C’est l’histoire d’Arnaud et d’Estelle. Ils partent en vacances au camping du Cap-Ferret avec Auguste, leur fils de 9 ans. Un couple en lambeaux, en bout de course : « On ne baisait plus que tous les 36 du mois alors on ne comptait plus les nuits sans, la fréquence de nos emboîtements étaient de plus en plus faible et ça ne leur faisait pas pour autant gagner en intensité, merde, à quoi ça tenait, j’en sais rien, l’usure, le linge sale, les mauvaises habitudes, les remarques déplacées et les yeux qui se fermaient pendant que tout rabotait les angles qui nous imbriquaient l’un dans l’autre. » C’est aussi et surtout l’histoire de deux frangins. Arnaud est l’ainé, docker à Marseille, encarté à la CGT et fier de l’être. Max est le cadet, un voyou qui enchaîne les séjours en prison et trempe en permanence dans des combines malsaines. Entre Arnaud et Max, les relations sont tendues. Et quand ce dernier débarque sans crier gare au camping, le grand frère se doute qu’il y a anguille sous roche…

J’aime quand Guillaume Guéraud fait du Guillaume Guéraud. Une noirceur totale, une écriture nerveuse, sèche comme un coup de trique, sans chichi ni envolée lyrique. On reste à hauteur d’homme, on ne donne pas dans la psychologie de bazar et surtout on ne juge pas. Jamais. Les faits parlent d’eux-mêmes, ils vous électrisent et vous laissent groggy. Bien sûr c’est très sombre, bien sûr il y a comme un malaise et ça peut déranger, je le comprends tout à fait. Maintenant, lorsqu’un auteur sait aller à l’essentiel sans prendre de gants, ça me botte, et pas qu’un peu.

La construction du récit est efficace et alterne entre le présent des vacances au camping et des chapitres en flash-back revenant sur les événements tragiques qui ont poussé Max à rejoindre son frère. Des dialogues ciselés, des moments de tension et d’autres beaucoup plus légers avec parfois une vraie pointe d'émotion, des personnages sacrément malmenés... du grand art, quoi.
jerome60
7
Écrit par

Créée

le 6 févr. 2014

Critique lue 111 fois

jerome60

Écrit par

Critique lue 111 fois

2

D'autres avis sur Baignade surveillée

Baignade surveillée

Baignade surveillée

7

jerome60

le 6 févr. 2014

Suivre

Critique de Baignade surveillée par jerome60

C’est l’histoire d’Arnaud et d’Estelle. Ils partent en vacances au camping du Cap-Ferret avec Auguste, leur fils de 9 ans. Un couple en lambeaux, en bout de course : « On ne baisait plus que tous les...

Baignade surveillée

Baignade surveillée

7

Mediatheque33113

le 3 déc. 2021

Suivre

Critique de Baignade surveillée par Mediatheque33113

Note 7/ Critique Premier.ère lecteur.rice : L'amour fraternel plus fort que tout... Lecture agréable. Note 7

Baignade surveillée

Baignade surveillée

6

Lulu_Lala

le 15 févr. 2017

Suivre

Il se lit vite, mais manque de dynanisme

Ce roman de Guéraud m'a moins plu que Déroute Sauvage ou encore Je mourrai pas gibier. Moins de tension, moins de suspense, l'intrigue est un peu faible et l'univers marin ne m'a tant...

Du même critique

Dans les forêts de Sibérie

Dans les forêts de Sibérie

8

jerome60

le 17 déc. 2011

Suivre

http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/12/dans-les-forets-de-siberie-calendrier.html

Sylvain Tesson s'est fait un serment : avant ses 40 ans, il vivra plusieurs mois dans une cabane. Direction donc le fin fond de la Russie, sur les bords du lac Baïkal. De février à juillet 2010,...

Le Guide du mauvais père, tome 1

Le Guide du mauvais père, tome 1

7

jerome60

le 5 janv. 2013

Suivre

Critique de Le Guide du mauvais père, tome 1 par jerome60

- Papa ! C'est quoi la pénétration ? - La pénétration c'est quand le monsieur est sexuellement excité et que son pénis devient tout dur. Ça s'appelle une érection. Ensuite le monsieur fait entrer son...

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

8

jerome60

le 13 avr. 2012

Suivre

http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/04/notre-besoin-de-consolation-est.html

« Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux ». Ainsi commence cet...