Top 10 Films selon UtenaTenjou
Cette liste de 10 films par UtenaTenjou est une réponse au sondage Top 100 films des Tops 10
10 films
créée il y a plus de 6 ans · modifiée il y a 15 joursMais ne nous délivrez pas du mal (1971)
1 h 42 min. Sortie : 26 janvier 1972. Drame, Épouvante-Horreur
Film de Joël Séria
UtenaTenjou a mis 10/10.
Annotation :
Peut-être pas un chef d'œuvre, mais c'est mon chef d'œuvre. L'œuvre qui a capturé le plus profondément la vie telle que je la conçois. Le chemin qui n'est pas souhaitable, mais ce qu'il peut être si le mal devient notre idéal. Le pur chaos, sans but, sans arrière-pensée, le chaos brut, dans toute sa beauté et sa puissance. L'esthétique du mal, comme dirait Hina Sinclair. Ce choix de vie qui mène irrémédiablement à l'autodestruction, mais qui le temps d'une étincelle, fait vivre, et pour lequel on peut mourir, car l'ennui est la vraie mort. C'est un film qui m'inspire plus de beauté que tout autre. La beauté éphémère de la complicité de deux âmes qui s'opposent au monde, qui souillent la morale et vivent selon leurs valeurs.
Breakfast Club (1985)
The Breakfast Club
1 h 37 min. Sortie : 11 septembre 1985 (France). Comédie, Drame
Film de John Hughes
UtenaTenjou a mis 10/10.
Annotation :
Un film d'une très grande profondeur à mon sens sur les rôles sociaux et les troubles de six êtres (j'inclus Vernon) qui se brisent déjà sur la vie, sur les attentes du monde et leurs propres attentes. Je trouve les personnages brillants, à commencer par l'exceptionnel John Bender, ce gars abrasif et provocateur mais dont les expressions faciales et les silences disent bien plus que ce que sa grande gueule fait ressortir. J'ai un faible pour les Teen Movies, et Breakfast Club en est l'apogée, de ce qu'on peut dire en 1h40 sur l'adolescence et surtout sur comment un simple moment de dialogue à cœur ouvert peut être, ne serait-ce que pour un court instant, une libération de soi, avant de retourner dans son éternel quotidien dans une fin mélancolique et lucide. Mon autre chef d'œuvre du cinéma.
Les Chambres rouges (2023)
1 h 58 min. Sortie : 17 janvier 2024 (France). Thriller
Film de Pascal Plante
UtenaTenjou a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Un film qui raisonne énormément avec mon intériorité. Cette vision d'une femme à l'empathie brisée, qui ne vit que pour pour sa propre image et sa propre autodestruction, qui cherche à se transcender en se prenant de passion pour un tueur, un concept, qui pourra lui apporter la sublimation d'elle-même. Un film froid sur la modernité d'un monde ultra connecté, d'un monde d'images qui nous déconnecte des autres et nous coupe de toute émotion significative. A chaque visionnage, je reste subjugué par Kelly-Anne et les affres de ses pensées morbides qui, si elles ne sont pas toutes transparentes, créent ironiquement une rare connexion d'empathie avec qui je suis.
Love Exposure (2008)
Ai no Mukidashi
3 h 57 min. Sortie : 27 mars 2013 (France). Comédie dramatique, Comédie romantique, Action
Film de Sion Sono
UtenaTenjou a mis 10/10.
Annotation :
La longueur de Love Exposure est justifiée par tout ce qu'il arrive à raconter. Film extrêmement complet, c'est une œuvre folle, perverse, qui va parfois un peu loin, mais qui capture un tas de thématiques sur la libération de soi, sur la beauté de l'autodestruction sociale en assumant ses propres perversions, sur la vision (qu'elle soit sociale ou religieuse) hypocrite du monde et particulièrement du Japon face à la sexualité, et comment elle conditionne les individus à vivre réprimés, sinon en marge ou à passer pour des dégénérés quand finalement, le désir n'est parfois que l'autre face de la pièce de l'amour et de la passion sincère. Une œuvre dense, pleine de sens et ouverte à notre intériorité profonde qu'on préférerait cacher. La scène de la plage est une des plus grandes scènes du cinéma.
Autant en emporte le vent (1939)
Gone with the Wind
3 h 58 min. Sortie : 20 mai 1950 (France). Drame, Historique, Romance
Film de Victor Fleming
UtenaTenjou a mis 10/10.
Annotation :
Adaptation fidèle d'un autre chef d'œuvre, Autant en emporte le vent compense son racisme latent par deux des plus puissantes histoires d'amour qu'on a su écrire : l'amour entre Scarlett et Rhett, deux amants maudits qui ne seront jamais sur la même longueur d'onde, et l'amour entre Scarlett et le vieux Sud, ses valeurs et son identité, Sud qui meurt à petit feu emporté par les vents du changement et du temps. Egoïste et superficielle, et pourtant déterminée et forte, le film restitue parfaitement cette puissance de caractère qui nous emporte avec elle dans les tempêtes, mais aussi la douce brise mélancolique, de la chute d'un empire et celle d'une femme qui n'était pas faite pour cette époque.
Le Bon, la Brute et le Truand (1966)
Il buono, il brutto, il cattivo
2 h 59 min. Sortie : 8 mars 1968 (France). Western, Aventure
Film de Sergio Leone
UtenaTenjou a mis 10/10.
Annotation :
De loin le film que j'ai vu il y a le plus longtemps de cette liste, mais il reste un des plus grands films que j'ai rencontré. Déjà pour son duel final, potentiellement la meilleure scène du 7ème art, mais aussi pour toute la maîtrise formelle d'un Sergio Leone, d'un Ennio Morricone et d'un Clint Eastwood aux sommets de leurs arts. De la pure cinématographie, qui sait être contemplatif et intense à tout instant. Je n'ai pas plus de mots pour l'évoquer : le voir parle seul.
La Chinoise (1967)
1 h 36 min. Sortie : 30 août 1967. Comédie dramatique
Film de Jean-Luc Godard
UtenaTenjou a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Pas le film de Jean-Luc Godard le plus apprécié, mais selon moi il est l'apogée de son style parmi les films que j'ai vu. Impressionnant dans sa mise en scène flamboyante qui se renouvelle en permanence et qui continue de nous plonger dans toute la réflexion du réalisateur sur le langage et la communication, ce récit de jeunes maoïstes complètement déconnectés de la réalité et qui vivent leur investissement politique depuis leur appartement bourgeois, le nez dans des livres de théorie, est juste fantastique. Le film est cynique, et pourtant plein d'espoir pour cette jeunesse qui, si elle est encore immature, peut encore grandir et vraiment changer les choses une fois qu'ils se seront ouverts au monde véritable. Un puissant et lucide film politique, qui annonce bien les événements de l'année suivante.
Le Sud (1983)
El Sur
1 h 34 min. Sortie : 20 janvier 1988 (France). Drame
Film de Victor Erice
UtenaTenjou a mis 10/10.
Annotation :
Découvert à la Cinémathèque Française, ce film fut une claque monumentale et ma déclaration d'amour finale au cinéma espagnol qu'il me tarde de découvrir plus en profondeur un jour. Je trouve la narration d'une puissance inégalée, avec cette introspection de l'héroïne qui se plonge dans ses souvenirs pour essayer de reconstituer la vie d'un père depuis longtemps absent, qui nous amène nous aussi à nous plonger dans le puzzle qu'est l'idée de comprendre autrui. Ce père fascinant, visiblement rongé par des souvenirs indicibles d'un amour perdu et d'une terre qui l'a rejeté, terre du Sud qui est la pièce manquante elle-même absente du film. L'omniprésence des souvenirs du père qui retracent pourtant un récit de l'absence créent un fort sentiment face à ce film dont l'incomplétude laisse sans voix et méditatif même lorsque le visionnage est fini. Définitivement mon film préféré sur la famille et les souvenirs (et le film est exceptionnel visuellement aussi).
Requiem for a Dream (2000)
1 h 42 min. Sortie : 21 mars 2001 (France). Drame
Film de Darren Aronofsky
UtenaTenjou a mis 10/10.
Annotation :
Requiem for a Dream est le seul film qui me terrifie et me détruit à chaque fois que j'en approche. Ce film est un traumatisme jusqu'à son thème principal. Quand je l'ai revu au cinéma, j'ai fondu en larmes lorsque les crédits de fin ont commencé. Que dire de plus ? Cette histoire est d'une noirceur, d'une absence totale d'espoir et de lumière, qui m'affecte jusqu'au plus profond de moi. Je sais que certains vont lui reprocher son manque de subtilité, sa réalisation clipesque, mais il me fallait ce coup de poing, je pense. Je ne me remettrai jamais pleinement de Requiem for a Dream.
Tesis (1996)
2 h 05 min. Sortie : 4 décembre 1996 (France). Thriller, Épouvante-Horreur
Film de Alejandro Amenábar
UtenaTenjou a mis 10/10.
Annotation :
Tesis est un thriller d'une densité et d'une efficacité exceptionnelles. Tout est brillant et me parle dedans, à commencer par ses similitudes aux Chambres Rouges autour de l'idée du voyeurisme, du désir d'interdit, tout ce meta-narratif sur les images et ce qu'offre à voir le film, ce que recherche le spectateur quand il lance un film, qui résonne parfaitement avec moi qui m'intéresse aux œuvres problématiques et controversées en plus du cinéma d'horreur. Le cinéma s'est rarement autant mis, dans ce que j'ai vu, au service du cinéma, de la question du regard et de son impact. Une autre pépite du cinéma espagnol.












