Top Ildikó Enyedi
Silent Friend (2025)
Stille Freundin
2 h 27 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame
Film de Ildikó Enyedi
Arthur Debussy a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Ildikó Enyedi revient au cinéma avec un grand et beau film, humaniste, contemplatif, méditatif, rendant hommage à la fois à la science et au monde du vivant, avec de surcroît une pincée de féminisme.
Silent Friend se déroule sur trois époques : 1908, les années 1970, et les années 2020, avant et pendant le Covid. A chaque époque, Ildikó Enyedi suit des personnages qui tentent de grandir en humanité et en connaissances, repoussant leurs limites et celles de notre monde.
Grete en 1908 est une jeune aspirante scientifique, qui se retrouve bien seule dans un monde d'hommes. Hannes, dans les années 1970, tente de trouver sa place à l'université, et tombe amoureux d'une jeune étudiante qui analyse le comportement des plantes. Tony, enfin, est un grand neuroscientifique, qui tire parti de la grande pause du Covid pour réorienter ses recherches, en trouvant un parallèle entre le cerveau humain et les connexions innombrables entre les plantes et les arbres.
Silent Friend est un film profondément original et esthétiquement magnifique. Il est travaillé aussi bien du point de vue de la mise en scène que de la photographie, de la bande son, ou du montage, qui est impressionnant de maîtrise, les différentes époques se répondant en écho et se déployant avec un rythme naturel et organique.
Silent Friend est un film stimulant et inspirant, apaisant même, qui figure parmi les grandes réussites du cinéma mondial des années 2020, rien que ça. Je gage que l'on se souviendra encore longtemps de ce film pas comme les autres et vraiment attachant.
Simon le mage (1999)
1 h 32 min. Sortie : 2 août 2000 (France). Drame
Film de Ildikó Enyedi
Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Je crois qu'on commence seulement à mesurer à quel point Ildikó Enyedi est une cinéaste exceptionnelle. Plus je découvre ses films, plus je l'admire. Simon le mage est un film un peu plus simple et léger que d'autres au sein de sa filmographie. Mais c'est un long métrage fascinant et réussi, terriblement attachant même.
La magie fait irruption dans le Paris des années 1990, sublimé par une magnifique photographie. Dans une forme de réalisme magique, Ildikó Enyedi nous emmène loin dans l'imaginaire, en côtoyant ses deux personnages principaux, Simon (Péter Andorai), le fameux mage éponyme, hongrois, et Jeanne (Julie Delarme), jeune étudiante française, qui vit de petits boulots et qui illumine le film de sa présence.
Simon le mage est une longue montée en puissance. Le film enchaîne les scènes irrésistibles, avant d'arriver à la dernière partie, magistrale, qui nous transporte sur les cimes du septième art. Si ce long métrage est plutôt sobre et modeste, c'est un gros coup de coeur pour moi, tant il est beau, inspirant et touchant. En pleine restauration, j'espère qu'il ressortira d'ici 1 ou 2 ans en salle et/ou en édition vidéo. Il mériterait d'être davantage connu et reconnu, tout comme Ildikó Enyedi.
Mon XXe siècle (1989)
Az én XX. századom
1 h 43 min. Sortie : 10 février 1990 (France). Comédie dramatique
Film de Ildikó Enyedi
Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Cela faisait longtemps que je souhaitais découvrir ce film et l’œuvre d'Ildikó Enyedi. La sortie ce jour de son dernier long métrage, Silent Friend, m'a poussé à regarder au préalable Mon XXème siècle, alors que ça fait longtemps que je souhaite voir également Corps et Âme, un autre de ses grands films, mais que je n'ai pas encore pu regarder.
Ce qui frappe d'emblée avec Mon XXème siècle, c'est l'ambition et la virtuosité impressionnantes de ce premier film, qui n'a clairement pas volé sa Caméra d'Or à Cannes ! Il s'agit d'un long métrage étourdissant, tourné dans un magnifique noir et blanc, qui nous fait voyager aux quatre coins du monde, alors que celui-ci va basculer dans le 20e siècle, en se focalisant des années 1880 aux années 1900.
Et nos guides à travers ce périple historique sont les sœurs jumelles Lili et Dora, interprétées avec talent par l'actrice Dorota Segda. Les deux sœurs ont une personnalité et une vie totalement opposées : Dora est une femme mondaine extravertie et fêtarde, qui tente de soutirer de l'argent aux messieurs en monnayant ses faveurs ; tandis que Lili est une femme modeste et réservée, doublée d'une militante anarchiste engagée et combative.
Le ton et l'esthétique du film sont très originaux. Parfois sérieux, Mon XXème siècle est également parfois très fantaisiste (les étoiles parlent aux personnages de la façon la plus naturelle qui soit), mais aussi souvent très drôle. Notamment lors de cette scène hilarante où un scientifique masculin particulièrement odieux et machiste (masculiniste pourrait-on dire) veut démontrer l'infériorité de la gent féminine à travers maintes considérations lubriques, devant un auditoire exclusivement composé de femmes, qui ne tardent pas à manifester leur colère.
Déjà en 1989, à seulement 24 ans, Ildikó Enyedi avait une personnalité bien à elle et bien trempée, et elle livrait un film hautement féministe en déjouant tous les poncifs et autres clichés. Surtout, elle faisait preuve d'une vision artistique et d'une maîtrise remarquables et précoces. Elle n'a pas réalisé tant de longs métrages que cela par la suite, mais c'est peu dire qu'ils m'intriguent, tant son tout dernier film, Silent Friend, est lui aussi une grande réussite.






