Cover Re : John Hughes

Re : John Hughes

Autre liste où je tente de cerner ce qui me plaît tant dans le travail de cet homme.

Liste de

9 films

créée il y a plus de 2 ans · modifiée il y a 7 mois
Bonjour les vacances...
6

Bonjour les vacances... (1983)

National Lampoon’s Vacation

1 h 38 min. Sortie : 20 juin 1984 (France). Comédie, Road movie

Film de Harold Ramis

Mellow-Yellow a mis 5/10.

Annotation :

Scénarisé par Hughes.

Lorsqu'on voit de prime abord "Planes, Trains & Automobiles", "National Lampoon's Vacation" peut surprendre. L'humour dans le film est bien plus noir, risqué et assurément non familial. Hughes lui-même ne voyait pas son histoire être adaptée en film, la trouvant trop "épisodique".
Je suis plutôt d'accord avec lui. Le film consiste en une suite de sketches plus ou moins réussi, souvent assez prévisibles, qui arrivent de temps en temps à arracher quand même un sourire.
On notera des acteurs particulièrement investis, qui donnent un véritable souffle au film et l'empêchent d'apparaître comme un divertissement forcé et/ou superficiel.

Mister Mom - Profession : père au foyer
5.5

Mister Mom - Profession : père au foyer (1983)

Mr. Mom

1 h 31 min. Sortie : 30 mai 1984 (France). Comédie

Film de Stan Dragoti

Annotation :

Pas vu.

Scénarisé par Hughes.

16 bougies pour Sam
5.9

16 bougies pour Sam (1984)

Sixteen Candles

1 h 33 min. Sortie : 15 août 1984 (France). Comédie

Film de John Hughes

Mellow-Yellow a mis 5/10.

Annotation :

Difficile en 2023 de défendre Sixteen Candles, première étape de la carrière de John Hughes. Les exemples de misogynie, d'homophobie et de racisme abondent. A tel point qu'on ne peut plus parler de ce film sans aborder ces éléments immédiatement, tant leur omission apporterait de la controverse.


A défaut de l'excuser, on peut au moins le remettre dans une perspective historique. "Sixteen Candles" est à mi-chemin entre deux tendances dans le teen movie américain : l'humour grossier, potache, héritier des "Animal House" et autres "Porky's" , et quelque chose de nouveau, quelque chose qui sera désormais consacré comme etant le style "John Hughes" : un regard plus profond sur la condition adolescente. Une certaine tendresse du regard, une certitude que les adolescents se caractérisent par autre chose que des hormones en folie et une rébellion contre l'autorité parentale.

Hughes se cherche. Il a été éduqué du côté de National Lampoon et il a donc du

"Sixteen Candles" contient des embryons de ce qui deviendra sa signature : une attention soutenue au tourment émotionnel de ses personnages, un souci du détail, un mélange des voix, des trajectoires. Hugues a bien compris que pour faire ressortir le particulier de chacun, il faut les mettre en opposition. Ce qui sera une constante de son oeuvre. Personne ne peut être quelqu'un sans les autres.

Le problème est qu'ici le côté potache est largement plus favorisé, Hughes n'osant pas encore aller vraiment vers où il le souhaite. Cela ne saurait tarder. Le générique est excellent autant dans son utilisation de la musique que pour la manière dont il traite le sujet : des bouts de corps, des mains entrelacées, du rouge à lèvres se faisant apposer... et presque aucun visage. Il n'y a pas d'adolescence, il n'y a que des adolescents.


Passionnante étude sur l'évolution des teen movies. Précieuse pour comprendre l'apport de Hugues :
https://www.cairn.info/revue-le-temps-des-medias-2013-2-page-82.htm


Très intéressant article de Molly Ringwald sur sa perception de l'oeuvre de Hughes. Remise en contexte salutaire :
https://www.newyorker.com/culture/personal-history/what-about-the-breakfast-club-molly-ringwald-metoo-john-hughes-pretty-in-pink

Breakfast Club
7.3

Breakfast Club (1985)

The Breakfast Club

1 h 37 min. Sortie : 11 septembre 1985 (France). Comédie, Drame

Film de John Hughes

Mellow-Yellow a mis 9/10.

Annotation :

Le film par lequel tout a commencé. "Woah" .

Enfin quelqu'un qui prend au sérieux "les adolescents" , ce terme plutôt insultant quand on y pense. À une période charnière pour la construction de soi, où l'on commence enfin à vraiment se distinguer les uns des autres, on a encore le réflexe de parler "des" adolescents, comme si on pouvait tous les mettre dans une case (j'ai marqué "cage" au départ...)

"The Breakfast Club" réduit les possibilités d'espace pour présenter des "stéréotypes" regroupés dans une journée de colle. Idée de génie si elle en est. Quand on peut pas s'éparpiller partout, on a pas le choix que de s'intéresser à ce qu'il y a autour de nous. Alors les adolescents se rencontrent véritablement, nouant des liens par leurs "défauts" plutôt que par leurs pseudo-qualités.

Chaque personnage se définit finalement par ses problèmes plutôt que ses caractéristiques. Un choix bienvenue, qui fut plutôt controversé à l'époque, la société américaine étant plus portée à donner des leçons aux jeunes "qui ont tant à apprendre" plutôt que de les écouter.

Une créature de rêve
6.2

Une créature de rêve (1985)

Weird Science

1 h 33 min. Sortie : 5 février 1986 (France). Comédie, Fantastique, Science-fiction

Film de John Hughes

Mellow-Yellow a mis 6/10.

Annotation :

On pourrait croire que le John Hughes post-Breakfast Club continuerait immédiatement dans cette verve romantique.

Hé bien non, "Weird Science" revient dans le potache. Du chemin a été fait entre temps ceci dit Derrière les gags se glisse le récit de la prise de confiance des deux héros. Et surtout une leçon plutôt étonnante: réaliser nos fantasmes n'apporte pas grand chose, si ce n'est une nécessaire escalade dans l'échelle des plaisirs. Les héros finissent par lâcher leurs fantaisies pour s'arrêter sur quelque chose de plus vrai. C'est plutôt pas mal comme trajectoire. Ça permet de voir que les femmes sont autre chose qu'un corps...

On reste cependant dans le stéréotype de l'homme nécessitant une femme pour le "faire" . C'est parfois bancal mais cela reste bon enfant. Je ne demande pas autre chose.

A noter que Hughes accorde une certaine attention aux jolies voitures, telle la Porsche 928, l'AMC Concord, la Ferrari Mondial... J'en profite donc pour pousser une autre théorie : Hugues est fan d'automobile et tente discrètement de placer ses favorites dans ses films. Au-delà d'être de simples teen movies, ces films sont avant tout des déclarations d'amour à cette joie typiquement américaine de conduire. Souvenons-nous de ce passage dans "Sixteen Candles" où Samantha se plaint de devoir prendre le bus.

Rose bonbon
6.2

Rose bonbon (1986)

Pretty in Pink

1 h 37 min. Sortie : 4 juin 1986 (France). Comédie, Drame, Romance

Film de Howard Deutch

Mellow-Yellow a mis 7/10.

Annotation :

Écrit par John Hughes.

Moins fulgurant que "The Breakfast Club" , mais avec ses propres moments éthérés.

Si je devais écrire sur "Pretty In Pink", je le ferais en suivant le fil de sa bande-son. Le film m'a surtout marqué par son utilisation de la musique, magnifiant les moments ordinaires pour les transformer en quelque chose de plus grand.

Il suffit du "Cherish" de the Association pour transformer un simple échange dans une chambre d'ado en un moment scénique :
https://m.youtube.com/watch?v=O3vImImp3RA&pp=ygUWcHJldHR5IGluIHBpbmsgY2hlcmlzaA%3D%3D

En fait peut-être que ce film est une comédie musicale qui ne dit pas son nom ? La question se pose, genre devant cette scène que j'adore :
https://m.youtube.com/watch?v=sT7pIUL-vM0&pp=ygUVcHJldHR5IGluIHBpbmsgZWxlZ2lh

J'aime aussi l'idée de pouvoir retrouver son amour sur le "If You Leave" d'Orchestral Manoeuvres in the Dark :
https://m.youtube.com/watch?v=aMHoTke5Q6E&pp=ygUhcHJldHR5IGluIHBpbmsgaWYgeW91IGxlYXZlIHNjZW5l

Il y a aussi une scène où ils s'embrassent dans les phares de la BMW E3. Magique. Autre indice subtil de Hughes soulignant que la seule chose importante dans la vie ce sont les voitures :


https://www.google.com/url?q=https://i.pinimg.com/736x/0a/33/ff/0a33ffda75c2d51e7cbab1fe5125f6c2.jpg&sa=U&ved=0ahUKEwiN-4SMuJWAAxWuTaQEHR-ZCYYQ5hMIBQ&usg=AOvVaw0Bn70IOjsKRFI7_8gl63hp

Blague à part, les films réalisés/écrits par Hughes mettent souvent en scène la société de consommation dans sa version eighties : maintenant que le confort matériel est atteint, les objets sont là pour dépasser les limites, pour s'extirper des carcans et des fragilités humaines. Ce sont également des signes distinctifs d'identité, pensons à l'importance de la fameuse robe.

Bref, Pretty in Pink est ma comédie musicale préférée.

Un ticket pour deux
6.5

Un ticket pour deux (1987)

Planes, Trains and Automobiles

1 h 33 min. Sortie : 16 mars 1988 (France). Comédie

Film de John Hughes

Mellow-Yellow a mis 6/10.

Annotation :

Pas encore vu.

Voir Hughes quitter le teen movie pour un autre style de comédie pourrait surprendre. Il évoquait déjà dans une interview avec Molly Ringwald son intérêt pour le changement, qu'il situe comme lié aux déménagements vécus durant son enfance.
Même au sujet de ses teen movies, on pourrait croire qu'ils racontent tous la même chose, mais ce n'est jamais vraiment tout à fait le même point de vue, le même traitement.

L'interview en question :
https://web.archive.org/web/20090809144057/http://www.riverblue.com/hughes/articles/molly17.html

Cette interview est intéressante parce que Hugues souligne les particularités de son trait, notamment l'idée qu'il lâche l'obsession pour le sexe, pour aller plus du côté de la romance.

"Why watch someone kissing when people really close their eyes when they kiss ?"

Au sujet de l'abandon, du changement, Hughes souligne la tristesse de voir les choses parti /se défaire. L'écriture de "Pretty in Pink" se fit dès la fin de "Sixteen Candles" , comme une tentative de traiter la perte.

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Nous sommes en 2024 et j'ai désormais vu "Planes, Trains & Automobiles" . J'appréhendais quelque peu le visionnage, car les comédies familiales de ce type me mettent mal à l'aise. J'ai un peu de mal à prendre du plaisir devant des personnages se faisant humilier, même si ce sont des salauds.
Steve Martin s'en prend plein la gueule dans ce film. Les déconvenues s'accumulent et le film joue peu sur l'alternance de réussites et d'échecs. On a plutôt l'impression d'assister à une déchéance permanente, déchéance qui a évidemment un léger goût religieux puisque les possessions matérielles de Neal seront une à une détruites et l'obligeront à faire preuve d'humilité.

Bien que n'étant pas friand ce style de film, j'ai passé un bon moment et je trouve qu'il est loin d'être relégable à une simple farce. J'ai un peu de mal à exprimer pourquoi, alors je me suis aidé de cet article :
https://www.popmatters.com/planes-trains-and-automobiles-celebrates-its-30th-anniversary-at-a-time-we-need-the-film-the-most-2508407785.html

L'auteur évoque notamment la manière dont met en avant la difficulté des rapports humains et la manière dont la technologie vient s'interposer entre eux. Les années 80 représentent la décennie où la valeur du travail est poussée à son paroxysme. La productivité est d'autant plus stimulée par l'omniprésence des technologies. Mais les rapports de classe sont toujours bien présents et finalement rien ne change, la technologi

L'Amour à l'envers
6.5

L'Amour à l'envers (1987)

Some Kind of Wonderful

1 h 35 min. Sortie : 1987 (France). Drame, Romance

Film de Howard Deutch

Mellow-Yellow a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Écrit par Hughes.

"Some Kind of Wonderful" est généralement présenté comme une "simple" reddite de "Pretty in Pink". Je suis en désaccord avec cette opinion. Pour moi c'est un film tout aussi intéressant et avec plusieurs twists.

"Some Kind of Wonderful" est le digne frère (la digne soeur ?) de "Pretty in Pink" car une fois encore la musique est admirablement utilisée, comme lors de ce générique:
https://m.youtube.com/watch?v=t9wjEaW0XOA&pp=ygUmc29tZSBraW5kIG9mIHdvbmRlcmZ1bCBvcGVuaW5nIGNyZWRpdHM%3D

On notera encore une fois l'omniprésence de belles voitures... et un héros qui est COMME DE PAR LE HASARD mécanicien.

https://www.imcdb.org/m94006.html

La Folle Journée de Ferris Bueller
7.2

La Folle Journée de Ferris Bueller (1986)

Ferris Bueller's Day Off

1 h 43 min. Sortie : 17 décembre 1986 (France). Comédie, Drame

Film de John Hughes

Mellow-Yellow a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Au niveau musical, Ferris Bueller est une nouvelle fois excellent. J'ai été beaucoup marqué par nombre de musiques. Que cela soit le "Danke schön" de Wayne Newton en leitmotiv, ou le "Love Missile F1-11" qui vient décupler l'excitation des paroles de Ferris...

Et puis cette scène magique du musée:
https://m.youtube.com/watch?v=mFY9ace2t4s&pp=ygUNZmVycmlzIG11c2V1bQ%3D%3D
Bien plus qu'un simple moment clipesque, cette scène m'a semblé remettre au centre l'importance de l'art dans la découverte de soi. Je me suis toujours dit que c'était en se confrontant à ce qui sort de nos a priori que l'on peut se donner une chance de se voir différemment. La découverte des peintures me semble une véritable rencontre autant artistique que personnelle. C'est pour moi une autre facette du talent de Hughes : derrière une simple scène ludique et amusante, se cache une profondeur fascinante.

Niveau voitures, je me permets de noter que l'affiche du film met expressément en scène des voitures, À NOUVEAU QUEL HASARD !
https://www.imcdb.org/m91042.html

Les gens préfèrent prendre soin de leur voiture plutôt que le bien-être de leur enfant. C'est dire.
C'est à mon sens loin d'être caricatural.

Hughes décrit son film comme une lettre d'amour à Chicago. C'est effectivement un film où les espaces sont nombreux et particulièrement bien mis en valeur. Cela me ramène à une autre chose que j'aime chez Hugues : j'aime les gens qui aiment des choses et veulent les mettre "en valeur" . Avec toute l’équivoque péjorative que cela suppose.

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