Pages effroyables (2026)
Blood, la nuit des prédateurs (2000)
Blood The Last Vampire: Night of the Beasts
Sortie : septembre 2006 (France). Roman, Fantastique
livre de Mamoru Oshii
Lucindrum a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
C'est amusant de voir un bouquin de Mamoru Oshii qui commence dans une grosse émeute populaire, qui sert de fond au récit, comme quoi, Kerberos n'es jamais vraiment loin dans son œuvre.
On sent encore des relans justement de ce qu'il pouvait aborder dans Patlabor mais surtout Kerberos, les insurrections de la jeunesse, toute cette fétichisation du martyr politique aussi, notamment dans ce rapport au fait de se faire incarcérer pour "en faire vraiment partie". Notamment dans la figure du martyr populaire qu'il développait dans Red Spectacles avec la scène de torture, genre le prota du bouquin qui est refait d'avoir été arrêté par la police après avoir croisé la chasseuse de vampire.
D'ailleurs assez rigolo que la chasseuse de vampire ne soit pas la protagoniste, ça me fait justement penser à Boogiepop où le personnage le plus important n'est jamais vraiment au centre, ce rapport d’observateur lointain, les pieds sur Terre comme il peut malgré les évènements surnaturels.
Vibe histoire de vampire pendant Mai 68, c'est pas un truc que j'aurais cru voir mais ça marche grave bien à mon gout, c'est Wakamatsu qui aurait du faire une adaptation en film, mais on peut pas tout avoir.
J'aime énormément les longs dialogues fleuves d'Oshii, philosophiques et anthropologiques, genre le long passage sur l'évolution du traitement des cadavres dans l'histoire, puis ce rapport aux superstitions liées à ce genre de méthodes, notamment la figure du vampire, du mort vivant, puis juste après le tuto pour faire disparaitre un cadavre.
La traduction française est particulièrement délicieuse, surtout pour les dialogues de Gotoda,. j'apprécie voir un inspecteur blasé dans la cinquantaine utiliser le mot "bourlinguer".
Au final sur 242 pages, peut être une vingtaine concerne l'histoire de vampire qui a l'air d'être au centre du film, le reste c'est des magnifiques échanges de tirades, de monologues métaphysiques, anthropologiques méga sur l'évolution de l'homme, comment il s'est pensé, organisé en sociétés, ses rites, les mythes qu'il a créé pour comprendre son propre monde et donc le vampire.
J'espère revoir le perso de Gotoda dans les adaptations, même quelques secondes, c'est tellement le personnage Lucie core par excellence.
Par contre le plot de fin c'est vraiment l'image de la pyramide avec les aliens.
J'ai adoré la fin, sacrément amère et ironique.
La vie en gris et rose (1984)
Sortie : 1984 (France). Biographie
livre de Takeshi Kitano
Lucindrum a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Tombée par hasard en fouillant les étagères de la bibliothèque de la Fac, comme quoi ça vaut la peine parfois de se tromper sur sa réservation du bateau usine.
Très fan de la traduction française qui garde l'oralité du bouquin même si, j'aurais pas été contre un petit lexique de certains termes et références culturelles précises, rigolo de garder les "kono yarô" de Kitano, difficile à transmettre autrement.
La collection de souvenirs un peu désarticulés, décousus et sans vraiment de chronologie fixe, si ce n'est que ça se passe dans le Japon d'après-guerre me fait un peu penser à du zuihitsu mémoriel.
Souvent doux et amer en même temps, l'impression de voir un journal complet de Bokunatsu, l'impression d'un peu plus apprécier le jeu mais surtout de comprendre un peu plus certaines fixations du ciné de Kitano comme son rapport à l'eau.
C'est vraiment un exercice intéressant et puissant, de comment il se replonge dans ce qu'il pensait, des gens, des paysages qu'il a rencontré, j'imagine que tout n'est pas forcément précis ou exact mais ça permet un peu de donner un contexte globale, de dresser au moins une petite partie d'un portrait de l'époque. Je serais intéressée de lire sa biographie, voir comment on devient adulte après avoir grandi dans ce genre de contexte un peu bizarre.
C'est un sacré morceau les passages sur le daron de Kitano, tu m'étonnes qu'il ait fini par voir les adultes comme ça, l'impression qu'il reprend un peu son rôle dans certains de ses personnages, un homme que Nagisa Oshima aurait pu écrire au pinacle de sa misanthropie.
Particulièrement touchant cela dit le dernier chapitre sur son père, Kitano Kikujiro.
Je pense y repenser souvent, y a quelque chose dans le bouquin qui a un peu fini par résonner avec moi.
Le Propriétaire absent (1929)
在外地主
Sortie : 13 octobre 2017 (France). Roman
livre de Takiji Kobayashi
Lucindrum a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Aucune idée si c'est une perte de sens la traduction ou au contraire, le style très sophistiqué de Kobayashi qui fait ça, mais c'est un peu difficile à lire par moment, mais j'ai le cerveau vraiment mou donc ça doit jouer aussi.
Cool le lexique mais j'aurais peut être préféré des notes de bas de page pour les terme dont la définition n'est pas très longue.
C'est la première œuvre que je lis qui parle de cette colonisation, du défrichement d'Hokkaido par une forme de politique de pied noirs du Japon impérial, c'est hyper intéressant, Hokkaido est probablement la région que je préfère étudier en vrai.
Particulièrement franc et sévère sur les conditions de ces villageois précaires envoyés à Hokkaido par le Japon impérial pour défricher la région. Insistant sur les maladies contractées, les effets sur le corps, comme le bateau usine c'est comme s'il brandissait directement les corps détruits de ces ouvriers directement sous nos yeux, c'est assez puissant, genre le passage sur la névralgie et les diplômes de félicitations envoyés.
Le bouquin de Kobayashi qui crie chaque page un peu plus à quel point c'est un marxiste convaincu, le passage de la lettre à Ken sur le fait qu'ils ont coincés dans un jeu qu'ils ne pourront jamais gagner est particulièrement puissant, hurlant un peu son désespoir, tout est manipulé, il semble il y avoir bien peu d'espoir d'un jour fonctionner comme l'URSS qui semble devenir le modèle, le rêve de ces quelques ouvriers, fermiers un peu plus au courant de leur conditions, moins résignés.
Étonnamment optimiste comme fin pour du Kobayashi, c'est marrant c'est le deuxième bouquin japonais de suite qui parle de mouvement social.
.hack//CELL Tome 1
Roman, Science-fiction
livre de Ryō Suzukaze et Akira Mutsuki
Lucindrum a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Tendance que j'aime beaucoup dans .hack qui est de représenter la naissance de programmes conscients comme celles d'humains foirés dans un univers qui n'existe pas, très cronenbergien dans son horreur, ça me fait penser à Existenz.
C'est intéressant comment il a plus ou moins fallu attendre 2006 pour que la question des player killer dans l'univers de .hack soit abordé généralement et pas comme des cas isolés, première forme de désillusion dans le tournant plus edgy pris par GU, plus déprimé par l'état d'internet, fini la lune de miel.
J'aime bien la prose même si ça essaye parfois d'être un peu trop grandiloquent pour son propre bien, aucune idée si ça vient de la traduction cela dit.
Toujours très chouettes les passages dans le réel et voir comment la série était deja en avance sur l'hyper connexion, encore plus kino maintenant qu'un des sujets de société important c'est les meta glasses.
Le rapport de l'ère GU à internet en tant qu'espace anarchique où tout est à refaire, toutes les organisations, résonne pas mal avec moi, en fait l'idée même qu'on ait un nouveau monde qui puisse être réorganisé est puissant, surtout que c'est, malgré son cynisme un peu plus vener, l'ère est encore très optimiste sur ce qu'aurait pu être cet espace d'expression nouveau.
Sympathique la partie dans l’hôpital, le jeu comme échappatoire. Particulièrement touchée cela dit par les passages sur l'isolement violent de Midori et sur l'état de sa conscience qui s'auto digère.x
Vraiment magnifiques les illustrations, quel dommage que les seules copies du LN sur internet soit dans une qualité aussi basse....
Très viscéral dans sa dépiction des l'horreur numérique, pas mal de démembrements, d'imagerie réaliste anatomique, là où les autres ont ce truc très "cosmique", "ésotérique", genre on sent aussi là dessus un changement dans le rapport à cet espace, son imagerie, ptet un lien avec les sites de gore qui pullulaient beaucoup plus ?
Très fan du personnage de Midori, particulièrement fragile, puis ses passages de vertiges entre les deux réalités me touchent beaucoup. Ses pertes de mémoire, l'impression d'un monstre en soit, c'est très puissant. Puis pareil la double narration entre le monde réel et en ligne qui semble parler de deux personnes totalement différentes mais qui portent le même nom, peut être pas au même moment pas dans la même réalité.
Au final le setup est un peu long mais vers les deux derniers tiers ça devient un espèce de kino denpa trop délicieux, hyper intriguée p






