORUSSIE / UKRAINE / MOLDAVIE / BULGARIE

Le post-punk post-soviétique (souvent qualifié de Russian doomer wave ou de post-punk soviétique) désigne une scène musicale émergée dans les années 2010 à travers l'espace post-soviétique (Biélorussie, Russie, Ukraine, Kazakhstan). Il adapte la coldwave et le post-punk britannique des années 1980 à l'esthétique mélancolique de l'Europe de l'Est.

Instrumentation minimaliste et synthétique : Utilisation centrale de boîtes à rythmes froides (type Roland TR-707), de basses au jeu au médiator très en avant, et de synthétiseurs vintage mélancoliques (comme le Polivoks soviétique).

Production lo-fi et voix caverneuses : Chant masculin généralement grave, monotone, empreint de détachement et noyé dans de la réverbération.

Thématiques et langue : Textes quasi exclusivement chantés en russe, abordant la solitude urbaine, l'ennui, la désillusion existentielle et le spleen du quotidien.

Esthétique « doomer » : Imagerie indissociable des grands ensembles de béton (khrouchtchevka), du gris hivernal, du néon blafard et de la nostalgie industrielle post-industrielle.

Quelques figures : Molchat Doma (évidemment) ; Motorama ; Buerak ; Ploho.

Une liste :
https://www.senscritique.com/liste/post_soviet_post_punk_autres_joyeusetes/2935533?page=1T

Mi plačemo iza tamnih naočara
-

Mi plačemo iza tamnih naočara (1984)

Sortie : 1984 (France).

Album de Dobri Isak

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

POST-PUNK - DARKWAVE YOUGOSLAVE

Le post-punk et la darkwave yougoslaves désignent un mouvement musical et artistique d'une richesse exceptionnelle apparu à la fin des années 1970 et florissant au cours des années 1980 en République fédérative socialiste de Yougoslavie. Bénéficiant d'un régime culturellement plus ouvert que les autres pays du bloc de l'Est, la scène yougoslave (Novi Val ou « Nouvelle Vague ») a développé une identité sombre, expérimentale et politiquement sous-entendue unique en Europe.

L'essor du Novi Val (1979–1982) : L'éclosion du mouvement est marquée par la compilation mythique Paket Aranžman (1981) à Belgrade. La jeunesse urbaine s'empare des codes du punk et du post-punk britannique pour exprimer une désillusion face au modèle socialiste titiste, accentuée par la mort de Tito en 1980 et la crise économique subséquente.

Rupture tragique (1991) : Le déclenchement des guerres de Yougoslavie met un terme brutal aux réseaux de création trans-républicains, dispersant ou dissolvant la plupart des formations.

Hybridation gothique et synthétique : Utilisation de boîtes à rythmes froides, de guitares acérées aux effets de chorus, de lignes de basse lourdes et d'une présence marquée de synthétiseurs lugubres.

Textes poétiques et contestataires : Paroles sophistiquées, souvent métaphoriques ou existentialistes, contournant la censure pour aborder la détérioration sociale, l'aliénation et la mort.

Mouvements d'avant-garde : Connexion intime entre la musique et les arts visuels (notamment le collectif Neue Slowenische Kunst en Slovénie ou les cercles d'art conceptuel de Belgrade et Zagreb).

Slovénie / Ljubljana : Laibach ; Borghesia ; Videosex
Croatie / Zagreb : Haustor ; Boa ; SexA
Serbie / Belgrade / Nis (Sud) : EKV ; Dobri Isak ; Luna

Café Atlantico
7.8

Café Atlantico (1999)

Sortie : 10 août 1999 (France). Morna, Afro-Cuban, Latin

Album de Cesária Évora

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

MORNA / COLADEIRA - CAP-VERT

La morna et la coladeira sont les deux genres majeurs de la musique capverdienne. Nés dans un archipel au croisement des routes maritimes entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques, ils forment le cœur de l'identité culturelle du Cap-Vert, exprimant à la fois la mélancolie de l'exil et la vitalité créole.

Beaucoup plus connu que les autres, je ne détaille pas.

Quelques figures : Evora ; B. Leza ; Ildo Lobo ; Bana

The Ground
7.4

The Ground (2004)

Sortie : 2004 (France). Jazz, Contemporary Jazz

Album de Tord Gustavsen Trio

Holzfallen a mis 9/10.

Annotation :

JAZZ SCANDINAVE / JAZZ NORDIQUE

Le jazz scandinave (souvent associé au « son nordique ») désigne un courant majeur du jazz européen émergé à la fin des années 1960. Il se caractérise par une esthétique épurée, une grande attention portée à l'espace, au silence et au timbre, ainsi que par l'intégration de folklores locaux et de musiques électroniques.

L'esthétique de l'espace : Utilisation du silence, tempi modérés, recherche de résonance et de pureté harmonique (souvent qualifiée, parfois de façon simplificatrice, de « son nordique » ou « glaciaire »).

Modalité et folklore : Emprunts constants aux mélodies traditionnelles scandinaves (chansons populaires, hymnes), apportant une couleur mélancolique et pastorale.

Hybridation sans frontière : Ouverture précoce aux expérimentations synthétiques, aux musiques électroniques, au rock expérimental et aux musiques du monde.

Norvège : Garbarek ; Nils Petter Molvær & Bugge Wesseltoft ; Arve Henriksen & Terje Rypdal
Suède : Jan Johansson ; Esbjörn Svensson Trio ; Lars Gullin
Danemark : Niels-Henning Ørsted Pedersen ; Jakob Bro

Clube da Esquina
7.9

Clube da Esquina (1972)

Sortie : 1972 (France). MPB

Album de Milton Nascimento et Lô Borges

Holzfallen a mis 9/10.

Annotation :

MINAS GERAIS - BRESIL

Cas particulier, seul album d'un genre musical absolument inédit. Le Clube da Esquina désigne à l'origine un groupe informel de musiciens et d'amis réunis autour de Milton Nascimento, Lô Borges et des frères Borges à Belo Horizonte, dans l'État de Minas Gerais, particulièrement à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Leur musique combine :

MPB + bossa nova + samba + musique populaire mineira + rock psychédélique + jazz + musique latino-américaine + harmonies impressionnistes.

Shadow Theater
7.9

Shadow Theater (2013)

Sortie : 26 août 2013 (France).

Album de Tigran Hamasyan

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

JAZZ ARMENIEN

Le jazz arménien est un courant singulier émergé à Erevan dans le premier tiers du XXᵉ siècle. Il se distingue par la rencontre entre la virtuosité de la tradition du jazz (bebop, fusion, ethno-jazz) et la modalité complexe, les rythmes alambiqués et la mélancolie sacrée de la musique arménienne.

L'impulsion soviétique et le Premier Orchestre (1938) : L'acte de naissance officiel du jazz en Arménie remplace les formations de cabaret par l'Orchestre d'État de Jazz d'Arménie, fondé par le compositeur Artemi Ayvazyan. Malgré les hésitations du régime soviétique face au jazz (« musique bourgeoise »), Erevan devient rapidement l'une des capitales du jazz en URSS. L'âge d'or et l'Orchestre de Konstantin Orbelyan (1956–1990) : Sous la direction du pianiste et compositeur Konstantin Orbelyan pendant 36 ans, l'Orchestre d'État tourne dans le monde entier. C'est le terreau où mûrit une génération de musiciens désireux d'intégrer des éléments du folklore arménien.

L'indépendance et le renouveau ethno-jazz (depuis 1991) : Malgré les difficultés économiques post-soviétiques (les « années sombres » sans électricité), la scène d'Erevan se structura autour de clubs mythiques (comme le Malkhas Jazz Club) et s'ouvrira sur l'international.
Système modal et instruments traditionnels : Intégration des échelles modales arméniennes et d'instruments orientaux — le duduk (hautbois en bois d'abricotier au timbre mélancolique), le zurna, le tar ou le dhol (percussions) — dialoguant avec le piano, la basse et les cuivres.
Complexité rythmique : Utilisation de mesures asymétriques et de rythmes alambiqués (5/8, 7/8, 9/8, 11/8), naturels dans la musique populaire caucasienne et le gusan (troubadour).
Influence de la musique sacrée et classique : Héritage direct des recherches du Père Komitas (collecteur du folklore arménien) et des œuvres de Aram Khatchatourian, apportant une dimension dramatique et symphonique.

Quelques figures : Artemi Ayvazyan & Konstantin Orbelyan ; Tatevik Hovhannisyan ; Armen Donelian ; Levon Malkhasyan ; Arto Tunçboyacıyan & Armenian Navy Band ; Tigran Hamasyan

Variety
7.2

Variety (1984)

Sortie : 25 avril 1984 (France).

Album de Mariya Takeuchi

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

CITY-POP JAPONAISE

La city pop (シティ・ポップ) est un sous-genre de la musique populaire japonaise apparu à la fin des années 1970 et florissant au cours des années 1980. Conçue pour accompagner le style de vie urbain, hédoniste et cosmopolite du Japon du Miracle économique, elle fusionne le funk, la disco, l'AOR (Adult Oriented Rock), la synth-pop et le jazz fusion.

Production ultra-léchée et budgets colossaux : Utilisation des meilleurs studios, d'équipements de pointe (synthétiseurs DX7, boîtes à rythmes Oberheim), d'arrangements de cuivres et de cordes complexes, et de musiciens de studio chevronnés.

Hybridation américaine : Appropriation des codes du funk, de la soul, du soft rock ou de la bossa nova, réinterprétés avec le sens de la mélodie de la variété japonaise (kayōkyoku).

Thématiques hédonistes : Textes centrés sur la romance urbaine, la nostalgie estivale, la nuit tokyoïte et le luxe décontracté.

Quelques figures : Tatsuro Yamashita ; Mariya Takeuchi ; Miki Matsubara ; Haruomi Hosono & Taeko Onuk ; Anri & Junko Yagami

Casiopea
7.8

Casiopea (1979)

Sortie : 25 mai 1979 (France).

Album de Casiopea

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

JAZZ FUSION JAPONAIS

Le jazz fusion japonais (J-Fusion) est un courant musical instrumentiste majeur apparu au milieu des années 1970 et au sommet de sa popularité durant les années 1980. Caractérisé par une virtuosité technique éblouissante, une énergie solaire et des mélodies d'une clarté presque pop, il constitue le pendant instrumental et hyper-technique de la city pop.

Virtuosité et précision chirurgicale : Exécution technique impeccable à des tempi très élevés, caractérisée par des lignes de basse en slap ultrarapides, des solos de guitare véloces et un jeu de batterie d'une précision métronomique.

Accessibilité mélodique : Contrairement à la fusion occidentale parfois très complexe et atonale, le J-Fusion privilégie des structures harmoniques lumineuses, entraînantes et hautement mémorisables.

Optimisme et esthétique hi-tech : Sons de synthétiseurs rutilants, lignes de basse bondissantes et cuivres éclatants évoquant la modernité, la vitesse et le dynamisme technologique du Japon des années 1980.

Quelques figures : Casiopea ; T-Square ; Masayoshi Takanaka ; Ryo Kawasaki & Hiroshi Suzuki.

SCENERY
8

SCENERY (1976)

Sortie : 1976 (France). Bop, Jazz, Modal

Album de Ryo Fukui

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

JAZZ JAPONAIS

Le jazz modal et spirituel japonais (souvent regroupé sous le terme Japanese Modern Jazz ou J-Jazz) désigne l'âge d'or du jazz acoustique nippon, s'étendant du milieu des années 1960 au début des années 1980. Marqué par une appropriation féroce du bebop, du hard bop et surtout du jazz modal américain, il se distingue par un lyrisme épuré, une intensité dramatique singulière et une quête de méditation contemplative.

Lyrisme et tension dramatique : Mélodies épurées mais chargées d'une mélancolie profonde, oscillant entre retenue poétique et explosions d'énergie cathartique.

Espace et touché percussif : Importance fondamentale du silence, du timbre des instruments acoustiques et d'un jeu de piano au toucher souvent très articulé et percutant.

Pénétration du sacré et du folklore : Emprunt occasionnel aux échelles pentatoniques japonaises (Insen, Yo) et intégration subtile d'instruments traditionnels (shakuhachi, koto) au sein de la formule classique trio ou quintette.

Quelques figures : Fukui ; Sawai & Hozan ; Tsuhoshi Yamamoto ; Akira Miyazawa

Modal Soul
8

Modal Soul (2005)

Sortie : 11 novembre 2005 (France). Electronic, Downtempo, Jazz

Album de Nujabes

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

ABSTRACT / HIP-HOP JAPONAIS

L'abstract hip-hop japonais (souvent associé au jazzy hip-hop, à la chillhop ou au turntablism atmosphérique) est un courant majeur de la musique électronique et du hip-hop émergé au Japon au cours des années 1990 et 2000. Il se caractérise par la déconstruction du beatmaking traditionnel au profit de textures sonores contemplatives, de boucles de jazz nostalgiques et d'un travail d'échantillonnage (sampling) d'une extrême minutie.

ollage sonore et boucles de jazz/soul : Utilisation centrale du sampleur (notamment l'AKAI MPC2000XL ou le E-mu SP-1200) pour découper des fragments de piano jazz, de bossonova, de flûte ou de musiques de films, réassemblés avec des rythmiques hip-hop ralenties.

Atmosphère introspective et nostalgie (Wabi-Sabi) : Recherche d'une mélancolie douce, d'une texture chaleureuse (bruits de paires de vinyles, imperfections acoustiques) et d'une sérénité contemplative.

Approche souvent instrumentale ou cosmopolite : Une grande partie du répertoire est purement instrumentale, mais les morceaux chantés font fréquemment appel à des MCs indépendants américains ou britanniques (CL Smooth, Shing02, Cise Starr, Funky DL).

Quelques figures : Nujabes ; DJ Krush ; DJ CAM ; Uyama Hiroto ; Nomak

Stone Flower
7.9

Stone Flower (1970)

Sortie : 1970 (France). Jazz

Album de Antônio Carlos Jobim

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

BOSSA NOVA - BRESIL

La bossa nova (littéralement « nouvelle vague » ou « nouveau penchant » en portugais) est un genre musical brésilien né à Rio de Janeiro à la fin des années 1950. Issue d'une simplification moderne de la samba croisée avec les harmonies du jazz cool américain, elle a révolutionné la musique populaire internationale par son esthétique feutrée, intellectuelle et poétique.

Le miracle brésilien et l'ère Juscelino Kubitschek (1956–1961) : La bossa nova est le reflet sonore d'un Brésil optimiste, moderne et en pleine urbanisation (symbole de la construction de Brasília). Elle naît dans les appartements de la jeunesse bourgeoise des quartiers sud de Rio (Ipanema, Copacabana). L'acte fondateur (1958) : La sortie de l'album Chega de Saudade de João Gilberto (comprenant la chanson-titre composée par Tom Jobim sur un texte de Vinícius de Moraes) établit définitivement les règles du genre. Consécration internationale (1962–1964) : Le concert historique au Carnegie Hall de New York en 1962, puis l'album Getz/Gilberto (1964) porté par l'interprétation d'Astrud Gilberto sur The Girl from Ipanema (A Garota de Ipanema), propulsent la bossa nova au sommet des charts mondiaux.

Pression politique et rupture (1964) : Le coup d'État militaire au Brésil pousse le genre à se politiser (naissance de la MPB et du mouvement Tropicalia) ou à s'exiler aux États-Unis.
La batida de guitare : Inventée par João Gilberto, cette technique à la guitare acoustique transpose le polyrythme complexe de la batterie de samba sur six cordes, par un jeu syncopé du pouce et des doigts.
Le chant intimiste : Abandon de la déclamation lyrique et dramatique des chanteurs de samba traditionnels au profit d'un chant murmuré, posé au plus près du micro, à la limite de la parole.

Complexité harmonique et poésie : Emprunt d'accords enrichis et de substitutions harmoniques issus du jazz cool, alliés à des textes poétiques raffinés célébrant l'amour, la nature, la mer et la saudade.

Quelques figures : Jobim ; Gilberto ; Moraes ; Nara Leão & Astrud Gilberto ; Getz.

Une liste :
https://www.senscritique.com/liste/le_son_du_bresil_la_bossa_nova/2910002?page=1

Soul of the Tango: The Music of Astor Piazzolla
8.2

Soul of the Tango: The Music of Astor Piazzolla (1997)

Sortie : 2 octobre 1997 (France). Tango, Latin, Folk, World, & Country

Album de Yo‐Yo Ma et Astor Piazzolla

Annotation :

NUEVO TANGO - ARGENTINE

Le Nuevo Tango (Nouveau Tango) est un courant musical et artistique majeur apparu en Argentine à la fin des années 1950. Initié par le bandonéoniste et compositeur Astor Piazzolla, il révolutionne le tango traditionnel de bal (tango de pista) en le transformant en une musique de concert intellectuelle, dramatique et savante, infusée de jazz et de musique classique contemporaine.

Contrapunt et formes classiques : Intégration de la fugue, de la contrebasse en pizzicato, des formes de la musique de chambre et du contrepoint bachien au sein du langage tanguero.

Rythmes brisés et virtuosité : Utilisation centrale de la syncope, de la polyrythmie (notamment le motif 3+3+2), des changements de tempo brutaux et d'une grande agressivité d'attaque à l'archet (marcato).

Périmètre instrumental repensé : Utilisation de la guitare électrique, de la batterie ou du piano à queue, tout en maintenant le bandonéon comme voix centrale, soliste et expressive.

Musique d'écoute, non de danse : Rupture définitive avec les milongas ; le Nuevo Tango est conçu pour la scène, les auditoriums et le disque.

Quelques figures : Piazzolla ; Ferrer ; Pugliese ; Dino Saluzzi.

30 años
7.7

30 años (1993)

Sortie : 1993 (France). Latin, Folk, World, & Country

Compilation de Mercedes Sosa

Holzfallen a mis 9/10.

Annotation :

NUEVA CANCION - ARGENTINE & AMERIQUE LATINE

La Nueva Canción (Nouvelle Chanson) est un mouvement musical, poétique et social majeur émergé en Amérique latine à la fin des années 1950 et florissant durant les années 1960 et 1970. Née en réaction à l'hégémonie culturelle anglo-saxonne et aux inégalités sociales du continent, elle réinvente le folklore local pour en faire une arme de protestation, de solidarité et d'émancipation politique.

Le Manifeste du Nuevo Cancionero (Mendoza, 1963) : En Argentine, un collectif d'artistes (dont Mercedes Sosa, Armando Tejada Gómez et Oscar Matus) publie un texte fondateur prônant un folklore renouvelé, dépoussiéré du chauvinisme et ancré dans la réalité du peuple.
L'épicentre chilien (Nueva Canción Chilena) : Au Chili, sous l'impulsion de Violeta Parra et de la présidence de Salvador Allende (Unidad Popular, 1970–1973), le mouvement devient la bande-son officielle des réformes sociales et de l'espoir démocratique.
La vague de répression et l'exil (années 1970) : Les coups d'État militaires en Amérique du Sud (Chili en 1973, Argentine en 1976) frappent de plein fouet les figures du mouvement : arrestations, exécutions (Victor Jara) et censures massives. La Nueva Canción se maintient alors en exil (Europe, Mexique), devenant le symbole mondial de la résistance aux dictatures.

Quelques figures : Sosa ; Violeta Parra ; Victor Jara ; Atahualpa Yupanqu

Buena Vista Social Club
7.8

Buena Vista Social Club (1997)

Sortie : 23 juin 1997 (France). Son, Bolero, Afro-Cuban Jazz

Album de Buena Vista Social Club

Holzfallen a mis 8/10.

Annotation :

"SON" CUBAIN - BOLERO - GUAJIRA - SALSA - RUMBA

Formats traditionnels : Misant sur le son cubano (ancêtre de la salsa), le guajira, la trova et le boléro romantique.

Instrumentation acoustique et organique : Tres (guitare traditionnelle cubaine à trois paires de cordes), guitare, trompette en sourdine, contrebasse, percussions (bongos, maracas, claves) et piano syncopé.

Pátina et authenticité : Voix éraillées par l'âge, phrasé décontracté, élégance naturelle et nostalgie de la Havane d'autrefois.

Afro-Cuban All Stars : Projet parallèle initié par Juan de Marcos González la même année, réunissant plusieurs générations de musiciens cubains dans un format Big Band plus puissant.
Orquesta Aragón : Le plus célèbre orchestre de charanga cubaine (flûte et violons), fondé en 1939, maître absolu du cha-cha-cha et du danzón.
Sierra Maestra : Groupe pionnier fondé dans les années 1970, dédié à la préservation et au dépoussiérage du son cubano traditionnel.
Septeto Habanero / Septeto Nacional : Formations historiques du début du XXᵉ siècle qui ont codifié la musique populaire cubaine.
Polo Montañez (1955–2002) : Chanteur populaire autodidacte devenu une star phénomène au début des années 2000 avec une guajira simple et authentique (Un Montón De Estrellas).

Ghede Chokra's
-

Ghede Chokra's (1971)

Sortie : 1971 (France).

Album de Shark Move

Holzfallen a mis 9/10.

Annotation :

ROCK PSYCHEDELIQUE INDONESIEN

La fin de l'ère Soekarno (1965) : Sous le président Soekarno, la musique occidentale (qualifiée de Ngak-Ngik-Ngok) était strictement censurée et interdite (le groupe pionnier Koes Bersaudara fut même emprisonné en 1965 pour avoir joué des titres des Beatles). L'ouverture de l'Ordre Nouveau (1966) : L'arrivée au pouvoir du général Soeharto lève ces interdictions. La jeunesse indonésienne s'empare brutalement des disques importés de Jimi Hendrix, Deep Purple, Led Zeppelin, Pink Floyd et King Crimson. L'explosion de Bandung et Jakarta (1970–1978) : Soutenue par des magazines jeunesse (Aktuil) et des festivals géants, une scène underground extrêmement sauvage se développe. Elle décline à la fin des années 1970 face à l'essor du Dangdut (pop populaire) et de la pop commerciale.

Fureur et son brut : Un son ultra-énergique, souvent enregistré dans des conditions précaires, caractérisé par des guitares saturées d'effets fuzz, des orgues Farfisa hystériques et des sections rythmiques frénétiques.

Hybridation folklorique et modale : Utilisation fréquente de lignes mélodiques issues du Gamelan javanais ou balinais, alternant entre rythmes effrénés et ballades psychédéliques mélancoliques.

Thématiques mixtes : Textes oscillant entre mysticisme, romantisme poétique, contes traditionnels et désillusion sociale.

Quelques figures : Shark Move, AKA, The Rollies, Panbers, Koes Plus...

บ้านนอกในกรุง
-

บ้านนอกในกรุง (1980)

Sortie : 1980 (France).

Album de Pumpuang Duangjan

Annotation :

LUK THUNG MODERNE - THAÏLANDE

Le Luk Thung moderne (ลูกทุ่ง, littéralement « chant des enfants de la campagne ») désigne l'évolution contemporaine du genre musical le plus populaire de Thaïlande. Originairement musique folklorique rurale de la plaine centrale et du Nord-Est (Isan), il a opéré à partir des années 1980 et 2000 un virage spectaculaire vers la pop synthétique, l'électro, le rock et le hip-hop, devenant une industrie commerciale majeure.

Technique vocale distinctive : Utilisation centrale du Luean (vibrato glissé et microtonal) et du Krueang (ornementations vocales complexes propres au chant traditionnel thaï).

Hybridation d'instruments : Dialogue entre instruments traditionnels de l'Isan — le Khaen (orgue de bambou à bouche), le Phin (luth à trois cordes) — et synthétiseurs, boîtes à rythmes et guitares rock.

Thématiques entre tradition et modernité : Textes abordant le déracinement des travailleurs migrants à Bangkok, les peines de cœur, la fête, mais aussi la surconsommation et les réseaux sociaux.

Scénographie spectaculaire : Concerts géants (Wong E-Sarn) intégrant des dizaines de danseurs en costumes scintillants, mélanges de tenues traditionnelles et de mode pop.

Quelques figures : Pumpuang Duangjan ; Tai Orathai ; Got Jakraphan ; Monkan Kankoon

The Best Of Manila Sound
-

The Best Of Manila Sound (2017)

Sortie : 8 octobre 2017 (France).

Compilation de Various Artists

Annotation :

MANILA SOUND - PHILIPPINES

Le Manila Sound désigne un courant musical majeur apparu aux Philippines au milieu des années 1970. Caractérisé par une pop douce, funky et sophistiquée, il a modernisé la scène musicale philippine en fusionnant le disco, la soul, l'AOR (Adult Oriented Rock) et le soft rock avec les mélodies locales, donnant naissance à l'industrie moderne de l'OPM (Original Pilipino Music).

L'acte fondateur (1974) : La sortie du single IKHO (Ikaw Ang Aking Mahal) par le groupe Hotdog marque la naissance officielle du genre. Pour la première fois, la jeunesse philippine s'approprie les musiques urbaines anglo-saxonnes en chantant dans son propre langage quotidien.

L'usage du Taglish : Utilisation décontractée et novatrice du Taglish (mélange naturel de tagalog et d'anglais parlé par la jeunesse bourgeoise et étudiante de Manille), rompant avec le tagalog académique des chansons traditionnelles.

Orchestration groove et feutrée : Lignes de basse disco/funk bondissantes, guitares wah-wah, sections de cuivres rutilantes, synthétiseurs vintage et arrangements de cordes soignés.

Thématiques légères et insouciantes : Textes axés sur la romance adolescente, les sorties, le style de vie urbain et l'optimisme décontracté (Jeepney, promenades à Luneta Park).

Quelques figures : Hotdog ; VST & Company ; Boyfriends ; CInderella

Holzfallen

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