Cover Performers performants

Performers performants

Émergeant au début du XXe siècle avant d'atteindre son apogée dans les années 1960 et 1970, la performance a longtemps été pour certains artistes un moyen de briser les conventions, de produire des formes d'expression plus directes et plus puissantes et, dans de nombreux cas, de transmettre un message politique fort. En termes de définition cependant, la performance n'est pas facile à délimiter. Englobant une large variété de pratiques ainsi que des éléments issus des autres formes d'art comme la danse et le théâtre, la démarcation entre la performance et les autres arts est souvent floue. À la base, la performance est définie comme un art visuel pluridisciplinaire impliquant une réalisation en présence du public. Bien que pour certains, l'âge d'or de la performance soit révolu, les artistes et oeuvres emblématiques des années 1960 et 1970 continuent d'avoir une grande influence sur l'art contemporain au sein duquel la performance reste un important médium pour un grand nombre d'artistes actuels, à la recherche d'un antidote contre la commercialisation croissante du monde de l'art. (Dadart.com)

Anaïs Héraud :
https://www.youtube.com/watch?v=J8zmIm9LnAg
Nathalie Mba Bikoro :
https://www.youtube.com/watch?v=-BxW9xaEUKk
Gutai :
https://www.youtube.com/watch?v=JHaraRJ4Do4

Liste de 19 livres créée il y a 3 jours · modifiée il y a 3 jours
Pensées et anecdotes
8.3

Pensées et anecdotes (2021)

Sortie : 10 novembre 2021. Philosophie

livre de Diogène de Sinope

Annotation :

DIOGENE DE SINOPE (dit le Cynique)

Diogène de Sinope est considéré par de nombreux historiens de l'art et de la philosophie comme l'ancêtre du happening et de la performance artistique pour plusieurs raisons :
• L'art corporel et l'espace public : Il n'écrivait pas de traités théoriques. Sa philosophie était entièrement basée sur l'action directe, l'usage de son propre corps et la mise en scène dans l'espace public (la place du marché d'Athènes).
• La subversion des codes sociaux : Ses actions visaient à choquer pour éveiller les consciences. Il vivait dans un grand vase en terre cuite (un pithos), mendiait, et pratiquait ses besoins naturels ou sexuels en public, brisant délibérément tous les tabous de la cité.
• La recherche de la vérité par le geste : Lorsqu'il parcourait Athènes en plein jour avec une lanterne allumée en répétant « Je cherche un homme », il réalisait une véritable performance conceptuelle destinée à dénoncer l'hypocrisie et le manque d'authenticité de ses contemporains.
• La réplique immédiate : Face à Alexandre le Grand qui lui demandait ce qu'il pouvait faire pour lui, sa réponse « Ôte-toi de mon soleil » est une mise en scène du refus total du pouvoir, transformant la rencontre en événement spectaculaire.

Diogène de Sinope a ainsi fait de sa vie une œuvre d'art vivante et subversive, ce qui définit précisément l'essence de la performance contemporaine.

Vies et doctrines des philosophes illustres
8.2

Vies et doctrines des philosophes illustres

Βιοι και γνωμαι των εν φιλοσοφία ευδοκιμησάντων

Sortie : 3 février 1999 (France). Essai, Histoire

livre de Diogène Laërce

Annotation :

DIOGENE LAERCE

La qualification de « premier performer de l'histoire » ne s'applique généralement pas à Diogène Laërce lui-même, mais plutôt au philosophe dont il a consigné la vie : Diogène de Sinope (dit le Cynique).

Diogène Laërce est un biographe et historien de la philosophie du IIIe siècle apr. J.-C. C'est grâce à son ouvrage Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres que nous connaissons les actions provocatrices de Diogène de Sinope (Ve-IVe siècle av. J.-C.).

Le Jeu de saint Nicolas
4.9

Le Jeu de saint Nicolas

Édition bilingue (Ancien français) : Jean Dufournet

Roman

livre de Jean Bodel

Annotation :

JEAN BODEL

Jean Bodel (v. 1165–1210), trouvère et jongleur d'Arras, est considéré comme l’un des tout premiers « performers » de l’histoire occidentale parce qu'il a brisé les frontières du texte sacré pour inventer un théâtre urbain, immersif et charnel, totalement ancré dans la performance vivante.

Bien avant l'émergence du concept contemporain de performance art, Bodel a réinventé la posture de l'artiste face à son public à travers trois axes majeurs :

1. L'invention du théâtre de rue immersif (Le Jeu de saint Nicolas)

Avant Jean Bodel, le théâtre médiéval était essentiellement liturgique : il se jouait en latin, à l’intérieur des églises, de manière très codifiée. Autour de l’an 1200, Bodel écrit et met en scène Le Jeu de saint Nicolas, la première pièce profane et non liturgique en langue vulgaire (l'ancien français).
• L’espace comme dispositif : Il descend dans la rue et utilise une structure scénique éclatée (le palais, la taverne, la prison) où les spectateurs d'Arras se voient directement représentés.
• L'argot des bas-fonds : Il intègre pour la première fois le jargon des tricheurs, des voleurs et des piliers de bar. La performance n'est plus une récitation religieuse, elle devient une expérience viscérale et interactive qui bouscule le public bourgeois.

2. Le corps souffrant comme ultime œuvre d'art (Les Congés)

En 1202, alors qu’il s’apprête à partir pour la quatrième croisade, Jean Bodel contracte la lèpre. Condamné à l'exclusion sociale et à finir ses jours dans une léproserie, il choisit de scénariser sa propre déchéance et ses adieux au monde dans ses Congés.
• Une performance autobiographique : Il ne se cache pas ; il fait de sa tragédie personnelle et de son corps malade le sujet central de son art.
• En mettant sa propre vulnérabilité physique et sa mort sociale en scène face à la communauté, il préfigure de nombreux siècles à l'avance les performances artistiques modernes basées sur l'autobiographie radicale et l'exposition du corps souffrant.

3. La polyvalence totale du « showman » médiéval

En tant que jongleur et membre actif de la confrérie des jongleurs et bourgeois d'Arras, Bodel incarne l'artiste total. Il écrit des chansons de geste épiques, des contes satiriques grivois (les fabliaux) et des pièces dramatiques. Sur scène ou sur la place publique, la performance de Jean Bodel repose sur l'immédiateté : captiver l'auditoire par la voix, le rythme, le jeu théâtral et l'improvisation.

Zang Tumb tumb
-

Zang Tumb tumb (1914)

Sortie : 1914. Poésie

livre de Filippo Tommaso Marinetti

Annotation :

FILIPPO TOMMASO MARINETTI

Marinetti est considéré comme l'un des premiers performeurs de l'histoire de l'art en raison de son invention des « soirées futuristes » (serate futuriste), qui ont révolutionné le rapport entre l'artiste, l'œuvre et le public dès 1910.

Bien avant l'apparition des termes « happening » ou « performance » dans la seconde moitié du XXe siècle, Marinetti a sorti l'art des musées pour le transformer en un événement vivant, physique et provocateur.

1. La « Soirée Futuriste » : l'invention de l'action en direct
Dès 1910, Marinetti invente un format de spectacle totalement inédit :
• L'hybridation des arts : Sur scène, les artistes futuristes ne se contentent pas de lire de la poésie ; ils mélangent déclamation théâtrale, manifestes politiques, musique bruitiste et peinture en direct.
• Le corps comme œuvre : L'accent est mis sur la présence physique de l'artiste, sa voix, ses gestes et son énergie, ce qui constitue l'essence même de la performance moderne.

2. La provocation et le chaos comme moteurs
L'art ne doit pas être contemplé passivement, il doit secouer. Les soirées futuristes étaient conçues pour déclencher des réactions extrêmes :
• L'insulte et le scandale : ils provoquaient délibérément la foule en insultant le public bourgeois ou les institutions locales.
• La violence physique : Les spectacles se terminaient régulièrement en bagarres générales, avec jets de tomates, de pommes de terre, et interventions de la police. Marinetti théorisera plus tard cette violence esthétique dans son manifeste du Théâtre de la variété (1913), affirmant que le tumulte est un signe de vitalité artistique.

3. La destruction de la barrière public-artiste
• Le public devient co-créateur de l'événement par ses cris, ses sifflets ou sa colère.
• Pour maximiser l'interaction (et le chaos), il vendait parfois le même siège à 10 personnes ou recouvrait les fauteuils de colle pour forcer le public à réagir.

4. Le « Tactilisme » et la déclamation dynamique
• Poésie sonore et physique : Lors de ses lectures de poèmes comme Zang Tumb Tumb, il n'utilise pas seulement sa voix pour faire des bruitages militaires, il utilise tout son corps, frappe sur des objets et se déplace frénétiquement.
• Le Tactilisme : Il crée des performances basées sur le toucher, où les spectateurs doivent passer leurs mains sur différentes textures dans le noir pour ressentir l'art au lieu de simplement le regarder.

Dada à Zurich, 1915-1917
7.8

Dada à Zurich, 1915-1917

Sortie : 29 juin 2006 (France). Histoire, Culture & société

livre de Hugo Ball

Annotation :

HUGO BALL

Hugo Ball est considéré comme l'un des premiers performeurs de l'histoire de l'art occidental parce qu'il a théorisé et incarné la rupture absolue avec les formes d'art traditionnelles (théâtre, poésie lue, musique) au profit de l'action vivante, éphémère et provocatrice.

En cofondant le Cabaret Voltaire à Zurich en 1916 et en lançant le mouvement Dada, il a posé les bases de ce qui deviendra bien plus tard la performance artistique (ou performance art).

1. L'incarnation du poème phonétique : « Karawane »

Le 23 juin 1916, Hugo Ball monte sur la scène du Cabaret Voltaire et livre une prestation qui va marquer l'histoire de l'avant-garde.
• Le costume-sculpture : Il se présente enserré dans un costume de carton cylindrique bleu et brillant, les jambes prises dans des tubes rigides qui l'empêchent de marcher (l'obligeant à être porté sur scène), les épaules surmontées d'un immense col de sorcier en carton.
• La désarticulation du langage : Privé de mouvements, il récite ses « poèmes sans mots » (Lautgedichte), notamment le célèbre Karawane (« jolifanto bambla ô falli bambla... »). Le texte ne repose plus sur le sens, mais sur le rythme, la sonorité pure et l'incantation.

2. Le corps de l'artiste comme œuvre d'art

Avant la performance dadaïste, l'art consistait à produire un objet (une peinture, une sculpture, un livre). Avec Hugo Ball :
• L'œuvre n'est plus fixée sur un support : elle existe uniquement dans l'instant présent.
• Le médium n'est plus la peinture ou le bronze, mais le corps et la voix de l'artiste.
• Cette disparition de l'objet d'art au profit de l'action en direct est la définition même de la performance.

3. La provocation et le rituel face à la guerre

La performance de Hugo Ball n'est pas qu'un divertissement excentrique ; elle a une portée politique et philosophique profonde.
• La destruction de la logique : En pleine Première Guerre mondiale, Ball estime que la rationalité et le langage des sociétés occidentales ont mené au carnage des tranchées. Détruire la syntaxe et le sens traditionnel est un acte de protestation.
• La dimension chamanique : Lors de sa récitation de Karawane, Ball bascule dans une transe quasi-religieuse. Bloqué dans son costume, il commence à psalmodier ses mots inventés à la manière d'un prêtre ou d'un chaman, transformant l'espace scénique en un lieu de rituel magique pour exorciser l'horreur de l'époque.

Silence
8.2

Silence

Sortie : mars 2003 (France).

livre de John Cage

Annotation :

JOHN CAGE

John Cage a révolutionné l’art de la performance en déplaçant le cœur de l'œuvre d'art de la volonté du compositeur vers la perception du public et en intégrant le hasard, le silence et les bruits du monde.

Voici les piliers majeurs de sa révolution :

1. Le déplacement de l'objet vers l'expérience (avec 4′33″)

• Le silence actif : Avec sa pièce emblématique 4′33″ (1952), où l'exécutant reste silencieux face à son instrument pendant 4 minutes et 33 secondes, Cage prouve que le « silence » n'existe pas : ce sont les bruits de l'environnement (la respiration du public, les toussotements, les bruits extérieurs) qui composent la véritable œuvre.
• La démocratisation de l'écoute : Il retire au créateur le monopole du sens. L’art n’est plus un objet figé à contempler, mais une situation vécue par le spectateur dans l'instant présent.

2. L'introduction du hasard et de l'indétermination

• Le refus du contrôle : Influencé par le bouddhisme zen et le texte divinatoire chinois Yi King (qu’il consultait via des lancers de pièces), Cage abandonne l'écriture linéaire traditionnelle et les structures « début-milieu-fin ».
• L’imprévisibilité : Ses performances intègrent des opérations aléatoires pour que ni l'artiste ni le public ne sachent exactement ce qui va se produire, faisant de chaque représentation un événement unique et non reproductible.

3. Le décloisonnement des disciplines (préfiguration du Happening et de Fluxus)

• Du bruit à la matière performative : En affirmant que « l'avenir de la musique est le bruit », il ouvre la scène à des gestes du quotidien, au mouvement corporel et à l'action visuelle.
• L’héritage direct : Ses collaborations avec le danseur Merce Cunningham et sa démarche conceptuelle ont directement nourri les mouvements d'après-guerre comme le mouvement Fluxus, les happenings des années 1960 et l'art multimédia. Vous pouvez explorer davantage cette démarche via les ressources en ligne du Centre Pompidou.

Comment faire un happening
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Comment faire un happening

<br />How to make a happening

Sortie : 30 décembre 2011 (France). Essai

livre de Allan Kaprow

Annotation :

ALLAN KAPROW

Allan Kaprow est considéré comme l'un des pères fondateurs de la performance contemporaine parce qu'il a théorisé et matérialisé le passage de l'objet d'art statique à l'action éphémère. Bien que des formes d'expressions corporelles et rituelles existent depuis la Préhistoire, Kaprow a bouleversé l'histoire de l'art occidental en introduisant le concept de Happening à la fin des années 1950.

Voici ce qui fait de lui un pionnier absolu :

• L'invention textuelle et conceptuelle du "Happening" : Il est le premier à utiliser et populariser ce mot dès 1957 pour décrire une œuvre d'art calquée sur l'action. Son œuvre phare de 1959, 18 Happenings in Six Parts à la Reuben Gallery de New York, est historiquement reconnue comme l'acte de naissance de ce mouvement.

• La destruction de la frontière Art / Vie : Fortement influencé par les projections de peinture de Jackson Pollock et les cours du compositeur John Cage, Kaprow a voulu sortir l'art des cadres et des galeries traditionnelles. Pour lui, balayer, marcher, manger ou crier deviennent des gestes artistiques valables.

• La transformation du spectateur en participant : Avant Kaprow, le public de l'art occidental était passif (regarder un tableau, écouter un concert). Kaprow distribue des protocoles et des scripts : le public fait partie intégrante de la pièce, l'œuvre n'existe que par l'action collective.

• Le refus du marché de l'art : En créant des œuvres impossibles à vendre, à stocker ou à reproduire à l'identique, il a ouvert la voie à tout l'art corporel (Body Art) et conceptuel des décennies suivantes.

George Brecht, histoire d'un effacement
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George Brecht, histoire d'un effacement

Sortie : 7 juin 2018 (France). Jeunesse

livre de Frédéric Valabregue

Annotation :

GEORGE BRECHT

George Brecht a révolutionné l’art de la performance en inventant l’« event score » (ou partition d'événement), une approche qui a redéfini le rapport entre l'œuvre, l'artiste et le public.

1. L'invention de l'event score (partition d'événement)

• Des instructions minimalistes : Au lieu d'un texte théâtral ou d'une partition musicale classique, Brecht réduit l'œuvre à une ou quelques lignes d'instructions très simples décrivant une action quotidienne.
• Exemples célèbres :
• Drip Music (1959–1962) : « Faire tomber des gouttes d'eau dans un récipient. »
• Three Lamp Events (1961) : « Allumer, éteindre, lampe éteinte, allumer. »
• Word Event (1961) : simplement le mot « Sortie » (Exit).

2. Le déplacement de l'art vers le quotidien

• Anoblissement du geste banal : Influencé par son maître John Cage et par une formation de chimiste fasciné par l'aléatoire, Brecht retire toute recherche de virtuosité ou d'expression lyrique.
• L’art comme expérience : Il démontre qu'un acte banal (faire couler de l'eau, déplacer une chaise, claquer une porte de voiture dans Motor Vehicle Sundown) devient une œuvre d'art dès lors qu'il est cadré comme tel.

3. L'abandon du contrôle par l'artiste

• Ouverture et participation : Brecht abandonne la maîtrise totale du résultat. N'importe qui peut exécuter la partition (en public, en privé, ou même mentalement sans jamais la réaliser).
• La boîte Water Yam (1963) : Rassemblées par George Maciunas, ses cartes d'événements sont publiées dans une petite boîte qui anticipe directement l'art conceptuel et la dématérialisation de l'objet d'art.

4. Le pilier fondateur du mouvement Fluxus

• Abolition des frontières : En tant que membre fondateur du mouvement Fluxus dès 1962, Brecht a incarné la volonté de fusionner l'art et la vie, rejetant le marché de l'art, le spectacle grandiloquent et le sérieux institutionnel au profit du jeu, de l'humour et de l'éphémère.

Le dépassement de la problématique de l'art
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Le dépassement de la problématique de l'art

Essai

livre de Yves Klein

Annotation :

YVES KLEIN

Yves Klein a révolutionné l'art de la performance en faisant basculer l'œuvre d'un objet matériel à fabriquer vers un événement vivant, rituel et immatériel.

Ses principales contributions incluent :

• Les « pinceaux vivants » et les Anthropométries : À partir de 1960, Klein ne peint plus avec un pinceau. Il dirige des modèles nues enduites de sa célèbre couleur — l'International Klein Blue (IKB) — qui appliquent leurs propres corps sur la toile. La création de l'œuvre devient un spectacle public mis en scène.

• La théâtralisation et la musique : Ses performances étaient de véritables rituels orchestrés. Elles se déroulaient parfois en public devant un orchestre symphonique jouant sa Symphonie Monoton-Silence (une seule note prolongée suivie d'un silence absolu).

• L'exploration du vide et de l'immatériel : Avec sa célèbre Exposition du Vide en 1958 à la Galerie Iris Clert, Klein vide une galerie d'art, peint les murs en blanc et invite les visiteurs à faire l'expérience de la sensibilité pure et de l'espace, préfigurant l'art conceptuel.

• Le déplacement de l'auteur : En déléguant l'empreinte physique du corps aux modèles tout en orchestrant la scène en costume et en retrait, il transforme l'acte créateur en une énergie immatérielle et conceptuelle plutôt qu'en un savoir-faire artisanal traditionnel.

Pamplemousse
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Pamplemousse

Edition bilingue français-anglais

Sortie : 14 février 2004 (France). Poésie

livre de Yoko Ono

Nam June Paik
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Nam June Paik

Sortie : 23 septembre 2010 (France). Histoire

livre de Susanne Rennert

Annotation :

NAM JUNE PAIK

Performances éternelles. Marina Abramovic
7.8

Performances éternelles. Marina Abramovic

Performances éternelles : Marina Abramovic, Oeuvres photographiques, Edition bilingue français-anglais

Sortie : 1 mai 2006 (France). Biographie

livre de Marina Abramovic et James Westcott

Annotation :

MARINA ABRAMOVIC

Marina Abramović a révolutionné l'art de la performance en faisant du corps humain son médium principal et en transformant le public en co-créateur de l'œuvre.

Voici les principaux axes de cette révolution :

• L'endurance physique et mentale extrême : Elle a repoussé les limites de la résistance humaine pour explorer la douleur, la fatigue et la peur, transformant la performance en une épreuve de vérité (comme dans Rhythm 0 en 1974 ou The House with the Ocean View en 2002).

• La redéfinition du rôle du public : Le spectateur n'est plus un simple observateur passif, il devient un acteur indispensable. Avec The Artist Is Present (au MoMA en 2010), elle a fait du simple échange de regards silencieux un espace d'intensité émotionnelle et psychologique partagée.

• L'exploration de la vulnérabilité : En s'exposant sans défense face aux réactions de la foule, elle a interrogé la nature humaine, oscillant entre bienveillance et cruauté potentielle.

• L'institutionnalisation de l'art de la performance : Autrefois perçue comme un art éphémère, underground et marginal, elle l'a fait entrer en grande pompe dans les plus grands musées du monde et a créé le Marina Abramović Institute pour transmettre sa méthode.

https://www.youtube.com/watch?v=ihDy3dD-iUg
https://www.youtube.com/watch?v=xfoIboRvJjc
https://www.youtube.com/watch?v=pKIKi1D6bXU
https://www.youtube.com/watch?v=nqWyisTakYc

Coyote stories
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Coyote stories

Sortie : 20 janvier 2016 (France). Beau livre

livre de Chris Burden

Vito Acconci
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Vito Acconci

Sortie : 24 septembre 2002 (France). Beau livre

livre de Ward, Taylor et Bloomer

Carolee Schneemann
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Carolee Schneemann

Kinetic painting

Sortie : 27 novembre 2015 (France). Beau livre

livre de Collectif

Annotation :

CAROLEE SCHNEEMANN

Artiste féministe pionnière, Carolee Schneemann enquête sur la vie, le corps et le rôle des femmes dans la société. Bien qu'elle ait travaillé dans une variété de médias tout au long de sa carrière, elle est plus étroitement associée à un type de performance des années 1960 et 1970 connu sous le nom de Body Art (à ne pas confondre avec « body art », un terme qui englobe le tatouage, la scarification , piercing, peinture sur la peau, etc.). L'art corporel féministe célèbre et réaffirme des aspects du corps des femmes qui ont été traditionnellement ignorés ou réprimés par le courant dominant privilégié des hommes. Ces performances incluaient souvent de la nudité et un rejet explicite des idées traditionnelles et dédaigneuses sur la sexualité féminine. Dans de nombreuses performances de Schneemann, son corps fait littéralement partie de l'œuvre d'art. Films, photographies et descriptions verbales sont tout ce qui reste de ces performances live puissantes et très chargées devant un public limité.

29 mai 1964 - Festival de la Libre Expression, Paris - "Meat Joy"

https://www.youtube.com/watch?v=s4i4hLtqLOs

Schneemann et ses participants ont interprété Meat Joy pour la première fois au premier Festival de la libre expression à Paris en mai 1964. Deux autres représentations ont suivi plus tard cette année-là à Londres et à New York.

Meat Joy incarne le concept de « théâtre cinétique » de Schneemann, dans lequel les interprètes s'engagent dans des mouvements marqués et improvisés avec une gamme de matériaux disparates. Huit interprètes – dont Schneemann – couverts de peinture, de papier et de pinceaux ont rampé et se sont tordus ensemble, jouant avec du poisson cru, de la viande et de la volaille. Selon l'artiste, en utilisant le corps nu comme matériau d'art, elle "a exposé et confronté une gamme sociale de tabous culturels actuels et de conventions répressives". L'œuvre était à la fois érotique, dégoûtante, comique, chorégraphiée et spontanée. Meat Joy était une célébration de la chair qui frisait le rituel extatique. Pour réaliser ce film, Schneemann a combiné des images de performances de Meat Joy à Paris et à New York et l'a mis sur de la musique pop, transformant une œuvre en direct en un assemblage cinématographique de corps tordus avec une bande sonore.

Joseph Beuys parallel processe
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Joseph Beuys parallel processe

Sortie : 1 septembre 2010 (France). Beau livre

livre de Joseph Beuys

Annotation :

JOSEPH BEUYS

Le feutre est la matière utilisée par Beuys dans de nombreuses œuvres. Avec la graisse et le miel, ils font référence à son accident d’avion pendant la guerre en 1943 : pilote de la Luftwaffe sur le front russe pendant la Seconde Guerre mondiale, il se serait craché avec son avion en Crimée. Il aurait été recueilli par des Tartares (peuple turc d’Eurasie). Ses plaies et brûlures furent enduites de graisse et son corps enveloppé dans du feutre pour parer au froid. Le miel quant à lui fut l’aliment énergétique qui lui permit de retrouver des forces. Cette histoire installe ce qu’il appartient de nommer sa mythologie personnelle.

21-25 mai 1974 - Galerie René Block, New York - "I like America and America likes Me"

https://www.youtube.com/watch?v=IjI3_w9ZbX0

Une ambulance se présente au domicile de l’artiste à Düsseldorf, en Allemagne. Il est alors pris en charge sur une civière, emmitouflé dans une couverture de feutre. Il va alors accomplir un voyage en avion à destination des États-Unis, toujours isolé dans son étoffe. À son arrivée à l’aéroport Kennedy de New York, une autre ambulance l’attend. Surmontée d’un gyrophare et escortée par les autorités américaines, elle le transporte jusqu’au lieu d’exposition. De cette façon, Beuys ne foulera jamais le sol américain à part celui de la galerie; il avait en effet refusé de poser le pied aux Etats-Unis tant que durerait la guerre du Viêt Nam.

Il passe ensuite trois jours en compagnie d’un coyote sauvage, capturé dans le désert du Texas, qui attend derrière un grillage.

Il porte son habituel chapeau de feutre et se recouvre d’étoffes, elles aussi en feutre. Au cours de l'action, tel un berger avec son bâton et enveloppé dans sa cape, Beuys joue avec le coyote qui déchire la cape. Beuys reçoit le Wall Street Journal que l'animal préfère à la paille qui lui était destinée. Il s'y installe confortablement et fait parfois ses besoins dessus. Beuys dispose de la paille, de sa toile en feutre, de son bâton du berger, d'une lampe torche et d'un triangle sur lequel il joue parfois. Le coyote, initialement effrayé et agressif, gagne progressivement en confiance et finit par établir une relation avec l'humain. En guise d'adieu, Beuys étreint le loup des prairies et éparpille la paille sur laquelle ils avaient partagé le campement. L'artiste s'enveloppe ensuite dans du feutre et est ramené à l'aéroport en ambulance sans avoir porté un seul regard sur l'Amérique, à l'exception du coyote, des numéros du Wal

Rien dans les poches : journal intime
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Rien dans les poches : journal intime

Sortie : 6 avril 2009 (France). Correspondance

livre de Laurie Anderson

Annotation :

LAURIE ANDERSON

Elle a révolutionné l'art de la performance en transformant un genre initialement minimaliste, physique et confidentiel en un spectacle multimédia total, technologique et grand public.

1. L'invention de la performance multimédia à grande échelle

Avant elle, la performance artistique des années 1960 et 1970 (comme le mouvement Fluxus) se concentrait sur le corps et le minimalisme. Elle y a intégré une scénographie massive :
• L'art total : Elle combine simultanément la musique, la poésie parlée, les projections de films, l'éclairage théâtral et l'art de l'installation.
• L'œuvre monumentale : Son spectacle United States Live, d'une durée de plus de 4h a prouvé que la performance pouvait s'élever au rang d'opéra post-moderne et remplir des salles de concert internationales.

2. Le détournement et l'invention technologique

Considérant la technologie comme « le feu de camp autour duquel nous racontons des histoires », elle a conçu ses propres outils scéniques :
• Le violon à bande magnétique : cet instrument remplace le crin de l'archet par une bande magnétique enregistrée et le chevalet par une tête de lecture, permettant de faire "parler" le violon en le frottant.
• Le Talking Stick : Un bâton de près de 2m fonctionnant comme un contrôleur MIDI capable de fragmenter et de reproduire n'importe quel son instantanément sur scène.

3. La manipulation de la voix et le genre fluide

Elle a été l'une des premières à utiliser des filtres audio (harmoniseurs, vocoders) pour déconstruire l'identité humaine sur scène :
• L'alter ego vocal : En modifiant sa voix pour obtenir un timbre masculin très grave, elle a créé le personnage du "Voice of Authority". Elle a ainsi questionné les structures de pouvoir, les médias de masse bien avant l'ère du numérique.

4. Le Storytelling comme pilier conceptuel

Alors que la performance de son époque rejetait souvent la narration linéaire, elle a remis le récit (storytelling) au centre de son œuvre. Ses textes mêlent philosophie, anecdotes du quotidien, politique américaine et poésie absurde, créant une proximité intime avec le public malgré le déploiement technologique.

5. Une passerelle unique entre avant-garde et Pop culture

Son titre expérimental "O Superman" est devenu un immense succès populaire. En faisant entrer la musique expérimentale et la performance artistique dans les charts mondiaux et sur la chaîne MTV, elle a prouvé que l'art conceptuel pouvait être accessible et captivant pour le grand public.

Subliming vessel
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Subliming vessel

the drawings of Matthew Barney

Sortie : 1 mai 2013 (France). Beau livre

livre de Matthew Barney

Annotation :

MATTHEW BARNEY

Matthew Barney a révolutionné l’art de la performance à partir de 1987 en le fusionnant avec les méthodes de l'entraînement sportif et en le transformant en un médium total mêlant cinéma, sculpture, dessin et mythologie.

Les clés de sa révolution artistique

• Le principe de la « contrainte » (Drawing Restraint) : Inspiré de son passé d'athlète et de la physiologie musculaire, il transpose l'idée que le muscle se renforce face à une résistance dans l'acte de création. Il cherche à dessiner ou à agir en soumettant son corps à des obstacles physiques extrêmes (sauter sur un trampoline, escalader, se suspendre avec des câbles).

• L’hybridation des médiums : Plutôt que de considérer la performance comme un événement éphémère, il l’intègre comme le point de départ d'un écosystème visuel. La performance devient la matrice dont découlent des sculptures, des installations, des dessins et des films d'avant-garde.

• Le corps comme cobaye et forme sculpturale : Chez Barney, le corps n'est plus seulement le véhicule d'un message politique ou social, mais une matière plastique qu'il hypertrophie, transforme et pousse dans ses retranchements, le traitant comme un objet ou une image en mutation.

• L’œuvre monumentale et mythologique (The Cremaster Cycle) : Avec sa série de films et d'installations comme The Cremaster Cycle (1994-2002), il a repoussé les frontières du récit artistique en créant une mythologie personnelle complexe où la sexualité, la biologie et la géographie fusionnent dans des performances filmées de grande envergure.