Cover Top 10 Morceaux

Top 10 Morceaux selon trineor

Cette liste de 17 Morceaux par trineor est une réponse au sondage Top 100 albums des Tops 10

Les choix sont à peu près fixés, désormais.
Il faudra que je finisse le commentaire pour Arvo Pärt, mais ça touche à sa fin.
J'ajoute tant qu'à faire des liens youtube, les raccords automatiques vers spotify ne se faisant pas tous.
Et j'en profite pour élargir vers d'autres ...

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17 morceaux

créée il y a plus de 9 ans · modifiée il y a plus de 9 ans
Fratres (for cello and piano)
8.6
1.

Fratres (for cello and piano) (1994)

Fratres (for cello and piano)

10 min. Sortie : 18 août 1994 (France).

Morceau de Arvo Pärt

Annotation :

"Fratres", pour violoncelle et piano, d'Arvo Pärt.
https://www.youtube.com/watch?v=5vO92REraUo

Opening
-
2.

Opening (2006)

Opening

06 min. Sortie : août 2006 (France).

Morceau de Nathaniel Bartlett

Annotation :

L'ouverture de "Glassworks", de Philip Glass.
Transcrit pour le marimba par Nathaniel Bartlett.
https://www.youtube.com/watch?v=v5y0QfbEE4c

Les miracles, par définition, c'est censé ne pas exister.
Que quelque chose puisse naître de rien, ou bien deux attributs contradictoires inhérer dans le même objet, a priori ça violente l'entendement ; eh bien qu'un geste musical aussi conceptuel que celui qui consiste à réitérer en boucle un même court motif puisse toucher le cœur avant de toucher l'intellect, moi, ça me paraît à peu près du même ordre : inconcevable. Bon, j'exagère peut-être. L'effet élémentaire de pulsation qu'instaure la musique répétitive est déjà, en soi, inévitablement de nature à produire une forme d'hypnose, donc une émotion caractéristique – qu'il faudrait décrire comme un sentiment simultané de passage obstiné du temps et de neutralisation de son advenue par la contemplation extatique du motif itéré.

Mais précisément, une émotion de ce type est une émotion intellectuelle ; et le tour de force du magicien Glass contre la froideur d'usage du minimalisme répétitif, c'est de l'augmenter de toute une palette d'effusions lyriques et de tendresse, sans du tout déroger pourtant à la régularité géométrique et au dépouillement de la forme. L'une des clés, je crois, est dans la respiration que le morceau s'autorise – elle-même strictement régulière, mais qui lui permet de se déployer par nappes successives, avec le même phrasé insistant, charnel et délicat que pourraient avoir des mots d'amour, fussent-ils d'ailleurs dits à une femme, à la beauté du monde, aux formes de l'esprit, à la musique elle-même, à Dieu. (Quant à Nathaniel Bartlett, en transcrivant pour si cristallin et si suave que le marimba, il épure et tamise encore ce phrasé jusqu'à l'extrême.)

Pourtant il faut savoir que dans le microcosme du minimalisme répétitif, aimer Philip Glass, ça peut valoir d'être regardé comme un violoniste qui aimerait André Rieux : en cause, les envolées sirupeuses et commerciales qu'il aurait infligées au genre dans certaines de ses bandes originales. Et si l'argument pour être tout à fait honnête n'est pas toujours entièrement infondé, la différence reste qu'à côté de ça Glass a composé des chefs-d'œuvre de la trempe de "Glassworks", "Koyaanisqatsi", "Einstein on the beach" ou son premier concerto pour violon.

Leurs liens :
https://youtu.be/EJW6T6WVn08
https://youtu.be/6Stu7h7Qup8
https://youtu.be/t-t8w08QNJM
https://youtu.be/U0yP3AfPJec

Kempff Transcriptions - Gluck - Orphée et Euridice - La Plainte d'Orphée
-
3.

Kempff Transcriptions - Gluck - Orphée et Euridice - La Plainte d'Orphée

"Orphée et Eurydice": Acte I. Plainte d'Orphée

03 min. Sortie : 0001 (France).

Morceau de Wilhelm Kempff

Annotation :

"La Plainte d'Orphée", de Gluck.
Transcrit pour le piano par Sgambati.
https://youtu.be/uGJdUgbeNpw

Se retrouve parfois sous le titre de "Mélodie d'Orphée" ou "Mort d'Orphée" – cette dernière appellation étant étrange vu qu'Orphée ne meurt pas, mais pleure la perte d'Eurydice après n'avoir pu se retenir, contre l'interdiction qu'Hadès lui avait faite, de se retourner pour la regarder... elle, qu'il était descendu arracher aux enfers.

Je ne sais pas d'ailleurs si le morceau me percerait autant l'âme sans son association avec le mythe : c'est que la mélodie de Gluck dit si bien ce qui m'émeut dans cette scène, à la façon qu'elle a de rendre à la fois la douceur d'Orphée, la pureté de son amour et la cruauté avec laquelle le sort s'abat. Parce que le plus intolérable, ce n'est même pas combien la mort d'Eurydice est injuste – que la femme chérie puisse être ainsi reprise après tant de peines, pour un simple regard... on croirait entendre Némésis ricaner de la voix de tous les dieux, avides de punir et jaloux qu'un homme ait pu être meilleur qu'aucun d'eux n'avait été.

Le plus intolérable, c'est qu'il n'y ait dans la plainte aucun accent de révolte. Que le chagrin d'Orphée soit si profond, son cœur si absorbé dans la pensée d'Eurydice qu'aucune place n'y reste pour rien d'autre : ni pour lui-même désormais seul au monde, ni pour la colère face à l'injustice qui lui est faite. Eurydice, rien qu'Eurydice... rien que de l'amour. Et c'est ce que Gluck a compris : que pour toucher à la douleur la plus nue, il fallait que la plainte soit non pas un cri mais un murmure. Que le plus doux des hommes – le poète dont il est dit que la voix était capable d'émouvoir les bêtes, les arbres et les morts – soit brisé, et que, même brisé, il ne trouve encore à chanter que par amour. Le sentiment tragique en est accru : jusque dans les pleurs, Orphée nous apparaît plus pur que ceux qui le châtient. Et nous, nous mettant alors à haïr les dieux, ce qui nous émeut au fond n'est pas autre chose que la beauté de l'homme, encore intacte malgré l'injustice du destin.

Pour ce qui est de la transcription, elle épure l'expression jusqu'au geste minimal. J'ai, en l'écoutant, l'impression d'entendre une musique faite d'éclats de lumière, une musique sans matière, sans poids... même quand c'est Rachmaninov qui la joue, en ajoutant des trilles partout – Rachmaninov oblige ! Je poste une version qui laisse tout le choix de l'interprète, quoique je recommande Kempff.

Oraison
-
4.

Oraison (2005)

Oraison

07 min. Sortie : 15 mai 2005 (France).

Morceau de Olivier Messiaen

Annotation :

"Oraison", d'Olivier Messiaen.
https://youtu.be/6EU0ISo996A

L'espèce de point de tangence exact entre la musique classique, la musique contemporaine et la musique électronique, le tout dans un solfège d'un dépouillement et d'une mélancolie à faire pâlir le meilleur des minimalistes : le truc parfait, quoi.

Messiaen, initialement, je le voulais dans le classement des albums plutôt que dans celui des morceaux, et mon hésitation portait entre sa "Fête des belles eaux" et son "Quatuor pour la fin des temps" – qui sont à mes yeux ses deux chefs-d'œuvre, plus encore que ses "Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus", ses "Éclairs sur l'Au-Delà", sa "Turangalîla-Symphonie" ou "Des canyons aux étoiles", tous magnifiques et dont j'ajouterai les liens plus bas.

Puis dans l'hésitation, il m'est revenu que les deux partageaient un mouvement commun : l'Oraison de la Fête des belles eaux qui, quelques années plus tard tandis que Messiaen composait en captivité inspiré par l'Apocalypse de Saint Jean, est devenu la Louange à l'éternité de Jésus du Quatuor pour la fin des temps. L'instrumentation change de l'un à l'autre : les ondes Martenot de l'Oraison (ancêtres parmi d'autres des instruments de musique électroniques) cèdent place au violoncelle et au piano dans la Louange, mais la mélodie demeure à l'identique.

Au fond, je ne saurais même pas dire laquelle des deux versions je trouve la plus belle, mais le piano et le violoncelle étant assez largement représentés dans ce classement et les ondes Martenot nettement moins, j'ai préféré opter pour l'Oraison.

Sinon la Louange est par ici :
https://youtu.be/b133NbXTaTY
Et pour ceux à qui l'écoute pourrait avoir donné envie d'aller plus avant dans la musique de Messiaen, suivent la Fête des belles eaux, le Quatuor pour la fin des temps et, dans l'ordre où je les mentionnais, ses œuvres réputées citées plus haut :
https://youtu.be/nrYgm5MML58
https://youtu.be/UeSVu1zbF94
https://youtu.be/L-1iJUb4-hw
https://youtu.be/EA53UMx7dHY
https://youtu.be/nTlc4Nvyhw4
https://youtu.be/5DjgpPL7RhA

Echoes
9
5.

Echoes

23 min.

Morceau de Pink Floyd

Annotation :

"Echoes", de Pink Floyd.
https://youtu.be/Vm0VBWnUhvU

Que ce soit dans le contemporain, le classique, l'électro ou le jazz, ce classement dans l'ensemble l'aura sans doute signalé de façon insistante : j'aime les trucs planants. Et de ce point de vue, snober Pink Floyd aurait été un peu impensable... mais comme quoi, tout est possible puisqu'en bon crétin, j'ai réussi à le penser : « boarf, tout le monde met Pink Floyd ! » Certes. Sans doute parce qu'ils le méritent, aussi.

Alors dans le moment d'ébullition, je me dis qu'il serait bon de me relancer "Meddle" histoire de me remémorer si ça vaut l'entorse à la sacrosainte originalité ; et c'est con, mais il aura fallu ça pour que je prenne la mesure de combien ma petite préoccupation du moment était dérisoire s'agissant d'une musique pareille. Sans rire, ce génie à l'état pur... avant même Echoes, ne serait-ce déjà que "One Of These Days" ou "A Pillow Of Winds" : cette capacité d'invention, cette liberté sans rien de démonstratif ni de forcé, guidée seulement par le désir de créer des mondes. Électriques. Oniriques. Tendres. Effrayants. Immenses. Sublimes. Pour peu que la dénomination ait un sens, franchement, qui rechignerait à placer Pink Floyd au rang de(s) premier(s) prétendant(s) au titre de groupe de rock le plus marquant de son siècle ?

Je mets Echoes, du coup, parce que c'est celle qui me colle le vertige le plus indescriptible et que, pour ce qui est des albums, l'ambiance de "Meddle" m'embarque encore plus que celle de "The Dark Side of the Moon" ou "Wish You Were Here". Mais s'il s'agit de s'arrêter sur une chanson, ç'aurait aussi bien pu être "Atom Heart Mother" ou "Shine On You Crazy Diamond" : je ne me sens pas de dire laquelle des trois je trouve la plus géniale... pour être sincère, généralement celle que je suis en train d'écouter ; il suffit qu'on lance une des deux autres pour que je change d'avis.

Leurs liens :
https://youtu.be/Fku7hi5kI-c
https://youtu.be/8UXircX3VdM

Holograms
8.3
6.

Holograms

03 min.

Morceau de M83

Annotation :

"Holograms", de M83.
Extrait de l'album : "You and the Night".
(B.O. du film : "Les Rencontres d'après-minuit".)
https://www.youtube.com/watch?v=t_rG47vgGTE

Qu'un mauvais film ait droit à une bande originale réussie, ça peut arriver assez régulièrement. Mais qu'un ratage complet ait droit à l'une des plus belles jamais composées, c'est déjà plus rare. Parce que franchement, Les Rencontres d'après-minuit... mis à part deux ou trois passages vaguement poétiques et l'audace que l'on peut plus globalement mettre au crédit du film (tenter un truc existentiel introspectif sur fond d'orgie, il fallait oser), ça rate quand même à peu près tout ce que ça entreprend et ça se vautre dans l'espèce la plus irrécupérable de ridicule.

Sauf que.
Le ratage, par on ne sait trop quel miracle, a droit à cette bande son d'une pureté invraisemblable : cette musique tombée du ciel, qui ne paraît pas pouvoir s'être retrouvée là autrement que par égarement. C'en est troublant d'ailleurs, au moment du premier visionnage, d'éprouver une telle fascination devant le film tout en étant conscient que c'est la musique qui fait tout ; d'en arriver au point où l'on voudrait que les personnages se taisent, tant elle, elle parvient – là où l'image, les comédiens, les dialogues échouent – à mettre en œuvre le programme qui s'y proposait : marier dans un unique mouvement le spirituel au sensuel.

Le meilleur dans tout ça, c'est que la musique survit parfaitement à l'écoute seule ; mieux, elle s'y épanouit. D'ailleurs l'album est si conscient de son intégrité qu'il se trouve de façon autonome, sous sa propre pochette (l'image qu'emprunte la bannière du présent classement) et sous son propre titre : "You and the Night", donc.

Et pourtant, M83, pour ce qu'ils ont composé d'autre, je peux pas vraiment dire que ça me fasse rêver. Leur dernier album, là, "Junk", je n'ai même pas pu écouter jusqu'au bout tant j'ai trouvé le titre tristement représentatif du contenu. Il y a bien la musique qu'ils ont faite pour Oblivion qui est sympa et, globalement, quelques morceaux çà et là que je leur trouve agréables : "The Highest Journey", "Lower Your Eyelids To Die With The Sun" – je posterai les liens plus bas. Mais dès qu'ils chantent, je trouve ça maniéré, emphatique, adolescent. Rien qui ne tienne, à ce qu'il me semble, la comparaison avec l'ambiance que dégage "You and the Night".

https://youtu.be/bpiuqMkuWL4
https://youtu.be/2Url4b2lC9s
https://youtu.be/u_u5iCHi0Jo

Knee-Deep in the North Sea
8.6
7.

Knee-Deep in the North Sea (2007)

Knee-Deep in the North Sea

04 min. Sortie : 10 octobre 2007 (France).

Morceau de Portico Quartet

Annotation :

"Knee-Deep in the North Sea", de Portico Quartet.
https://www.youtube.com/watch?v=f0N_Ix8YUjk

Le seul morceau de jazz qui figurera dans ce classement.
C'est dire si j'ai mis du temps à le choisir, celui-ci ; mais au fond, c'était comme une évidence que ce devait être lui et pas un autre : dès les premières mesures, ce motif régulier au steelpan, comme le vent qui ferait danser des volutes sur une étendue déserte ; la batterie qui vient sourdre doucement, puis le tout qui se plie et se resserre comme un berceau pour accueillir les errances improvisatrices de la contrebasse et du saxophone. Je ne saurais même pas dire si c'est bien une mer du nord que je vois émerger dans mes pensées quand j'écoute ça, ou bien une plaine de glace, de sable peut-être ; tout ce que je sais, c'est que je pourrais vouloir m'y enfouir et dormir.

Du steelpan, j'aime cette sonorité faite plus qu'aucune autre pour les motifs minimalistes répétitifs. Et du jazz, j'aime la fièvre de l'imprévu qui, chaque instant, t'emmène ailleurs que ce qu'aurait pu suggérer l'instant précédent. J'aime à dire quelquefois que la musique classique se distingue du jazz comme l'être se distingue du devenir : que l'une cherche la fixité, la contemplation de la belle forme, où l'autre n'est qu'impermanence, glissement et impulsion.

La répétition du Même, en somme, et le surgissement continuel de l'Autre. Et ce morceau est la rencontre parfaite des deux.

Plein d'autres d'ailleurs chez Portico Quartet produisent cette rencontre ; c'est à l'évidence la façon que ce groupe a eu d'investir le steelpan dans son jazz qui apporte cet effet. En plus, la qualité de leur musique est remarquablement régulière, en particulier sur l'album "Knee-Deep in the North Sea" ; le morceau éponyme se démarque, mais bien d'autres – presque tous les autres, à vrai dire – le talonnent tranquillement, dans des ambiances variées, souvent douces et dansantes. Donc je ne saurais assez recommander de se promener dans leur discographie la main tendue comme dans un verger de fruits mûrs.

Again
8.7
8.

Again (2002)

Again

16 min. Sortie : 20 mai 2002 (France).

Morceau de Archive

Annotation :

"Again", de Archive.
https://youtu.be/EkhY4YXX6x4

Il y a une dizaine d'années – un soir de vacances d'été, le détail me revient assez distinctement –, ma petite sœur qui clapie dans ses goûts de collégienne était encore à l'époque d'un conseil pour le moins douteux en matière de musique, réclame une chanson d'un groupe dont je n'ai jamais entendu parler. Elles ont écouté ça la veille, elle et une copine chez qui elle a passé la nuit ; et c'est qu'elle en parle comme d'un truc incroyable, qui les aurait envoyées planer à cent milles avant de les poursuivre en rêve ! Et moi, sombre dadais persuadé de tout mieux connaître à la vie, j'en crois pas un mot : je pressens une énième purée pour ados, un de ces machins qui répétera ad nauseam les quatre mêmes accords avec des échantillons sons ignobles, un vieux piano synthétique, une mélodie random et des paroles creuses geintes par un quelconque émo croyant se donner des airs de Radiohead en faisant dérailler sa voix.

Sauf que je me prends ça.
Seize minutes de claque dans ma gueule, tout du long. Ne serait-ce que l'intro : ce timbre de cuivre suave, profond, triste déjà, qui émerge comme la corne de brume d'un phare que t'entendrais monter dans la nuit ; puis une guitare, et je ne sais quel instrument qui tinte par espèces d'éclats brisés... et c'est fait, rien que ça, j'ai l'impression de toute la mélancolie du monde qui m'enserre tel un manteau froid, l'impression de marcher dans le noir des échos sans fin sous la voûte des étoiles. Quatre minutes et quelques : c'est d'une pureté inqualifiable, je baigne dans l'immensité comme si elle était liquide ; les paroles sont douloureuses, d'autant qu'elles sont chantées comme des caresses ; j'entends quelque chose comme de l'harmonica, quelque chose comme du violon dans cette enveloppe électro ; même la basse joue par sanglots. Mais à ce stade, je crois encore à une "simple" chanson, qui ne va plus tarder à finir. Il reste douze minutes. Douze minutes d'expérimentations écorchées, d'une cohérence esthétique totale, qui n'en finissent plus de monter en grade. Je commence à comprendre que ce que je suis en train d'écouter tutoie tranquillement les hauteurs de Pink Floyd.

J'écoute ce que le groupe a fait d'autre : "Lights", "Seamless" sont très bien. Mais je ne retrouve rien du niveau de "Again". Rien qui t'envoie à cent milles avant de te poursuivre en rêve. Elle m'a cloué ce jour-là, la petite sœur.

https://youtu.be/yLuOzNeHw5I
https://youtu.be/EpnoU88JeSY

Hands, Be Still
7.2
9.

Hands, Be Still

Hands, Be Still

03 min.

Morceau de Ólafur Arnalds

Annotation :

"Hands, Be Still", d'Ólafur Arnalds.
https://youtu.be/dVLp_igUBBc

Arnalds, c'est un cas limite.
Ne pas lui trouver une place aurait été malhonnête vu le nombre d'heures que j'ai pu passer à l'écouter en boucle et vu l'état dans lequel sa musique sait me mettre parfois. Mais clairement, il fait partie de ces musiciens irréguliers dont il faut surtout ne pas tout écouter, sous peine d'émousser l'estime que méritent ses plus belles compositions : parce que le gus est capable de mélopées mièvres et de litanies électro cheaps autant qu'il est capable d'accès de parcimonie absolument lumineux. (Puis de toute une gamme de morceaux intermédiaires, aussi, ça va sans dire.)

Les meilleurs sont généralement ceux où il se tient à un concept ou à un motif simple, sans chercher à trop fleurir la mélodie ni à exagérer la sentimentalité... Ses morceaux les plus froids, en fait. Et de ce point de vue, "Hands, Be Still" est fait pour m'enchanter : c'est glacial, c'est désert, ça résonne comme des voix perdues sur une étendue infinie et, en prime, c'est à presque rien de tomber dans le minimalisme répétitif.

S'il fallait conseiller des albums, je serais encore gêné parce qu'au sein même des albums la qualité fluctue beaucoup. Le plus récent – "Trance Frendz" – si l'on omet la deuxième et dans une moindre mesure la septième piste qui retombent dans des harmonies mielleuses, est peut-être le seul qui soit réellement bon de bout en bout, avec notamment l'enchaînement des quatrième et cinquième pistes (respectivement "23:52" et "00:26") : métalliques, oniriques, racées. Pour le reste, mieux vaut donc mentionner par morceaux que par albums : "Only The Winds", "Fyrsta", "3326" suivraient certainement, derrière "Hands, Be Still", donc.

Leurs liens :
https://youtu.be/R9M5_sqN7GY
https://youtu.be/LNwBAPfshKI
https://youtu.be/lwSWDwfsnMg
https://youtu.be/OPVsmt-5ByQ

The Lamb
8.9
10.

The Lamb

03 min.

Morceau de John Tavener

Annotation :

"The Lamb", de John Tavener.
https://youtu.be/q2V9lE_FxK8

Initialement, je songeais intégrer un chant sacré du XVIème siècle. Parce que clore sur le minimalisme mystique de Tavener après avoir entamé par le minimalisme tintinnabuli de Pärt, enchaîné sur le minimalisme répétitif de Glass, le pré-minimalisme classique de Messiaen puis le post-minimalisme jazz de Portico Quartet, disons que je conçois que ça puisse finir par sonner monomaniaque. Mais la musique sacrée contemporaine que j'aime doit tant à celle du XVIème que, d'une certaine manière, c'est encore poursuivre la déclaration d'amour au minimalisme que de mentionner un motet de Victoria, un madrigal de Gesualdo ou le Miserere d'Allegri :
https://youtu.be/85XUFpdgUac
https://youtu.be/u0HksZpmuiY
https://youtu.be/e8DnaA0Ik8c

Mais je conclus sur Tavener.
Et je ne sais même pas quoi en dire, tant sa musique se caractérise par son évidence et se suffit à l'écoute. Paolo Sorrentino ou Terrence Malick, à voir la façon dont ils s'en remettent à elle sur les scènes spirituellement cruciales de "La grande bellezza" et "The Tree of Life", ont à l'évidence saisi le pouvoir d'élévation qui s'en dégageait.

Je laisse la musique parler d'elle-même.
Et je profite de l'espace vacant dans cette dixième place pour lister les noms que je serais trop malheureux de ne pas avoir mentionnés. Dans le minimalisme répétitif, surtout, n'en rester qu'à Glass serait horriblement réducteur. Il y a l'alternative Steve Reich, bien sûr, dont la proposition musicale est plus intellectuelle, mais plus hypnotique, plus obsédante aussi, et grouillante de vie : "Nagoya Marimba", "Vermont Counterpoint", "Pulses", "Music for Mallet Instruments, Voices and Organ" sont comme autant de transes printanières :
https://youtu.be/xG_1sjActCE
https://youtu.be/RlRdZu9oM7o
https://youtu.be/Pjy1Zv8ZFdY
https://youtu.be/pANyhXRsp2g

Resteraient les expérimentations de Terry Riley, folles et colorées jusqu'à saturation ("A Rainbow in Curved Air") ; les élans enfiévrés de Michael Nyman ("Musique à grande vitesse") ; les grandes nappes atmosphériques de William Basinki ("Cascade") ; les stases méditatives de La Monte Young ("The Well Tuned Piano") :
https://youtu.be/hy3W-3HPMWg
https://youtu.be/G4vARda08X8
https://youtu.be/V5s-KLGVcTI
https://youtu.be/pRlfFsbS7UM

John Cage, enfin, quoiqu'il ne soit pas affilié au minimalisme, plus que voisin sur certaines compositions ("In a Landscape") :
https://youtu.be/PSmXAG2mYY4

Une larme (en sol mineur)
-
11. Une larme (en sol mineur)

Une larme

03 min. Sortie : 0001 (France).

Morceau de Modest Petrovich Mussorgsky

Annotation :

Une larme, de Moussorgski.
https://www.youtube.com/watch?v=AneABJXRym8
L'interprétation de Mikhaïl Rudy, qui est disponible sur spotify mais n'a pas l'air de se raccorder à SC, est encore bien plus belle que celles trouvables sur youtube.

Ma Vlast: Moldau
-
12. Ma Vlast: Moldau

10 min.

Morceau de Bedřich Smetana

The Last Man
8.7
13. The Last Man (2006)

The Last Man

06 min. Sortie : 21 novembre 2006 (France).

Morceau de Clint Mansell

Long Nights
8.5
14. Long Nights (2007)

Long Nights

02 min. Sortie : 18 septembre 2007 (France). Pop rock

Morceau de Eddie Vedder

Come Back Home
-
15. Come Back Home (2006)

Come Back Home

05 min. Sortie : 2006 (France).

Morceau de Chris Pureka

Concerto for Piano and Orchestra in G major, M. 83: II. Adagio assai
9.2
16. Concerto for Piano and Orchestra in G major, M. 83: II. Adagio assai

09 min.

Morceau de Maurice Ravel

Annotation :

Concerto pour piano en sol, de Maurice Ravel ; II. Adagio.
Martha Argerich au piano, Claudio Abbado à l'orchestre.
https://www.youtube.com/watch?v=TF9R4oPyy5c

Fantasy in C major, D760 "Wanderer": II. Adagio
-
17. Fantasy in C major, D760 "Wanderer": II. Adagio (1999)

Fantasie, D 760 "Wanderer": II. Adagio

06 min. Sortie : 9 mars 1999 (France).

Morceau de Franz Schubert

Annotation :

"Wanderer-Fantaisie", de Schubert ; II. Adagio.
Interprété par Sviatoslav Richter.
https://www.youtube.com/watch?v=lDY2E8LGpDI#t=5m36
Interprété par Wilhelm Kempff.
https://www.youtube.com/watch?v=ariXjxCnLMM#t=6m10s

trineor

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