Voyages au bout de l'enfer : l'Allemagne d'Hitler
"Voyages au bout de l'enfer : l'URSS de Staline" = https://link.infini.fr/enfer-staline
15 livres
créée il y a plus de 15 ans · modifiée il y a environ 2 moisVie et Destin (1962)
Zhizn i Sudba
Sortie : 1980 (France). Roman
livre de Vassili Grossman
Chaiev a mis 10/10 et a écrit une critique.
Annotation :
CRITIQUE INSIDE ↑
La Destruction des Juifs d'Europe (1961)
The Destruction of the European Jews
Sortie : mai 1988 (France). Document, Histoire
livre de Raul Hilberg
Chaiev a mis 10/10.
Hiéroglyphes
The Invisible Writing
Sortie : 1954 (France). Essai
livre de Arthur Koestler
Chaiev a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Central Europe (2005)
Europe Central
Sortie : 2007 (France). Roman
livre de William T. Vollmann
Chaiev a mis 9/10.
Le Requiem de Terezin (1963)
Terezinské rekviem
Sortie : juillet 2008 (France). Roman
livre de Josef Bor
Chaiev a mis 9/10.
Histoire d'un Allemand (2000)
Souvenirs (1914–1933)
Geschichte eines Deutschen: Die Erinnerungen 1914–1933
Sortie : 2003 (France). Culture & société
livre de Sebastian Haffner
Chaiev a mis 9/10.
Annotation :
Haffner se lance dans la rédaction de ses souvenirs à la demande d’un éditeur britannique, en 1939, alors qu’il vient de fuir l’Allemagne. Mais bien qu’il ait vécu encore soixante ans, il n’a ni terminé ni cherché à publier son analyse des années noires de son pays, un document pourtant d’une intelligence et d’une acuité rares, qui revient pas à pas sur l’engrenage conduisant un pays entier à sombrer dans les bras de la haine et de l’hystérie. Haffner n’a rien d’un engagé politique, ni vraiment à gauche ni vraiment à droite, il est un enfant de la Guerre (né en 1907), élevé dans un pays ravagé et sans illusions, et assiste impuissant à la montée du nazisme. Grâce à son sens de la psychologie des masses et son intuition historique fondée sur une grande clairvoyance, l’auteur retrace vingt ans de compromissions, d’illusions, d’erreurs, de trahisons, en partant de son exemple personnel pour atteindre une vision globale de tout un peuple subjugué, incapable de contrer l’ennemi intérieur en train de détruire en eux toute trace d’humanité, volontairement, et sans le dissimuler.
« Juste à cette époque, je tombais sur une formule de Stendhal, dangereuse et séduisante dans son ambiguïté. Il l’avait écrite comme une ligne de conduite, après un événement historique qui lui avait fait exactement le même effet de « chute dans la boue » qu’à moi le printemps 1933 : après la restauration de 1814. Une seule chose, écrivait-il, valait maintenant la peine qu’on y consacre encore de l’attention et de la peine : « préserver la sainteté et la pureté de son moi ». La sainteté et la pureté ! Cela signifiait non seulement qu’il fallait se garder de toute complicité, mais aussi de toute déformation due à la haine, bref de toute influence, de toute réaction, de tout contact, même de celui qui consiste à repousser.
Je crois aujourd’hui encore que ce principe a quelque chose de juste, et je ne le renie pas. Mais bien sûr, tel que je me le représentais à l’époque - ignorance délibérée et retraite dans une tour d’ivoire - il était inapplicable, et j’en rends grâce à Dieu que mes tentatives se soient soldées par un échec rapide et complet. J’en connais dont l’échec a été moins rapide, et qui ont dû payer très cher pour apprendre qu’en certaines circonstances on ne peut sauver la paix de son âme qu’en la sacrifiant et en y renonçant. »
Les Morts restent jeunes
Die Toten bleiben jung
Sortie : 1949 (France). Roman
livre de Anna Seghers
Chaiev a mis 9/10.
Seul dans Berlin (1947)
Jeder stirbt für sich allein
Sortie : 1967 (France). Roman
livre de Hans Fallada
Chaiev a mis 8/10.
Les Enfants Oppermann (1933)
Die Geschwister Oppermann
Sortie : 2023 (France). Roman
livre de Lion Feuchtwanger
Chaiev a mis 8/10.
Annotation :
L’intrication temporelle à l’oeuvre avec les Enfants Oppermann rend la lecture du roman tout à fait particulière. Selon un double schéma qui se répond sans se recouvrir : le fait que Feuchtwanger écrit son roman exactement au moment où les faits se déroulent – soit 1933, la prise de pouvoir de’Hitler, l’incendie du Reichtag et la fin de l’état de droit – brouille les frontières entre fiction et documentaire, mais cette même date d’écriture, qui montre à quel point le regard de l’auteur peut être aigu et sans illusion, jette comme une grande ombre en aval de l’oeuvre, puisque nous lecteur connaissons la suite (dictature, barbarie, guerre et effondrement) que le romancier perçoit, craint, mais ne peut en aucun cas savoir déjà. Et c’est comme si ce deuxième malaise résonnait en nous à la même hauteur que celui qui étreint les personnages et Feuchtwanger lui même : celui qu’une menace - à la fois trop claire pour être repoussée mais trop atroce pour être embrassée et assumée - entraîne irrémédiablement chez ceux en train de vivre une catastrophe en temps réel. C’est parce qu’il est à la fois froid témoin et acharné lanceur d’alerte que l’auteur parvient à rendre aussi finement, à travers les différents membre d’une famille bourgeoise sans histoire, les multiples nuances de la peur où se mêlent courage, lucidité et aveuglement, et c’est parce qu’on sait nous qu’il a raison alors même que lui ne peut pas en être sûr, que nous vibrons, et tremblons, et pleurons.
« Même alors j’aurais été contraint, en tant qu’avocat scrupuleux, de vous déconseiller toute action. Car les auteurs des articles auraient essayé de prouver la véracité de leurs dires.” “Mais…”, objecta Edgar, indigné. “Je sais, l’interrompit d’un geste Mühlheim, ils n’y seraient jamais parvenus. Seulement vos ennemis n’auraient eu de cesse d’inventer de nouvelles accusations, toujours plus abstruses et plus abjectes, et le tribunal aurait autorisé qu’on enchaîne les enquêtes, on vous aurait balancé tant de crasses à la figure que vous vous seriez étouffé de rage. N’oubliez pas, Edgar, que nos adversaires ont un énorme avantage sur nous : leur manque absolu de loyauté. C’est pourquoi ils sont aujourd’hui au pouvoir. Ils ont toujours employé des moyens que les autres n’auraient pas cru possibles, si primitifs qu’ils seraient impensables dans tout autre pays. Ils ont par exemple abattu l’un après l’autre tous les chefs de file qui comptaient à gauche. Tout simplement, impunément »
Oméga mineur (2004)
Omega Minor
Sortie : 2010 (France). Roman
livre de Paul Verhaeghen
Chaiev a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
CRITIQUE INSIDE ↑
La Mort est mon métier (1952)
Sortie : 1952 (France). Roman
livre de Robert Merle
Chaiev a mis 7/10.
Si c'est un homme (1947)
Se questo è un uomo
Sortie : 1987 (France). Autobiographie & mémoires
livre de Primo Levi
Chaiev l'a mis en envie.
Les jours de notre mort
Sortie : 1947 (France). Récit
livre de David Rousset
Chaiev l'a mis en envie.


















