Seconde chance
Ça se produit souvent, pour de nombreuses oeuvres qui figurent parmi nos préférées : la première fois on n'est pas prêt, on n'a pas l'oreille pour, on n'a pas la bonne humeur, on n'a pas parcouru le chemin nécessaire. Et si on redonne une chance ou qu'on y revient plus tard, c'est la rencontre.
Le simple fait qu'on choisisse d'y revenir plus tard, déjà c'est le signe que le rejet n'était pas total, qu'une graine avait été plantée. Voici les jeux video qui ne m'avaient pas plu la première fois que je les ai essayés.
Classés par ordre du plus grand écart entre le rejet initial et l'adhésion finale.
Returnal (2021)
Sortie : 30 avril 2021. Action, Roguelike/Roguelite
Jeu sur PlayStation 5, PC
el-payo a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Ah non mais j'aime pas ça moi les rogue-like.
Il est quand même sacrément stylé celui-ci. Un TPS avec de la plateforme, un brin d'exploration et une esthétique qu'on dirait Metroid coincé dans le film Alien ! Miam.
Donc je l'ai lancé mais diable que c'était difficile ! L'histoire est super prenante (une boucle temporelle infusée dans des hectolitres de mystère) et le gameplay d'une efficacité redoutable. Mais vraiment trop difficile. Je sais que c'est volontaire et qu'on est censé appréhender les mécanismes de rogue pour monter en puissance. Pourtant j'ai fini par abandonner sans même réussir à rencontrer le boss du premier biome.
Etais-je frustré de cela ?
Non. J'ai mis mon insatisfaction sur le compte de mon désamour des mécanismes de rogue.
Un jour je l'ai relancé. Je ne saurais même pas dire ce qui m'a pris mais j'en suis ravi parce qu'il s'agit aujourd'hui d'un de mes jeux préférés.
Les salles constituant les niveaux ne sont pas générées de façon procédurale. Ce sont des modules conçus à la main dont seul l'agencement dans la carte globale du biome est aléatoire. La génération procédurale est un de mes arguments anti-rogue. Je sais que de nombreux rogue-like n'ont pas de contenu généré de façon procédurale ; heureusement Returnal fait partie de ceux-là.
Pour le reste des mécanismes de rogue, j'ai eu des difficultés à me familiariser avec (Returnal est très difficile et très avare en meta-progression) mais j'ai consulté de nombreuses video qui m'ont guidé dans mon apprentissage des systèmes du jeu.
Après avoir suffisamment insisté, j'avais en main tout ce que j'aime dans un jeu : un gameplay nerveux, des effets visuels et sonores extrêmement immersifs et satisfaisants, des paysages phénoménaux, un mystère opaque, une alternance entre frénésie et tactique, un plaisir de la découverte régulièrement renouvelé. Et quelle histoire ! Le mystère plane en permanence. Que ce soit dans des séquences interludes très étonnantes, ou tout simplement dans la façon qu'a le jeu de se raconter par les commentaires audio, les décors et une certaine familiarité disséminée progressivement parmi toute l'étrangeté du jeu.
Reste le défi proposé par l'extrême difficulté du jeu. Je suis mort un nombre incalculable de fois. Chaque fois j'ai eu envie d'y retourner, même après des runs de plusieurs heures. Ce qui pour moi démontre l'extraordinaire qualité du jeu.
Venir à bout de Returnal est à ce jour ma plus grande prouesse de joueur.
Bien au-delà du 100% de Silksong.
Subnautica (2018)
Sortie : 23 janvier 2018. Survie, Aventure, Bac à sable
Jeu sur PC, Mac, PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch, PlayStation 5, Xbox Series X/S, Nintendo Switch 2
el-payo a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Ah non mais j'aime pas ça moi les jeux de survie et de craft.
La première fois que j'ai lancé Subnautica, je n'ai pas été charmé. Et je me suis senti perdu. Echoué sur un point au beau milieu de l'Océan. La surface ne révèle quasiment rien et sous l'eau ça semble infini, on ne sait pas par quoi commencer.
On a un machin qui peut tout fabriquer, et un tel nombre de recettes de craft que là encore je n'ai pas su par quoi commencer.
Mon alter ego éclaireur videoludique préféré m'a incité à réessayer. En utilisant des mots clefs efficaces comme "exploration à la Outer Wilds".
Sur son conseil j'ai réessayé en mode Histoire, avec le moins de jauges de survie possible. C'est tellement plus simple : on se sent moins agressé, moins pressé de fabriquer l'essentiel en urgence, et j'ai donc pu appréhender la façon dont Subnautica propose une exploration en niveaux de profondeurs accessibles selon la progression de ton équipement. Pas si loin d'un level design de Metroidvania.
Ça, ça m'a chopé. Je me suis pris au jeu. Suffisamment pour commencer à capter quels étaient les trucs à crafter, les trucs à farmer, comment fonctionne finalement le système de survie du jeu.
Il y a un problème avec le mode histoire. C'est tellement simple que ça te prive de quelques satisfactions. Je m'en suis rendu compte quand sous l'épave du vaisseau mère j'ai trouvé des bouteilles d'eau à l'intérieur d'une série de coffres difficiles d'accès... En mode histoire on n'a pas besoin d'eau.
Elles étaient censées être une récompense. Elles étaient censées te rebooster, rendre possible la poursuite de l'exploration, te donner un second souffle.
J'ai compris que je manquais un truc alors j'ai recommencé une nouvelle fois depuis le début mais en mode Survie. J'avais les réflexes, j'avais l'envie de découvrir, j'avais la soif de Subnautica.
Et j'ai bouffé le jeu dans son intégralité. J'ai tout aimé. Progresser dans l'amélioration de mon équipement, progresser dans la construction d'un domicile sous-marin, progresser dans l'exploration et la découvertes de biomes incroyables, de faune tantôt magnifique tantôt terrifiante, progresser dans l'histoire qui recèle son lot de moments forts, progresser tout simplement dans le jeu qui se transforme petit à petit avec une évolution des mécanismes de gameplay.
Subnautica est un jeu extraordinaire ! Au point qu'il m'a donné envie d'essayer d'autres jeux d'exploration/survie/craft. Chaque fois déçu (hormis No Man's Sky).
N'est pas Subnautica qui veut.
GRIS (2018)
Sortie : 13 décembre 2018. Aventure, Plateforme, Réflexion
Jeu sur Nintendo Switch, PlayStation 4, PC, Mac, Apple TV, iPhone, iPad, Android, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series X/S, Nintendo Switch 2
el-payo a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Gris aussi est un jeu que j'ai mal jugé la première fois que j'ai essayé d'y jouer.
Cette fois ce n'est pas le genre qui est en cause. Aucun a priori sur les cinematic plateformers... Même s'il vrai que par définition, ils ont une physique de déplacement qui n'est pas très nerveuse.
C'est ce point qui m'a gêné. Pourtant il n'est pas plus mou que la moyenne du genre. Je n'avais juste pas envie d'un jeu qui prend son temps, je crois.
C'est ce jeu que je cite en premier exemple quand je veux illustrer qu'un rendez-vous raté avec un jeu est la plupart du temps une question d'humeur, d'état d'esprit à l'instant t. La faute du joueur, pas du jeu.
Parfois la sauce ne prendra pas, quelle que soit l'humeur, quelle que soit le nombre de chances qu'on laisse au jeu.
Pour Gris, la deuxième fois a été la bonne.
Si on l'aborde avec la bonne envie de jouer à un jeu contemplatif, Gris peut faire mouche de façon très efficace. Car tout est magnifique.
Attention, ne me faites pas dire que c'est un jeu qu'on regarde plus qu'on y joue !
Le jeu donne à jouer, un peu de plateforme, des mini-énigmes de puzzle-plateformer, de l'observation. Mais ça force réside de toute façon dans le climat qu'il réussit à installer, pour peu que le joueur soit dans les bonnes dispositions.
Et quand ça prend, c'est beau à en impressionner durablement.
Uncharted 4: A Thief's End (2016)
Sortie : 10 mai 2016. Action-Aventure
Jeu sur PlayStation 4, PlayStation 5, PC
el-payo a mis 8/10.
Annotation :
Uncharted 4 ne m'avait pas laissé une mauvaise première impression.
Mais n'ayant pas joué moi-même aux premiers épisodes, j'avais un peu cet a priori de gros AAAA Naughty Dog façon film intéractif, et je n'avais pas du tout envie de ça. Le prélude du jeu est hyper efficace mais les scènes s'enchaînent vite, certaines séquences ne sont guère plus que des phases de QTE. Si bien qu'après avoir adoré crapahuter de corniches en corniches, les longues scènes cinématiques et la première phase de gunfight en cover/shooter m'ont détourné du jeu.
Mais pas si mauvaise impression, tout de même. Si bien que j'y suis revenu plus tard (je l'avais acheté, tout de même). Uncharted 4 a quelques problèmes de rythme. Certaines séquences sont trop longues, certaines sont peut-être simplement de trop. Mais dans l'ensemble il délivre une sacrée dose d'action (on court, on saute, on dévale, on se rattrape in extremis), de l'infiltration plus que du shoot (si on veut s'en donner la peine), et des moments d'aventure mémorables.
Dredge (2023)
Sortie : 30 mars 2023 (France). Pêche, Aventure
Jeu sur PC, PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch, PlayStation 5, Xbox Series X/S, Nintendo Switch 2, Mac, Android, iPhone, iPad, iPod
el-payo a mis 7/10.
Annotation :
La première fois que j'avais lancé ce jeu c'était à sa sortie et je n'avais pas été chopé par la proposition.
Proposition que je n'avais pas comprise d'ailleurs. J'avais le sentiment d'avoir affaire à un jeu-boulot. Et ça, c'est pas ma came. Après il y a toujours la question du timing/mood, c'était peut-être pas l'envie du moment la première fois.
Quoi qu'il en soit, Dredge n'est pas un jeu boulot. Déjà parce que t'es jamais contraint de pêcher pour rentabiliser ta journée en mer. Tu peux ne pêcher que quand t'as besoin d'atteindre une certaine somme d'argent nécessaire à ton développement (amélioration de matériel, ou du bateau).
Le reste du temps tu es libre d'explorer. C'est un jeu d'exploration. Et ça... ça, c'est ma came !
Recherche de nouveaux poissons (pour la collection ou pour remplir des demandes), recherche de nouvelles îles, recherche de nouvelles interactions insolites disséminées sur le territoire. C'est conçu comme plusieurs niveaux : un nouvel archipel = un nouveau niveau/biome avec besoin d'une nouvelle ligne de pêche, nouvelles quêtes etc.
Au début le bateau est lent et fragile, donc c'est périlleux d'explorer plus loin que les environs immédiats du premier port. Mais petit à petit, au fur et à mesure qu'on prend pied dans l'ambiance et dans l'histoire, le niveau de notre équipement augmente. L'étendue de notre zone de familiarité augmente donc progressivement, tous les aspects du jeu en même temps. Et ça c'est agréable. J'ai eu ce feeling dans Subnautica, auquel j'ai pensé. Avec tous ces poissons et un certain climat menaçant.
Jouez-y si vous aimez explorer un petit monde ouvert conçu à la main avec une ambiance efficace (bémol sur les musiques quand même, une en particulier est saoulante à force) et un gamefeel assez chouette.
Promenade (2024)
Sortie : 23 février 2024. Plateforme
Jeu sur PC, Nintendo Switch, PlayStation 4, Xbox One, PlayStation 5, Xbox Series X/S, Nintendo Switch 2
el-payo a mis 7/10.
Annotation :
Promenade dégage quelque chose. C'est mignon, OK. Mais il dégage quelque chose qui évoque les jeux de plateforme de l'époque ce genre était roi.
J'avais très envie de l'aimer.
J'ai lancé la démo dès qu'elle est sortie. Et j'ai trouvé ça rompiche.
Déplacement lent et physique mollassonne... zZz !
Quand le jeu est sorti c'était déjà trop tard, pour moi il était classé dans les déceptions. Mais le pote avec qui je co-animais l'émission Les Indécrottables sur Youtube, lui il insistait pour qu'on en parle dans l'émission. Ça veut dire qu'il l'aimait beaucoup. Alors je l'ai acheté et je me suis farci de nouveau les déplacements lents et la physique mollassonne du début du jeu.
Spoiler : la physique on s'y habitue.
Re-spoiler : les déplacements vont s'accélérer rapidement avec la capacité roulade.
Mais de toute façon, quand ces deux défauts (réels, hein) s'effacent, on est déjà happé par le reste de ce que le jeu propose. C'est un jeu qui fourmille de choses avec lesquelles intéragir dans le décor. Ça va de la plus simple idée ludique, genre parc d'attraction/collectathon, à de belles trouvailles d'énigmes environnementales. Le plaisir est partout.
Promenade est VRAIMENT amusant, tout simplement amusant, et je suis bien content finalement d'avoir pris le temps pour réussir à l'aimer.
Dark Souls (2011)
Dāku Souru
Sortie : 7 octobre 2011 (France). Action, RPG
Jeu sur PlayStation 3, Xbox 360, Xbox One
Annotation :
La première fois je me suis cassé les dents. Et je trouvais ça moche, peu maniable et chiant à jouer. Il faut dire que je n'avais aucune envie d'y jouer. Je n'aime pas la dark fantasy, ça me rebute au plus haut point.
J'avais cédé sous l'insistance de gens dont l'avis m'est cher. Ils insistaient parce qu'ils connaissent mes goûts et l'importance qu'a le level design à mes yeux dans mon appréciation d'un jeu ; et selon eux Dark Souls est un précurseur, ou disons un des prototypes de ce qu'on retrouve dans mes jeux d'action préférés (Hollow Knight, Hyper Light Drifter, Death's Door, Jedi Fallen Order...)
J'ai relancé Dark Souls en 2024. Sur PS5. Pour un meilleur confort.
On m'a guidé pour emprunter le meilleur chemin passé le premier feu de camp.
Verdict : oui je suis allé plus loin. J'ai notamment terminé la zone du village des morts-vivants, avec son level design tout enchevêtré, sa science des raccourcis qui débloquent de nouveaux accès à partir du même feu de camp. C'était vraiment cool et j'ai touché du doigt le plaisir que les gens insistants m'avaient promis.
Un peu plus loin je me suis de nouveau cassé les dents.
J'aurais pu m'acharner, surmonter les difficultés, chercher des détours, grinder, devenir meilleur. Je suis ce genre de joueur. Quand un jeu me plaît.
Quand je me plais dans un jeu.
Mais Dark Souls est moche, peu maniable et chiant à jouer. Et je n'aime toujours pas la dark fantasy.
Dead Cells (2018)
Sortie : 7 août 2018. Roguelike/Roguelite, Action, Plateforme
Jeu sur PlayStation 4, Nintendo Switch, Xbox One, PC, Navigateur, Linux, iPhone, iPad, Android, Mac, PlayStation 5, Xbox Series X/S, Nintendo Switch 2
Annotation :
Dead Cells la première fois j'ai tout de suite senti que c'était un bon jeu.
Mais un jeu performateur. D'optimisateur en synergie, de joueur pressé, de joueur skillé.
Un rogue quoi. Pas pour moi.
Mais plusieurs années après j'ai eu envie d'y revenir. Je n'avais jamais réussi à apprécier un rogue, quel qu'il soit, et ce n'est pas faute d'avoir essayé.
Alors qu'est-ce qui m'a poussé à relancer Dead Cells ?
Sa structure de metroidvania.
Sa musique.
Son énergie.
Son esthétique.
Je l'ai malheureusement lâché aussi vite que la première fois.
C'est un bon jeu hein. Je le sens.
Mais c'est un jeu performateur. D'optimisateur en synergie. De joueur pressé.
Un rogue quoi. Pas pour moi.
Il a eu sa seconde chance mais mon avis n'a pas bougé d'un millimètre entre les deux tentatives. En matière de grand écart, on est au niveau des pieds joints.
A ce titre, Dead Cells sera le parfait étalon du bas de classement de cette liste.
Horizon: Zero Dawn (2017)
Sortie : 1 mars 2017 (France). Action, RPG
Jeu sur PlayStation 4, PC, PlayStation 5
Annotation :
Pour celui-ci je triche. Je ne lui ai pas encore laissé sa seconde chance.
C'est un retour annoncé.
Son aspect monde ouvert m'avait rebuté. Passées les premières heures de jeu, j'avais apprécié l'histoire et l'exposition du personnage principal, grosse flemme de me retrouver à jouer à un monde ouvert bourré d'indicateurs de quêtes.
Je n'aime pas ces jeux-là.
Pourtant j'ai beaucoup adhéré à Star Wars Outlaws. Certes il permet de configurer l'expérience et l'interface utilisateur pour nous lâcher la main. Certes ce n'est pas un grand monde ouvert. Mais il m'a permis de réaliser que je peux probablement réessayer d'autres jeux avec ce système. Soit en configurant ce que je peux configurer, soit en me forçant à ne suivre que la quête principale. Jouer rôleplay plutôt que complétionniste ou planificateur.
J'ai envie de relancer Horizon : Zero Dawn. Pour savoir ce qui se passe dans cet univers, et ce que devient Aloy.












