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Un pamphlet daté
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Historienne au CNRS, Martine Sonnet s’essaie à un récit d’inspiration autobiographique et littéraire. Son père, Amand Sonnet, a quitté sa forge normande pour aller travailler pendant quinze ans dans l’atelier n° 62 des usines Renault de Billancourt. Ces forges industrielles, M. Sonnet en fait le cœur de l’usine, un atelier que tout le monde respecte et dont les ouvriers sont considérés comme des hommes à part, parce qu’il est celui du travail le plus pénible. Le livre devient ainsi la quête d’un héros d’épopée moderne, que l’auteur, dernière-née de la famille, n’a su voir sous les traits de son père. Toutes les traces du passé, l’usine de Billancourt ou la vie de l’époque, deviennent alors témoignage : les fiches de paie, la liste des métiers, les extraits de « la Voix de l’usine Renault » se mêlent aux souvenirs personnels pour constituer un alliage volontairement hétéroclite. Le résultat est un livre passionnant pour qui s’intéresse au passé industriel, l’historienne n’ayant pu empêcher qu’il soit documenté de façon méticuleuse. L’entreprise littéraire laisse en revanche plus dubitatif : la volonté de se mettre à nu tout en gardant un ton neutre pousse M. Sonnet à adopter ce style artificiel et gauche, assez caractéristique d’une génération marquée par Duras, où les verbes disparaissent au profit de phrases fragmentaires - dissonance formelle, qui, pour un peu, ferait oublier l’excellente intention qui inspire ce livre.
Créée
le 31 mai 2018
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