Cover Parfois je sors de chez moi, parfois.

Parfois je sors de chez moi, parfois.

"Les souvenirs c'est comme les films super-huit, ça a comme sa propre vitesse, faut pas ralentir la machine de peur de brûler c'qui reste, faut prendre ça comme ça vient". Souvenirs de souvenirs.

Pour faire un peu comme tout le monde, liste sans ordre (et non exhaustive) de trucs ...

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175 albums

créee il y a plus de 11 ans · modifiée il y a plus de 5 ans

Finding Shore
7.5

Finding Shore (2017)

Sortie : 8 décembre 2017 (France).

Album de Tom Rogerson et Brian Eno

Annotation :

08/04/18 Rewire Festival jour 3

Flemme de reprendre la chronologie des concerts précédents, sautons à cloche-patte dans le dernier jour et les trucs dont j'ai encore de vagues souvenirs.
J'ai raté Tom au Guess Who, malgré les incitations de Wazoo et mes propres envies, mais les plannings du Guess who ont des raisons que l'espace-temps ignore. Du coup on se rattrape comme on peut, tu sais je fais toujours comme ça (bsx). Retour au café où Sirom jouaient le premier jour, pour une fois je suis assez en avance pour squatter devant comme un gros sac, les salles avec sièges c'est vraiment tope-la.
Tom arrive et se pose directement au piano. Je sais pas trop à quoi m'attendre, il nous dit qu'aujourd'hui sera spécial, sa femme doit accoucher, il a envie de chanter des choses qu'il dira à son enfant. Du coup y a du chant pas trop attendu vu ses albums solos. C'est touchant, pas toujours juste, mais au milieu des notes et de la voix qui déraille, y a un sourire qui se dessine sur son visage et des larmes dans ses yeux. C'est vraiment précieux d'être là pour voir ça (ça big up Brian Eno entre deux questions existentielles sur ce que ça fait de devenir père).

Lines
7.3

Lines (2016)

Sortie : 5 février 2016 (France).

Album de Wacław Zimpel

Maxime Volkermord a mis 7/10.

Annotation :

06/04/18, Rewire Festival, La Haye, jour 1

Après une perdition, des divergences géographico-boussoles et des pérégrinations dans le centre de La Haye on finit par trouver l'église où doivent jouer Zimpel et Ziolek ce soir. On arrive pour les dernières minutes du set de James Plotkin + la violoniste Mia Zabelka et Benjamin Finger, qui de ce qu'on en a entendu avait l'air assez beau. Après un peu d'attente et un replacement stratégique plus centré - mais non sans personnes désagréables qui passeront le concert à discuter très fort - Zimpel et Ziolek se mettent en place. Waclaw Zimpel à la clarinette et Ziolek à la guitare (et au chant aussi). J'avais écouté un peu leur album commun avant le festival, ça m'avait paru plus aérien et plus pop sûrement que les efforts solos de Zimpel. Impressions confirmées par le set, où la clarinette de Zimpel se perd en échos tandis que Ziolek balance des arpèges Durutti Columnienne et quelques lignes de chant de temps en temps. C'est limite post-rock par endroits, beaucoup d'emphase mis sur les mélodies, tout doux, ça berce bien avant d'aller se coucher.

I Can Be a Clay Snapper
7.7

I Can Be a Clay Snapper (2017)

Sortie : 8 septembre 2017 (France).

Album de Širom

Maxime Volkermord a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

06/04/18, Rewire festival, La Haye, jour 1

Retour au Pays-bas quelques mois après le Guess Who, pour un festival au concept proche (même idée de concerts dispersés dans la ville, programmation barrée, et vélos nazis). Après quelques perditions dans le centre-ville, et une attente dans un café (où Ben Vince joue mais on entend rien en vérité), on monte dans la petite salle pour voir Širom, trio slovène de musique folk traditionnelle teintée d'expérimentation minimaliste-instrumentale. Balayant la salle de silence, je ferme les yeux dans mon siège inconfortable, un peu de fatigue, les notes s'allongent et je me laisser bercer dans la tension, l'esprit qui vagabonde. Il y a beaucoup de retenu et de tensions dans leur musique, comme quelque chose d'une solennité oubliée. C'est beau quand la violoniste ouvre grand sa bouche, ça rappelle un peu des passages de Silver Mt Zion période Horses in The Sky.

All Melody
7.1

All Melody (2018)

Sortie : 26 janvier 2018 (France). Modern Classical, Abstract, Electronic

Album de Nils Frahm

Maxime Volkermord a mis 3/10.

Annotation :

02/02/18, Aéronef, Lille.

J'ai un axe du mal très strict. Je suis pas sûr de vouloir bombarder qui que ce soit pour l'éradiquer, mais peut-être immoler certains symboles par le feu pour la forme (things we'll gladly lost in the fire).
Y a les bérets, signe de ralliement des gens de mauvais goût. Les sarouels, pour tous les gens qui s'habillent chez desigual. Les publics electro "dour".
Pourquoi dire ça sur un report de Nils Frahm ? Tu t'attends plus à quelque chose qui implique du silence, des gens qui portent des jackets et des foulards givenchy. Mais (Hello to) Nils avec son dernier album en date a pris un tournant étrange, mi piano, mi electro-house d'un mauvais goût assez déroutant qui ferait passer Gothan Project pour un truc respectable (je vous rassure, c'est faux). En plus il porte un béret ! Et un truc simili sarouel. La trinité du mal est donc présente.

Quand il arrive sur scène Nils a une installation assez impressionnante, un piano, plein de modulateurs old school, des trucs étranges et même des orgues en coulisses (oui, la démesure). Y a déjà quelque chose d'étrange, pour moi Nils Frahm c'est le mec qui fait des albums si silencieux, si discrets qu'on sent les touches se relâcher ou s'enfoncer. Sur Felt, Solo, ou d'autres. Bon d'accord y a aussi Spaces, qui donne déjà quelque chose de plus touffu, mais toujours dans une vision relativement minimale. Du coup l'installation paraît bizarre à la base, enfin vraiment énorme disons.

Il commence par les morceaux du dernier, qui sont aussi horribles que ce à quoi on peut s'attendre. C'est tellement guindé, si prévisible, et le voir lever les bras tel un David Guetta snob ça me fait mal. La salle est bondée, rarement vu autant de monde à l'Aéro, jamais même. Marque un peu de la reconnaissance qu'il a atteint progressivement. D'ailleurs toute la tournée affiche complet.

Spaces
7.7

Spaces (2013)

Sortie : 18 novembre 2013 (France). Modern Classical, Contemporary, Electronic

Album de Nils Frahm

Maxime Volkermord a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

(suite)

La première partie du set se déroule dans la même ambiance, une fièvre, anodine, indolore très calibrée, on dirait un peu ces musiques tango-clash je ne sais quoi qu'on entend dans tous les bars de mauvais goût du monde.
Par la suite on revient sur du piano, des morceaux de Felt, Solo et Spaces en contrepoids. Preuve que ce qui faisait son intérêt - à mes yeux - est toujours là.

La performance était plutôt bonne en vérité, mais disons que le concert et le disque me questionnent sur la suite des errements de Frahm. Je ne sais pas trop où il va, ou plutôt ce que j'en entrevois me fait penser que de plus en plus je n'y retrouverai plus de place.

(Verdict : Malgré la réunion des objets constituant l'axe du mal, je laisse Nils Frahm en liberté surveillée pour l'instant. Par contre si la prochaine fois il se pointe avec des atébas je lui crame la gueule).

Quelque part
7.7

Quelque part (2000)

Sortie : 17 octobre 2000 (France). Indie Rock, Rock, Chanson

Album de Mendelson

Maxime Volkermord a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

25/01/18. Aéronef, Lille.

Mendelson présenté par Jules-Edouard Moustic. Groland, et Pascal Bouaziz. Un tableau que tu ne t'attends pas vraiment à voir, mais après tout comme Bouaziz semble poursuivre sa voie vers le one-man show musical, pourquoi pas (non en fait "pas", je me relis l'association des deux me semble toujours bizarre).

Soirée Hara-Kiri, en fait Mendelson sont invités par Denis Robert qui lui-même a été invité par Moustic pour son docu sur Cavanna (l'entre-soi des gens de pouvoir, vraiment).

Toujours la tournée Sciences politiques, mes critiques ne changent pas au fil des mois, Pascal ne sait toujours pas chanter - mais le cache mieux, c'est vrai - et les morceaux manquent souvent assez cruellement d'une griffe Mendelson.
Bon après, je reste convaincu que c'est un moment pivot dans la discographie du groupe, je suis assez curieux de voir la suite parce que dire que les concerts de Mendelson ne ressemblent plus tout à fait à ce que c'était, c'est un euphémisme et c'est pas forcément un mal, juste un constat curieux. Y a une force - ni quotidienne, ni maligne - peut-être plus corporelle, plus convenue aussi dans la forme sûrement, mais qui soulève quelque chose indéniablement. Avec beaucoup de maladresse c'est vrai, mais Mendelson étant un groupe à part je suis assez curieux de voir ce que va faire Bouaziz de ces codes qu'il a rejeté pendant une bonne partie de sa carrière en fait.
Bon il en est pas encore à faire des slams, mais il danse un peu, très perturbant à voir.

Remember I Was Carbon Dioxide
7.6

Remember I Was Carbon Dioxide (2014)

Sortie : 12 septembre 2014 (France).

Album de Camera

Annotation :

20/01/18. La Malterie, Lille.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la musique psychédélique allemande sans jamais oser le demander :

- Un batteur fou tu engageras. Le batteur fou, aussi dit le mec au regard qui fait peur sera ton capitaine, frappant frénétiquement sa snare tel cet enfant allemand (encore) fracassant son clavier devant les temps de chargement de WOW. Ton batteur est ta lumière, elle est vacillante et elle fait beaucoup flipper, mais c'est aussi ton fleuve, tout du long il sera là pour soulever tes ambitions avec son jeu motorik.

-La drogue tu arrêteras, car après tout quand tu te retrouves à danser les pieds dans la tête, ou le contraire, via les efforts combinés des guitaristes, joueur de sitar, et claviériste, est-ce vraiment nécessaire d'aller plus loin.

-Des rappels tu ne feras pas, car tu sais que tout cela n'a pas de sens, est-ce que quand ton facteur passe tu gueules "ONE MORE" ? Non, bon. Et puis de toute façon tes morceaux font 20 minutes, donc c'est difficile de faire des rappels.

-Des mots tu ne lâcheras pas, principalement car Bobo le batteur fou a la tourette et que bon c'est donc préférable de pas le laisser parler.

-Choucroute, choucroute, kosmische, kosmische. La répétition, toujours, chevillée au corps. C'est ton nindo comme Naruto (sans les flashbacks relous et les HS nuls j'avoue).

Vessels

Vessels (2011)

Sortie : mai 2011 (France).

Album de thisquietarmy

Maxime Volkermord a mis 7/10.

Annotation :

12/11, Guess Who '17. J4, Utrecht, Pays-Bas. (Thisquietarmy / Innerwoud)

Ce qui est bien avec Eric Quach de Thisquietarmy c'est qu'à chaque fois que je le vois il fait un set totalement différent. Tantôt drono-guitare, shoegaze éthéré, cold aphone et ce soir là plutôt lourd dans la forme. Sûrement pour coller avec le set de ses compères Canadiens d'avant. Comme à son habitude ses cheveux le cachent en partie, et il passe limite plus de temps à jouer avec sa tonne de pédales qu'à vraiment toucher sa guitare. Mais quand il le fait, il met la dose. Ca reste lourd, mais quand même plus apaisant que Big Brave, histoire de redescendre un peu pour cette dernière partie du 12h drone.

Après le gros bloc Canadien (Shemie / Moss / Big Brave / Thisquietarmy) on a un bloc Belge qui commence avec Innerwoud (qui sera notre dernier concert du 12h drone). Projet solo d'un mec à barbe sur Consouling, sûrement un ancien metalleux, qui se ramène avec son violoncelle. Y a un côté très Hildur Guðnadóttir, outre le lien de l'instrument, on prend le temps d'appuyer les notes, de les laisser se disperser. Peut-être plus rythmique avec plus de passages pincés, voire frappés d'ailleurs. C'est très forestier.

On se réveille lentement pour retourner dans le centre, petit arrêt Falafels, et route sous la pluie avant de revenir à Tivoli.
Pas grand chose à dire sur la suite des opérations, un Perfume pas vraiment génial, Matana Roberts qui m'a réveillé trop abruptement, on flâne avant de quitter les Pays-Bas.

Ardor
6.8

Ardor (2017)

Sortie : 15 septembre 2017 (France). Drone, Noise rock, Post-Metal

Album de Big ‡ Brave

Maxime Volkermord a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

12/11, Guess Who '17. J4, Utrecht, Pays-Bas.

Changement de ton après ce gros bloc drono-ambient. Le trio Canadien Big Brave s'installe sur scène. Ca tombe bien on les a raté le premier soir. Guitare-Guitare-Le Batteur le plus chill véner du monde.
C'est lourd putain, un peu comme du smecta ça tapisse tous les espaces, sauf que je suis pas sûr qu'on les prescrive pour guérir la coulante. Remarque ils jouent tellement fort que ça pourrait limite marcher rien que par les vibrations t'arriverais à te retenir (ou à te vider c'est selon). Il faut physiquement supporter les basses épaisses qui pèsent sur les corps et dans les oreilles. Pas de chant sur ce set, juste cette sorte de long drone-sludge-metal je ne sais quoi à la Earth première période.
Mal au ventre et aux oreilles.

Born Into Trouble as the Sparks Fly Upward
8

Born Into Trouble as the Sparks Fly Upward (2001)

Sortie : 8 octobre 2001 (France). Post Rock, Modern Classical

Album de A Silver Mt. Zion

Maxime Volkermord a mis 7/10.

Annotation :

12/11, Guess Who '17. J4, Utrecht, Pays-Bas. (Jessica Moss, j'ai déjà entré son album dans cette liste donc je mets ce disque de Silver Mt pour faire bien / Ben Shemie)

Les dernières respirations de l'harmonium d'Hellvete s'accompagnent des loops de Jessica Moss qui vient un peu plus tôt (il me semble), pour offrir une très belle transition de set beaucoup plus longues que les autres (presque 15 minutes en commun je dirai).

Moss ne défendra pas son album ce soir, et proposera plutôt une longue improvisation de 30 minutes. Toujours cette obsession de violon qui saccade et qui chute interminablement pour découvrir de nouvelles profondeurs. Ou déterrer des arpèges, des trucs beaux qu'on ne trouve qu'en bas. Elle est grave comme toujours, si concentrée, si sûre de son fait, généreuse et sans compromis.

Ben Shemie explication du set : quand il approche son micro d'une surface ça fait un bruit qui varie selon la distance et la pénétration dans l'air. Voilà, on se fait chier, c'est sympa deux secondes mais il lance beaucoup moins bien son micro que Philippe Risoli. Pause clope salvatrice.

De gek

De gek (2009)

Sortie : 2009 (France).

Album de Hellvete

Maxime Volkermord a mis 8/10.

Annotation :

12/11, Guess Who '17. J4, Utrecht, Pays-Bas. (Yann Gourdon / Leo Svirsky / Hellvete).

Tandis que la variation pour thème Windows d'Arkbro se dissipe Yann Gourdon (qui officie dans France ou la Baracande) s'installe avec sa vielle à roue pour la suite. En préambule de ce segment je tiens à préciser que j'aime bien sommeiller dans un entre-deux de la conscience pendant les concerts d'ambient. Ce n'est pas que ça m'ennuie ou m'endort, c'est juste que c'est une expérience très agréable de se laisser dériver en songes sur des drones silencieux. Ca a quelque chose d'une perte de repères, les secondes se font minutes et rapidement le temps se distord tranquillement, pourtant toutes les notes semblent résonner à l'infini en écho.

Du coup pour le set de Yann je fais exactement ça, le drone de la vielle étant une invitation bien trop tentante. La tête en arrière je divague dans des sons distordus et distants. Svirsky me ramène un peu à la conscience - salaud ! - le temps de son set à l'accordéon lui aussi sur cette même note, cette langueur sensuelle et décharnée que porte le drone.

Hellvete suit Svirsky, plus de mélodies par ici, mais aussi plus de sons qui s'entremêlent dans un "psychédélisme" (abus de langage sûrement) minimal tangent, sifflotant. Sifflotant comme le bruit usé du soufflet de son harmonium indien. C'est beau, j'aimerai en dire plus mais les moments de ces sets restent plutôt gravés dans l'indicible, la lascivité et la langueur.

For Organ and Brass
7.4

For Organ and Brass (2017)

Sortie : 17 avril 2017 (France).

Album de Ellen Arkbro

Maxime Volkermord a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

12/11, Guess Who '17. J4, Utrecht, Pays-Bas. (Ben Bertrand / Ellen Arkbro)

Plusieurs artistes du 12h drone sont absents de la DB donc je vais essayer de faire des tirs groupés.

Montgomery quitte la scène sur un dernier "brrr", Moss reste un peu pour faire la transition avec Ben Bertrand clarinettiste (basse) Belge qui vient s'installer avec un montage de son invention qui permet de moduler et retransmettre les sons de sa clarinette sous un jour plus électronique.
C'est très minimaliste, à la fois il va napper l'espace de notes à la clarinette, et par dessus il va bidouiller, triturer le son pour en ressortir quelque chose de plus synthétique. Déphasé. Son improvisation s'étend sur 40 minutes, le temps d'un dernier souffle pour faire la transition avec Ellen Arkbro qui s'installe sur la scène tandis que Bertrand sort discrètement.

J'aime bien l'album d'Ellen Arkbro, long drone plein de basses qui se répercutent et se répondent, comme le fait un orgue quoi (titre informatif s'il en est). Elle est ici seule assise derrière une table - et nous allongés sur des poufs oisifs - avec son Mac, et quelques petits trucs pour bidouiller tranquillement.
Peut-être je n'ai pas bien compris son set, mais j'ai passé un moment assez ennuyeux. Dans un moment de lucidité et de verve rare j'ai utilisé l'expression je crois de "symphonie du thème Windows". Aucune variation, ou très peu et surtout dans les basses. C'est fort, c'est ennuyeux, c'est froid, je m'ennuie.

Roy Montgomery / Grouper (EP)
6.7

Roy Montgomery / Grouper (EP) (2010)

Sortie : 10 janvier 2010 (France). Drone, Electronic, Ambient

EP de Roy Montgomery et Grouper

Maxime Volkermord a mis 7/10.

Annotation :

12/11/17, Guess Who '17. J4, Utrecht, Pays-Bas.

On se lève tôt pour le gros morceau du 12h drones à la Pastoefabriek (sorte de frigo qui sert de salle de concert). On arrive au milieu du set de Roy Montgomery pour découvrir que Jessica Moss l'a rejoint pour une petite impro toute pitchoune, faite de "blipp brrr" et de violon qui saccade. On voit Wazoo et TempsIdéal qui chillent sur des gros poufs. Leurs sourires narquois nous enjoignent à leur casser les dents à coups de DVD du Serment de Tobrouk (une arme létale). Puis finalement, dans un excès de bonté assez peu ragoûtant on se décide à se déporter sur un côté pour écouter un peu la fin.

Le principe étant de réaliser des sets de 40-45 minutes de drone, souvent improvisés, c'est difficile de dire quoique ce soit sur le set de Roy vu qu'on est arrivé au milieu, mais du peu qu'on a pu entendre ça paraissait pas dégueulasse (même bien si je me fie aux balancements gauche/droite-avant/arrière de Wazoo en vérité, mais il était peut-être juste bourré, à 13h oui).

Mallet Guitars One

Mallet Guitars One (2010)

Sortie : 6 décembre 2010 (France).

Album de Ex-Easter Island Head

Annotation :

11/11/17, Le Guess Who '17. J3, Utrecht, Pays-bas.

On enfourche les vélos, on remonte tranquillement les berges pour se rendre à Tivoli. Je sais plus pourquoi on avait noté Ex-easter Island Head. Ca se joue entre un "j'ai du écouter viteuf" et "c'est une salle avec des sièges ♥". Passé les 150 000 escalators, on rentre donc à Hertz (qui a des sièges, o/ ) et oh mais que vois-je ?! Serait-ce un homme, un avion, un sans-papier ?! Non c'est Wazoo tranquillement calé au milieu de la salle qui nous fait signe.

On papote, y a plus de saison ma bonne dame, comme va ta cheville tout ça tout ça, puis ça commence. A trois, un percussionniste et deux guitaro-percussionnistes (j'ai pas d'autre terme plus adéquat). En fait ex-easter island head sont des fans hardcore de Philippe Lavil qui, faute de bambous, tapent sur des guitares a priori non-consentantes.

C'est un mélange étrange de musique atonale, de vibes no wave, et de délire Varésien (limite). En assez uptempo selon les parties quand même. Après bon déjà ils ont pas de bambous, mais je les vois pas non plus devenir numéro un. La vague de la réalité vient de s'abattre sur leur rêve (j'arrête de suite cette référence à Philippe Lavil, promis).

On termine avec Wazoo et TempsIdéal pour un bout du set des Amazones d'Afrique, mais j'ai rien à dire en vrai.

L'Effondras
7.7

L'Effondras (2014)

Sortie : 20 décembre 2014 (France).

Album de

Maxime Volkermord a mis 6/10.

Annotation :

(Petite pause dans les reports approximatifs du Guess Who, j'y reviens plus tard).
09/12/17, Le Biplan, Lille.

Il pleut, c'est tout ce qu'il sait faire.
La première partie eux, ne savent même pas faire ça, un truc anecdotique, mais aussi sûrement la représentation la plus caricaturale qu'il m'ait été donné de voir d'un groupe de post-math-rock-mes couilles. Sorte de gros gloubiboulga pour fougères anémiques qui aiment les crescendos plus épais que le cou de Christine Boutin, et les moments de tensions plus plats que l'encéphalogramme de Franz-Olivier Giesbert. Du coup, on les pousse sous le tapis et on oublie.

J'étais dubitatif lors de ma dernière fois avec L'Effondras (un peu plus loin dans la liste). Non pas que je n'avais pas apprécié, mais je trouvais que PARFOIS - j'insiste - les morceaux me semblaient un poil trop longs sans que ça se justifie vraiment. Pour dire les choses clairement et directement, le sujet ne m'est pas revenu ce soir. Y a d'ailleurs un truc que j'avais pas capté la dernière fois, y a un feeling très Earth (période Hex forcément) en fait, non ? Enfin là ça m'a paru évident, ce côté un peu blues malade joué le plus lentement possible, tout en discrétion mais dans le bruit le plus fort. Une sorte d'évidence esthétique et mélodique. Du coup les morceaux m'ont moins paru s'éterniser, pas du tout même. Plus efficace, tout en étant plus lascif d'une certaine manière. La saveur d'un spiritueux sous une insolation maximale, dans la plus grande décontraction possible. C'était très bien.

Nem Kaldı (EP)
7.6

Nem Kaldı (EP) (2017)

Sortie : 3 mars 2017 (France).

EP de Derya Yildirim et Grup Şimşek

Maxime Volkermord a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

11/11/17, Le Guess Who '17, J3. Utrecht, Pays-Bas.

Direction EKKO, dans le froid dans la pluie, on longe le canal en évitant les vélos nazis pour aller voir Derya Yıldırım et Grup Şimşek. Cette fois on peut rentrer dans la salle (dans ta gueule le videur gros bras du premier soir qui nous a refoulé pour Big Brave). On a un peu de temps avant le début, juste assez pour retrouver la famille, se pozayyy en mode trankil, parler de la pluie et contempler les cernes de chacun.

J'ai découvert le disque de Derya Yıldırım et Grup Şimşek un peu par hasard, j'avais vu passer comme ça au milieu d'un feed facebook tristoune, la pochette m'intriguait un peu. Une bonne amie m'en avait dit beaucoup de bien quelques semaines avant le Guess Who en mode, sensibilité orientale, chanteuse cool et cheveux soyeux, groupe de branleurs avec du clavier et des délires psyché-pop très cool.

Et on pourrait s'arrêter là parce que ça colle bien au set qu'on a pu voir, mais faudrait tout de même rajouter que c'était super bien. Peut-être que c'est Kevin qui nous attendri ce soir pour nous disposer à se laisser aller un peu plus, mais on prend beaucoup de plaisir à remuer sur les morceaux du groupe. En mode zéro prise de tête, c'est frais, ça invente rien, mais ça le fait bien. C'est communicatif.

Harlem River
7.5

Harlem River (2013)

Sortie : 26 novembre 2013 (France). Folk Rock

Album de Kevin Morby

Maxime Volkermord a mis 8/10.

Annotation :

11/11/17, Le Guess Who '17, J3. Utrecht, Pays-bas.

Après les divagations drono-accordéon de Batkovic on s'accorde une pause légèreté et douceur en bifurquant vers le set de Kevin Morby dans la grande salle de Tivoli. Bon, le dernier album en date est une redite assez fainéante de Singing Saw (avec des beaux passages quand même, mais bon ça laisse un goût de "mouais" en bouche), mais on se dit qu'écouter qu'autre chose que du drone une fois de temps en temps ça peut faire du bien. On ne sera pas dans une dune avec le soleil se couchant dans nos dos cette fois-ci (cf la deuxième page de cette liste) mais ça devrait être sympa.

Le concert est déjà entamé quand on arrive, on se cale sur un côté pour apercevoir les choix vestimentaires toujours aussi douteux de Morby, et la grâce décontractée de Meg Duffy en mode robe à imprimées et guitare. Comme la dernière fois c'est doux, c'est léger ça réchauffe le coeur. On a l'impression de connaître les morceaux et les paroles, on veut les chanter avec eux, parce que le moment s'y prête et qu'il est réconfortant. Les morceaux ont gagné en intensité en live depuis la dernière fois, ils se font plus lancinants, peut-être qu'ils gèrent aussi mieux leur progression. Quand le concert se termine je suis un peu déçu, parce que cette dose de légèreté estivale et adolescente aurait fait du bien un peu plus longtemps dans la grisaille et la pluie d'Utrecht.

Mario Batkovic
7.2

Mario Batkovic (2017)

Sortie : 17 mars 2017 (France).

Album de Mario Batkovic

Maxime Volkermord a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

11/11/17, Guess Who '17, J3. Utrecht, Pays-bas.

On commence la journée un peu plus tardivement que la veille, le temps de se perdre un peu à l'espace label/sérigraphie de Tivoli et de passer approximativement 150h dans le dédale des escalators du complexe. On décide d'aller voir Mario Batkovic, joueur d'accordéon mutant, parce qu'on est déjà sur place et aussi parce qu'à l'écoute de son dernier album sur le label de Geoff Barrow (Invada records) j'avais été assez surpris par le son massif et intriguant du monsieur. Ca m'avait un peu fait penser à Colin Stetson, dans une moindre mesure, pour le côté prouesse technique et "oh mon dieu comment il fait tous ces sons !".

Finalement, sans être décevant le set de Mario ne laissera pas un souvenir impérissable. Peut-être qu'il y a des limitations techniques auxquelles je ne comprends rien, mais il est vrai que ce son étonnamment massif de l'album qui donnait l'impression d'entendre plusieurs personnes à la fois ne ressort pas vraiment ici. De fait sans ce travail de production qui enrichit vraiment les compositions, celles-ci sonnent parfois un peu ternes, manquant légèrement d'inspiration. M'enfin ça reste quand même assez intéressant à voir et à entendre.

Ghosts Inside
7.5

Ghosts Inside (2017)

Sortie : 30 juin 2017 (France).

Album de Ekin Fil

Maxime Volkermord a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

10/11/17, Guess Who '17, J2. Utrecht, Pays-bas.

La mission occupation des canapés suit son cours. Après de multiples tentatives, le canapé de nos rêves se libère enfin. Il est beau, il est gris et il est aussi le plus proche de la scène. Ca tombe bien parce que la soirée se termine avec Ekin Fil, sorte de mini-grouper qui aurait mangé un peu trop de shoegaze et de cold wave durant son adolescence (mais qui lui jettera la pierre comme disait Garou ?), et j'avais prévu de longue date de la voir parce que ... parce que ta gueule, et aussi parce que j'aime assez les deux albums que j'ai pu écouter, un peu oraisons pour le silence.

Elle se dispose tranquillement, une chiée de pédales forcément, un p'tit clavier tranquille, et une guitare, la moitié de ça aurait pu être utile à Richard Youngs, mais on ne reviendra plus sur la prestation du Yogi Volant anglais sous skenan. Comme attendu on aura un set très éthéré, des nappes à plus savoir quoi en foutre, un feeling 80's dans les rythmiques perdues qu'on entend pas autant sur les albums, ce qui est une bonne surprise. Une voix de fantôme forcément, et une froideur encore une fois assez marquée mèche de côté et chauve-souris.

Le live est l'occasion de constater que plus qu'un simple décalco de Grouper, Ekin Fil propose une autre vision d'une idée assez proche. Des rêves plus froids, plus durs aussi, sous un même amour des nappes et des drones, mais avec sûrement une influence pop/shoegaze plus marquée que chez Liz Harris. C'est bien aussi.

Spoil : En sortant on se dit qu'on irait bien voir GAS jouer dans la salle d'à côté, mais c'est complet. 20 personnes attendent déjà devant nous pour rentrer et il se met à pleuvoir. Du coup on retourne à Tivoli (le point névralgique) pour se perdre un peu dans la chaleur avant d'aller se coucher.

20th Century Jams

20th Century Jams (2007)

Sortie : 2007 (France). Pop rock, Electro/techno

Album de Richard Youngs

Annotation :

10/11/17, Guess Who '17, J2. Utrecht, Pays-bas.

Une fois notre canapé retrouvé, on décide d'initier une technique d'occupation de l'espace qui consiste à traverser la salle de canapé en canapé afin de se rapprocher discrètement, et de trouver le canapé le plus confortable.

Richard Youngs arrive dans la salle et fait son soundcheck. Mais un soundcheck assez minimaliste hein, vu qu'il est venu à poils, sans rien juste sa voix, ses pieds, ses mains et son look de prof de Yoga qui aurait fumé trop d'encens. Il fait même une petite répétition d'un "saut" dans la foule qu'il veut faire. Alors bon, le fun fact c'est que la scène de la salle fait même pas 1m d'hauteur, on pouffe discrètement devant son exploit physique.

(mais c'est surtout le sérieux avec lequel il a évoqué la chose qui nous a fait rire, reconstitution approximative :
Richard tout de rouge vêtu se leva et dit à Jean-David l'ingé son :
-Cher Jean-David, pensez-vous qu'il me serait possible de SAUTER dans la foule pendant mon set mystico-acapella ? Je pense que ça contribuerait grandement à créer un lien entre ma performance et l'audience. Hmmm
-Jean David : "Heu .... OK, oui bien sûr"
-Très bien je vais m'y exercer et voir si mon câble est assez long.
D'un coup Richard le sémillant prof de Yoga new-age sous skenan fit un bond d'approximativement 20cm pour descendre de la scène. Les spectateurs déjà présents furent subjugués par une telle prouesse athlétique.)

Les gens commencent à revenir, il reste muet assis sur scène devant une plante. Il a les yeux fermés mais parfois marmonne des trucs. Au moment de commencer une nana de l'orga monte sur scène pour venir lui signifier qu'il faudrait qu'il joue, après un moment de stupéfaction il se lève et s'exécute.

C'est un peu difficile de parler de sa "performance" parce que bah il avait rien. Comme il le dit lui-même dans certains univers parallèles il joue avec des instruments, mais dans celui-ci il est venu sans rien. On ne saura pas vraiment si c'était un choix délibéré ou pas, toujours est-il que ça rend l'expérience assez étrange. Entre ses "hmmmmmmmmmm" qu'il invite le public à suivre, ses "HEY" qui arrivent sans prévenir, et ses mélodies qui se répètent sûrement beaucoup trop. Après, l'homme m'est assez sympathique pour sa loufoquerie globale, mais je déplore un peu le dispositif de son set. En tout cas, il aura fait beaucoup rire, que ce soit avec ou contre lui.

Mercury

Mercury (2013)

Sortie : 5 juin 2013 (France).

Album de Marisa Anderson

Maxime Volkermord a mis 6/10.

Annotation :

10/11/17, Le Guess Who '17, J2. Utrecht, Pays-bas.

Le set écourté de Tiny Vipers nous permet de retourner au LE:EN - sans canapés :'( - pour voir une grosse demie-heure du set de Marisa Anderson. La salle est assez bondée, je suis étonné, pour voir l'américaine jouer ses ballades guitaro-instrumentale très terriennes et invitant à l'égarement. Marisa nous parle d'étendues, de grands espaces un peu comme si l'Earth d'Hex or printing machin truc s'était retrouvé apaisé à la vue d'un ballot de paille. Les accords se font caressant, rien d'écrasant ici malgré le caractère très terrien de la chose, y une légèreté qui instigue du mouvement, comme cette guitare qui semble sauter légèrement. Ca me rappelle par moments les divagations rythmico-mélodico-loopesque de Land Observation, en plus aride peut-être.

Spoil : une fois le concert terminé un canapé nous avons retrouvé.

Life on Earth
7.3

Life on Earth (2009)

Sortie : 7 juillet 2009 (France).

Album de Tiny Vipers

Maxime Volkermord a mis 7/10.

Annotation :

10/11/17, Le Guess Who 17', J2. Utrecht, Pays-bas

La spirale de refoulements de la veille continue alors qu'on veut aller voir un film curated par Grouper ce Vendredi (La double vie de Véronique, oui parce qu'il y a aussi une programmation Ciné au Guess Who). On décide alors d'opter pour une technique d'occupation de salle, la cible ça sera le LE:EN, sorte d'arrière salle de resto où ce jour plusieurs artistes figurant dans la curation de Grouper se produiront. En début d'après-midi on se retrouve ainsi tranquillement dans des canapés pour regarder plusieurs courts-métrages réalisés par Paul Clipson (qui procurait le visuel pour le concert de Grouper de la veille), collage d'images perdues et floues sur fond de musiques ambiantes (Sarah Davachi, Grouper, Jefre Cantu Ledesma etc).

Après Paul on décide de bouger à la Pastoefabriek juste à côté pour voir Tiny Vipers (acolyte de Liz Harris dans leur projet commun Mirroring). J'avais plutôt l'image d'une nana un peu frêle qui viendrait guitare en main et tonne de reverb en bonus, rapport à ses albums solos, mais étonnamment elle ne se servira que d'un clavier pour ce set. Je ne sais pas trop si ça s'explique par son dernier album sorti cette année que je n'ai pas encore eu le temps d'écouter, mais sur le coup ça m'a semblé étrange.

Sur le set en lui-même, je ne saurai vraiment juger, en étant objectif je dirai que c'était pas folichon, mais il fallait la voir complétement immobilisée par le stress pour comprendre que ça n'allait pas vraiment. Je pense que ça devait peut-être être sa première date sur cette tournée, mais elle semblait très incertaine, hésitante et le fait que son set se soit terminé assez abruptement après 20-25 minutes me laisse à penser qu'elle a eu beaucoup de mal à ne serait-ce qu'être présente. Je ne veux pas être trop dur, parce que j'ai trouvé ça assez touchant malgré tout, et puis ça peut arriver.

Dragging a Dead Deer up a Hill
7.5

Dragging a Dead Deer up a Hill (2008)

Sortie : 16 juin 2008 (France). Psychedelic Folk, Ambient

Album de Grouper

Maxime Volkermord a mis 9/10.

Annotation :

09/11/17, Le Guess Who '17, J1. Utrecht, Pays-bas.

Mon royaume pour Liz Harris ! Bon peut-être pas, mais on a eu quelques déconvenues en arrivant pour cette édition du Guess Who, les bouchons de l'enfer à Anvers, des bus récalcitrants et une surpopulation qui nous empêche d'assister au set du Mystère des Voix Bulgares (grosse tristesse). Information prise, Grouper joue au même endroit (une église où des personnes âgées servent du vin qui pique pour deux euros) donc on arrivera en avance parce que je ne veux et ne peux pas rater Grouper. Elle est trop discrète et rare dans ses apparitions de ce côté de l'Atlantique.

On arrive en avance donc, genre très en avance, c'est déjà bondé, du coup on sera sur un côté, on ne verra de Liz Harris que ses cheveux et ses grandes cernes, mais en même temps qu'y a-t-il d'autre à voir ? Comme la dernière fois elle tisse calmement des mélopées d'ailleurs, sorte d'infusions sous prozacs de chants oubliés, des comptines de solitude et de défaite, avec ce quelque chose de la sincérité même et de la naïveté que je trouve toujours si touchant et profondément beau dans sa musique. On ferme les yeux assis sur le banc, la froideur de l'église se dissout sous ses accords et les mots susurrés qu'on devine à peine. Au réveil, je n'ai que sourire et calme profond qui m'habitent, heureux encore une fois d'avoir été là pour la voir.

On verra pas grand chose ce premier soir, une partie de Jerusalem In My Heart vite fait, Karyyn qui n'arrive jamais, et Big Brave dont on se fera refouler alors qu'on avait prévu le coup en partant plus tôt. Tant pis.

10 000 Russos (EP)
7

10 000 Russos (EP) (2014)

Sortie : 2 septembre 2014 (France).

EP de 10000 Russos

Annotation :

07/11/17, Antre-2, Lille.

Après le grand Matt, les portugais de 10 000 Russos (à prononcer Demis Roussos) assurent la fin de soirée. Je pensais pas rester, parce que fatigue, parce que payé que 2 balles, parce que la flemme. Et puis, après un, deux, trois, quatre morceaux à me balancer frénétiquement sur les rythmiques neu-esques du trio, je me rends compte que mon contentement d'être au moment présent est légèrement plus grand que mon désir de sommeil (bonne chose). J'ai trouvé leur set beaucoup plus free, et plus orienté rythmiques que la dernière fois (un an auparavant à l'Auréole Béthencourt, voire la deuxième page de cette liste). Plus de moments où la guitare s'efface en longs drones et mantras pour laisser l'espace au batteur, et au bassiste, qui perdent un peu de leur coloration cold - qui ressort pas mal sur disque quand même - pour nous emmener vers une répétition fiévreuse aux bons relents Neu-esques. C'est cool, Roulie se dandine frénétiquement à mes côtés, avec ses cheveux au vent on dirait une pub vivante pour un shampoing, je bouge mon boule de droite à gauche sous les lumières. La salle s'est vidée après le passage de Matt Elliott, mais toutes les personnes présentes semblent être hypnotisées par le show. Fatigué mais content.

Drinking Songs
7.7

Drinking Songs (2005)

Sortie : 11 février 2005 (France). Folk, Slowcore

Album de Matt Elliott

Maxime Volkermord a mis 8/10.

Annotation :

07/11/17, Antre-2, Lille

Putain encore Matt Elliott ! Je ne sais pas ce qui me pousse à bouger mon cadavre à chaque fois que l'anglo-nancéen (dure combinaison) passe dans le coin, peut-être la certitude de voir un set touchant de défaites et de tristesse. Je sais plus quoi dire à force, peut-être qu'il faudrait que je laisse Matt tranquille quelques temps, une-deux tournées, histoire de me renouveler émotionnellement pour ses apparitions. Retrouver un peu d'étonnement devant la beauté de ce qu'il fait, ses grandes mains qui grattent jusqu'au sang, son long visage qui s'étire pour chanter, son français toujours si approximatif. The Kursk toujours le highlight de ta vie.

Crippling Lack
7.9

Crippling Lack (2015)

Sortie : 1 octobre 2015 (France). Rock, Folk, Folk, World, & Country

Album de David Thomas Broughton

Maxime Volkermord a mis 8/10.

Annotation :

01/11/17 La Malterie, Lille.

Revoir David Thomas Broughton, son flegme étrange mi-foutage de gueule, mi-moments de grâce, ça me met en joie. Il joue ce soir accompagné de Timothée Couteau au violoncelle, pourquoi pas, des pédales juste ce qu'il faut et un mini-microphone qu'il baladera au milieu du public. David, c'est plus court, il me fait peur parce que je n'arrive pas vraiment à deviner où il va m'emmener, parfois il caresse à la guitare avec sa voix profonde, et d'un coup il va claquer un larsen on ne sait pas trop pourquoi. Il est instable, comme nous tous sauf qu'on a la décence de ne pas le montrer au reste du monde. Lui s'en fiche, et nous offre son être tel qu'il est, un peu insecure, et aussi "pronouncing every word with a rigid insensitivity" comme pour mieux les faire entendre. Passé la loufoquerie d'apparence, y a toujours quelque chose de très touchant dans ce qu'il dit et ce qu'il fait, et rien ne trouble cette vérité là (si ce n'est le connard qui a décidé au milieu du concert d'être le point central de la soirée en déplaçant un canapé devant la scène, faisant chier tout le monde et se justifiant en fin de concert par un "non mais je réponds à ce que tu fais", bref).

Unworks & Rarities
7.3

Unworks & Rarities (2016)

Sortie : 13 mai 2016 (France).

Compilation de Oiseaux-Tempête

Maxime Volkermord a mis 7/10.

Annotation :

28/10/17, FGO Barbara, Paris.
(les conditions pour Jerusalem In My Heart étaient pas tip-top, donc je saute).

Retour sur Paris, côté Barbés pour voir oiseaux-tempête, déjà croisés y a quelques mois sur Lille à l'occasion du Pzzle festival, même que c'était bien.
Pour le set de ce soir, quasi même configuration qu'à Lille, avec en bonus le gonz' de Jerusalem in My heart qui vient les rejoindre pour quelques morceaux en fin de set. Globalement je trouve que le set était beaucoup plus clair, efficace et gérant mieux ses temps forts que sur Lille. On sent que la tournée est plus avancée aussi logique, y a une osmose évidente qui se dégage des pièces ajoutés (Mondkopf et le gars de The Ex), plus de libertés sont laissées à Mondkopf aux claviers/bidouillages, ça lâche des basses bien dégueulasses dans le plus grand calme, avec Fred Oberland qui martyrise son saxo et le gars de The Ex qui vient réciter son texte trankilou bilou. D'ailleurs les morceaux avec le gars de The Ex ont un côté Hood dans leur construction qui m'avait pas autant marqué la première fois mais qui là m'a complétement soufflé, j'en viens à préférer ces moments de calmes tendus aux passages les plus "énervés" d'ailleurs. Dans l'ensemble un set très solide, ils repassent à Tournai en Janvier, j'y serai.

Pools of Light
7.4

Pools of Light (2017)

Sortie : 5 mai 2017 (France).

Album de Jessica Moss

Maxime Volkermord a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

27/10/17 Antre-2, Lille


J'aime beaucoup l'album solo de Jessica Moss, échappée de Silver mt Zion/Gospeed et toute la mafia Constellation, c'est très anxiogène, de longs drones qui loopent au violon avec la voix de Jessica tantôt gueulante habitée, tantôt susurrement lumineux. J'avais une hâte pressante de pouvoir la voir en live. Chose faite à l'antre-2 - les entrées à 2 balles la vie - par une soirée froide sur Lille. Y a les Marquises aussi ce soir, une belle date franchement GG Ah Bon productions, mais je resterai pas pour les voir parce que Jessica a beaucoup trop chamboulé mon coeur et mon esprit ce soir là.
Elle arrive calmement, toujours la même dégaine depuis 10 ans que je la croise, pieds nus sur son tapis, regard clair et déterminé, cheveux en bataille, sûre de ce qu'elle fait je crois. Elle nous invite à nous asseoir, en bonne grosse merde (je serai un vieux horrible) j'étais déjà allongé attendant le début, les gens s'exécutent. On commence sur Entire Populations (les quatre mouvements sont condensés sur 20-22 minutes). Debout face à une horde de corps recroquevillés, Moss entonne son mantra, quelques mots qui se répètent et se répondent, un cri jubilatoire, le violon en drone continu comme fil conducteur. Les lumières passent, une photographe fait chier son monde avec son argentique qui fait plus de bruit que le son ambient (je te déteste cordialement), Moss s'agace et fait signe d'arrêter. Cascades de violons et intonations, le morceau se termine.
Avant de présenter un nouveau mouvement Jessica nous parle de matières qui se lient, d'une certaine idée du romantisme à des milliers de km l'un de l'autre, mais aussi de la force des âmes qui se répondent en écho. Une vidéo de neige et de grandes étendues en fond pour accompagner. C'est léger mais un peu triste, 25 minutes passent, elle se lève, remercie les gens en français et repart avec un sourire. Petit bain de grâce.

The Gatherer

The Gatherer (2017)

Sortie : 27 avril 2017 (France).

Album de A-Sun Amissa

Maxime Volkermord a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

20/10/17, 4AD, Diksmuide (belgique).

Raté la première partie, Monnik projet ambient-drone-guitare chez Consouling assez recommandable d'ailleurs, et pas resté pour Charnia (trop de lol). J'aime bien le dernier A-sun Amissa, y a plein de bourdonnements dans le vent, et une clarinette des enfers dessus (je pensais que c'était un saxo franchement) d'où ma présence ce soir. Comme à mon habitude au 4AD, à peine entré je me précipite au balcon qui surplombe la salle pour pouvoir m'allonger convenablement. Les deux arrivent sous peu, clavier-clavier-guitare-clarinette. Ca construit des drones vrombissant (mes restes de chroniqueur the drone déso) aux claviers qui se répondent, la dame qui l'accompagne pose une voix fantôme (aucun rapport avec la menace promis) un peu comme une Liz Harris qui serait écrasée par un camion. C'est silencieux dans les basses, la guitare vient se perdre par dessus tout ça, et puis la clarinette sous-fusion, sûrement échappée de sessions perdus de Fun House franchement, tapisse le tout d'une chaleur étonnante. Le temps passe vite, après 40 minutes à me refroidir contre le sol, les deux se lèvent et repartent.
Sinon Charnia : y a un mec chauve, qui fait des incantations ridicules genre "yééhooo ahhh" pendant 10 minutes sur fond de post-hardcore/rock assez ennuyeux.

Concerning the Entrance Into Eternity
7.4

Concerning the Entrance Into Eternity (2012)

Sortie : 1 mars 2012 (France). Rock, Experimental, Psychedelic Rock

Album de Jozef van Wissem et Jim Jarmusch

Maxime Volkermord a mis 7/10.

Annotation :

05/10/17, Espace B, Paris.

C'est sympa l'Espace B dites les Parisiens ?! Jamais foutu les pieds auparavant, ça me réconcilie avec les sorties sur la capitale (la maroquinerie brrrr). L'occasion de voir l'homme le plus néerlandais du monde. Cheveux gras et longs qui tombent comme des rideaux, voix éteinte et anglais mâchouillé, discrétion et apparente antipathie. Cool cool le Jozef, ça a pas trop changé en 10 ans. Sinon, en première partie le bassiste (marcel-moustache-calvitie) d'Oiseaux-tempête/Réveil des Tropiques nous fait un set ambient-drone-clavier-guitare, c'est pas que c'est mauvais mais je comprends pas bien la nécessité de jouer si fort une musique qui se veut (je crois) plutôt silencieuse et discrète. Les gens applaudissent pendant les morceaux et prennent des photos avec flash, Paris se rappelle à moi. Le néerlandais caverneux monte sur scène quelques instants après, pas vraiment de bonjour, mais bon. Il s'est endimanché du Luth le plus metal-gothik-skyblog du monde, tout en noir et gravure mystique, pour un peu on se croirait à une réunion obscur de vénérateurs satanistes de galettes-saucisse. Mais en vérité le néerlandais est plus frais dans son âme (et plus porté sur la sardine sûrement). On retrouve un peu ça sur ses deux derniers morceaux qu'il accompagne au chant, des allures de Death In June, le côté gros con en moins. On ne peut pas vraiment dire que ça apporte quoique ce soit à ses compositions, qui n'ont pas vraiment besoin de ça pour se mettre en valeur.

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