Top 10 Jeux vidéo selon Yayap

Cette liste de 10 jeux vidéo par Yayap est une réponse au sondage Top 100 jeux vidéo des Tops 10

Précision : j'ai décidé de me limiter à un jeu par saga/licence (tout en précisant éventuellement un autre jeu de ladite saga/licence comme alternative)

Liste de

10 jeux vidéo

créee il y a environ 10 ans

 · 

modifiée il y a environ 2 mois

Mass Effect 2
8.1
1.

Mass Effect 2 (2010)

Sortie : 26 janvier 2010. Action, RPG

Jeu sur PC, Xbox 360, PlayStation 3, Xbox One, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox Series X/S

Yayap a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Difficile d’imaginer une saga qui aura autant forgé mon parcours que Mass Effect. En trois jeux, la licence s’est imposée sans mal comme la référence du RPG space-opera grâce à son univers fouillé, ses personnages extrêmement attachants et son système de jeu mêlant la profondeur d’un jeu de rôle avec la mise en scène des plus grosses productions vidéoludiques.

Le 2e opus garde ma préférence car c’est sans doute celui à partir duquel j’ai développé une vraie obsession pour l’univers développé par BioWare. Le jeu bâtit habilement sur les acquis du premier opus et profite d’un bond technique assez impressionnant, le rendant à même de concurrencer les ténors du jeu d’action à gros budget. Mais c’est véritablement la manière dont BW a approfondi son univers qui fait la différence en concrétisant bon nombre des idées présentées par le premier volet tout en donnant l’impression de pouvoir tout découvrir sur chaque espèce, chaque recoin de cette vaste galaxie.

Construit autour d’une trame plus sombre mais aussi plus épurée et en apparence anecdotique, le jeu laisse volontairement les enjeux quasi-métaphysiques du premier volet pour se concentrer avant tout sur ses personnages. ME2 est un vrai jeu d’équipe et offre au joueur la possibilité de recruter toute une série d’individus à la personnalité marquée : j’ai rarement vu une escouade si complète et si unilatéralement attachante. En développant tous ses intervenants via des dialogues dynamiques et en offrant même au joueur la possibilité de directement s’impliquer dans leurs conflits personnels via le principe de mission de loyauté, les développeurs se sont assuré d’ancrer l’implication émotionnelle du joueur avant de tout mettre en jeu au cours d’une ultime mission qui me donne des frissons à chaque nouvelle partie.

C’est pour ça que ME2 reste mon jeu préféré : c’était la première fois que je comprenais le plein potentiel d’un jeu pour impliquer son joueur, de l’immerger pleinement dans son univers tout en rendant palpable son lien avec des personnages de pixels.

Alternative : le premier opus qui, malgré ses marques de vieillesse, reste celui avec l’ambiance la plus unique et la trame la plus riche et vertigineuse, en plus d’être celui qui aura introduit le monde a ce formidable univers. ME3 a le meilleur gameplay et quelques uns des plus hauts sommets d’intensité et d’émotion de la saga mais demeure trop perfectible pour espérer toiser cette première place.

The Witcher 3: Wild Hunt
8.7
2.

The Witcher 3: Wild Hunt (2015)

Sortie : 19 mai 2015. RPG, Action

Jeu sur PC, PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch, PlayStation 5, Xbox Series X/S, Linux

Yayap a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Après avoir (enfin) pu découvrir les deux premiers opus, j’ai pu apprécier The Witcher 3 avec une nouvelle saveur. CDPR a définitivement fait le bon choix en laissant libre cours à leur ambition et en ouvrant à leur sorceleur les portes de l’open-world, conciliant un peu les approches de BioWare et Bethesda. Le monde ouvert de TW3 est peut-être un peu générique dans sa structure (la carte surremplie en mode checklist, l’interactivité très limitée avec le décor) mais reste l’une des expérience esthétiques les plus grisantes que j’ai pu vivre dans le genre, grâce à sa direction artistique singulière et son sens du détail rendant les différentes régions terriblement immersives. Entre les champs de bataille désolés de Velen et les reliefs froids et apaisants de Skellige, chaque zone pourrait être son propre jeu tant elle possède une atmosphère singulière. Il suffit d’y ajouter la musique de Marcin Przybyłowicz pour obtenir l’une des expériences de monde ouvert les plus grisantes qui soient.

Sinon, TW3 améliore tout ce que faisaient ses prédécesseurs pour accoucher d’une approche de jeu de rôle ultime. Les combats consolisés et bancaux du 2e opus sont affinés pour être à la fois plus riche et plus spectaculaires. Entre les signes, les compétences, l’alchimie ou la gestion des mutagènes, difficile de ne pas trouver son compte en matière de personnalisation du style de jeu.

Mais c’est véritablement son écriture qui propulse le jeu au panthéon de son médium. TW3 bénéficie d’une trame dense régie autour d’une quête précise : retrouver Ciri, notre bien-aimée fille adoptive. En motivant son héros par des enjeux si intimes et si palpables par le joueur, CDPR garantit une implication du joueur immédiat, qui sera alors à même de partir à la rencontre d’innombrables personnages secondaires (tous plus attachants les uns que les autres) et de découvrir, dialogue après dialogue, tous les détails d’un univers riche. L’absence de manichéisme, le caractère épique et l’intimité déchirante de la trame se répercutent dans les quêtes secondaires, dont la plupart bénéficient d’une qualité d’écriture rarement atteinte. Surtout qu’il s’agit de l’un des rares jeux de son genre à offrir de vrais choix au joueur, aux conséquences souvent imprévisibles.

Difficile de ne pas penser qu’on est face à un jeu parfait. TW3 reste et restera sans doute longtemps ma référence en termes de RPG fantasy, en attendant qu’un autre jeu arrive à être si beau, si riche et si émouvant.

Halo: Combat Evolved
7.4
3.

Halo: Combat Evolved (2001)

Sortie : 14 mars 2002 (France). FPS

Jeu sur Xbox, PC, Mac, Xbox 360, Xbox One

Yayap a mis 10/10.

Annotation :

J'ai longtemps gardé Halo 2 dans ce top 10. Mais difficile pour moi de nier le puissant impact nostalgique de ce premier opus, découvert sur la Xbox d'un ami alors que j'entrais à peine dans l'adolescence. C'est la première saga vidéoludique dans laquelle je me suis vraiment impliqué et je ne l'ai jamais lâchée, malgré la qualité plus fluctuente des derniers opus.

Et s'il souffre inévitablement de défauts liés à son âge et aux ressources limitées de son développement, Halo premier du nom reste remarquable en ce qu'il pose des bases qui ne seront jamais vraiment remises en cause par la suite. Un bestiaire complémentaire, une IA révolutionnaire pour l'époque, un gameplay parfaitement adapté au jeu à la console reposant sur un combo armes/grenades/corps-à-corps ravageur... Le gameplay de cet opus fondateur n'a pas pris une ride et reste une référence en matière de shooter solo.

Qui plus est, le jeu introduisait un level design étonnamment ouvert sur certains niveaux, permettant de varier les approches et de s'approprier pleinement un environnement riche en possibilités. Cette liberté se compensait hélas par une succession de passages couloirs et un nombre indécent de copier-coller et d'environnements réutilisés. Mais en terme de sensations, Halo 1 reste absolument jouissif et parfaitement rejouable, même 20 ans après.

Halo, c'était aussi tout un univers. Une trame à base de guerre entre l'humanité et des aliens fanatiques, une race ancienne dont les ruines gardent un terrible secret... Malgré un scénario relativement léger, le jeu de Bungie reste un modèle de narration environnementale et d'ambiance, parfaitement renforcée par sa direction artistique marquée et la musique inimitable de Martin O'Donnell.

Alternatives : Halo 2, l'opus le plus ambitieux scénaristiquement et artistiquement, même si cela s'est payé au prix d'un level design nettement moins inspiré. Et Halo 3, plus générique dans sa narration mais des trois c'est le mieux huilé niveau gameplay et construction des niveaux.

The Last of Us
8.4
4.

The Last of Us (2013)

Sortie : 14 juin 2013. Action-Aventure, Survival horror

Jeu sur PlayStation 3

Yayap a mis 10/10.

Annotation :

Si Naughty Dog était déjà l'un des porte-étendards du jeu cinématographique, le studio a encore franchi un cap avec The Last Of Us.

L'idée n'était ici pas tant d'offrir du grand spectacle que de proposer une expérience narrative intimiste, à l'émotion viscérale et à la cohérence thématique remarquable. Le jeu assume pleinement ses influences en terme d'univers et de narration (entre The Walking Dead et Le Fils de l'Homme) et entend les sublimer et leur donner un sens nouveau au travers du médium vidéoludique.

Rarement j'aurai été aussi impliqué dans l'histoire d'un jeu qu'en me mettant dans la peau de Joel, survivant désabusé et endeuillé dont l'existence est bouleversée par l'arrivée de la jeune Ellie, espoir de l'humanité mais aussi adolescente au caractère bien trempé en quête de sens au sein d'un monde désillusionné. Leur relation reste un modèle de construction narrative, construite progressivement au cours de rencontres et de péripéties renvoyant les personnages à leurs limites et leurs angoisses. Si le jeu parvient à être émouvant voire dévastateur, c'est grâce à une écriture très naturelle des dialogues et des situations, une qualité de mise en scène, d'animation et d'acting qui brouille complètement les limites avec le cinéma.

Mais le gameplay, souvent décrié au regard de l'histoire, est tout autant au service du projet de Naughty Dog. Mélangeant avec harmonie les limites imposées d'un jeu de survie et l'approche cinématographique de ND, la jouabilité de TLOU est nerveuse et pousse régulièrement le joueur dans ses retranchements en lui vendant l'idée que chaque balle compte. J'apprécie tout autant les nombreuses escarmouches, riches en possibilités et en improvisations, que les moments de relâchement où les développeurs autorisent le joueur à contempler ce monde en ruine, à en explorer les secrets et à observer les interactions en apparence anodines entre ses intervenants. Sans compter que les phases de gameplay en apparence un peu redondantes (genre les innombrables courte-échelles) sont tout aussi essentielles que les cinématiques pour échafauder cette puissante relation Joel/Ellie.

Le jeu qui m'a le plus ému je pense et définitivement l'un de ceux auxquels je pense le plus souvent.

Alternative : la suite, moins "parfaite" mais narrativement plus ambitieuse tout en étant tout aussi dévastatrice émotionnellement. Sans compter qu'elle pousse vraiment les bases du gameplay du premier dans leurs derniers retranchements.

Super Mario Galaxy
7.9
5.

Super Mario Galaxy (2007)

Sortie : 1 novembre 2007. Plateforme

Jeu sur Wii, Nintendo Switch, Wii U

Yayap a mis 10/10.

Annotation :

J'imagine bien les développeurs de chez Nintendo se demandant comment, après avoir fait rentrer leur personnage fétiche dans le monde de la 3D, ils allaient pouvoir passer à l'étape supérieure. La réponse était simple : après avoir rendu Mario capable d'explorer la terre en trois dimensions, il fallait le faire décoller vers l'espace.

Super Mario Galaxy intègre la dimension spatiale dans son contexte (Mario doit cette fois braver les étoiles pour délivrer sa bien aimée Peach) mais également son gameplay, puisque le concept de gravité, élément central du jeu de plateforme, est complètement retravaillé pour sortir de la simple dynamique du "chute vers le bas = mort". On retrouve donc des niveaux d'une créativité sans égal, regorgeant d'idées de gameplay et utilisant à la fois cette nouvelle conception de la gravité et les capacités de la Wiimote à toutes les sauces.

Outre cette inventivité débridée, caractéristique des Mario mais portée ici à son paroxysme, j'adore le "feeling spatial" qui se dégage du jeu, ces bruitages planants dès qu'on utilise la WiiMote, les pluies d'étoiles qui s'étalent à nos pieds, ces zones sans ennemi où l'on est juste bercé par des visions stellaires et une fantastique musique.

C'est également le Mario qui m'aura le plus impliqué dans son histoire, d'abord par une mise en scène boostée et plus cinématographique que jamais (je défie quiconque de ne pas être à fond dedans dès la spectaculaire intro), mais aussi via la backstory de Harmony, totalement facultative mais une superbe manière d'approfondir l'univers et l'un des personnages secondaires les plus marquants de la saga en tout simplicité. Je regrette que cette dimension ait été abandonnée par Galaxy 2, suite idéale tant elle perfectionne tous les aspects de son prédécesseur, mais hélas pas aussi marquante entre autres pour cette raison.

Alternatives : Super Mario World, mon premier Mario sur GBA et la quintessence de la série en 2D. Super Mario Odyssey, l'accomplissement de la 3D ouverte initiée avec SM64, un jeu au gameplay super riche et à l'émerveillement de chaque instant.

Red Dead Redemption II
8.4
6.

Red Dead Redemption II (2018)

Sortie : 26 octobre 2018. Action-Aventure

Jeu sur PlayStation 4, Xbox One, PC, Streaming

Yayap a mis 10/10.

Annotation :

Près d'un an après avoir posé la manette, je suis toujours aussi convaincu que RDRII est l'une des expériences vidéoludiques les plus fantastiques qu'il m'ait été donné de vivre.

Rockstar a livré la nouvelle référence de l'open-world contemporain : un monde ouvert vaste, riche en détail, vivant et rempli d'évènements, d'anecdotes, de lieux à découvrir, de petites quêtes insolites qui lui donnent une vraie consistance... Rarement aurais-je autant été pris par un monde de jeu vidéo, n'aurais-je autant ressenti l'envie d'en explorer les recoins, de partir en expédition ou de me laisser emporter par le destin d'un personnage croisé au bord d'un chemin. A ce niveau, le studio a créé une nouvelle référence qui ne sera sans doute pas égalée avant plusieurs années.

L'autre gros point fort du jeu, c'est son écriture. Si la trame principale est longue et peut paraître répétitive, elle fonctionne justement de cet effet de répétition donnant l'impression que le gang s'enfonce un peu plus dans la merde à chaque étape de son funeste voyage. Le jeu ne fonctionnerait pas si bien si tous les personnages n'étaient pas mémorables, au point de former une véritable famille de substitution avec laquelle on prend plaisir à interagir entre les missions. Sadie, Charles, Hosea et bien entendu Dutch, autant de caractères qui auront marqué mon parcours. Aucun ne m'aura cependant laissé une aussi belle impression qu'Arthur Morgan. Loin d'être un simple perso-feuille blanche pour le joueur, Morgan marque tant par son charisme que par sa mélancolie, ses peurs, ses attachements et ses tristesses qui rendent son destin tout simplement déchirant. Rarement aurais-je ressenti autant d'attachement pour un perso de JV une fois la manette posée.

Face à cela, je pardonne les défauts maintes fois relevés (le game design un peu daté, la répétition de la structure des missions, le tout-réalisme parfois incohérent...) tellement l'expérience offerte par le jeu aura été marquante et absolue.

Alternative : RDR1, il ne serait peut-être pas si haut mais il mérite définitivement une place dans ce top !

Shadow of the Colossus
8
7.

Shadow of the Colossus (2018)

Sortie : 7 février 2018. Action-Aventure

Jeu sur PlayStation 4

Yayap a mis 10/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Une expérience radicale à la beauté et à la poésie terriblement désespérantes (cf. ma critique pour plus de détails).

Qu'est-ce que je regrette de ne pas l'avoir découvert à sa sortie initiale !

The Legend of Zelda: Breath of the Wild
8.7
8.

The Legend of Zelda: Breath of the Wild (2017)

Sortie : 3 mars 2017. Action-Aventure

Jeu sur Nintendo Switch, Wii U

Yayap a mis 10/10.

Annotation :

Je m'y attendais, il fallait que ça arrive : Breath of the Wild est une immense claque et devient sans hésiter mon Zelda préféré.

Le jeu bouleverse les codes de la série, s'ouvre à la grande mode du open-world mais avec l'intelligence et le savoir-faire dont Nintendo est capable. Les emprunts aux grands noms du genre sont digérés, décortiqués et réarrangés autour d'un objectif commun : offrir le plus de liberté possible au joueur et ne jamais lui donner l'impression qu'il est sur des rails. C'est l'exploration, plus permissive que jamais, et une intelligente utilisation des outils mis à disposition par le jeu, qui rythment le parcours et créent un vrai sentiment d'accomplissement à chaque objectif accompli, chaque curiosité satisfaite. Les possibilités sont innombrables, les trouvailles de gameplay infinies et le déspoussiérage des mécanismes vieillots trainés par la saga fait un bien fou !

Comme TW3 ou Skyrim mais dans un style propre, le jeu crée un vrai sentiment de monde vivant et autonome dont la découverte est enivrante. J'adhère d'ailleurs énormément aux choix graphiques, quelque part entre les couleurs chatoyantes d'un Wind Waker et le design plus adulte d'un OoT. Point qui fait moins l'unanimité, je suis également assez fan de la musique et sa présence très épurée, limitée à quelques brèves incursions ou des passages et lieux bien précis, l'effet n'en est pas moins présent.

Si c'est l'un des Zelda les moins dirigistes et, par conséquent, les moins narratifs, je dois tout de même mentionner la qualité de l'écriture et en particulier de la relation Link/Zelda, racontée via une série de flashbacks. Jamais la fameuse princesse n'aura eu un développement si juste et si central, on a tout au long de l'aventure l'impression que c'est elle le véritable protagoniste de l'histoire, même si on la voit finalement très peu. Le conflit principal du personnage est traité avec justesse, souvent avec émotion, et la fin conclut selon moi avec beaucoup de simplicité tout ce qui a été entrepris. Comme dans tout Zelda, la galerie de seconds rôles est bien fournie et tous ont leurs moments marquants, même s'ils ont mis en retrait face à l'aventure solitaire de Link et l'histoire de Zelda.

Bref véritable révolution qui reprend tout ce que j'adore dans Zelda mais en en dépoussiérant les principes pour l'amener à un autre niveau !

Alternative : The Wind Waker, détrôné mais que j'adore toujours autant !

Nier
7.9
9.

Nier (2010)

Sortie : 23 avril 2010 (France). Action, RPG

Jeu sur PlayStation 3, Xbox 360

Yayap a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Après avoir découvert Automata suite à l’énorme engouement qu’il a suscité, j’ai eu envie de découvrir le premier Nier. Et le moins qu’on puisse dire c’est que Yoko Taro m’aura bien fessé…

Pourtant ça ne démarre pas forcément bien. Non seulement le jeu ressemble techniquement à de la PS2 mais le gameplay très rigide et imprécis a de quoi faire hérisser le poil, encore plus après avoir fait la suite qui pour le coup bénéficiait d’une maniabilité parfaite. Mais ce Nier premier du nom a fini par complètement m’envouter, la passion, l’ambition et la richesse du projet prenant le pas sur ses limites techniques.

Car oui Nier est une expérience à part, à commencer par un univers particulièrement prenant : on traverse des environnements d’une beauté brute indescriptible, des vestiges d’une grandeur oubliée, des villes originales où l’humanité a su s’approprier des environnements hostiles (Façade, L’Aire…), ce sentiment à la fois rassurant et dérangeant qui émane de chaque pore du jeu… Le tout transfiguré par la musique de Keiichi Okabe : l’OST est remplie de thèmes forts, entre envolées épiques et ballades intimes, avec cette utilisation des choeurs si caractéristique. La BO est peut-être encore meilleure que celle d’Automata, et ça veut tout dire.

Surtout, le jeu est d’une richesse narrative et thématique assez hallucinante. Taro a compris comment tordre et manipuler la narration d’un jeu vidéo pour la mettre au service d’un propos assez pessimiste, rempli de réflexions sur l’humanité et ses penchants les plus destructeurs (la haine, la vengeance) comme les plus salvateurs (l’amour, le sacrifice). Ça passe notamment par une construction “par couche”, où le jeu ne révèle ses richesses qu’après plusieurs parties - le “New Game +” remettant des tas de choses en perspective - et en ayant débloqué ses 4 fins à la sueur du front. L’univers est d’une densité folle, comme pour Automata il m’aura fallu faire un peu de lecture pour comprendre tous les aboutissants de l’intrigue. L’accent est avant tout mis sur une émotion dévastatrice, le jeu raffolant de moments-poignards absolument déchirants.

Difficile d’être concis sur un jeu si riche. Malgré ses défauts (technique, gameplay, répétitions, contenu secondaire pas affolant), c’est indéniablement une expérience sidérante et dont je ne conçois pas qu’on puisse en ressortir indemne.

Alternative : Automata, plus beau, plus agréable à jouer et poussant encore plus loin ses thématiques.

Star Wars: Knights of the Old Republic
7.9
10.

Star Wars: Knights of the Old Republic (2003)

Sortie : 15 juillet 2003. RPG, Aventure

Jeu sur PC, Mac, Xbox, iPad, iPhone, Android, Nintendo Switch

Yayap a mis 10/10.

Annotation :

Ce jeu est à la fois le meilleur jeu Star Wars auquel j'ai joué et mon introduction à BioWare et à la formule des RPG "à choix scénaristiques". On sent que KOTOR fut l'occasion pour le studio de se faire la main dans le genre du space opera avant de faire le grand saut avec les Mass Effect, mais ce serait injuste de le résumer à ça. Car BW s'approprie totalement l'univers de Star Wars, en reprend les grands codes sans jamais tomber dans de la simple redite.

Toute la mythologie de l'univers est mise au service d'un récit ambitieux et épique, plaçant le joueur et ses choix au centre de l'équation. Choisir le côté clair ou le côté obscur a de vraies implications, on est souvent tenté de céder à la facilité, à l'intimidation et à la violence, mais les conséquences de nos actions radicales sont parfois dures à encaisser.

Qu'ajouter à cela si ce n'est que l'aventure est parfaitement rythmée, les quêtes secondaires tout aussi passionnantes que la trame principale, et la galerie de personnage assez inoubliable dans la tradition des jeux BioWare.